Réponse à la réponse

Cher Hugues, puisque nous voilà presque intime,

Injure, diffamation, et désinformation… quoi d’autres sinon. Ne dit-on pas que tout ce qui est excessif est insignifiant, pourquoi me répondre alors ? Tout cela n’est-il pas que de la bave de crapaud, quelle importance ? Et puis, en homme des médias, en acteur privilégié de la société du spectacle, tu sais l’efficacité de la conspiration du silence, n'existe que ce qui est perçu, n’est-ce pas ? Pourquoi tant d’honneur alors…Dans le doute, je salue toutefois cette sortie périlleuse (?)... Tu me vantes les vertus de la liberté d’expression en démocratie et peu après, tu m’indiques les limites de celle-ci, permet moi de te faire remarquer qu’elles sont vite atteintes. Et puis ce n’est guère glorieux, cette intimidation judiciaire à peine voilée, je n’ai jamais aimé la communication subliminale. Pour ce qui est de l’anonymat nos sociétés du contrôle nous apprennent qu’il sera toujours relatif, laisse nous cette infime marge de manœuvre tout de même. Pour le fond, tu as tiré un « rendement » maximal de ce fait divers soit trois articles en cinq jours, et ce n’est pas anodin. C’est bien d’Islam que tu as traité, par la bande il est vrai, je n’ai pas la berlue, je ne suis pas le seul à l’avoir relevé. Et cerise sur le gâteau, tu as associé par deux fois ce triste événement à « ni putes ni soumises », association controversée, tu as donc relayé leur combat plus que douteux et ce qu’il véhicule, avec les mêmes recettes qui ont eu cours en France, avec l’efficacité qu’on leur connaît. Ensemble de choses qui me font croire à une orchestration, ai-je tort de le croire? Pour ce qui est du contexte plus général, si l’islamophobie traverse bien l’ensemble des médias belges (comme ceux de l’Europe d’ailleurs), elle est subtile, feutrée et euphémisée, elle suggère plus qu'elle ne dit, le Soir, malgré ses bons sentiments, ne déroge pas à cette règle ; une série de signes montre que cette islamophobie est passée à une vitesse supérieure, à savoir à une islamophobie sans fioriture, brutale et partagée dans les plus hautes instances du pouvoir. Si l’on critiquait, parfois avec légitimité, l’Islam, aujourd’hui on s’en prend aux musulmans purement et simplement, l’association « insécurité, immigration, islam » est devenue naturelle, tandis que la rhétorique du choc de civilisation est dans toutes les têtes…Permet moi de réagir à cela, car là se situe la vraie liberté d'expression ! Tu me dis que ma comparaison est douteuse et non avenue. En quoi un fait divers est-il plus important qu’un autre, au point ou il mérite un traitement privilégié ? Quelle est la fonction d’un fait divers ? L’affaire Dutroux n’était-elle pas un fait divers stricto sensu ? Pourquoi s’est-elle transformée en fait de société ? Sur tout cela tu ne dis mot…Pour ce qui est du caractère douteux de ma comparaison, Bourdieu disait que « la distinction était le dégoût des goût des autres », cette comparaison est bien plus provocatrice que douteuse, la provocation a à mon sens une vertu pédagogique - «La provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds» a écrit Brecht quelque part, la proximité et le caractère scandaleux permettaient de mettre à jours les points aveugles, les contradictions internes, les impensés, le ça va de soi de tes « engagements »… Si je ne conteste pas la ligne éditoriale du Soir, et quand bien même je le ferais qui s’en soucierait ?, je conteste toutefois l’alignement de tes articles sur les pires positions de la galaxie laïque, celles des laïcistes, je supporte ni leur bêtise dogmatique, ni leur posture de chevalier blanc. Car pour ma part je n’oublie pas que l’enfer est pavé de bonne intention et que « qui veut faire l’ange fait la bête ». Je n’oublie pas surtout que l’émancipation, ce n’est ni un projet clé en main, ni un kit dont on prend livraison au 18 de l’Avenue Stalingrad. Je n'oublie pas enfin que pour bon nombre de ces zorros de la laïcité, l'Universel s'arrête aux fontières de Fort-Jaco ou de Lasne…
Bien à toi tout de même.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Manipulations médiatiques, instrumentalisation des racismes et des antiracismes. Juifs, blancs, noirs, arabes: tous manipulés!

http://ogrecismigiu.blogspot.com/2007/11/manipulations-mdiatiques.html

Denver

arnaud a dit…

Pour répondre à votre post du contre journal. Post qui est là-bas aussi. Merci

Salut Bob,
Pardon, mais relisez mon post. Dans ma recette de la tarte à la crème vous oubliez mon premier ingrédient: la haine. Ce n'est pas la peur de l'autre et de l'étrangeté qui est "naturel", mais la haine. Tout vil sentiment découle de ce fait et le rascisme en fait partie.
Il faut savoir accepter qu'il existe, l'accepter sans haine, pour pouvoir le dompter donc l'apprivoiser. Si je rencontre quelqu'un qui tient des propos faisant le lit du racisme, c'est ce que je lui dirai. Autant à celui qui n'en tient pas.
Me faire dire que tout le monde est raciste donc personne ne l'est, est un raccourci... trop long. Mon avis: tout le monde peut éprouver du racisme. Point à la ligne... Et dans cette ligne suivante, le dialogue commence, il y a une ligne entre le bien et le mal, une ligne qui ne peut être droite et finalement qui dessine la pyramide de l'introspection dont la conscience et la raison en forment le sommet.
Le côté tarte à la crème découle, je pense, du moins en essayant de vous comprendre, que mes propos prône la recherche de l'amour. Je trouve tellement plus simpliste et plus dangeureux pour reprendre vos propos, de se laisser aller à la soif de vengeance, à cette automaticité de l'insulte, de la critique facile, du dénigrement, de l'aveugle mise à l'écart du Mal. On rejette, on oublie, on met de côté plus qu'on n'essaie de comprendre et d'écouter.

Avez-vous vu "Gentleman's agreement"?

Bob a dit…

@ Arnaud,
J'affirme que le racisme ne relève pas d’une « haine de l’autre » inscrite dans la « nature humaine », mais a des causes historiques et politiques déterminées. Il s’agit de comprendre que le racisme a contribué à fabriquer le concept de nation : l’Etat est "postcolonial" parce qu’il a reçu entre autres héritages celui de la colonisation. La solution au problème des discriminations n’est donc pas morale mais avant tout politique : les appels au « civisme », au « respect » et les « touche pas à mon pote » resteront vœux pieux tant que nous ne nous attèlerons pas à une véritable décolonisation des esprits et des institutions. Je conteste aussi l’injonction à l’ « intégration » comme relevant de cette même logique postcoloniale et, en retour, je clame : « première, deuxième, troisième génération, on s’en fout, on est chez nous »... L’Etat de Droit comme il se proclame aujourd'hui continue d’entretenir les exceptions à la règle en « indigénisant » les plus démunis de ses citoyens et, plus largement, de ceux qui vivent sur son sol. Lutter conre le racisme, c’est constater la contradiction entre les principes et la réalité, et revendiquer l’égalité réelle.

manu a dit…

"La façon dont la presse en général et les radios et télés en particulier rendent compte des conflits sociaux en cours suffit à expliquer pourquoi le fossé ne cesse de se creuser entre la profession de journaliste et une fraction grandissante du public.
Il ne faut donc pas s’étonner que les reporters subissent de plus en plus souvent un accueil hostile, notamment dans les situations tendues ­ comme sur les campus en ce moment ; ni que de plus en plus de gens délaissent télé-aux-ordres ou presse-qui-ment, et cherchent leur bonheur sur le Net (où circulent encore des infos et des images qui n’ont guère de place ailleurs, et surtout une liberté de ton et de commentaires revigorants ­ ça durera ce que ça durera...). " POLITIS

Samira a dit…

J'espère qu'on n'a pas la presse qu'on mérite et qu'il est temps de secouer nos médias.

L'internet révolutionne notre regard sur l'actualité et il est temps que les scribouillards de complaisance le reconnaissent...

Arnaud a dit…

salut Bob,

j'ai retrouvé votre site.

Je suis assez sidéré par votre remarque à la fin: "L’Etat de Droit comme il se proclame aujourd'hui continue d’entretenir les exceptions à la règle en « indigénisant » les plus démunis de ses citoyens".

N'oublions pas que ce système a été créé par la force d'un constat ancestral et toujours actuel: Lorsque certains réussissent, d'autres perdent... Le but n'a pas été de créer une catégorie de privilégiés dont les individus le resteront à vie. Mais d'aider des gens, quels qu'ils soient, à sortir de probables impasses dans lesquelles ils peuvent s'engouffrer au moins une fois dans leur vie, surtout s'ils n'ont rien au départ. Là est l'unique but de ce système. C'est pourquoi je considère votre remarque comme un fantasme très personnel. On peut faire ce constat mais le crédit est à mettre non pas au système mais à l'individu. Ne confondons pas les Institutions et les hommes (bien que ces derniers les aient créées...)

Sinon pour le reste et sans l'affirmer, je pense que nous sommes d'accord. C'est une vision mondialiste de nos existences. Et ce n'est que comme cela que l'on pourra s'en sortir. Ces Nations, ces Unions, enfin toutes sortes de conglomérats étatiques me font sourire. Et espérer. Quand même, au minimum. Ce n'est qu'une étape. On ne veux plus de guerre entre les Nations? alors faisons qu'elles commercent entre elles...
Arrive depuis cette vision mondialiste un peu plus partagée qu'avant et qui bouscule cette idée. Mais laissons aux gens le temps de la comprendre, de l'intégrer.

Et je pense sincèrement que la Nation a été créée pour une plus simple raison: le "téléphone arabe" ou la faible valence du cerveau humain. Pour que l'information reste la même et ne soit pas déformée, il lui faut un petit groupe d'individus. Plus on l'agrandit, plus l'info de départ est déformée. Cela paraît simple? assez, oui. Mais simpliste, surtout pas.

Ahoj