On a fêté en 2011 le cinquantième anniversaire de la mort de Frantz Fanon. Ses trente-six années de vie furent une traversée, intense et fulgurante, du siècle. Pour le dire avec Césaire : « Vie courte mais extraordinaire, illuminant une des plus atroces tragédies du 20e siècle et illustrant de manière exemplaire la condition humaine elle-même, la condition de l’homme moderne. »
On le sait, les commémorations sentent la naphtaline. Elles incarnent à la fois la mort et la trahison. Elles sont la meilleure manière d’en finir avec une personnalité qui dérange, une pensée qui gêne. Une fois que la réduction à une catégorie dépassée - le tiers-mondisme par exemple - n’agit plus, une fois que la conspiration du silence - « Frantz Fanon, mais qui c’est ? » - a fait son temps et démontré son inefficacité manifeste, il reste l’hommage. C’est de loin la meilleure et la plus intelligente façon de conjurer cette pensée....
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