Pouvoir blanc ?

Oui : « Pouvoir blanc ? Ce terme déplait souvent, car il semble vouloir ignorer ou schématiser la pluralité des centres de pouvoir, la diversité des forces qui font la décision. Ceux qui avancent cet argument soulignent le caractère pluraliste du corps politique. Or ils oublient souvent que le pluralisme américain devient très vite un bloc monolithique dés qu’il s’agit de questions raciales. Face aux revendications du peuple noir, les multiples factions blanches s’unissent et présentent un front commun. C’est surtout vrai dès que le nombre de Noirs augmente. L’augmentation de la population noire est à la fois un atout et un risque. Nombreux, les Noirs peuvent bien sur espérer influencer la politique et le comportement d’un gouverneur, mais ils peuvent aussi s’attendre à susciter les craintes de bien des Blancs. Plus les Noirs sont nombreux, plus grande est la menace (selon les Blancs) et, en conséquence, plus les Blancs répugnent à se montrer libéraux à l’égard des droits civiques… » (S. Carmichael, C.V. Hamilton, Black Power)

Non : « Il n’y a pas de monde blanc, il n’y a pas d’éthique blanche, pas davantage d’intelligence blanche. Il y a de part et d’autre du monde des hommes qui cherchent. Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée. Je dois me rappeler à tout instant que le véritable saut consiste à introduire l’invention dans l’existence. Dans le monde où je m’achemine, je me crée interminablement. Je suis solidaire de l’Etre dans la mesure où je le dépasse. Et nous voyons, à travers un problème particulier, se profiler celui de l’Action. Placé dans ce monde, en situation, « embarqué » comme le voulait Pascal, vais-je accumuler des armes ? Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Pour beaucoup d'intellectuels de couleur, la culture européenne présente un caractère d'extériorité. De plus, dans les rapports humains, le Noir peut se sentir étranger au monde occidental. Ne voulant pas faire figure de parent pauvre, de fils adoptif, de rejeton bâtard, va-t-il tenter fébrilement de découvrir une civilisation nègre?… Il ne faut pas essayer de fixer l’homme, puisque son destin est d’être lâché… La densité de l’histoire ne détermine aucun de mes actes. Je suis mon propre fondement… Et c'est en dépassant la donnée historique, instrumentale, que j'introduis le cycle de ma liberté. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » (Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Tiens à propos d'aliénation voici un aveu à peine crypté d'une certaine Lalla Fatma M’semer : "Alors pourquoi, nous indigènes, sommes-nous si fiers ? Pourquoi, nous indigènes, avons-nous, quand même, le sentiment qu’Obama nous représente ?" Ton fantasme de " petit blanc " indécrottable, tes désirs ambigus d'impuissante assoiffée de puissance Lalla Fatma n'est pas le mien ! Pourquoi parles-tu à ma place ?

Zaz a dit…

Très beau texte de Fanon qui remet un peu d'ordre dans les délires racialisant de certains...

Anonyme a dit…

Pouvoir blanc ? Houellebecq power !
pouf, pouf, pouf...