“La leçon qu’Israël doit tirer de l’Holocauste, c’est que la sécurité n’est jamais assurée par les barrières, les murs ou les armes” a déclaré l’Archevêque Desmond Tutu à Haaretz ce jeudi.
Prenant appui sur le propos du Premier Ministre Benjamin Netanyahu qui, lors de son voyage en Allemagne, affirmait que la leçon à tirer de l’Holocauste c’était qu’Israël devait se défendre par lui-même, Tutu observe qu’en Afrique du Sud, on a cherché la sécurité dans le canon des armes à feu. Et on ne l’a jamais trouvée. On a trouvé la sécurité quand les droits de l’Homme pour tous ont été reconnus et respectés.”
Le Prix Nobel a fait sa déclaration à Haaretz à Jérusalem lors de la tournée de son organisation the Elders (les Anciens) qui s’achevait en Israël et en Cisjordanie. Il a affirmé que l’Occident était “à juste titre” consumé par la culpabilité et les regrets envers Israël à cause de l’Holocauste.
“Mais qui fait pénitence? Les Arabes, les Palestiniens. J’ai rencontré une fois un ambassadeur allemand qui considérait que l’Allemagne était doublement coupable. Pour ce qu’elle avait fait aux Juifs et pour la souffrance infligée aux Palestiniens.”
Il a aussi vertement critiqué les organisations juives des Etats-Unis, affirmant qu’elles intimidaient quiconque osait critiquer l’occupation, et s’empressaient d’accuser les critiques d’être antisémites. Tutu s’est rappelé comment certaines de ces organisations avaient exercé une pression telle qu’il avait dû annuler des visites dans les campus américains.
C’est malheureux, parce que mes positions sont justement dérivées de la Torah. Vous savez que Dieu vous a créé à son image [NdT]. Et nous savons que Dieu prend toujours le parti de l’opprimé.”
Tutu a aussi commenté l’appel du professeur Neve Gordon de l’Université Ben-Gourion qui souhaite imposer à Israël des sanctions sélectives. “Je dis toujours aux gens combien les sanctions étaient importantes dans le cas de l’Afrique du Sud, et ce pour plusieurs raisons. Nous avions un boycott des sportifs, et comme nous sommes fous de sports dans ce pays, cela a frappé des gens très ordinaires. C’était l’un des moyens psychologiques les plus puissants.
“De plus, cela frappait aussi le porte-monnaie du gouvernement sud africain. Je veux dire, quand nous avons eu un embargo sur l’armement doublé d’un boycott de l’économie.”
Il raconte que lorsque F.W de Klerk est devenu président, il lui a téléphoné pour le féliciter. “La toute première chose qu’il me dit fut ‘eh bien à présent, allez vous lever les sanctions?’ Bien qu’ils persistaient à dire que ces choses ne les affectaient pas du tout. Ce qui n’était pas vrai.
“Une autre raison importante de poursuivre le boycott, c’était que cela donnait l’espoir à notre peuple, le sentiment de n’être pas oublié du monde. C’était une forme d’identification.”
Plus tôt dans la journée, Tutu et le reste de délégation a rendu visite au village de Bil’in, où les manifestants contre la barrière construite à travers leurs terres, se réunissent chaque semaine.
“Nous avions coutume de prendre nos enfants au Swaziland et nous traversions les check-points en Afrique du Sud. Nous faisions face à des comportements presque similaires, où vous êtes à la merci d’un officier de police. Ils peuvent décider quand ils vont vous laisser passer, et vous refuser l’accès pour des broutilles. Par contre, nous ne subissions pas de punition collective. Nous n’avions pas nos habitations démolies à cause de la suspicion de terrorisme qui pouvait peser sur l’un des membres de la maisonnée.”
Il affirme que les militants de Bil’in lui rappellent Ghandi, qui parvint à se défaire du joug britannique en Inde par des moyens non violents, ou Martin Luther King Jr. qui fit sien le combat d’une vieille femme noire dans un bus, trop fatiguée pour prendre la place que la ségrégation lui imposait.
Il a souligné aussi qu’il ne désespérait d’aucune situation, invoquant le succès du processus de paix en Irlande du Nord. Ce processus a eu le Sénateur George Mitchell pour médiateur, qui à présent travaille au service des forces spéciales envoyées par les Etats-Unis au Moyen-Orient.
Interrogé à propos de la controverse de Petah Tivka, où plusieurs écoles primaires ont refusé d’accueillir des enfants éthiopiens, Tutu répond: “J’espère que votre société évoluera.”
------
Ndt (en forme de digression): Dieu a créé l’homme à son image... pas si sûr. L'Islam rappelle que Dieu n’a pas d’image. N’ayant pas engendré et n’étant point engendré lui-même, il n’y a strictement rien à lui d’équivalent, comme le soulignent les deux derniers versets de la surat al-Ikhlâs (La Sincérité). Ainsi, comme vient encore le confirmer une parole prophétique vraiment sublime, la raison d’être de la création ne se trouve pas dans une filiation - fût-elle spirituelle - mais dans le désir pur et simple: “J’étais un trésor caché, et j’ai voulu être connu, alors j’ai créé le monde pour être connu par lui”...
Akiva Eldar (Haaretz)
Traduction : Princesse de Clèves
lundi, août 31, 2009
De l'importance du boycott
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Libellés : PALESTINE
samedi, août 29, 2009
Vive l’Egalité et tant pis pour la discrimination ?
Dans un essai, fort apprécié de la galaxie gauchiste, nous allons voir pourquoi, intitulé La diversité contre l'égalité, Walter Benn Michaels, professeur de littérature à l'université de l'Illinois à Chicago, défend la thèse suivante : « La « diversité » n'est pas un moyen d'instaurer l'égalité, mais une méthode de gestion de l'inégalité. » Ainsi « une France où un plus grand nombre de Noirs seraient riches ne serait pas économiquement plus égalitaire, ce serait juste un pays où le fossé entre les Noirs pauvres et les Noirs riches serait plus large. ».
La « diversité », ce concept des plus ambigus, serait donc une ruse de la raison des dominants qui permettrait d'évacuer la question sociale et faciliterait l’acceptation de l'ordre inégalitaire par les dominés. Pourquoi pas ?
Rien de bien neuf tout de même. Un raisonnement semblable avait été mobilisé contre la parité homme-femme, il y a quelques années, mais qui s’en souvient (*)…
Pourtant ce discours, qui apparait subversif et plein de bon sens, ne tient pas cinq secondes, lorsqu’on le replace dans le contexte français. Car si « les Américains adorent parler race, mais sont moins performants, quand il s’agit de parler de classes... »*, y compris les Black Panthers (1), pour les Français c’est le contraire. Si le concept de « race » est né en France (Boulainvilliers), depuis l’aventure pétainiste, on évite d’y recourir. Cela ne veut pas dire que les Français ne pensent pas aux questions raciales, loin s'en faut, elles sont simplement devenues des catégories de la pensée…
Car d’où parle Walter Benn Michaels ? D’une société où la « question raciale » a structuré la société en profondeur dés sa création, la question indienne, noire (cfr. Tocqueville, WEB Dubois…), aussi cette société a mis en place des dispositifs pour y remédier (droits civiques, « affirmative action »...), quels qu'en soient les résultats... Par ailleurs, Walter Benn Michaels fait l’impasse sur l’ensemble des travaux, apparus aux États-Unis ces trente dernières années, qui vise précisément à articuler, à imbriquer les divers formes de domination (« classe », « race », « sexe »…), dont le « Black feminism » est l’ illustration la plus connue. Et de tout cela qu’en est-il de la France ?
Où y a-t-il un début de culte de la « diversité », non pas le label, la vraie, et un chouïa de célébration des « identités culturelles », non pas la caricature, mais cette entité polymorphe et enchevêtrée, au sein de l’Hexagone? Où ? Dans quel musée ? Mais où rencontre-t-on cette sacro-sainte « diversité » made in France ? Où a-t-elle cours très exactement ?
Nulle part, si ce n’est dans des endroits spécialement conçus à cet effet (la télévision, le sport, la variété, par exemple). J'ai bien peur qu'en réalité elle n'existe que dans le rêve éveillé de l'auteur. Cela ne correspond en aucun cas aux observations empiriques que nous faisons de la société française...
En effet, ce n’est pas demain la veille qu’on verra un Noir, un Arabe, un musulman à l’Elysée, quant aux trois marionnettes indigènes qui ont été bombardées ministres (« Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement » a écrit Genet dans Les nègres), elles le sont devenues par le fait du prince. Bref, l’Obama français n'est pas à l'ordre du jour, il n’est pas encore né, ses parents non plus...
Rappelez-vous ce climat. Celui de la dernière hystérie islamophobe de l’été autour de la Burqa. Elle prouve qu’en France on n’éprouve aucune fascination autour des questions d’identité, que du contraire, si ce n'est la sienne, l'archaïque, ici, le « souchienisme » prospère ; pour tout dire, l’Islam, qu’on agite comme un chiffon rouge, apparaîtrait plutôt comme un parfait repoussoir…
Souvenez-vous de ces mots. Ces sorties fracassantes, toutes plus grotesques les unes que les autres, autour de la « race » et des « blancs », de Finkielkraut, d’Eric Zemmour, de Manuel Valls… Elles montrent que verbalement, dans la sphère publique, le racisme en France s'affirme haut et fort. La parole raciste y est bien désinhibée. Elle se présente de moins en moins comme un tabou.
Ajoutons à cela, la résistance face aux statistiques ethniques, la dénégation vis-à-vis des discriminations qui sont pourtant criantes, la présentation de la « discrimination positive » comme une horreur absolue, la mise en place d’un « ministère de l’identité nationale »… A vrai dire, nous n'avons pas épuisé le sujet, car l’on a pas fini de recenser l’allergie à la diversité, dans son sens commun, au pays « des droits de l’homme » !
Par ailleurs, cette « diversité », signifiant flottant comme « bidule », passe à côté de réalités sociologiques très concrètes. Les « identités », qu’elles soient religieuses, culturelles, ethniques, politiques…, même si elles sont complexes (composites, dynamiques, paradoxales), existent et ont une efficace sociale indéniable, ne pas s’en apercevoir c’est se condamner à ne rien comprendre. Et ils sont nombreux les paresseux intellectuels ! Ces identités en outre se déterminent de manière interne puisque, en dernière instance, elles se fondent sur le « vécu » et « l’expérience » personnelle.
Ainsi ce discours de la « diversité », qui est un discours produit par le haut, un discours subi, une « objectivation », élude, tout d’abord, la capacité qu’ont les personnes de s’auto-définir à partir de leur identité propre, leurs ressorts internes (les « groupes ethniques, disait l'anthropologue Fredrik Barth, sont des catégories d’attribution et d’identification opérées par les acteurs eux-mêmes ») ; il élude également le processus historique qui permet la production des discriminations (le contexte post-colonial par exemple) ; enfin il élude, occulte le fait qu’il y a une corrélation forte entre ethnicité (c’est-à-dire en tant qu'identité assignée de l'extérieur) et classe sociale, et cette surdétermination mérite un questionnement : A-t-on oublié que « racisme de classe » et racisme tout court font souvent bon ménage, vont du même pied ? Ignore-t-on que la « classe ouvrière » de souche, elle-même, a longtemps été bougnoulisée ?
A l'évidence, Walter Benn Michaels n'aime pas la « diversité », nous non plus, ne lui en déplaise, il lui préfère l'Egalité, mais qu'a-t-il à proposer pour la réaliser ? Le « modèle français », et son « individu abstrait » qui aime à se fixer dans les nuages, colourblind et religiousblind, une pure mythologie ! On croit rêver. En tous cas on comprend mieux pourquoi les gauchistes aiment beaucoup l'ouvrage, cela leur permet d'enfourcher leur vieux canasson fourbu, de reconduire leurs vieilles marottes qui sentent si bon « la blanchitude »... Imaginez un universitaire américain qui le dit, que du bonheur !
Pour notre part, nous préférons au concept tendancieux de « diversité » celui plus classique, plus franc du collier, plus tragique aussi, de « minorité », voici ce qu’en dit Arjun Appadurai à l'heure de la Globalisation :
« Qu’y a-t-il dans les minorités qui semble susciter de la violence dans tant de partie du monde ? Tout d’abord, les minorités comme les majorités sont les produits d’un monde moderne de statistique, de recensement, de cartes des populations et d’autres instruments étatiques créés en général à partir du XVIIe siècle. Les minorités et les majorités émergent de façon explicite dans le développement d’idées de nombre, de représentation et de cens électoral dans les régions affectées par les révolutions démocratiques du XVIIIe siècle. Les minorités sont donc une catégorie sociale et démographique récente. Elles génèrent aujourd’hui de nouvelles inquiétudes quant aux droits (octroyés par l’État) à la citoyenneté, à l’appartenance et au caractère autochtone. Elles invitent ainsi à un réexamen des obligations des États et des frontières de l’humanité politique, prises comme elles le sont dans les zones grises et malaisées entre citoyen et humanité en général. Mais les minorités ne surgissent pas toutes formées. Elles sont produites dans la situations spécifiques de chaque nation et chaque nationalisme. Elles sont souvent porteuses des souvenirs gênants des actes de violence qui ont fait naître les États existants ou qui ont accompagné la formation de nouveaux Etats. Par ailleurs, en tant que faibles prétendants aux droits octroyés par l’État, ou en tant qu’agents de ponction de ressources nationales particulièrement disputées, elles sont le rappel de l’échec de divers projets étatiques. Elles sont les marques de l’échec et de la coercition. Elles sont une gêne pour toute image encouragée par l’États de pureté nationale et justice étatique. Elles sont donc le bouc émissaire au sens le plus classique du terme. » (Géographie de la colère)
(1)« La première chose dont il faut prendre conscience c’est que si les gens disent qu’il y a une « colonie noire » et une « métropole blanche », ils font allusion à quelque chose de réel. Ce n’est qu’en ayant clairement à l’esprit cette distinction qu’il est possible de comprendre qu’il existe deux blocs politiques différents, chacun pourvu d’une dynamique propre, à l’œuvre dans les États-Unis d’aujourd’hui » (Eldridge Cleaver, Panthère Noire)
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8/29/2009
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vendredi, août 28, 2009
Caroline Fourest et son double
Nous nous demandions, il y a peu, où était passée Caroline Fourest ? Et bien maintenant, nous savons. La protectrice des Ouïghours et de la minijupe soufie est en mission spéciale. Un taf du tonnerre...
Elle cachetonne la tribune, chasse la prime, livre la tête de son meilleur ennemi au Monde. Le dénommé Tariq Ramadan. Et pourtant...
Que serait Caroline Fourest sans Tariq ramadan ? Rien. Une ombre. Un triste boudin dansant sur le pénultième char de la Gay pride. Une camionneuse abandonnée pour l’éternité dans une aire de repos d'une autoroute bulgare. La fondatrice d’une revue plus torche-cul qu’anti-papale.
Que serait Caroline Fourest sans son dragon suisse multifonction ? Un spectre. Un mauvais rêve. Une baleine naine échouée sur le lac Léman. Une stagiaire obèse d’Act Up qui finirait à l'ANPE. Une Fadela Amara albinos qui aurait lu un livre, mais rien qu'un.
Que serait Caroline Fourest sans l’helvète maléfique ? Un ectoplasme volubile. Un zéro pointé. Une vacance illimitée de l'esprit. Une lettre anonyme posée sur le bureau de Papon. Un ricanement sardonique sorti de la maison des fous. Un râle terminal provenant d’une maison de repos à l'abandon.
Mieux que quiconque, elle le sait...
Frère Tariq c’est sa raison de vivre. Son Orient. Sa boussole. Son El dorado. Son meilleur client. Son alibi métaphysique. Sa mine d’or. Son diamant 18 carats. Son rubis sur ongle. Sa carrière (de Lumpen-intellectuelle) toute traçée. Son ontologie éditoriale. Son autonomie financière. Son plan bizness. Son gagne-pain. Son assurance tout risque. Son sauf conduit. Sa carte de presse. Sa retraite existentielle. Son cache-misère...
Et de lui, son Saint Graal, elle veut faire un pot de chambre. De lui, sa Sainte Hostie, elle n'a de cesse de le profaner. Lui qui la sorti du ruisseau. Du néant. De l’anonymat. Du vide. Lui qui la fit accéder aux firmaments du Spectacle. Un autre vide, il est vrai… Ô l'ingrate ! La bougresse !
Caroline, n’oublie pas que ton pire ennemi c'est toi, la meilleure part de toi étant Frère Tariq, d'un double aussi utile, d'un double aussi avantageux, il faut savoir prendre soin !
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Le Bougnoulosophe
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8/28/2009
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jeudi, août 27, 2009
Halalitude
TF1, dès que vous allumez votre télévision, est la seule chaîne qui rentre chez vous par effraction. Ce jour là, je ne me suis pas pris la boule de Harry Roselmack dans la gueule, mais une tranche de pub en guise de tarte, à la seule différence que les acteurs de celle-ci étaient des basanés, des « zincous » quoi ! Erreur de programmation ? De casting ? Canular de caméra cachée ? Farce Grolandaise ?
Que non, il s'agissait bel et bien d'une publicité. Une authentique réclame. Dans laquelle les protagonistes font péter l'indice de satisfaction du produit loué. Nous interpellant comme si on leur avait escroqué une part d'héritage, de façon très béni oui-oui : « Ah oui, oui, nous on mange halal. Oui, mais Zakia halal ». Et moi, je mange peut-être du chacal !
Vous voilà, maintenant, affranchi sur la came, et attention de la came « halal » ! Mais, qu’avaient-ils besoin de le claironner ? De se justifier ? De faire tout un couscous-merguez ? Un chouïa mon colon, puisqu'il s’agissait de label « halal », avec un seul « l », s'il vous plaît, les gargotiers du kebab, eux, l'affichent avec deux, mais on ne peut pas leur demander d'être à la fois rôtisseurs et Académiciens. Ils avaient d’autant plus besoin de se justifier qu’ aujourd’hui le label « halal » passe à la télévision, à une heure de grande écoute, en prime time et sur TF1. Comme quoi les communicants, Rolex et teint carotène, spécialistes es marketing, ont retenu le slogan des Indigènes de la République, « Non à l’ intégration par le jambon », fut-il au beurre, cru, cuit ou avec des cornichons...
Autres temps, autres mœurs, autres slogans. Même si « Zakia Halal, toujours un régal » ne casse pas, en inventivité, une patte à un canard. Pour la poésie : une rime basique tirée par les cheveux qui sonne plutôt banal. Après tout, le slogan ne s'adresse pas à l'intellect mais à l'estomac, il s’adresse surtout à la ménagère maghrébine soucieuse de gagner du temps en cuistance, soucieuse aussi d'épargner à sa progéniture les habituelles « cochonneries » des supermarchés. A quoi bon enjoliver, se soucier du packaging, n'est-ce pas le contenu qui compte…?
Et puis c'est toujours ça de gagné sur les slogans publicitaires ringards destinés aux Pieds-Noirs tricards, en mal de colonies, que même un « Couscous Garbit » par sa célèbre formule nostalgique « comme là-bas, dis! » n'arrive pas à réconcilier à ce là-bas. Sans parler des goualantes neuneues à la Enrico Macias « Fais-moi du couscous chéri », qui finissent dans les vannes douteuses de comptoir. Ce « couscous Garbit » qui s’est décliné depuis en « couscous canigou » et autres « chienneries » xénophobes millésimes. Mais ça, c'était le paléolithique supérieur de la franchouillardise de gros. Le Français, depuis, s'est relifté l'éducation et les manières. A part, bien sûr, quelques poneys avinés et égarés.
Revenons à des choses plus sérieuses. Après information, « Zakia » n'en est pas à son coup d'essai. Par le passé, Zakia a tenté des aventures alimentaires semblables, avortées peut-être parce que trop précoces, les mentalités n'étant pas tout à fait assainies. Zakia serait donc une entreprise familiale, créée en 1950 à Oran (Algérie). Elle appartiendrait au groupe italien Ferico, une filiale de Panzani (« Des pâtes! Des pâtes! Oui, mais des Panzani! » ) - Ah, ces Italiens, et leur joie de vivre, toujours à chanter même en becquetant, comment voulez-vous qu'on ne consomme pas Panzani !
Si Zakia se positionne aujourd'hui en tant qu' entreprise pionnière, et pourquoi pas, en tant que leader dans l'alimentaire identitaire, c'est tout simplement parce qu'elle avait anticipé les besoins des Musulmans de France. Elle a remarqué, elle, bien avant d'autres, qu’il y avait là un marché à prendre, un marché vacant, un marché vierge, un marché dont tout le monde se désintéressait jusque là. Un marché évalué aujourd'hui à 5 millions de consommateurs potentiels, soit la communauté musulmane toutes origines confondues. Une communauté longtemps négligée, livrée à son sort. Une communauté qui ne mange, pourtant, pas que du manioc et des patates. Et ça, bien sûr, n'a pas échappé à Zakia.
Les produits « halal », disponibles aujourd'hui, dans les grandes enseignes, comme Auchan, Carrefour, Cora et Leclerc, sont prisés à hauteur de 93% pour les consommateurs maghrébins et à hauteur de 55% pour les musulmans africains subsahariens. C'est dire la manne économique que représente la communauté musulmane de France. Communauté qui a généré, rien que sur l'année en cours, quelques 4 milliards d'euros (avec une croissance annuelle estimée à 15 %), nonobstant la défiance et la frilosité de certains distributeurs protectionnistes. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Zakia, pour sa part, l’œil averti, s'est engagée à corps perdus, mais non pas à capitaux perdus, dans la conquête de ce nouveau marché de l'alimentaire, de ce marché de la « Halalité ».
Ainsi l'actuelle campagne publicitaire, lancée quelques jours avant le mois de Ramadan, marketing ou opportunisme oblige, peu importe, a coûté la bagatelle de 300.000 Euros. Par ailleurs, Zakia convoite également le marché de la « Halalité» des produits réfrigérés prêts à l'emploi.
Reste que la « Halalité » est souvent discutée par des consommateurs à l'observance rigoureuse. Et à juste titre, puisque certains margoulins, pas très « halal », sont actifs sur le marché des viandes en gros, faussement labellisées, qui alimentent les boucheries musulmanes des quartiers populaires. Ce marché « juteux » de la « Halalité » restait jusqu'alors incontrôlé, malgré les mise en garde et les admonestations de la Mosquée de Paris, qui fait autorité en matière de « labellisation » déléguée à la société « AVS », à l'instar du « Beith-eddine » juif pour la viande « casher ».
Nos édiles, toujours en retard d’une guerre (économique), oublient que la communauté musulmane, forte de ses 5 Millions d'âmes, n'est pas une communauté d'assistés, de personnes venues en France uniquement pour taper « l'incrust » et les « allocs ». Par sa consommation, elle est un acteur économique de premier plan. Elle est, à ce titre, une « puissance indigène » qui participe pleinement à l'économie du pays. Aussi, à l’avenir, il faudra compter avec elle, et cela passe par le respect et la prise en compte de ses desideratas. A bon entendeur... C’est, en tous cas, ce qu’a bien compris Zakia Halal, et je crois bien qu'il faille l'en féliciter !
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Le Bougnoulosophe
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mercredi, août 26, 2009
De l’Islam Noir
« Les étapes historiques de l’islamisation de l’Afrique noire sont connues dans leurs grandes lignes. L’Islam, par rapport à la frange érythréenne, a attaqué l’Afrique plus obliquement, non plus de l’ouest à l’est, mais du nord-ouest au sud-est. Dans l’Afrique du Nord, par la conversion des Coptes et des Berbères, du VIIe siècle au XIe siècle ; dans la zone centrale, en bordure de la grande forêt, par la conversion des Peuls, des Mandé et des Haoussa, du XIIIe au XIXe siècle, sans réussir à pénétrer très au-delà de la lisière forestière : par les trois grandes voies d’accès à l’Afrique soudanaise – le tariq Lamtuni atlantique, la route centrale de Taddmekka et l’axe Fezzan-Kawar.
Dans la zone littorale orientale (érythréenne), après l’islamisation de la « Côte de Zanj » (dès le IXe siècle) et de Kilwa (Xe siècle), il ya eu lente conquête, du XIIe au XIVe siècle, des contreforts ouest et est de l’Abyssinie chrétienne avec, au-delà, conversion de Galla et une islamisation plus poussée de la côte, depuis les Somalis jusqu’à Zanzibar, avec de îlots aux Comores et à Madagascar.
Jean Knapert, en décembre 1962, au Congrès d’Accra, évoquait les douze siècles, entre 640 et 1840, pendant lesquels les Arabes furent, en quelque sorte, la seule puissance étrangère à l’intérieur de l’Afrique : « Ils venaient y vivre, c’est-à-dire se marier, élever une famille, faire du commerce, mettre sur pied une organisation, et en fin enseigner. A l’exception de la courte occupation de Damiette, en 1217, les Arabes ne furent pas dérangés en Afrique jusqu’au baptême du roi du Congo par les portugais en 1484. Les Arabes ont pris des femmes africaines et devenaient les beaux-frères des Africains…. ».
L’islam en Afrique noire se présente surtout historiquement comme un « stimulant cyclique des sociétés soudanaises ». C’est à dire la mise au point, pendant une dizaine de siècles, de l’histoire des États islamisés, royaumes ou empires. Les principaux de ces États où l’islam a joué un rôle sont les suivants : les trois empires soudanais de Ghana, du Mali, de Gao (Songhay) ; l’empire de Bornou ; les Etats Peuls et Toucouleurs ; les royaumes Wolofs ; la dernière tentative, enfin, celle de Samory… »
(Vincent Monteil, L'Islam Noir)
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8/26/2009
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Libellés : ISLAM
lundi, août 24, 2009
« L'affaire » de l'Aftonbladet
« Nous ne demandons pas des excuses du gouvernement suédois, nous voulons de sa part une condamnation de l'article » (Benjamin Netanyahu)
Mais où sont donc les émules de la liberté d’expression à tout crin ?
Mais où est le droit fondamental à la satire (ici en l’occurrence il s’agit de dire le vrai)*? Mais où est donc la liberté de la presse ?
Mais où sont donc ces soutiens indéfectibles aux « petits Mickeys » danois du Jyllands-Poste, qui caricaturaient si courageusement le prophète de l’Islam ? Mais où sont-ils, ces chevaliers blancs, aujourd’hui que la Suède a le plus grand besoin d’eux ?
Mais où est donc Philipe Val ? Mais où est Caroline Fourest ? Mais où est BHL ? Mais où est France Soir et Charlie Hebdo?
Mais où sont donc tribunes, polémiques, controverses, débats, procès à n'en plus finir ?
Mais où sont donc ces belles phrases enflammées à la Voltaire : « Un gouvernement danois ne peut jamais s'excuser au nom d'un journal libre et indépendant ». « Non, nous ne nous excuserons jamais d'être libres de parler, de penser, de croire… Puisque ces docteurs autoproclamés de la foi en font une question de principe, il faut être ferme.»...?
Mais où sont donc soutiens, assistances, solidarités à l'égard de Donald Boström, l'homme par qui est venu le scandale, qui a tout de même été menacé de mort ?
Ne nous époumonons pas plus longtemps. Il n'y a walou, nib, que dalle, rien à attendre de ce beau monde ! Rien que la sempiternelle « conspiration du silence », quand la thématique gêne aux entournures… Les forts en gueule de la République se trouvent aux abonnés absents. Ils prolongent sans doute leurs vacances, sachant qu' il n’y a ici que des mauvais coups à prendre…
Et par cela, ils illustrent ce que tout le monde sait, depuis bien longtemps, mais ce que tout le monde tait hypocritement, à savoir, il est bien plus confortable d’être islamophobe que de passer pour antisémite.
Pour tout dire, être islamophobe peut, à bon compte, faire de vous un intrépide libre penseur (sans pensée), un héros du troisième millénaire (sans qualités et sans aura), cela peut, surtout, booster votre carrière, se monayer grassement, voyez Redeker. Il en va tout autrement de l’infamant « antisémite »; qui oserait le nier, et qui oserait s'y aventurer…
Qu’est-ce que nous révèle finalement cette affaire ? D'une part, que les vraies valeurs de nos démocraties avancées, secondées pour ce faire par des « entrepreneurs de morale », sont la tartufferie, la lâcheté et la défense d'intérêts bien compris, tandis que le principe des deux poids et deux mesures est érigé en dogme, en loi d'airain… Et d'autre part, que pour qu' une affaire devienne une affaire, réunir tous les ingrédients n'y suffit pas, pour cela, le concours de la médiasphère s'avère indispensable...
* Qu'y pouvons-nous si le « réel » d'à-présent, comme en hommage à Baudrillard, semble dépasser en horreur les fantasmes antisémites les plus délirants d'hier (Moyen-âge) ?
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Le Bougnoulosophe
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Une géographie de l’Islam classique
« L’Islam c’est une longue route qui de l’océan Atlantique à l’Océan Pacifique perce la masse puissante et rigide du Vieux Monde. Rome n’a pas fait davantage quand elle a constitué l’unité de la Méditerranée.
L’Islam, c’est donc cette chance historique qui, à partir du VIIe siècle, en a fait l’unificateur du Vieux monde. Entre ces masses denses d’hommes : l’Europe au sens large, les Afriques Noires, l’Extrême-Orient, il détient les passages obligés et vit de sa fonction profitable d’intermédiaire. Rien ne transite qui ne le veille ou ne le tolère. Pour ce monde solide, où manque, au centre, la souplesse de larges routes marines, l’Islam est ce que sera plus tard l’Europe triomphante à l’échelle de la planète, une économie, une civilisation dominante.
Forcément cette grandeur a ses faiblesses : le manque d’hommes chroniques ; une technique imparfaite ; des querelles intérieures dont la religion est le prétexte autant que le fondement ; la difficulté congénitale, pour le premier Islam, à se saisir des déserts froids, à les écluser au moins à la hauteur du Tukestan ou de l’Iran. Là est le point faible de l’ensemble au voisinage ou en arrière de la porte de Dzougarie, ente le double danger mongol et turc.
Dernière faiblesse : l’Islam est prisonnier bientôt d’une certaine réussite, de ce sentiment confortable d’être au centre du monde, d’avoir trouvé les solutions efficaces, de ne pas avoir à en chercher d’autres. Les navigateurs arabes connaissent les deux faces de l'Afrique Noire, l’atlantique et l’indienne, ils soupçonnent que l’Océan les rejoint et ils ne s’en soucient pas…
Sur quoi arrive, avec le XVe siècle, l’immense succès des Turcs : un second Islam, un second ordre islamique, lié celui-là à la terre, au cavalier, au soldat. « Nordique » et, par la possession des Balkans, terriblement enfoncé en Europe. Le premier Islam avait abouti en Espagne en fin de course. Le cœur de l’aventure de Osmanlis se situe en Europe et dans une ville maritime qui les emportera, les trahira aussi. Cet acharnement d’Istanbul à sédentariser, à organiser, à planifier est de style européen.
Il engage les Sultans dans des conflits périmés, leur cache les vrais problèmes. En 1529, ne pas creuser un canal de Suez cependant commencé ; en 1538, ne pas s’engager à fond dans la lutte contre le Portugais et se heurter à la Perse dans une guerre fratricide, au milieu du vide des confins ; en 1569, rater la conquête de la Basse-Volga et ne pas rouvrir la Route de la Soie, se perdre dans des guerres inutiles de Méditerranée alors que le problème est de sortir de ce monde enchanté : autant d’occasions perdues !… »
(Fernand Braudel, La Méditerranée)
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8/24/2009
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Libellés : ISLAM
dimanche, août 23, 2009
L’Afghanistan, « cimetière des Empires », mais à quel prix…
Le rapport de la MANUA (Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan ) a montré, en comparant le nombre officiel de décès de civils pour les six premiers mois de 2009 avec ceux de l’ année précédente, que le nombre des civils tués a augmenté de 24 %... Dans la période qui va du 1er janvier au 30 juin, c’est-à-dire depuis l’intensification de la guerre par l’administration Obama, on a pu répertorié 1013 morts civiles, pour la même période, il s’élevait à 818 en 2008 et à 684 en 2007…
Ce bilan est critiqué par d’autres observateurs ( Associated Press), qui considèrent que les morts civils afghans sont estimés à la baisse. Ainsi ce 23 juin, la seule attaque américaine d’une cérémonie funéraire dans le Waziristan du Sud a tué 80 personnes. Tandis qu’en deux jours en juillet, les frappes de Predator (Drone) ont fait plus 80 victimes….
Par ailleurs, le 30 juillet, le général Stanley McChrystal, nouveau commandant des forces militaires internationales en Afghanistan, déclarait au Los Angeles Times qu’il avait donné l’ordre que des drones Predator, utilisés auparavant à pourchasser les dirigeants d’al-Qaïda dans les régions montagneuses, soient redéployés dans des opérations concernant « des centres importants de l’insurrection », c’est-à-dire des régions où l’on trouve une grande concentration de population civile….
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8/23/2009
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Libellés : EMPIRE
samedi, août 22, 2009
Ce que l’Europe doit au monde Arabo-musulman en matière culinaire
Bon ramadan aux musulmans du monde et de ceux d’Europe en particulier !
« En acclimatant le riz en Espagne au Xe siècle, autour de la région de Valence, les Arabes ont radicalement changé les pratiques alimentaires des Européens. Pour leur apprendre à accommoder cette céréale asiatique, ils éditent en Andalousie des livres de recettes, comme Kitab al-Agdiya.
En Italie, la présence musulmane a profondément modifié la vie quotidienne. Ainsi c’est en Sicile que les Arabes introduisent le sucre au XIe siècle. C’est encore en Sicile qu’ils mettent au point (ou qu’ils inventent, peut-être) les fameux spaghetti et la pasta sciutta, à base d’une variété de blé dur riche en gluten et résistant, qui n’est cultivé qu’en Sicile et sur le pourtour méditerranéen.
Les croisés ont eux aussi ramené de nouvelles techniques culinaires d’Orient, où ils employaient des cuisiniers locaux. De nombreux mets anglais, tels les puddings et tartelettes de Noël (notamment avec leur fruits secs de la Méditerranée), le massepain, le riz au lait et la sauce à la menthe servie avec l’agneau.
Le livre de diététique du médecin bagdadi Ibn Jazla (mort en 1100) est traduit en latin à Venise entre le XIIe et le XIIIe siècle par un certain Jambobinus de Crémone, sous le titre Liber de ferculis et condimentis. La littérature culinaire est particulièrement riche dans le Bagdad abbasside, où les conquérants arabes ont imposé une cuisine de cour très raffinée. Inspirée de la Perse ancienne, elle devient la cuisine aristocratique du monde arabe.
En 1669, le sultan fait envoyer par un émissaire du café à la cour de louis XIV. Le raffinement et le goût de ce personnage de bas rang impressionnent tant que le roi, vexé, demande à Molière d’écrire une comédie raillant les Turcs. Mais le souverain est encore plus déçu en découvrant Le Bourgeois gentilhomme qui ridiculisait surtout les français déguisés en Turcs.
A la fin du Moyen Âge, les goûts alimentaires changent radicalement avec la découverte du sucré : parmi les desserts, douceurs et fruits secs qui prennent place sur les tables, quelques-uns déclinent leur origine par des noms dérivés de l’arabe - le sorbet (charbât), le soda (suwaâd), les sirops (sarab). Importé des Indes par les Arabes, le sucre est tout d’abord arrivé en Égypte, puis sa culture s’est étendue à Chypre, dans le sud de l’Europe, à Madère, puis au Brésil et aux Caraïbes.
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8/22/2009
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Libellés : IDENTITE
jeudi, août 20, 2009
Anoxie raciale et étouffement judiciaire
Ali Ziri, 69 ans, est décédé en juin à l'hôpital d'Argenteuil après avoir été arrêté par la police. Un juge d'instruction a été saisi début juillet et une nouvelle autopsie révèlerait une mort par "manque d'oxygène".
"Homicide involontaire"
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Libellés : POSTCOLONIE
De l'Europe chrétienne
« Le christianisme était la religion la plus éloignée qui fût d’une distinction entre Dieu et César, contrairement à ce qu’on entend répéter : tout le monde devait être chrétien, César en tête, lequel avait des devoirs envers cette religion qui formait un tout. Elle avait des dogmes, une orthodoxie pour laquelle on a pu se battre, tandis que le paganisme, dépourvu de dogme et d’orthodoxie était émietté dans une foule confuse de divinités et de cultes qui méritaient à peine le nom de religion (...), qui ne pouvait manœuvrer ni être manœuvrée comme un tout et qui n’offrait aucune doctrine dont pût faire une idéologie politique. »
« Il faut donc en finir avec le lieu commun selon lequel l’Europe devrait au christianisme d’avoir séparé religion et politique, le Christ ayant dit qu’il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Belle découverte, mais due au césarisme et non au christianisme. Car la vérité est le contraire de ce lieu commun. Le chrétien Constantin n’a pas eu à séparer Dieu et César : ils étaient nés séparément dès la naissance. Constantin était un César, non un chef spirituel et temporel à la fois, un Mahomet, un calife, et l’Eglise était déjà une organisation achevée, puissante et indépendante lorsqu’un des Césars est entré en relation avec elle. Elle a traité avec les successeurs de ce César Constantin comme de puissance à puissance. On n’avait pas attendu le Christ pour savoir que Dieu et César font deux. (...) Le christianisme demandera aux rois ce que le paganisme n’avait jamais demandé au pouvoir : "Etendre le plus possible le culte de Dieu et se mettre au service de sa majesté divine" »
« Une religion est une des composantes d’une civilisation, elle n’en est pas la matrice, même si elle a pu quelque temps lui servir de désignation conventionnelle, être son nom de famille : "la civilisation chrétienne". L’Occident passe pour avoir cultivé ou préconisé l’humanitarisme, la douceur, plus que l’ont fait d’autres civilisations et il devrait cette douceur à l’influence chrétienne qui aurait adouci les mœurs. Cette idée n’est ni vraie ni fausse, je le crains, car les rapports entre une croyance et le reste de la réalité sociale se révéleront beaucoup moins simples. On me saura gré de ne pas brandir l’Inquisition et les Croisades et de me borner, pour garder les pieds sur terre, à citer quatre lignes de Marc Bloch : la loi du Christ "peut être comprise comme un enseignement de douceur et de miséricorde, mais, durant l’ère féodale, la foi la plus vive dans les mystères du christianisme s’associa sans difficulté apparente avec le goût de la violence". »
« Depuis saint Paul, le christianisme a ouvert aux non-Juifs le peuple élu, c’est-à-dire l’Eglise : toutes les âmes peuvent être sauvées, que le corps habité par elles soit blanc, jaune ou noir. Saint Paul élargissait aux Gentils le privilège du peuple élu. Etait-ce chez lui de l’universalisme ? Affirmait-il du même coup l’unité de l’espèce humaine ? Il ne l’affirmait ni ne la niait : il n’y pensait pas, il n’en pensait pas si long. Ne soyons pas dupes des termes généraux, ces vêtements trop amples de la pensée. Ce n’est pas cela que nous entendons aujourd’hui par universalisme, lequel affirme à juste titre que toutes les races, toues les peuplades – ainsi que les deux sexes – ont virtuellement les mêmes capacités humaines et que les différences ne sont dues qu’à la société... ».
« Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’homme, de la liberté de penser, de la liberté sexuelle, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités. Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne, elle, prêchait l’ascétisme, qui nous est sorti de l’esprit, l’amour du prochain (vaste programme, resté vague) et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais tout le monde le savait déjà. Tranchons le mot : l’apport du christianisme à l’Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit presque à la présence de ceux-ci parmi nous. S’il fallait absolument nous trouver des pères spirituels, notre modernité pourrait nommer Kant et Spinoza... ».
« Se réclamer d’un Livre saint (ou du sens qu’une époque lui prête) n’est qu’un facteur historique parmi d’autres. Aucune société, aucune culture, avec son fourmillement et ses contradictions, n’est fondée sur une doctrine. De l’entrecroisement confus de facteurs de toute espèce qui composent une civilisation, la partie qui semble émerger est la religion, ou encore les grands principes affichés, parce que c’est la partie audible, lisible, langagière d’une civilisation, la partie qui saute aux yeux et aux oreilles et d’après laquelle on est porté à la caractériser et à la dénommer. On parle donc de civilisation chrétienne de l’Occident, on attribue son humanitarisme au christianisme. On se représente une société comme un grand Individu dont la pensée précède l’action. Peut-être, mais la religion n’est qu’un facteur parmi bien d’autres, qui n’a d’efficacité que lorsque son langage devient réalité, lorsqu’il s’incarne dans des institutions ou dans un enseignement, dans le dressage coutumier d’une population dont la religion devient l’idéal. Mais le facteur religieux rencontre alors les autres réalités, les institutions, les pouvoirs, les traditions, les moeurs, la culture séculière. (...) Dans ce fouillis, vouloir privilégier tel ou tel facteur, est un choix partisan et confessionnel. De plus, en notre siècle, les Eglises ont une influence plus réduite dans les sociétés sécularisées. Le christianisme y est enraciné, il n’en est pas pour autant la racine ; encore moins le représentant de ces sociétés devenues différentes de lui, sauf lorsqu’il s’en inspire. L’Europe n’a pas de racines, chrétiennes ou autres, elle s’est faite par étapes imprévisibles, aucune de ses composantes n’étant plus originales qu’une autre. Elle n’est pas préformée dans le christianisme, elle n’est pas le développement d’un germe, mais le résultat d’une épigénèse. Le christianisme également du reste. » .
(Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien)
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Libellés : IDENTITE
mercredi, août 19, 2009
Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l'islamophobie savante
La peur des Arabes et de l’islam est entrée dans la science. On règle à présent ses comptes avec l’Islam en se disant sans « dette » : « nous » serions donc supposés ne rien devoir, ou presque, au savoir arabo-musulman. L’Occident est chrétien, proclame-t-on, et aussi pur que possible.
Ce livre a plusieurs « affaires » récentes pour causes occasionnelles. Occasionnelles, parce que les auteurs, savants indignés par des contre-vérités trop massives ou trop symptomatiques, s’appuient sur ces débats pour remettre à plat le dossier de la transmission arabe du savoir grec vers l’Occident médiéval. Occasionnelles, parce que les différentes contributions cherchent à cerner la spécificité d’un moment, le nôtre, où c’est aussi dans le savoir que les Arabes sont désormais devenus gênants.
Il est donc question ici des sciences et de la philosophie arabo-islamiques, des enjeux idéologiques liés à l’étude de la langue arabe, de ce que « latin » et « grec » veulent dire au Moyen Age et à la Renaissance, de la place du judaïsme et de Byzance dans la transmission des savoirs vers l’Europe occidentale, du nouveau catholicisme de Benoît XVI, de l’idée de «civilisation » chez les historiens après Braudel, des nouveaux modes de validation des savoirs à l’époque d’Internet, ou de la manière dont on enseigne aujourd’hui l’histoire de l’Islam dans les lycées et collèges.
Il est question dans ce livre des métamorphoses de l’islamophobie. Pour en venir à une vue plus juste, y compris historiquement, de ce que nous sommes : des Grecs, bien sûr, mais des Arabes aussi, entre autres.
Philippe Büttgen est chargé de recherche au CNRS (Laboratoire d’études sur les monothéismes, Paris).
Alain de Libera est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et professeur à l’université de Genève.
Marwan Rashed est professeur à l’Ecole normale supérieure.
Irène Rosier-Catach est directrice de recherche au CNRS (Laboratoire d’histoire des théories linguistiques, Paris) et directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études.
Extrait de l'Introduction
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Libellés : ISLAM
mardi, août 18, 2009
Mondialisastion versus Universalité
« Mondialisation et universalité ne vont pas de pair, elles seraient plutôt exclusives l'une de l'autre. La mondialisation est celle des techniques, du marché, du tourisme, de l'information. L'universalité est celle des valeurs, des droits de l'homme, des libertés, de la culture, de la démocratie. La mondialisation semble irréversible, l'universel serait plutôt en voie de disparition.
Du moins tel qu'il est constitué en système de valeurs à l'échelle de la modernité occidentale, sans équivalent dans aucune autre culture. Même une culture vivante et contemporaine comme la japonaise n'a pas de terme pour le désigner. Pas de mot pour désigner un système de valeurs qui se veut à l'unisson de toutes les cultures et de leur différence, mais qui, paradoxalement, ne se pense pas lui-même comme relatif et se veut, en toute ingénuité, comme le dépassement idéal de tous les autres.
Nous n'imaginons pas un seul instant que l'universel puisse n'être que la pensée particulière de l'Occident, son produit spécifique, original certes, mais finalement aussi peu exportable que n'importe quel produit d'origine. C'est pourtant ainsi que le voient les Japonais, comme un trait spécifique occidental et, loin de se rallier à ce concept abstrait, ce sont eux qui, par un retour étrange, relativisent notre universel et l'intègrent à leur singularité.
Toute culture digne de ce nom se perd dans l'universel. Toute culture qui s'universalise perd sa singularité et se meurt. Il en est ainsi de celles que nous avons détruites en les assimilant de force mais il en est ainsi de la nôtre aussi dans sa prétention à l'universel. La différence est que les autres sont mortes de leur singularité, ce qui est une belle mort, tandis que nous mourons de la perte de toute singularité, de l'extermination de toutes nos valeurs, ce qui est une male mort.
Nous pensons que le destin de toute valeur est l'élévation à l'universel, sans mesurer le danger mortel que constitue cette promotion : bien plutôt qu'une élévation, c'est une réduction, ou encore une élévation au degré zéro de la valeur. Du temps des Lumières, l'universalisation se faisait par le haut, selon un progrès ascendant. Aujourd'hui, elle se fait par le bas, par une neutralisation des valeurs due à leur prolifération et à leur extension indéfinie. Ainsi en est-il des droits de l'homme, de la démocratie, etc. : leur expansion correspondant à leur définition la plus faible, à leur entropie maximale. Degré Xerox de la valeur. En fait, l'universel périt dans la mondialisation. La dynamique de l'universel comme transcendance, comme fin idéale, comme utopie, lorsqu'elle se réalise, cesse d'exister en tant que telle. La mondialisation des échanges met fin à l'universalité des valeurs. C'est le triomphe de la pensée unique sur la pensée universelle.
Ce qui se mondialise, c'est d'abord le marché, la promiscuité de tous les échanges et de tous les produits, le flux perpétuel de l'argent. Culturellement, c'est la promiscuité de tous les échanges et de tous les produits, le flux perpétuel de l'argent. Culturellement, c'est la promiscuité de tous les signes et de toutes les valeurs, c'est-à-dire la pornographie. Car la succession, la diffusion mondiale de tout et de n'importe quoi au fil des réseaux, c'est cela, la pornographie. Pas besoin d'obscénité sexuelle, il suffit de cette copulation interactive. Au terme de ce processus, il n'y a plus de différence entre le mondial et l'universel. L'universel lui-même est mondialisé : la démocratie, les droits de l'homme circulent exactement comme n'importe quel produit mondial, comme le pétrole ou les capitaux.
A partir de là, on peut se demander si l'universel n'a pas déjà succombé à sa propre masse critique, et s'il s'est jamais implanté ailleurs que dans les discours et dans les morales officielles. En tout cas, pour nous, le miroir de l'universel est brisé (on peut y voir en effet quelque chose comme le stade du miroir de l'humanité). Mais c'est peut-être une chance car, dans les fragments de ce miroir brisé de l'universel, toutes les singularités ressurgissent. Celles qu'on croyait menacées survivent ; celles qu'on croyait disparues ressuscitent (1). Derrière les résistances de plus en plus vives à la mondialisation, résistances sociales et politiques qui peuvent apparaître comme un refus archaïque de la modernité à tout prix, il faut lire un mouvement original de défi à l'emprise de l'universel. Quelque chose qui dépasse l'économique et le politique.
Une sorte de révisionnisme déchirant quant aux acquis de la modernité, quant à l'idée de progrès et d'Histoire, de rejet non seulement de la fameuse technostructure mondiale, mais de la structure mentale d'identification de toutes les cultures, de tous les continents sous le signe de l'universel. Cette résurgence, voire cette insurrection de la singularité, peut prendre des aspects violents, anomaliques, irrationnels selon le point de vue de la pensée "éclairée" - formes ethniques, religieuses, linguistiques, mais aussi, au niveau de l'individu, caractérielles et névrotiques. Mais ce serait une erreur fondamentale (celle même qui se dessine dans l'orchestration morale du discours politiquement correct commun à tous les pouvoirs et à la plupart des "intellectuels", tous aussi bien-pensants les uns que les autres) que de condamner sans appel tous ces sursauts comme populistes, archaïques, voire terroristes.
Tout ce qui fait événement aujourd'hui se fait contre l'universel, contre cette universalité abstraite (y compris l'antagonisme éperdu de l'Islam aux valeurs occidentales - c'est parce qu'il est la contestation la plus véhémente de cette mondialisation occidentale que l'Islam est aujourd'hui l'ennemi numéro un). Si on ne veut pas comprendre cela, alors on s'épuisera dans un bras de fer sans fin entre une pensée universelle, sûre de sa puissance et de sa bonne conscience, et des singularités irréductibles de plus en plus nombreuses. Même dans nos sociétés acculturées à l'universel, on voit que rien de ce qui a été sacrifié à ce concept n'a vraiment disparu - c'est simplement passé dans la clandestinité. Et ce qui se rejoue à l'envers aujourd'hui, c'est toute une histoire soi-disant progressiste, tout un évolutionnisme cristallisé sur son point final, qu'on a d'ailleurs entre-temps perdu de vue. Cette utopie est aujourd'hui disloquée, et sa dislocation en profondeur va plus vite encore que sa consolidation par la force.
Nous sommes devant un dispositif complexe à trois termes : il y a la mondialisation des échanges, l'universalité des valeurs et la singularité des formes (les langues, les cultures, les individus, les caractères, mais aussi le hasard, l'accident, etc. - tout ce que l'universel récuse selon sa loi, comme exception ou anomalie). Or la situation change et se radicalise à mesure que les valeurs universelles perdent de leur autorité et de leur légitimité. Tant qu'elles s'imposaient comme valeurs médiatrices, elles réussissaient (plus ou moins bien) à intégrer les singularités comme différences, dans une culture universelle de la différence. Mais, désormais, elles n'y réussissent plus car la mondialisation triomphante fait table rase de toutes les différences et de toutes les valeurs, inaugurant une (in)culture parfaitement indifférente. Et il ne reste plus, une fois l'universel disparu, une fois faite l'impasse sur l'universel, que la technostructure mondiale toute-puissante face aux singularités redevenues sauvages et livrées à elles-mêmes.
L'universel a eu sa chance historique. Mais, aujourd'hui, confrontés à un nouvel ordre mondial sans alternative, à une mondialisation sans appel d'un côté, et de l'autre à la dérive ou à l'insurrection tenace des singularités, les concepts de liberté, de démocratie, de droits de l'homme font bien pâle figure, n'étant que les fantômes d'un universel disparu. Et on imagine mal qu'il puisse renaître de ses cendres, et que les choses puissent se régler par le simple jeu du politique - celui-ci étant pris dans la même dérégulation et n'ayant guère plus de fondement que la puissance morale ou intellectuelle.
Cependant, les jeux ne sont pas faits, même si rien ne va plus pour les valeurs universelles. Les enjeux, dans le vide laissé par l'universel, sont montés en puissance, et la mondialisation n'a pas gagné d'avance. Face à sa puissance dissolvante et homogénéisante, on voit se lever partout des forces hétérogènes, pas seulement différentes mais antagonistes et irréductibles.»
(1) Un cas tout à fait remarquable est encore une fois celui du Japon. Celui-ci n'a rien perdu de sa singularité, quoi qu'on en dise (satisfaction méchante, chez ceux qui ont perdu toute originalité, de pressentir cette dégradation chez les autres). Mieux : il a réussi sa mondialisation (technique, économique, financière) mieux que tout le monde, sans passer par l'universel (la succession des idéologies bourgeoises et des formes de l'économie politique). On peut même supposer que c'est pour ne pas s'être embarrassé de l'universel qu'il a si bien réussi techniquement et mondialement, en associant directement le singulier (la puissance rituelle) et le mondial (la puissance virtuelle).
Jean Baudrillard
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Qu'est-ce qu'un français de souche ?
Vous vous ennuyez pendant les vacances ? Explorez, vous aussi, la réacosphère... !
Bien souvent, nous voyons le terme de « français de souche » employé à tort et à travers, sans toujours y déceler ce qu’il véhicule de noblesse déchue, de consanguinité fantasmée et de connerie joviale.
Mes frères, cette semaine, nous publions la première partie de notre étude sur la notion de souchien. Oui mes Frères, nous avons questionné notre identité. Celle-ci, plus que jamais remise au goût du jour par un candidat aux présidentielles qui n’avait alors d’yeux que pour nos suffrages, est devenue l’objet d’un ministère (principiellement chargé d’expulser ce qui n’a pas l’avantage de correspondre aux pâles profils aquilins de nos aïeux ni aux objectifs numéraires de nos dirigeants).
1) La thèse identitaire
De l’identité à l’identitaire, la pente est facile, et nous avons débuté notre pèlerinage par les plus résolus d'entre eux, le blauk.
Situé un degré seulement au-dessus du gros skinhead à QI de paraboots dans l’échelle de l’Evolution, l’identitaire s’épanouit en blauk, à savoir un groupuscule de consanguins pur jus. Des post-gudards à la mèche toujours pimpante, des bourrins pur-porc qui délirent sur l’islamisation de leur grand-tante entre deux interviews de Guillaume Faye, etc. La fine fleur du bloc identitaire réaffirme depuis des années de quel bois les gau-gau les-gaulois sont faits. Au premier rang de ces activistes du pixel brun, nous comptons les intarissables Denis Grêlon, Fabrice Robert (c’est pas des blazes de souche ça madame ?) ou encore le mignonnet Guillaume Pelletier, transfuge en vicomté. Leur bible quotidienne : Novopress (« Pour la réinformation des lignées pures finies à l’urine »), le bulletin qui colle aux fesses.
L'acception identitaire du souchien est relativement schématique : un fan de saucisson. Essentiellement. Souverainiste, parfois monarchiste, souvent fauché, et fan de saucisson. Mais alors, un vrai fan, LE Fan. Il en bouffe tant qu’il peut, et c’est bien la preuve de sa supériorité. D’ailleurs ça ne tiendrait qu’à lui, le monde entier s’appuierait du saucisson du matin au soir, par camion-citernes. On saigne des cochons dans des tonneaux, nouzôtres.
Mais le souchien n'est pas qu'un régime alimentaire, non non, le français de souche est un peu plus qu’un hominidé lipidivore. Il a une culture, des traditions, un pedigree, et des penseurs ! Nous avons donc promené nos micros sous les museaux postillonnants de plusieurs consanguins connus ou anonymes.
2) Les Consanguins s'expriment
Maurice Gné Dantec, écrivain québécois : « ... ouais, j'dirais qu'un français de souche, euh, c't'un mort-vivant qui s’ignore, okay ? Comme un atome de graphite pris dans le tsunami islamogauchiste néomunichois de Zéropa 2008. J’dirais que c’est un métapeuple en voie d’extinction, euh, okay.. face au pulsar multiethnique universel ionisé, okay ? C’t’un un cadavre écolo-recyclé abandonné derrière eux par John Rambo et John McCain, okay ? TOUT VA BIEN, GNEEE..»
Jean-Ivanhoé de Villiers-Salazar, rentier neuilléen : « Le francosouchien est l'un des Premiers Chrétiens Re-persécutés, perdu dans un continent de culture hybride avec des arabes et des socialistes, maintenu sous un diktat judéo-maçonnique oïkophobe par l'intelligentsia bobo-germanopratine, la gauche caviar laxiste et post-soixantuitarde, les réseaux d'immigration du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Niger, sans parler des syndicats trotsko-léninistes ! »
Davide Pursang, chanteur de province : « Le français de souche, c’est un agent littéraire d’exception, un bagosse réac percutant, acteur à ses quarts d’heure, un poète sanguinolent face au pulsar multiethnique universel catalysé, un libre-boxeur rock’n roll, yeah. Le souchien est emporté dans un tourbillon chachacha. Ça plane pour moi ! ça plane pour moi moi moi moi moi, ça plane pour moi ! »
Fondation Polémia, underthink-tank courtois : « un français de souche monsieur, c’est un individu fort et blanc, le pied planté dans sa terre, le torse tendu en avant, le bassin en arrière et la tête haute… ce qui lui donne peu ou prou l’allure d’une ballerine certes, mais quand va-t-on enfin en finir avec l’ethnomasochisme ! »
Miguel Enfoiros, sociologue transformiste : « Dégénérescence obscurantiste par réflexe atavique. Complexe cervical atrophié, simplisme du raisonnement, confusion expressive, épaisseur proverbiale. Puisqu’il ne réalise rien, le souchien estime être lui-même une réalisation en soi. Qu’il convient de ne surtout pas faire évoluer. Le souchien se crispe sur un âge d'or révolu, (on hésite entre celte ou carolingien), plutôt rural, familial et bigot. Pour lui, la terre est peut-être quand même plate, et l'appartenance nationale est une qualité génétique, héréditaire et auto-immune. »
Chictype, blogger hype : « Un mec en or, qui évite les balayeurs du métro en rentrant du Bal des pompiers bourré au Ricard. »
Alain Soral, boxeur borgne : « le français de souche est bien évidemment l'idiot utile du système, la victime des forces combinées de la mondialisation ultralibérale pilotée depuis Washington par le lobby judéo-israélite et ainsi confisquée par les puissances d'argent et le patronat international capitaliste bourgeois, par définition opposé à l'enracinement maurrassien des couches sociales défavorisées, et de l'activité de lobbying des réseaux gays dont l'intériorité essentielle est elle-même induite par la pétassisation féministe des années 70 pilotée par le lobby judéo-judaïque antiprolétaire dont le programme est bien évidemment la destruction du tissu social des anciennes villes industrielles du bassin lorrain. Et ça, ça dérange. »
Captain Caverne, blogger natio : « Français de souche ? c’est génial, on, on gueule tout le temps, on cogne tout le temps, on, on convoque les Grands Anchiens, et euh, on colle des stickers de Siudmak dans son photobucket et, euh, on attend la Contre-Révolution du Grand Occident Supercooonquéraaaant contre les bobos islamonazis, mais en vrai on tient un tabac ou un blog, on vote De Villiers, on rigole sur Gerra, et on se branle sur la mère Carrère d'Encausse malgré les rides. »
Frère Scoliose, moine : « C’est généralement un syndrome grotesque : l'apologie de la puissance virile par une larve pétocharde. Le syndrome souchien. Exemple : un blogger raciste qui ouvre des portails gaulois, ou lecteur de Dantec qui rêve de fornication avec plusieurs membres de sa famille ante ou post-mortem. Car voyons après tout, mon fils, et devant le Très Haut, il n'y a rien de tel que la famille. »
Brice Hortefeux, ministre d'état : « Et si on ouvrait des camps de réinsertion psychosociale cogérés par l'Eglise et l'Armée ? »
Frère Sclérose, moine : « Le Français de souche, c'est le néant électrifié par l'emphase. »
Chacun y va de son commentaire, sans éclairer vraiment notre lanterne. Difficile de tirer une conclusion générale des contributions de nos stars de la Consanguinie. Parlant de stars, nous nous sommes tournés vers la plus croquignolle d'entre elles : le Ftalker. Le Ftalker, régulièrement cité sur Consanguin, plaide inlassablement pour une réhabilitation de la vraie France des valeurs vraies, et combat les moulins du socialisme, du nihilisme, du journalisme, tout en bâtissant une oeuvre critique digne d'un grand pâtissier. Il devait donc nécessairement détenir une définition honnête et concise du "souchien". Honnête et concis comme seul José Desensio sait l'être.
(Suite)
Voir aussi le Vade-mecum du Petit Consanguin
Le consanguin
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8/18/2009
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Libellés : IDENTITE
Splendeurs et misères des courtisanes médiatiques
Que reste-t-il de Judith Miller, la grande prêtresse du journalisme américain du Moyen orient ? Renvoyée sans ménagement du prestigieux journal New York Times qu’elle a sérieusement discréditée par sa manipulation de l’opinion publique internationale à propos des armes de destruction massives en Irak, dans une opération menée en concertation avec le vice président Dick Cheyney, le sulfureux opposant irakien Ahmad Chalabi et la nièce de ce dernier, employée du journal américain au Koweït. Relayant et amplifiant une information devenue par saturation un de arguments justificatifs de l’administration néo-conservatrice à l’invasion américaine en Irak, Judith Miller traîne désormais comme un boulet son accablant sobriquet : l’« arme de destruction massive de la crédibilité du New York Times », récupérée, juste retour des choses, par l’American Enterprise Institute, le fief du néo-conservatisme américain et du christianisme sioniste, terme ultime de quarante ans de mystification professionnelle.
Que reste-t-il de Robert Maxwell, le flamboyant magnat de la presse britannique, agent de renseignement souterrain des services israéliens ? Suicidé par noyade, par une nuit noire, à bord de son yacht, et sa famille acculée à la faillite.
Que reste-t-il de PPDA, au-delà de ses succès mondains ? La fausse interview de Fidel Castro et sa condamnation pour abus de biens sociaux dans l’affaire Pierre Botton. Le présentateur le plus populaire de France de la plus importante chaîne de télévision d’Europe (TF1), qui avait eu l’outrecuidance de fixer lui-même la date de son retrait, a été licencié par SMS, comme un vulgaire saute-ruisseau, résigné à courir le cacheton dans les médias périphériques.
Que reste-t-il de Jean Pierre el Kabbache ? Le souvenir cuisant de sa honteuse manœuvre pour s’exonérer de sa responsabilité dans l’annonce prématurée de la mort de l’artiste Pascal Sevran et son souci d’obtenir l’aval préalable de Nicolas Sarkozy pour la nomination du journaliste accrédité au ministère de l’intérieur, du temps où le président français était titulaire de la charge.
Que reste-t-il de Christine Ockrent ? L’interview d’un condamné à mort, la veille de son exécution, l’ancien premier ministre monarchiste iranien, Amir Abbas Hoveyda, révélant prématurément son opportunisme à tout crin. Sa réputation de professionnalisme dégonflée comme un ballon de baudruche par son recours abusif aux publi-reportages surtarifés, en contradiction avec la déontologie, accréditant l’image d’une ménagère affairiste avide et cupide.
Que reste-t-il de Jean Marie Colombani ? Désavoué par sa propre rédaction du fait de sa grande proximité avec un plagiaire, Alain Minc, le fossoyeur de l’empire italien de Carlo de Benedetti, et sa fanfaronnade honteuse du lendemain des attentats du 11 septembre 2001 : « Nous sommes tous des Américains », méprisante à l’égard de tous ceux qui à travers le monde ont eu à pâtir du bellicisme américain : Les Vietnamiens carbonisés par l’agent orange, les Latino-américains pressurisés par United Fruit, la population caramélisée de Hiroshima et Nagasaki (Japon), les Palestiniens en voie d’éradication.
Que restera-t-il de Claude Askolovitch, l’étoile montante du journalisme sarkozyste, le nouveau patron de presse du groupe Lagardère ? L’affaire Siné : une carrière météorique propulsée par une délation calomnieuse d’un faux procès en antisémitisme à l’encontre d’un confrère satirique. Une ambition satisfaite d’une haine recuite par le recours à une pratique honteuse de l’Histoire de France dont une large fraction de la communauté juive en a eu à pâtir durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945).
René Naba
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
lundi, août 03, 2009
De l'impérialisme et de quelques définitions
« L’impérialisme est la tentative des grands maîtres de l’industrie d’élargir les voies pour le flux de leur excédent de richesse en cherchant des marchés extérieurs et des investissements extérieurs pour exporter les biens et le capital qu’ils ne peuvent vendre ou utiliser chez eux. » (John Atkinson Hobson)
« La tendance du capitalisme aux expansions soudaines constitue l'élément le plus important, le trait le plus remarquable de l'évolution moderne ; en fait l'expansion accompagne toute la carrière historique du capital elle a pris dans sa phase finale actuelle, l'impérialisme une énergie si impétueuse qu'elle met en question toute l'existence civilisée de l'humanité. » (Rosa Luxembourg)
« - 1° La concentration de la production et du capital, créant les monopoles dont le rôle est décisif dans la vie économique ; - 2° La fusion du capital bancaire avec le capital industriel et la réalisation sur cette base du capital financier, d’une oligarchie financière ; - 3° L’exportation du capital, devenue particulièrement importante, à la différence de l’exportation des marchandises ; - 4° La formation des monopoles capitalistes internationaux qui se partagent le monde ; - 5° Le partage territorial de la planète achevé par les plus grandes puissances capitalistes.
L’impérialisme est le capitalisme dans la phase du développement où s’est constituée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation du capital a acquis une haute importance, où le partage du monde entre les grands trusts internationaux a commencé, où le partage de tous les territoires de la planète entre les plus grandes puissances capitalistes s’est achevé » (Lénine)
« Les banques qui financent des prêts de guerre et, aujourd’hui, une grande part de l’industrie lourde, et pas seulement les fournisseurs directs de blindages et de canons, ont dans tous les cas un intérêt économique à ce que des guerres soient menées ; une guerre perdue augmente pour eux aussi bien la demande qu’une guerre gagnée, et les intérêts politiques et économiques que les membres d’une communauté politique ont à l’existence de grandes usines de machines de guerre dans leur pays les contraint à tolérer que celles-ci fournissent le monde entier, y compris leurs adversaires politiques. » (Max Weber)
« L'impérialisme repose sur un atavisme. Il exprime des rapports de production caractéristiques de modes de production appartenant au passé. II constitue un élément atavique tant dans les structures sociales que dans les catégories affectives de la personnalité… » (Joseph Schumpeter)
« L’expansion impérialiste avait été déclenchée par une curieuse forme de crise économique, la surproduction de capitaux et l’apparition d’argent « superflu » résultant d’une épargne excessive qui ne parvenait plus à trouver d’investissement productif à l’intérieur des frontières nationales. Pour la première fois, ce ne fut pas l’investissement du pouvoir qui prépara la voie à l’investissement de l’argent, mais l’exportation du pouvoir qui suivit docilement le chemin de l’argent exporté, puisque des investissements incontrôlables réalisés dans les pays lointains menaçaient de transformer en joueurs de larges couches de la société, de changer l’économie capitaliste tout entière de système de production qu’elle était en système de spéculation financière, et de substituer aux profits tirés des commissions. La décennie précédant l’ère impérialiste, c’est-à-dire les années 1870, connut une augmentation inouïe d’escroqueries, de scandales financiers et de spéculation sur le marché des valeurs. » (Hannah Arendt)
« Pendant de nombreuse décennies d’expansion impériale, il y a eu au cœur de la culture européenne, un eurocentrisme résolu et constant. Il a accumulé des expériences, des territoires, des peuples, des histoires, les a étudiés, classifiés, vérifiés, et tout cela a donné aux hommes d’affaires les pouvoirs de « faire des projets grandioses ». Mais surtout il les a assujettis, en bannissant leur identité - sauf en tant que créatures inférieures - hors de la culture et en fait de l’idée même d’une Europe chrétienne et blanche. Il faut voir cette dynamique culturelle comme un contrepoint vital qui alimente et renforce la machine économique et politique au centre concret de l’impérialisme. Cet eurocentrisme a inlassablement codifié et observé tout ce qui touchait au monde non européen ou périphérique, de façon si approfondie et détaillée qu’il n’a guère laissé de questions non abordées, de cultures non étudiées et de peuples non revendiqués. Ces idées sont pratiquement incontestées depuis la Renaissance. Même les catégories sociales longtemps considérées comme progressistes étaient sur l’empire uniformément rétrogrades. L’eurocentrisme a pénétré jusqu’au cœur du mouvement ouvrier, du féminisme, de l’avant-garde artistique, n’épargnant aucune des personnalités marquantes. » (Edward Saïd)
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8/03/2009
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Libellés : EMPIRE
dimanche, août 02, 2009
Cosmétique raciale et retour du refoulé
Aille ! Aille ! Aille ! Il s’est fourré dans de beaux draps ! Pendant un bref instant, devant les caméras de télévision, le Président des Etats-unis est devenu Noir !
La semaine dernière, quand son pote “Skip” Gates s’est fait embarquer par les flics pour avoir osé être Noir dans un quartier huppé de Boston, Barack Obama a oublié son rôle officiel: celui du pacificateur des consciences américaines qui leur raconte la belle histoire comme quoi son élection marque la fin du racisme aux USA.
Au lieu de cela, Obama, ce Président qui se donne un mal énorme pour toujours paraître ne pas choisir de camp, s’est effacé devant Barack, le sénateur radical du ghetto de South Side à Chicago, qui nous a rappelé que les flics embarquent tout le temps des Négros, juste pour les faire chier et leur montrer qui est le “mac” dans la rue.
Je me souviens soudain qu’il n’y a pas si longtemps [NdT. en 1992] que nous avons vu une bande de petites frappes en uniforme de police de Los Angeles s’acharner avec une violence inouïe sur un homme à terre, les mains menotées dans le dos: Rodney King, un Noir, un “Africain-Américain” si vous préférez. La seule chose inhabituelle dans le passage à tabac de Rodney King est que – cette fois là – il s’est trouvé quelqu’un pour le filmer et montrer la vidéo au monde. Des violences policières comme celles-là, il s’en produit des milliers, chaque nuit, à travers le pays.
Oui, je sais: nous avons parcouru un sacré chemin depuis. Les choses ont changé. Obama a gagné, Jessie a pleuré [NdT. Jesse Jackson - président du lobby antiraciste NAACP], Beyoncé a lancé sa propre marque de parfum et Tiger Woods joue dans des clubs où, il y a encore 30 ans, on aurait refusé de le servir.
Je suis content pour eux.
Mais que pensez vous du cas de Robert Pratt, M. le Président?
Pratt, travailleur dans l’industrie automobile, est père de cinq enfants et paye chaque mois 1 100 US$ en traites pour rembourser sa maison de Detroit – alors que celle-ci ne vaut même plus 40 000 US$. Si ses traites sont astronomiques, c’est parce qu’il paye 11% de taux d’intérêt, soit le double de la moyenne nationale. Avec un plan de financement pareil, il est quasiment certain de ne pas pouvoir rembourser et de bientôt se retrouver à la rue.
Comment en est-on arrivé là ? Pratt, dont nous avons suivi le cas dans le cadre d’une étude, a été “orienté” vers un prêt immobilier à taux “subprime” par la banque Countrywide Financial. “Orienté” est une façon polie de dire qu’on force les gens à accepter des prêts à des conditions usuraires. Et quand je dis “des gens”, je ne dis pas n’importe quels gens : je dis des Noirs, comme M. Pratt. Plus de 60% des personnes Noires qui on déposé ou déposent un dossier de crédit ont été (et le sont encore) orientés vers des contrats “subprime” aux taux prédateurs.
Selon une étude exhaustive menée par le “Federal Reserve Board” et le “Center for Responsible Lending” (CRL), les Africains-Américains sont 250 plus susceptibles d’obtenir un crédit doté d’un taux “explosivement variable” que des emprunteurs à la peau blanche. Et ne venez pas nous dire que c’est parce que les Noirs sont généralement plus pauvres que les Blancs : l’étude à montré que plus on monte dans l’échelle des revenus et plus le “credit rating” est élevé, plus la discrimination devient marquante.
[NdT. Selon une étude de l'Université de Tufts, basée sur l'analyse de 28 000 dossiers dans les grandes et moyennes villes U.S., il apparaît que, à revenu et notation égales, un cadre supérieur Noir qui demande un crédit immobilier à sa banque a 250 fois plus de chances de se retrouver avec un crédit "subprime" à taux usuraire "explosif" qu'un cadre supérieur Blanc tout aussi riche et bien noté.]
En tant qu’économise, je peux vous dire sans la moindre exagération que l’échec d’Obama de se confronter à la question du racisme endémique au sein du système financier est entrain de tuer tout espoir dans le redressement économique de ce pays. Selon les études de la CLR, les “crédits à taux explosifs” qui ont majoritairement touché les communautés Noires et Hispaniques, sont à l’origine de la dévaluation de 40,2 millions d’autres propriétés, qui ont perdu leur valeur commerciale à cause de leur proximité avec des maisons qui ont été saisies et vendues aux enchères, saturant le marché immobilier.
Et malgré cela, nous n’avons pas entendu le moindre commentaire de la part de l’Administration Obama visant à mettre fin à ces pratiques de crédit dignes du Ku Klux Klan, des pratiques ciblées qui ont dévasté les quartier Noirs et ont emporté une grosse partie des valeurs immobilières de l’Amérique Blanche avec elles.
[NdT. Selon l'observatoire des prix immobiliers, dans les grandes villes comme Detroit et Chicago, dans certains quartiers, 3 maisons sur 5 sont abandonnées et ont perdu 90 à 95% de leur valeur y compris foncière. Cela dépasse les dommages causés par le cyclone Katrina à une ville comme New Orleans]
Au lieu de cela, le directeur de cabinet d’Obama, Rahm Emanuel, a été l’invité d’honneur du Directoire de JP Morgan, groupe bancaire propriétaire d’un des pires prédateurs financiers à l’origine de la crise, Washington Mutual. Comparé à Morgan/WaMu, et ses magouilles de crédit fortement teintées de racisme, le commissariat de police de Cambridge [NdT. Où a été arrêté le professeur Gates] pourrait passer pour une annexe de SOS Racisme [NdT. aux USA, le NAACP est une puissante association de lobbying anti-raciste et anti-discriminatoire].
(Et de fait, les hôtes de Rahm Emmanuel, la banque JP Morgan a été trainée devant les tribunaux la semaine dernière par le NAACP qui l’accuse de “racisme systématique et institutionnalisé dans l’attribution de ses crédits immobiliers”).
La vérité toute nue est que les attaques financières contre la communauté Noire se poursuivent, avec la même intensité, sous Obama comme sous Bush, malgré le pouvoir dont dispose Obama qui lui permettrait d’interdire la pratique des taux usuraires aux banques recevant des fonds de soutien de la part du gouvernement. Obama a ordonné à la FDIC de garantir les emprunts de JP Morgan, permettant à la banque d’économiser 3,1 milliards US$. Obama a également ordonné à la FDIC de garantir à M. Pratt… euh… de “ne pas perdre espoir”.
Et qu’en est-il de Thomas Johnson, M. le Président?
Johnson est un pasteur de l’église protestante qui vit en Floride. En 2000 il a été privé de son droit de vote, en même temps que 94 000 autres électeurs – tous accusés à tort d’être des délinquants privés de leurs droits civiques. La plupart de ces innocents victimes d’un déni de justice sont Noirs, y compris notre pasteur. Comment je sais cela ? Parce que j’ai vu la liste de ces “délinquants interdits de vote” établie par les autorités de l’Etat de Floride, et que à côté de leurs noms, une main zélée avait pris la peine de noter “BLA” [NdT. pour "Black", Noir, la communauté Noire étant un réservoir de votes traditionnel du Parti Démocrate, les Républicains ont tout fait pour purger au maximum les listes électorales dans les districts traditionnellement acquis aux candidats démocrates - voir les extraits de "Armed Madhouse" sur ce site (liens en bas de page)]
Quand j’ai enquêté sur cette affaire, un de mes journalistes – je ne le nommerais pas parce que sa réaction est tellement typique d’une certaine mentalité – m’a demandé pourquoi le pasteur Johnson, qui, je vous le rappelle, est Noir, n’a pas tapé du poing sur la table et EXIGE qu’on lui restitue son droit de vote injustement privé. Johnson n’est pas professeur à Harvard, il n’a pas la ligne directe du Président dans les favoris de son téléphone portable.
Mon journaliste, à la peau très blanche, fraichement émoulu de l’université de Yale, assis dans son bureau de San Francisco, n’arrivait pas à imaginer ce qui risquerait d’arriver si un pasteur Johnson, à la peau noire, s’était permis de faire un scandale dans un bureau de vote du Conté d’Alachua, au plus profond du Sud Profond. Notre pasteur a eu l’intelligence de ne pas prendre modèle sur “Skippy Gates” et s’est bien gardé de se montrer défiant envers les autorités locales: après tout, il y a seulement quelques mois, les flics d’Alachua ont déchargé leurs Tasers sur un homme Noir désarmé, “qui troublait l’ordre public”, avant de lui loger sept balles dans la peau et de le tuer.
Bien sûr, vous allez me dire que la privation inique du droit de vote de M. Johnson est “une histoire qui date de l’An 2000.” Aujourd’hui c’est différent, nous sommes en 2009, nous sommes entrés dans l’ère “post-raciale”.
Mon cul, oui.
Lors des élections de l’an dernier, la Floride ne s’est pas privée de pratiquer la purge des liste électorales sur des critères racistes et électoralistes, interdisant à des milliers d’électeurs Noirs et Hispaniques de se rendre aux urnes à travers l’instauration d’une nouvelle loi limitant les documents d’identité valables pour pouvoir voter [cf Real ID].
Rien que cette nouvelle loi aura permis d’écarter tellement de Noirs et de Bronzés des urnes que les ségrégationnistes “Jim Crow” des années 1950 auraient applaudi des deux mains. (Je vous renvois à l’enquête, “Block the Vote” que j’ai réalisé avec Bobby Kennedy, paru dans l’édition d’octobre 2008 de Rolling Stone – [NdT : COMMENT VOLER UNE ÉLECTION ? ]
Et pourtant, l’Administration Obama ne semble pas être très pressée à invalider ces pratiques électorales dignes d’un Bull Connors [NdT : chef raciste de la police de Birmingham lors de la campagne pour les droits civiques de Noirs en 1963 - également membre important du Ku Klux Klan et responsable local du Parti Démocrate (sic)].
POISON
Ce que je veux dire c’est que le poison du racisme structurel en Amérique continue à nous rendre tous malades, dans notre économie, dans nos bureaux électoraux, dans nos écoles (ne me lancez pas sur ce sujet…), dans notre système de sante, dans… choisissez un domaine au hasard, ils sont tous affectés.
Oui, bien sûr, moi aussi je me suis joint à la Parade de l’Espoir, moi aussi j’ai voté pour Obama, en espérant qu’il y aurait au moins ce changement là : une attaque directe contre les derniers bastions de politiques et pratiques racistes qui subsistent encore dans nos administrations et autorités tant locales que nationales. J’attends encore.
Cela a été un moment fort de voir apparaître – même brièvement – un homme Noir derrière le pupitre marqué du sceau présidentiel.
Malheureusement, si Obama s’est faché et a exigé que la loi s’applique à tous, sans distinction, il lne l’a pas fait pour défendre un Noir. Non, il l’a fait parce que cette fois ci le fouet s’était abattu sur une personne comme lui, quelqu’un de son milieu, quelqu’un dont le statut professionnel et la classe sociale leur faisait croire qu’ils étaient désormais à l’abri des insultes et vicissitudes quotidiennes que doivent affronter leurs “frères” moins privilégiés.
On a tellement insisté sur le fait que Gates était professeur à Harvard qu’à la fin on avait l’impression que la raison du scandale était que “il n’est pas admissible de menotter un homme Noir QUI EST PROFESSEUR A HARVARD”.
Il ne s’agissait pas d’une violence raciste, il s’agissait d’une violation des règles du privilège de classe, qui ne connait pas de distinction raciale.
On ne ressent pas en Amérique – et tout particulièrement dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche – le moindre frémissement de colère ou d’indignation face aux cruautés endémiques et systématiques, qui sont infligées chaque jour à des citoyens Noirs comme Pratt and Johnson, des citoyens qui ont le malheur de ne pas être membres du Club des anciens élèves de Harvard.
Greg Palast (Trad. Gregor Seither)
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