Derrière la Loi foulardière, la peur...
2. Oui, la France a enfin trouvé un problème à sa mesure : le foulard sur la tête de quelques filles. On peut le dire, la décadence de ce pays est stoppée. L'invasion musulmane, de longtemps diagnostiquée par Le Pen, aujourd'hui confirmée par des intellectuels indubitables, a trouvé à qui parler. La bataille de Poitiers n'était que de la petite bière, Charles Martel, un second couteau. Chirac, les socialistes, les féministes et les intellectuels des Lumières atteints d'islamophobie gagneront la bataille du foulard. De Poitiers au foulard, la conséquence est bonne, et le progrès considérable.
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7/23/2013
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Caroline rime avec Marine
Paris le 10 septembre 2012
Le bureau national de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
à la direction de la Fête de l’Humanité
Chers amis,
Il n’est bien évidemment pas de notre rôle de donner un avis sur les invités du PCF et de l’Humanité à leur fête, à laquelle nous participons bien volontiers. Et nous savons bien que les responsables de la Fête ont à cœur d’inviter des personnes ayant des orientations très différentes, y compris ne se situant pas toujours à gauche.
Mais l’invitation lancée à Caroline Fourest de participer à un débat précisément sur la lutte contre le Front national nous a surpris et heurtés.
En effet, nous considérons qu’un des vecteurs les plus pervers du développement du Front national est, en se parant d’un discours sur la laïcité, une islamophobie plus ou moins assumée.
Or le FN n’hésite pas pour cela à puiser explicitement son argumentation chez Caroline Fourest elle-même, qui dans sa lutte contre l’islam a été prise déjà en flagrant délit de mensonge (voir par exemple à ce sujet le chapitre à elle consacré par Pascal Boniface dans son livre "les intellectuels faussaires").
Nous savons que de nombreuses voix, dont celles de beaucoup de nos partenaires dans la lutte pour les droits du peuple palestinien comme dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, se sont élevées pour dire leur étonnement et/ou leur colère devant cette invitation.
Dans la recherche de l’unité la plus large contre le Front national, cette invitation ne nous semble pas qu’une faute de goût.
Salutations fraternelles,
Le bureau national de l’UJFP
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9/15/2012
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Y’a Bon Awards : nous votons Caroline Fourest !
Il s'agit de la journaliste et essayiste Caroline Fourest, à laquelle Les Indivisibles ont décerné une peau de banane dorée dans la catégorie "les Experts Chronikers" pour avoir dénoncé des "associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas".
Une plainte pour injure et diffamation
Dans un article d'une singulière violence, paru notamment sur le Huffington Post, celle-ci ne se contente pas de traiter la journaliste Rokhaya Diallo, co-fondatrice des Indivisibles, en ennemie de la laïcité et en alliée des islamistes, l’accusant d’intelligence avec le gouvernement américain, en même temps que de se faire l’avocate du "terrorisme contre la presse". Caroline Fourest va encore plus loin : elle qualifie les Indivisibles et leurs jurés de "salauds" et les soupçonne de s’apprêter à "payer le ticket de bus" à ceux qui rêvent de l'"emmener en forêt" pour la "bâillonner" ou la "lapider".
Mais voici le plus grave : non contente d'injurier et de diffamer, Caroline Fourest annonce qu'elle attaque en justice Les Indivisibles pour... injure et diffamation !
La plainte annoncée vise aussi l'ensemble du Jury 2012 des Y'a bon Awards présidé par Gilles Sokoudjou, le président de l’association : les comédiens Jalil Lespert et Aïssa Maïga, les rappeurs Mokobé et Youssoupha, les écrivains Faiza Guène et Alain Mabanckou, les sociologues Jean Baubérot et Nacira Guénif, l'historien Olivier Le Cour Grandmaison, la civilisationniste Maboula Soubahoro, les journalistes Florence Aubenas, Abdelkrim Branine, Sébastien Fontenelle et Frédéric Martel.
Le délit de lèse-journaliste n'existe pas
Face à ce précédent dangereux pour la liberté d'expression et le combat antiraciste, nous tenons à affirmer :
- Qu’il est singulièrement contradictoire que Caroline Fourest, qui a vigoureusement soutenu la liberté d’expression au nom de l’humour lors de la diffusion des caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo, ne reconnaisse pas ce droit lorsqu’il est exercé par Les Indivisibles. Et le fait qu’elle instrumentalise l’actualité, en s’indignant qu’on lui attribue ce prix "alors que la France pleurait les morts du tueur de Toulouse", ne semble-t-il pas donner raison, a posteriori, aux jurés ?
- Que le délit de lèse-journaliste n'existe pas davantage que le délit de lèse-majesté ou le délit de blasphème, et que la liberté d'expression implique donc aussi la liberté d'exprimer des griefs à l'encontre de Caroline Fourest ;
- Que Caroline Fourest, chroniqueuse au Monde et à Radio France, invitée régulière de la plupart des grands médias, bénéficie d'une surface médiatique considérable qui lui offre toute latitude pour user de sa propre liberté d'expression en contre-argumentant, au lieu d'étouffer celle des Indivisibles et de leurs jurés au moyen d'une procédure judiciaire éprouvante et coûteuse ;
- Que le point de vue, pourtant largement présent parmi les militants antiracistes et les universitaires, selon lequel, au nom de la laïcité, Caroline Fourest contribue depuis des années à donner un visage respectable à des stéréotypes anxiogènes sur l'islam et les musulmans, n'a quasiment jamais droit de cité dans ces grands médias qui lui offrent régulièrement une tribune ;
- Qu'il est dans ces conditions particulièrement choquant de contester à des artistes, des intellectuels et des militants antiracistes cette liberté d'expression minimale : le droit d’épingler cette journaliste, le temps d'une cérémonie humoristique.
C'est pourquoi nous soussignés tenons à manifester notre solidarité avec Les Indivisibles et avec les jurés des Y’a Bon Awards 2012. Si Caroline Fourest s'octroie le droit de taxer les Indivisibles de racisme ("Quand l’antiracisme devient racisme", écrit-elle de façon parfaitement aberrante), pourquoi les Indivisibles n’auraient-ils pas celui de lui décerner une peau de banane dorée parfaitement méritée ?
Nous exprimons donc notre solidarité avec Les Indivisibles en décernant, nous aussi, un Y’a Bon Award à Caroline Fourest. Et si c'est un délit, il faudra nous poursuivre avec les jurés.
Akhenaton, artiste, Alain Brossat, professeur de philosophie émérite, Université Paris 8, Christine Delphy, chercheuse au CNRS, Claire Denis, cinéaste, Nicolas Fargues, écrivain, Eric Fassin, sociologue, Paris 8, François Gèze, éditeur, Achille Mbembe, professeur de science politique à l'université du Witwatersrand, Johannesburg, Léonora Miano, écrivaine, Océanerosemarie "la lesbienne invisible", humoriste, Joan W. Scott, Historienne, Institute for advanced Study, New York, Todd Shepard, Associate Professor of History, Johns Hopkins University, Baltimore, Ann Laura Stoler, professor of anthropology and history, The New School for Social Research, Kader Aoun et Mehdi Thierry, producteurs, Zebda, artistes chanson
Et :
Pierre Tevanian, philosophe, co-animateur du collectif "Les mots sont importants"
Sylvie Tissot, sociologue, militante féministe
Houria Bouteldja, porte-parole du PIR
Thomas Deltombe, essayiste
Karima Delli, députée européenne EELV
Faysal Riad, professeur
François Burgat, politologue
Catherine Samary, universitaire
François Cusset, universitaire, Paris 9
Louis-Georges Tin, maître de conférences, Université d'Orléans
Said Bouamama, sociologue
Eyal Sivan, cinéaste - University of East-London
Henri Braun, avocat
Mahamadou Lamine Sagna, sociologue (Université de Princeton)
Jim Cohen, universitaire
Monique Crinon, philosophe
Alima Boumédiene-Thiery, juriste et ex parlementaire
Vincent Geisser, président du Centre d'information et d'étude sur les migrations internationales (CIEMI).
Véronique Rieffel, auteure et commissaire d’exposition,
Stéphane Lavignotte, pasteur.
Pascal Boniface, geopolitologue, Paris 8
Patrick Singaïny, intellectuel réunionnais
Almamy Kanouté, tête de liste Emergence
Joëlle Marelli, philosophe
Raphaël Liogier, directeur de l’observatoire du religieux
Pierre Sally, historien
Rada Iveković, philosophe, Paris
Eric Hazan, éditeur
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4/12/2012
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Lâcheté et perversité de la figure du « démocrate »
Toutes les collectivités, il les résout en éléments individuels. Un corps physique est pour lui une somme de molécules, un corps social, une somme d'individus. Et par individu il entend une incarnation singulière des traits universels qui font la nature humaine. Ainsi l'antisémite et le démocrate poursuivent inlassablement leur dialogue sans jamais se comprendre ni s'apercevoir qu'ils ne parlent pas des mêmes choses. Si l'antisémite reproche au Juif son avarice, le démocrate répondra qu'il connaît des Juifs qui ne sont pas avares et des chrétiens qui le sont. Mais l'antisémite n'est pas convaincu pour autant: ce qu'il voulait dire c'est qu'il y a une avarice « juive », c'est-à-dire influencée par cette totalité synthétique qu'est la personne juive. Et il conviendra sans se troubler que certains chrétiens peuvent être avares, car pour lui l'avarice chrétienne et l'avarice juive ne sont pas de même nature.
Pour le démocrate, au contraire, l'avarice est une certaine nature universelle et invariable qui peut s'ajouter à l'ensemble des traits composant un individu et qui demeure identique en toutes circonstances; il n'y a pas deux façons d'être avare, on l'est ou on ne l'est pas. Ainsi le démocrate, comme le savant, manque le singulier: l'individu n'est pour lui qu'une somme de traits universels.
Il s'ensuit que sa défense du Juif sauve le Juif en tant qu'homme et l'anéantit en tant que Juif. A la différence de l'antisémite, le démocrate n'a pas peur de lui-même : ce qu'il redoute ce sont les grandes formes collectives où il risque de se dissoudre. Ainsi a-t-il fait choix de l'esprit d'analyse parce que l'esprit d'analyse ne voit pas ces réalités synthétiques. A ce point de vue, il craint que ne s'éveille chez le Juif une « conscience juive », c'est-à-dire une conscience de la collectivité israélite, comme il redoute chez l'ouvrier l'éveil de la « conscience de classe ». Sa défense est de persuader aux individus qu'ils existent à l'état isolé. « Il n'y a pas de Juif, dit-il, il n'y a pas de question juive. » Cela signifie qu'il souhaite séparer le Juif de sa religion, de sa famille, de sa communauté ethnique, pour l'enfourner dans le creuset démocratique, d'où il ressortira seul et nu, particule individuelle et solitaire, semblable à toutes les autres particules. C'est ce qu'on nommait, aux États-Unis, la politique d'assimilation. Les lois sur l'immigration ont enregistré la faillite de cette politique et, en somme, celle du point de vue démocratique.
Comment pourrait-il en être autrement: pour un Juif conscient et fier d'être Juif, qui revendique son appartenance à la communauté juive, sans méconnaître pour cela les liens qui l'unissent à une collectivité nationale, il n'y a pas tant de différence entre l'anti-sémite et le démocrate. Celui-là veut le détruire comme homme - pour ne laisser subsister en lui que le Juif, le paria, l'intouchable; celui-ci veut le détruire comme Juif pour ne conserver en lui que l'homme, le sujet abstrait et universel des droits de l'homme et du citoyen. On peut déceler chez le démocrate le plus libéral une nuance d'antisémitisme: il est hostile au Juif dans la mesure où le Juif s'avise de se penser comme Juif.
Cette hostilité s'exprime par une sorte d'ironie indulgente et amusée, comme lorsqu'il dit d'un ami juif, dont l'origine israélite est aisément reconnaissable: « il est tout de même trop juif » ou lorsqu'il déclare: « la seule chose que je reproche aux Juifs c'est leur instinct grégaire; si on en laisse entrer un dans une affaire, il en amènera dix avec lui ». Pendant l'occupation, le démocrate était profondément et sincèrement indigné des persécutions antisémites, mais il soupirait de temps à autre: « Les Juifs vont revenir de l'exil avec une insolence et un appétit de vengeance tels que je redoute une recrudescence de l'antisémitisme. » Ce qu'il craignait en fait, c'est que les persécutions ne contribuent à donner au Juif une conscience plus précise de lui-même.
L'antisémite reproche au Juif d'être Juif ; le démocrate reprocherait volontiers de se considérer comme Juif. Entre son adversaire et son défenseur, le Juif semble assez mal en point: il semble qu'il n'ait rien d'autre à faire qu'à choisir la sauce à laquelle on le mangera... » (Sartre, Réflexions sur la question juive)
* le terme de Juif est ici à entendre dans son sens étendu, sa valeur est de position, à savoir un avatar de la figure du paria qui est le produit d'un rapport social historiquement déterminé...
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3/20/2012
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La laïcité, masque blanc fanonien ?
Menée au nom de Lafâme, c’est à présent en celui des enfants que la croisade est relancée. Quitte à en passer par l’humiliation de leurs mères, comme ce fut le cas à Montreuil, en interdisant à des femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires. Véritable sport national, l’humiliation d’une partie de nos concitoyens, assise sur la raison et la défense de Lafâme et de l’enfant, se fait au nom d’une laïcité dévoyée, véritable arme de persécution massive. Au nom de quoi abaissons-nous ces populations ? Chez les militants de gauche, l’on entend trop souvent des propos que d’aucuns jugent simplistes : les croyants seraient des… décérébrés (et les décérébrés n’ont que ce qu’ils méritent). Cependant, certains commencent à comprendre que leur mépris soutient de fait le racisme à peine latent de la persécution légitimée de ces populations, et commencent à réagir… très tard. Car les traces que ces vexations répétées laissent dans les cœurs sont indélébiles. L’enfant qui aura vu sa mère se faire refouler de son école comme une terroriste en puissance n’est pas prêt de l’oublier ; la femme qui se verra traitée en paria, non plus. Et nous, les blancs, les athées, les croyants mainstream, nous participons à cela, par notre silence, notre approbation tacite ou pire, notre soutien. Notre société, dans un double mouvement, se refuse à voir les violences masculines faites aux femmes et aux enfants, et désigne un ennemi commun pour faire diversion.
Peu importe (ou presque) ce que fait l’homme blanc. Il sera toujours bien moins pire que l’autre, le musulman. Blanchi, il sait qu’il a le droit de faire ce qu’il veut avec ses femmes, ses enfants et ses populations, en utilisant des opprimées pour en humilier d’autres, au prétexte de protéger les plus faibles. Au final, c’est à une vaste entreprise de blanchiment de l’homme blanc, par l’homme blanc, à laquelle on assiste.
CQFD
MEETING LE 9 FEVRIER
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1/27/2012
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La laïcité lepénisée
La laïcité était un marqueur d’une identité de gauche, elle a glissé de plus en plus vers la droite dure, avec en prime quelques nostalgiques du stalinisme ou d’ex-gauchistes en déroute. Maintenant, Marine Le Pen peut s’autoproclamer championne toutes catégories de la laïcité, puisqu’on a faussé son sens.
Depuis des années, je tente de dénoncer cette dérive. La réponse est souvent de me prêter des positions que je n’ai pas pour pouvoir mieux ne pas entendre ce que je cherche à dire.
Mais, maintenant, l’heure est peut-être, pour toutes et tous, à prendre conscience de ce qui menace réellement la laïcité : son emploi fallacieux pour sortir du cadre démocratique.
Il est grand temps de remettre les compteurs à zéro, et de cesser d’interdire, à coup d’oukases, un libre débat sur ce qu’est la laïcité, comment elle se concrétise et s’actualise. Ce libre débat, sans excommunication, serait la meilleure réponse à ce développement de la capture de la laïcité.
La loi de 1905 a été le fruit d’un mûrissement de 3 ans, où diverses conceptions de la laïcité, de tel ou tel de ses éléments, se sont confrontés. Son élaboration, sa maturation montre qu’il est stupide, et démocratiquement dangereux, de croire qu’il suffit (pour parodier de Gaulle) « de crier ‘laïcité’, ‘laïcité’ en sautant comme des cabris », pour être un promoteur de la laïcité.
On n’est plus à la vaine querelle : adjectif ou pas adjectif.
On est dans une situation où il faut réaffirmer le lien entre laïcité et démocratie.
Et si on est d’accord que ce lien est fondamental, alors il faut ne plus surfer sur des affaires médiatiquement construites, il faut être dans une délibération de fond.
Il faut ne pas céder à la peur de l’autre car l’intelligence s’arrête là où la peur commence.
Au lieu de concerner au premier chef l’Etat, on prétend que la laïcité concerne avant tout l’individu, ou du moins certains individus. Résultat : l’Etat laïque fait du surplace, voire recule… et on se sert du mot « laïcité » pour stigmatiser une partie de la population de notre pays.
Certes la laïcité implique pour chacun le respect de l’autre, et le respect d’un ordre public démocratique qui permet la coexistence de tous. Mais c’est avant tout un attribut de l’Etat : indépendant à l’égard des religions et des convictions particulières, séparé d’elles, l’Etat peut ainsi être un arbitre impartial.
Quand on vous dit « laïcité », ne prenez pas ce mot comme un terme magique ; demandez de quoi il est question.
Plus que jamais, relisez La Fontaine : le chêne est impressionnant, mais il entraîne vers des catastrophes. Le roseau semble trop fragile. Il résiste aux bourrasques.
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Le Bougnoulosophe
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12/26/2010
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Quand la laïcité « à la belge » s'exporte....
Ce matamore aphone, mou et flasque, au charisme d'une serpillière usagée, qui s'était fait virer du Parti Populaire (parti xénophobe et populiste de Belgique) pour cause de délation, ce militaire trafiquant en godes et autres sex toys pour grabataires esseulés, ce géo-politologue (pour de rire) de chez «Mickey parade » n'est en réalité qu'une insulte, une abjection, une infamie faite à l’immigration prolétarienne italienne. Tant, pour celle française qui se faisait pogromer à Aigues-Mortes (en 1893), que pour la belge qui paya le prix fort dans les charbonnages de Marcinelle :
« Le matin du 8 août 1956, un incendie éclate au fond du puits Saint-Charles au charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle. Une fumée noire était visible de loin car le charbonnage domine la vallée de la Sambre par le Sud. L'encageur du niveau 975 introduit un wagonnet plein dans la cage servant à remonter le charbon en surface. Le wagonnet plein qui arrive doit pousser automatiquement le wagonnet vide hors de la cage. Le mécanisme est défectueux. Les deux wagonnets dépassent de part et d'autre. Quand la surface rappelle la cage, les wagonnets heurtent immédiatement une poutrelle. Une canalisation d'huile éclate en même temps, des câbles électriques sont sectionnés. Instantanément un incendie naît, aspiré vers le fond, se répandant au passage dans toutes les galeries. Le drame s’est produit dans le puits d’entrée d’air et s’est propagé dans les galeries vers le puits de sortie d’air. De partout du quartier des Haies, la population se précipite vers les grilles fermées du charbonnage. Ces grilles seront l’endroit de l’espoir et de désespoir pour des centaines de familles. C’est par un puits en construction tout proche que les sauveteurs interviennent. Ils ne ramènent que 6 survivants. Les derniers corps ne seront remontés que 4 mois plus tard. De nombreuses victimes reposent dans le cimetière de Marcinelle situé à côté du Bois du Cazier. Leurs tombes sont regroupées autour d’un monument. A la sortie du puits, les victimes étaient méconnaissables, totalement calcinées : deux cent soixante-deux mineurs, principalement italiens mais aussi de différentes nationalités (136 Italiens, 94 Belges, huit Polonais, six Grecs, quatre Allemands, quatre Français, trois Hongrois, trois Algériens, deux Russes, un Anglais, un Argentin) vont y trouver la mort. Ils laissent derrière eux 204 veuves et 417 orphelins... » (*)
A ton retour Aldo, toi l'oublieux du statut de « métèque » de tes ancêtres, nous n'oublierons pas de t'accueillir avec du goudron et des plumes!
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12/20/2010
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« Riposte laïque », Hi-han!

Thèse : « L’islam est le fer de lance et outil de la mondialisation pour casser les solidarités sociales et la République laïque. C’est l’outil anti-social du capitalisme. Aujourd’hui, le danger essentiel c’est l’islam. C’est-à-dire un projet politico-religieux hégémonique qui ne peut s’accomplir que dans un esprit de conquête.» (Pierre Cassen, Fondateur de Riposte laïque)
Antithèse: « Que de sagesses cachées dans ses longues oreilles et dans cette décision de dire toujours oui et jamais non ! N’a-t-il pas créé le monde à son image, bête au possible ?
- Et l’âne de répondre : Hi-han !
Que tu suives des chemins droits ou tortueux, peu t’importe ce qui nous semble droit ou tortueux, à nous autres hommes. Ta candeur est de ne pas savoir ce qu’est la candeur.
- Et l’âne de répondre : Hi-han !
Tu aimes les ânesses et les figues fraîches, tu ne dédaignes pas la bonne chère. Un chardon te ravigote quand tu as faim. Il y a là-dedans une sagesse divine.
- Et l’âne de répondre Hi-han ! » (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)
Synthèse : Que la gente asine, que je sais bonne et sagace, me pardonne cette comparaison douteuse...
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Le Bougnoulosophe
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9/08/2010
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De la religion des « laïques »
Comment désormais croiser une femme portant le foulard, ou même dissimulant son visage sur quelque mode que ce soit, sans se demander : a-t-elle encore le droit d'avoir des idées politiques ? Si sa candidature à une élection pose problème, ne sera-t-elle pas, demain, privée du droit de vote ?
La nécessité de faire attention aux conséquences des propos que l'on tient n'est évidemment pas ce qui est le mieux partagé. Quelles sont les conséquences de ce rejet hors de la sphère politique des femmes portant le foulard ? Comment ne pas trembler en entendant les appels à "éradiquer" le voile (le mot est de Fadela Amara) qui ont suivi l'annonce qu'une candidate du NPA en portait un ? De Nadine Morano à Jean-Luc Mélenchon, il semble bien y avoir unanimité dans l'excommunication : aurait-on enfin trouvé à cette occasion ce qui définit l'"identité nationale" ?
Que ce soit une candidate du NPA est bien sûr ce qui permet de se déchaîner. N'y aurait-il pas là trahison à l'encontre des mouvements de libération et d'émancipation dont ce parti se doit d'être solidaire ?
Et si c'était précisément parce qu'il s'agit d'un parti pour qui la politique compte, pour qui la libération ou l'émancipation sont toujours des devenirs, solidaires de luttes, que le NPA ne se conformait pas aux mots d'ordre de la bien-pensance progressiste ? Et s'il avait raison de refuser le rassemblement autour de l'étendard de "nos valeurs" ? Comme si l'émancipation des femmes était inscrite dans le ciel des idées, ou était tombée de l'arbre de notre "civilisation" à la manière d'une pomme, quand elle est mûre. Il y a toujours chez les bien-pensants comme une amnésie des luttes au nom de ce qui a été "acquis", et c'est ce qui rend ces acquis, séparés de la mémoire active de leur création, vulnérables à une capture qui transforme leur signification. Là, les droits conquis par les travailleurs sont impunément caractérisés comme des charges, à alléger bien sûr.
Cela nous rappelle un autre débat, où les partis de gauche se sont montrés aussi stupides que ceux de droite : celui sur les drogues illégales. Sous prétexte d'une "guerre à la drogue", c'est en fait une "guerre aux drogués" qui a été et qui continue d'être menée. Les usagers de drogues illégales ont été interdits de soins pendant longtemps (sauf à accepter d'entrer dans un programme d'abstinence), mis en prison, toujours plus marginalisés socialement.
Faut-il défendre l'usage de drogues ? C'est là une question truquée comme la droite adore en fabriquer pour nous empêcher de penser, pour que les problèmes ne puissent pas être explorés collectivement. Du point de vue d'un parti pour qui une question n'est pas séparable des mouvements qui contribuent à en inventer les solutions, le droit pour les usagers de drogues illicites d'être des "citoyens comme les autres", leur possibilité de se réunir, d'échanger autour de leur expérience des drogues, donc d'exister comme une force sociale, est primordial : c'est ce qui permet que l'on commence à passer d'une question de police à une question politique.
Ce sont justement les mouvements féministes qui nous ont appris une autre manière de faire de la politique, avec l'invention de ces groupes où il s'agissait de produire une situation rendant capable de penser, de dire, pour chacune et avec les autres, comment ce qui est personnel est politique. C'est là que s'est fait le premier apprentissage des manières, on dira même des techniques, qui produisent une capacité de penser et agir ensemble sur un mode qui est celui de l'intelligence collective. Loin de toute transcendance qui détache et abstrait, qui permet de juger au nom de quelque chose de général, il s'agit alors d'apprendre, d'expérimenter, de créer de la pensée et de l'action en commun, même si cela ne va jamais de soi. Même si ce n'est jamais facile.
Nous sommes certainement nombreux à penser : pourvu que le NPA ne cède pas à la tentation de la facilité, aux idées générales rassurantes, à la politique du bon sens qui lui est proposée de toutes parts ; pourvu qu'il prouve à cette occasion sa capacité à fabriquer les questions politiques avec celles qui sont concernées et en premier lieu, ici, les femmes qui ont choisi de porter le voile et celles qui ont fait le choix inverse, réunies, au-delà de leurs choix divergents, par des ennemis communs : le capitalisme, mais aussi les servants de l'ordre établi, de la politique réduite à la police.
Bref ceux, et malheureusement celles qui n'ont pas très envie qu'elles apprennent à penser et agir ensemble. Mais cela implique de mettre son jugement en suspens, de refuser de séparer le monde entre, d'un côté, les laïques et féministes éclairés et, de l'autre, les obscurantistes. Cela suppose de ne pas croire tout savoir sur les raisons pour lesquelles une femme porte le foulard et accepter d'entrer dans un processus de cohabitation et d'apprentissage. Cela revient à ne plus se comporter en juges mais en aventuriers de la démocratie.
Isabelle Stengers et Philippe Pignarre
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Le Bougnoulosophe
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2/20/2010
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Du voile en Belgique comme d'un symptôme de la faillite des hommes
Soumis à une médiatisation intensive, le port du voile semble être devenu le problème essentiel de notre pays. Les dernières institutions prônant la tolérance semblent capituler.
Le Centre d’action laïque plaide maintenant pour une loi d’interdiction, dans tous les réseaux de l’enseignement, des signes d’appartenance religieux ou philosophiques. Quant à Ecolo, qui jusqu’à présent a toujours affiché une position prônant la liberté du choix des jeunes filles, il veut consulter sa base sur la question. Bernard Wesphael, chef de groupe écolo au Parlement wallon, fait maintenant campagne pour une loi d’interdiction (1).
Le voile des femmes arabo-musulmanes a souvent été stigmatisé, au nom de l’indépendance de la femme. Il serait le signe archaïque de la soumission de la femme, l’expression du choix de la communauté traditionnelle des hommes. Cependant, de nombreuses recherches montrent que le port du voile résulte d’un choix individuel. Certaines le portent, d’autres pas. Généralement, dans une même famille, certaines sont voilées, d’autres pas. Entre celles qui le portent et celles qui ne le portent pas, il y a une décision personnelle. C’est la possibilité de ce choix qui spécifie le voile de la modernité.
Si on prend la peine de les entendre, ce qu’elles mettent en avant c’est leur volonté propre, leur démarche individuelle. Ce faisant, elles nient la lecture faite par les médias. Elles s’opposent à la vision d’un voile imposé par la famille, par le père, par le mari. Souvent, elles font observer qu’elles portent le voile en désaccord avec ceux-ci ou font mention de fortes réticences familiales. Si on leur donne la parole, un élément s’impose : le voile n’est ni un retour à la tradition ni un réflexe communautaire, il est un choix d’individus inscrits dans la modernité. D’ailleurs, l’observation du phénomène nous montre que tout, dans ce voile, fait référence à la modernité. Ainsi, dans la tradition, le foulard effaçait le corps de la femme face au regard de l’homme. Actuellement, le voile est devenu présence du corps féminin, présence de la femme dans l’espace public. Au lieu de cacher, le voile révèle. Il est acte de dévoiler grâce à la médiation du corps. Toutes les valeurs de la tradition sont renversées par le voile moderne, telle la dissimulation de la femme, son retrait de l’espace public et l’effacement du corps, ainsi que la conception de l’individu comme simple reflet de sa communauté.
Dans la modernité, le voile n’est plus adéquation de l’individu à la norme, il est prise de parole, affirmation de soi. C’est une subjectivité qui se donne le droit d’apparaître. Le voile devient l’espace de leur voix, de leur subjectivité. C’est du voilement partiel de leur corps que peut procéder le dévoilement de leur intériorité. Le voile est le symptôme de la modernité. Il cache, tout en montrant. Ce voilement, qui est simultanément dévoilement, est langage, c’est-à-dire symbole qui se représente à partir de l’autre, à partir de la société d’accueil et de l’image maternelle. Le discours des médias ou des institutions nie la spécificité de ce phénomène. Il fait un amalgame entre différentes choses. Il confond le voile de nos sociétés avec celui de la tradition, et celui-ci avec le voile tel qu’il existe dans les sociétés islamiques modernes, là où il est imposé par l’Etat. Cette démarche réductrice n’est pas sans arrière-pensée. Il s’agit de nier un fait perturbant.
En fait, ce n’est pas parce que le voile serait le symbole de la soumission des femmes qu’il serait dérangeant, mais, au contraire, parce qu’il apparaît comme le symptôme de la faillite des hommes. Cet élément est central dans le discours des femmes voilées. Le voile révèle l’incapacité des hommes à faire respecter leur communauté et surtout à nommer la discrimination subie. Le voile se substitue à ce manque. Mais il n’est pas un drapeau, il n’est pas l’expression d’un mouvement social. S’il nomme ce n’est pas sur le mode de l’affrontement et du collectif, c’est sur le mode de l’individualité et de la différence. Le voile n’est pas soumission aux hommes. Il n’est généralement pas imposé par eux, mais se substitue à eux. Ces jeunes femmes n’occupent pas la place que leur désigne la communauté patriarcale. Ce sont elles qui rendent leur place aux hommes.
Ce que les promoteurs d’une loi d’interdiction du voile mettent en avant pour justifier leur action, ce sont leurs valeurs, leur volonté de combattre « un uniforme qui symbolise une vision du monde ». Dans ce contexte, la loi devient un instrument destiné à s’opposer à une supposée conception du monde, afin d’en promouvoir l’image d’une autre. La loi perdrait ainsi son caractère objectif, d’organisation du réel pour se faire subjectivité, pure expression de valeurs.
Il s’agit de se référer exclusivement à des émotions et à des sentiments. Légiférer avec l’émotion comme seule base revient en fait à renverser le rôle de la loi. Habituellement, celle-ci a un rôle de médiation. Elle arrache les individus à l’état de nature pour les socialiser, pour les relier à l’autre. Elle constitue un cran d’arrêt face aux pulsions qui habitent l’individu pour établir le lien social.
Cette proposition d’interdire légalement le voile renverse ce rôle habituel de pacification de la loi. Si ce projet était adopté, ce rôle de cran d’arrêt dans la montée des passions serait renversé. Ce serait la loi elle-même qui serait la source inépuisable des pulsions. La conséquence d’une telle interdiction serait d’intensifier ce que le projet entend combattre : le sentiment d’insécurité et la stigmatisation.
Si cette proposition de loi venait à être adoptée, elle aurait pour effet pervers d’alimenter cette structure psychotique. La fonction médiatrice et le caractère objectif de la loi seraient renversés au profit d’une guerre permanente contre ces femmes et cela au nom de leur liberté.
(1) « Laïcité et port du voile : d’abord, le droit du plus faible », Carte blanche de Bernard Wesphael, dans Le Soir du 29 décembre.
Tülay Umay
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1/08/2010
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Un racisme à peine voilé (Jérôme Host - 2004)
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4/18/2009
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Ode à Sonia Bergerac...
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, demi-déesse de l’Éducation Nationale plus dégraissée qu’un bouillon Knorr…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, paladine du monde occidental en sa phase groucho-spenglerienne…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, briseuse de tabous qui nous les brisent, nous laïques et démocrates génétiques, inhibés jusque dans nos dîners arrosés…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, redemptrice de nos affronts de petits-blancs qui vont faire leur course au Franprix, cette splendeur de la civilisation judéo-chrétienne que le Taliban nous envie…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, contemptrice de ces fiottes munichoises et gauchistes qui seront tondues à la libération de la jupe et à la tombée de la chemise…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, bouteuse de négros hors de France, autrement que par charter, écologie oblige…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, Attila de la bien pensance vélibophile et bobo…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, vengeresse des video-collaborationnistes de la RATP…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, toi qui affronte vaillamment le dragon Eurabia au sein même de nos banlieues, plus exotiques que le Pakistan…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, toi qui, armé de ton tutu, poursuivra l’antisémitisme jusque dans les chiottes de la ZEP…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, toi qui en a tant sous ta jupe que cela ferait pâlir d’envie Sarkozy ou un travailleur brésilien du bois de Boulogne…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, toi qui ferait passer Finkielkraut pour l’auteur de l’Emile, cet ancêtre de Ramadan, qui voulait nous faire marcher à quatre pattes…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, toi, sur-femme, qui combat la bougnoulisation de l’hexagone jusqu’au profond d'elle-même…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, sublime amazone luttant contre la durbanisation de la galaxie…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, dynamiteuse du politiquement correcte qui nous empêche d’appeler un raton un raton et le Pen au secours…
Gloire à toi, ô Sonia Bergerac, magicienne alchimiste qui a su transformer une Tartuffette qui souffre de la haine de soi en une Œdipe-reine de la République laïque, une et indivisible... gloire à toi !
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4/17/2009
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La fantasmagorie des « Verts verts »
Tu as lu l’article de Marianne ? Moi aussi. Il est sensé parler de mon ami Ali. Alors voilà ce que j’en pense (j’ai repris les parties de l’article et les commente une à une).
L’article paru dans Marianne le 2 février et intitulé « Un adepte de Ramadan infiltré sur la liste des verts » présente Ali RAHNI, candidat en 4ème position sur la liste Nord-ouest d’Europe Ecologie, « porte parole d’une association musulmane radicale » comme « proche des verts ».
Evidemment, comme il est peu crédible de dire que l’un des membres les plus anciens d’une organisation a soit disant infiltré cette organisation, il vaut peut être mieux faire croire qu’il est « proche des vert » pour rendre crédible la suite.
En plus, comme on veut le présenter comme dangereux promoteur de la charria en terre flamande, il ne vaut mieux pas souligner son ancienneté dans ce parti qui promeut l’égalité, la libération de la femme, le mariage homosexuel, etc… (Tu parles d’éléments programmatiques d’une charria à la française !) parce que objectivement cela signifie soit qu’il adhère à ces principes, soit qu’il est très tolérant, soit qu’il est particulièrement inefficace en tant que supposé manipulateur d’une prétendue cause musulmane radicale.
Donc d’entrée de jeu, on nous présente sous le nom d’Ali RAHNI un profil qui n’est pas celui de l’intéressé de façon à pouvoir ensuite, en condamnant le profil et puisqu’on a fait croire qu’il correspondait à l’intéressé, condamner l’intéressé.
Comme en plus tout cela serait d’autant plus ridicule si l’on précisait qu’Ali RAHNI a déjà été candidat (par exemple aux dernières municipales) sur des listes qui véhiculaient un discours clairement et objectivement républicain, on oublie de préciser ce point.
L’important n’est finalement pas le discours politique que soutien et auquel participe Ali RAHNI, mais ce que pourrait être son discours s’il était ce que l’auteur de l’article aimerait bien qu’il soit pour étayer son bredouillage xénophobe.
Ensuite, on nous présente la désignation d’Ali RAHNI comme un calcul politicien aveugle opéré dans une officine : « pour équilibrer la présence de l’eurodéputé verte sortante, Hélène Flautre, les instances ont désigné en numéro 4 un cadre d’association. Mais pas n’importe lequel : Ali RAHNI, porte parole du Collectif des Musulmans de France. »
Ali, membre des verts, a été désigné suivant une procédure conforme aux règles applicables chez les verts. Son engagement associatif est pluriel et ne se limite pas au CFM. Sa désignation n’a pas été possible par manque de vigilance mais au contraire parce qu’il est connu et respecté pour ses engagements politiques. Comme il ne mêle pas religion et politique, il est évident que son engagement en tant que musulman n’a eu aucun impact, ni positif ni négatif sur la décision.
Dire que « cette nomination a éveillé la vigilance des militants laïcs, mais n’a pas eu l’air d’intéresser les grands médias » montre une méconnaissance de la question parce que précisément des médias nationaux se sont déjà penchés sur les verts de Roubaix et, pour certains, ont développé des amalgames similaires à ceux de Marianne… qui les ont amenés à être condamnés dans le cadre de procès en diffamation.
Ce que l’auteur de l’article nous révèle surtout, c’est qu’il tient ces « informations » de militants d’origine indéterminée à qui il attribue le qualificatif de « laïcs ».
Ali Rahni : « Tarik Ramadan est notre référence majeure »
Ali est clairement engagé dans des associations musulmanes, et sa référence est Tarik Ramadan, et quand certains musulmans ont voulu virer Tarik Ramadan, Ali a en revanche pris parti pour lui. Et alors ?
Quand Christine Boutin mélange morale religieuse et morale laïque dans le débat sur le PACS, personne ne songe à l’exclure du débat politique. Pourtant, à ce moment là, on peut penser qu’elle a une interprétation toute personnelle du pacte républicain. Elle trahit (elle mélange sphère publique et privée ; elle pose des limites à la liberté qui sont déviantes par rapport à celles posées par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen), mais ceux qui se trouvent en face respectent malgré tout le principe voltairien : je ne suis pas d’accord avec vous mais je ferai tout pour que vous vous exprimiez.
Quand Ali Rahni, quelque soit ce qu’il prône et souhaite pour lui-même dans la sphère privée, fait au contraire la part des choses entre la défense de la liberté telle que l’exprime son parti et ses convictions religieuses, au lieu de le porter haut comme un symbole vivant de ce que doit être la République, on lui rappelle de façon lancinante : oui mais il est musulman.
Les « Verts verts », la frange communautariste de Roubaix
Slimane Tir, Vice-président de la Communauté Urbaine de Lille, Président de l’Espace Naturel Métropolitain, Président de la radio locale « radio pastel » est présenté comme président de l’association « Rencontre et Dialogue » alors qu’il ne l’a jamais été, ce qui montre au passage que l’auteur de l’article n’a fait aucun travail d’investigation, n’a recoupé aucune information.
Quand un laïc militant tient un discours sur la séparation de l’église et de l’Etat, sur la séparation de la sphère publique et de la sphère privée, ont dit que c’est un beau discours.
Quand Ali Rahni met en œuvre de façon concrète cette séparation entre le public et le privé, l’église et l’Etat ou le profane et le sacré, alors ont dit qu’il a un double langage ou on le laisse entendre. On explique en fait qu’il n’est pas crédible en tant que vert, ou en tous cas dangereux, parce qu’il est musulman militant.
Sur « radio pastel », il y a des émissions régulières sur l’Islam, il y a même d’avantage de réunions sur l’Islam en période de Ramadan. Des conférences sont retransmises sur l’antenne, notamment des conférences de Tarik Ramadan.
Le journaliste insiste sur ce point mais alors pourquoi ne parle-t-il pas des émissions régulières des portugais ou des laotiens ? Radio Pastel, c’est une radio où tous les groupes peuvent s’exprimer. Radio Pastel est une radio de Roubaix et à Roubaix il y a plus d’Arabes que d’américains alors on a tendance à entendre plus de musique raï que de country, mais on y entend aussi du jazz et de la java, mais quand l’un est là l’autre ne s’en va pas.
Pour ce qui concerne rencontre et dialogue dont le président est Ali Rahni, il faut savoir que l’ancien maire de Roubaix, le Sénateur Centriste André Diligent, catholique et néanmoins républicain, participait aux grandes conférences de l’association à ses débuts. A l’époque, personne ne trouvait quoique ce soit à redire tant il semblait évident à chacun que lorsqu’on est sûr de ses convictions, on a le droit de les dire, on a aussi le droit d’aller écouter les convictions des autres, et on a même le droit de ne pas les épouser mais de s’en enrichir néanmoins.
L’auteur qui n’a décidément fait aucune investigation présente les choses de façon à laisser supposer qu’il existerait chez nous une poussée de l’extrême droite qui résulterait d’une présence encombrante des « indigènes de la République ».
En fait, Roubaix a été un bastion du FN dès sa percée dans les années 80. On y a retrouvé à l’époque M. Gendron (mari de Marie Caroline Le Pen), M. Ceyrac (connu pour être à la fois leader au FN et dans la secte Moon), M. Gannat (assistant de J.M. Le Pen). Bref, alors qu’Ali rangeait ses culottes courtes, les poids lourds de l’extrême droite étaient déjà sur le terrain.
N’importe qui peut vérifier ce point alors on peut se demander pourquoi l’auteur pratique ce façon si ouverte le révisionnisme sur l’écume politicienne du territoire roubaisien.
La conclusion du paragraphe éclaire tout. L’auteur nous présente l’échéance électorale à venir comme un combat « extrême droite contre extrême gauche communautariste » combat bien sûr mis au ban de la bonne société républicaine. Et là, on a envie de dire : ah bon ! Tout ça pour ça !
Quel chemin biscornu pour réussir à qualifier indirectement la liste Europe Ecologie du doux nom de « extrême gauche communautariste ». Les positions fermes mais équilibrées, modérées et innovantes d’Europe Ecologie occuperaient elles à ce point un terrain que d’autres auraient voulu prendre pour qu’il devienne soudain nécessaire de nous diaboliser ?
Un peu de courage, venez, battons nous point par point, idée contre idée, projet contre projet. Mais n’inventez pas des histoires qui n’existent pas et ne diabolisez pas les musulmans qui ont le même droit à participer à la vie politique du pays que les autres citoyens.
Nous demanderons toujours à Ali de s’expliquer et se justifier sur ce qu’il dit et ce qu’il fait en politique. Nous aurons toujours vis-à-vis de lui la même exigence que vis-à-vis de quiconque sur le respect intégral de la République, mais nous reconnaissons avec force son droit de croire comme il l’entend, tout comme nous reconnaissons aux non croyants le droit de ne pas croire s’ils le souhaitent. La liberté absolue de conscience est indivisible.
Slimane Tir
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3/15/2009
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Foucault, islamo-gauchiste ?
Aux laïcistes de gauche, le plus souvent analphabètes - connaissent-ils seulement Thomas Muntzer?, qui naviguent dans un univers religieux implicite dont ils n’ont aucune espèce de conscience…
« Je crois que, d’une façon générale, il ne faut jamais oublier que la Bible a été, à partir de la seconde moitié du Moyen-âge au moins, la grande forme dans laquelle se sont articulées les objections religieuses, morales, politiques, au pouvoir des rois et au despotisme de l’Eglise. Cette forme, comme d’ailleurs très souvent la référence même aux textes bibliques, a fonctionné, dans la majeure partie des cas, comme objection, critique, discours d’opposition. Jérusalem, au Moyen-âge, a toujours été objectée à toutes les Babylones ressuscitées ; elle a toujours objecté contre la Rome éternelle, contre la Rome des Césars, celle qui versait le sang des justes, dans les cirques. Jérusalem, c’est l’objection religieuse et politique au Moyen-âge. La Bible a été l’arme de la misère et de l’insurrection, elle a été la parole qui soulève contre la loi et contre la gloire : contre la loi injuste des rois et contre la Belle gloire de l’Eglise. Dans cette mesure, il n’est pas étonnant de voir à la fin du Moyen-âge, au XVIe siècle, à l’époque de la Réforme et à l’époque aussi de la Révolution anglaise, une forme d’histoire qui est strictement opposée à l’histoire de la souveraineté et des rois - à l’histoire romaine - et de voir cette histoire articulé sur la grande forme biblique de la prophétie et de la promesse…. » (Michel Foucault)
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2/16/2009
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Libellés : LAICISME
Dictionnaire des idées reçues du laïcard franco-belge
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2/02/2009
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Libellés : LAICISME
Quand l’extrême-droite applaudit les laïcistes islamophobes
« Peut-on accepter d’ignorer les dérives islamistes de certains, sous prétexte que les dénoncer alimenterait inévitablement le racisme anti-Arabes et l’hostilité envers la religion musulmane en général ? Personnellement, je ne le pense pas. Et l’on peut au contraire soutenir que le silence sur ces dérives alimente tout autant, voire bien plus, le discours d’extrême droite, que sa dénonciation ».
A nouveau (très) en-dessous de la ligne de flottaison en termes de pensée pertinente, Nadia Geerts a récemment pondu ces lignes insolites. Outre son caractère déficient, la « réponse » que l’ouaille de Sœur Fourest donne à sa question ne s’appuie sur aucun élément factuel ou statistique. En revanche, « l’affirmation laïque » qu’elle cautionne, commise par trois de ses amis dans les colonnes du Soir (1), confirme que la paranoïa laïciste anti-arabo-musulmane fait toujours saliver les extrêmes-droites chrétienne et sioniste.
Finement intitulée « Le pouvoir aux barbus ? Non merci ! », la moderne tribune - calquée sur le slogan écolo des années 80 : « Nucléaire ? Non, merci !» - se voulait un appel alarmiste aux « démocrates soutenant la juste cause du peuple palestinien ». Objectif affiché : éviter « l’indignation sélective ». Plus c’est gros, plus ça passe. Via un sms publicitaire envoyé tous azimuts, l’un des trois auteurs, Claude Demelenne, a estimé devoir traduire son blabla hypocrite en ces termes : « Ne cautionnons pas par notre silence la montée en puissance d’un lobby politico-religieux islamiste dans notre pays » (2). Oufti ! Message reçu ? Oui, mais bien plus à l’extrême-droite qu’à la gauche du paysage politico-médiatique francophone...
Pour s’en convaincre, il suffit de répertorier les sites internet qui ont approuvé et diffusé la prose des valeureux laïcistes. Cette carte blanche - qui n’a jamais si bien porté son nom ! - a bénéficié de 21 reprises ou renvois vers le site du Soir. Petit succès qui pose problème : près de la moitié de ces sites et blogs sont d’extrême-droite ou apparentés … En tête de cortège, une vieille connaissance de l’un des auteurs : Alain Escada (3). Sur son site (Belgique et Chrétienté) et sur son blog, l’intégriste chrétien d’extrême-droite titre son papier : « Manuel Abramovicz découvre les barbus ». Et conclut son libelle réactionnaire par un malicieux « Bien le bonjour dans la réalité, Monsieur Abramovicz ! » … Applaudi par un des pires racistes que compte la Belgique, soudain en position de montrer à ses lecteurs que son vieil ennemi « découvre » ce que lui, Alain Escada, a toujours dénoncé. Bravo Manu, Claude et Sam : quel « gain démocratique » !
Enchaînons avec la reprise de larges extraits de la tribune par le blog du Front National du Brabant wallon. En titre, les frontistes surclassent Escada : « Manuel Abramovicz touché par la grâce » ... Rebondissant sur « les manifestations pro-hamas de ces derniers jours entachées de slogans des plus antisémites », les militants wallons d’extrême-droite jubilent : « C’est avec un certain plaisir que nous observons que notre constat est partagé par certains éléments d’extrême gauche : ainsi, dans une carte blanche publiée par Le Soir, Manuel Abramowicz, Claude Demelenne et ... Sam Touzani font part de leur ‘profonde inquiétude’ face aux manifestations susmentionnées ».
En France, le site du Parti de l’In-nocence - fondé par Renaud Camus qui défend une « conception raciale de la nationalité » - et le blog de BG dupliquent in extenso la fameuse carte blanche. Le commentaire introductif du bloggeur anonyme ? Sans ambiguïté : « Même les Belges ne se sentent plus chez eux »…
A cette nébuleuse frontiste s’ajoutent plusieurs sites pro et ultras-sionistes. En vedette, l’inénarrable bidonneur utile aux dirigeants islamophobes des télés françaises : Mohamed Sifaoui (4). Sur son blog, l’homme, qui est au journalisme ce que Richard Virenque est au cyclisme, « conseille » la tribune laïciste belge et la fait précéder d’un enthousiaste « A lire ! ». Vient ensuite la reprise intégrale par le site du CID (Centre d’Information et de Documentation Démocratie et Moyen-Orient) qui prétend « contribuer à la lisibilité d’une problématique moyen-orientale qui trop souvent déchaîne les passions au détriment de la raison ». En diffusant majoritairement des textes d’ultras-sionistes islamophobes tels ceux d’Alexandre Adler, Pierre-André Taguieff ou Pierre Jourde. Il n’en fallait pas davantage pour que les ultras de l’UPJF (Union des Patrons Juifs de France) dupliquent entièrement la carte blanche sur leur site. Idem pour un blog, intitulé Collatéral-international.org, qui ose qualifier la tribune laïciste d’« opinion modérée sur Gaza » …
Bilan : 8 sites et blogs clairement d’extrême-droite, 8 sites et blogs pro ou ultras-sionistes, 3 sites classés à gauche (Mouvements.be ; ledrapeaurouge.skynetblog.be ; Mediapart.fr), 1 site communautaire belgo-marocain (Wafin.be) et 1 site social (Belsoc.org) ont diffusé tout ou partie du brouet laïciste. Autrement dit, une majorité d’extrémistes du net (16 sur 21) se sont suffisamment retrouvés dans « l’appel démocratique » d’Abramowicz, Demelenne et Touzani pour s’adonner à leur sport favori : la stigmatisation de l’arabo-musulman potentiellement antisémite, intégriste et terroriste.
Ce triste trio, admirateur de la République française, confirme l’un des développements d’Emmanuel Todd : « Dans cette France où la pratique religieuse catholique est désormais sans importance sociale, la laïcité devient laïcisme, et réunit dans une hostilité commune à un islam fantasmé les incroyants venus de la vieille laïcité républicaine et ceux qui viennent de sortir du catholicisme terminal. L’Islam prend le statut de bouc émissaire, d’ennemi indispensable. Dans l’Europe du début du troisième millénaire, il devient la victime sacrificielle de notre mal-être physique, de notre difficulté à vivre sans Dieu, tout en clamant que notre modernité est la seule possible, la seule valable. » (« Après la démocratie », Emmanuel Todd, Gallimard, 2008 ).
Dans la manifestation du 11 janvier à Bruxelles, j’ai vu des milliers de visages d’hommes, de femmes, de jeunes et d’enfants. Dignes et calmes pour la plupart, colère retenue pour d’autres, rage libérée pour certains. Une manif classique, encadrée par un service d’ordre efficace, et qui s’est terminée par quelques débordements et déprédations, toujours condamnables et difficilement évitables. Ni arabe ni musulman, jamais je ne me suis senti mal à l’aise aux côtés de ces manifestants. Parmi celles et ceux avec qui j’ai marché, je n’ai pas entendu de slogan raciste anti-juif.
A l’adresse des blancs-bleu-belges qui ont ressenti un malaise au contact d’une population qui ne leur ressemble pas, peut-on suggérer une double réflexion ? Primo : si malaise il y a, c’est principalement dû à la rencontre inédite de deux « ghettos sociaux ». Qui, parmi ces citoyens « gênés », connaît, fréquente et tisse des liens d’amitiés avec ces arabo-musulmans parqués à Molenbeek, Cureghem, Schaerbeek et Saint-Josse ? Qui, parmi ces juges improvisés, appréhende réellement le malaise quotidien vécu par ces personnes qui se débattent dans une société banalisant l’islamophobie et le racisme anti-arabe ? Secundo : quel est le bilan politique de la « gauche progressiste » et des autres formations pour éviter le repli voire l’enfermement d’une partie de ces populations sur leur communauté, leur religion ou leur quartier ?
Bien sûr, j’ai aussi vu ces calicots qui postulaient une équivalence entre Israël et nazis. So what ? Avant d’hurler au racisme anti-juif, les laïcistes devraient éviter de s’informer de manière « ethnico-sélective ». Le député anglais, Gerald Kaufman (6), a-t-il fait autre chose en comparant l’agression des troupes israéliennes à Gaza à celle des nazis qui ont assassiné sa grand-mère dans son lit et contraint sa famille à fuir la Pologne. Le maire français de Grigny, René Balme (7), a-t-il écrit autre chose en s’associant à une déclaration retentissante de Richard Falk, rapporteur de l’ONU sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés et professeur de droit international à Princeton : « Est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens avec les chefs d’accusation qui avaient été réunis pour dénoncer les atrocités commises par les nazis ? Je ne le pense pas » ?
Y aurait-il une nazification d’Israël permise ou interdite selon l’origine ethnique, religieuse et le statut social de celui qui la profère ?
Remarquons, à cet égard, l’absence de tribune laïciste alarmiste, de cris scandalisés d’un Pascal Fenaux ou de réflexe procédurier d’une Nadia Geerts lorsque Mischaël Modrikamen (8), chez nous, et Yvan Roufiol (9), en France, médiatisent la contraction « nazislamistes » pour désigner le Hamas et le Hezbollah ...
Un mot médiatique
Sur le fond du sujet, le politologue français Cédric Housez (10) disait déjà l’essentiel en 2006 : « Le mot ‘islamisme’, lorsqu’il désigne des mouvements musulmans armés n’a pas plus de cohérence : qu’il y a-t-il de commun entre les révolutionnaires iraniens renversant la dictature sanglante du Shah, les salafistes algériens tentant d’imposer le retour d’un modèle révolu de société, le Hamas luttant contre l’apartheid en Palestine, le Hezbollah résistant à l’invasion du Liban par Israël, et les auteurs présumés des projets d’attentat à Londres ? Rien, hormis leur religion et le préjugé selon lequel elle serait, elle, intrinsèquement violente. Et si l’on doit utiliser cette catégorie, pourquoi n’y place-t-on pas les mercenaires de Ben Laden luttant contre les Soviétiques en Afghanistan, le Mouvement de libération du Kosovo organisant des attentats à la bombe au centre de Pristina, le gouvernement tchétchène en exil à Washington commanditant des attentats en Russie, etc. ? C’est que le mot « islamisme » lui-même n’a aucune base claire et n’est pas un terme académique mais un mot médiatique qui a connu des fortunes diverses et qui s’est imposé progressivement pour faire formellement la distinction entre le « bon » islam et le « mauvais » islam (…) Refuser l’emploi de la rhétorique du « totalitarisme islamique » ou en voir ses limites évidentes ne signifie pas abandonner la laïcité, mais au contraire la défendre en s’affranchissant du discours dogmatique des pontifes du néo-conservatisme ».
Refuser la peur et le chantage
Le degré de cynisme, d’inhumanité et d’horreur atteint par la dernière « opération » israélienne, la concrétisation d’un projet de mort planifié et méthodique envers une population incarcérée, ne peut faire penser qu’aux heures sombres de l’Histoire. Cela n’est pas « faux, idiot et contre-productif » de nazifier l’Etat d’Israël, M. Henri Goldman, c’est ce qui vient spontanément à l’esprit de tout humaniste, sincèrement épris de justice et d’égalité entre les hommes.
Ce qui est contre-productif, c’est de continuer à cultiver la moindre sollicitude envers cette ethnocratie israélienne, son apartheid, sa folie guerrière et son chantage à l’antisémitisme. Ce qui est encore contre-productif, ce sont ces éternelles contorsions couardes pour éviter la condamnation du sionisme dont les conséquences meurtrières et dévastatrices sautent aux yeux depuis six décennies. Se résoudre à discréditer sans ambiguïté l’oppresseur et son idéologie coloniale, c’est une légitime question de survie et d’auto-détermination pour les Palestiniens ; c’est une question de guérison pour une majorité d’Israéliens qui, malades de leur racisme morbide, s’apprête à réélire des criminels de guerre et des tueurs d’enfants.
Si les véritables progressistes souhaitent que la jeunesse belgo-maghrébine se détourne des intégristes islamistes, leur priorité est de lutter efficacement contre les discriminations ethniques et socio-économiques qu’elle endure dans notre pays. Ensuite, sur la question israélo-palestinienne, il s’agit de rejeter ce « deux poids deux mesures » permanent à l’avantage de l’Etat colonialiste et de ses supporters. En s’inspirant, pour commencer, du courage politique des dirigeants du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur qui, eux, n’ont pas hésité à rompre leurs relations diplomatiques avec l’Etat terroriste. En digne cohérence avec le respect du Droit international et en véritable solidarité avec un peuple palestinien opprimé au-delà de toute mesure …
A l’heure du retrait de Gaza par l’armée israélienne, la lamentable tribune du trio laïciste, publiée par Le Soir, demeure ce qu’elle est : une volonté de diviser le front pro-palestinien de Belgique par une diversion prompte à ravir l’extrême-droite et ses alliés objectifs.
La jeunesse d’origine maghrébine et africaine n’a aucune leçon de paternalisme et d’antiracisme à recevoir de ceux que ne dérangent pas le racisme institutionnel et la citoyenneté de seconde zone. A fortiori, lorsque ces pseudo-démocrates s’empressent de désigner le fascisme vert à la vindicte populaire tout en cautionnant ou fermant les yeux sur celui de l’axe américano-sioniste.
Zeitouni
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Le Bougnoulosophe
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1/22/2009
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Libellés : LAICISME
Zoologie de la laïcité de Belgique
« J'aurais aimé une pareille mobilisation des musulmans de Belgique pour dénoncer le terrorisme islamique, lors des attentats de New-York, Londres ou Madrid... C'aurait été l'indice d'une citoyenneté pleine et entière, et non à géométrie variable... » (Nadia G., prêtresse du culte laïque)
Le peuple laïque de Belgique, qui cherche aujourd'hui un pasteur, forme une étrange bergerie. Promenons-nous dans ce jardin des espèces... Qu'y trouve-t-on ? Un ensemble de spécimens plus carnavalesques les uns que les autres. Qu’est-ce qui les rapproche ? Le recours à ce masque vénitien, ce signifiant vide, qu’est le culte laïque, afin de dissimuler tout un ensemble hétéroclite de basses besognes… Ce culte laïque s’officie, dans des cénacles grotesques, par une cours des miracles peuplée d’animaux de fable. On trouve parmi ceux-ci des Juifs sionistes qui ont renié la Torah mais croient en Eretz Israel, des « chrétiens sociologiques » qui n’en finissent pas de réécrire le testament de Judas, des musulmans pour qui la Mecque est le siège de la banque Dexia, des racistes en quête, tout à la fois, d'une couverture chic et d'un supplément d’âme pas cher, des staliniens orphelins cherchant signifiant-maître et totalitarisme longue durée, des Républicains qui craignent par dessus tout la fin de la Monarchie bananière dont ils touchent les émoluments, des bourgeois libéraux, dont la devise, sonnante et trébuchante, est « trop is te veel » et qui restent persuadés que monsieur Thiers était communiste, des rationalistes revenus de tout, sauf de leur ego boursouflé, « des libres penseurs qui ont peur des revenants »… En cette cours des miracles, sous le couvert du culte laïque, se déroule d’étrange communion, un représentant de la gauche franc maçonne convole en justes noces avec le Père Samuel ; une résistante, déjà tondue, couche avec un membre du Front National ; l'acéphale RTL, par amour, et par nécessité, s’unit à l’ULB pour le meilleur et surtout pour le pire… Et cette cléricature des anti-cléricaux a pour tout flambeau la Dernière Heure, et sa pâle copie Le Soir, ces organes de la déficience cérébrale irréversible… Et ces croisés sans croix, grenouilles de bénitier statolâtres, se prennant pour des bœufs voltairiens, brûleraient à nouveau Giordano Bruno s’il avait été musulman… Le peuple laïque de Belgique, toujours orphelin d'un conductor, forme, sans nul doute, une étrange bergerie !
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Le Bougnoulosophe
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1/17/2009
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Libellés : LAICISME
Choc, effroi et délire du laïcisme
Il nous a été donné, hier, de lire une tribune dans Le Soir particulièrement ahurissante, intitulée : « Le pouvoir aux « barbus » ? Non merci ! ». On ne dira jamais assez les dégâts occasionnés par le mauvais livre de feu Samuel Huntington, Clash of civilisation, sur les esprits simples et tout à la fois pervers. Ainsi pendant que les Gazaouis se font bombarder par air, terre et mer. Tandis qu’ils subissent un déluge de feu par F-16, « Apache » ou drones. Tandis qu’on assiste à un massacre en direct d’enfants, femmes et vieillards. Tandis que les Gazaouis, tels des souris de laboratoire, servent à expérimenter de nouveaux armements (DIME)…Un tierceron de laïcistes, émargeant tous les trois à la Communauté Française de Belgique, égaré dans une manifestation propalestienne, n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer à se faire peur. L’objet de celle-ci : l’islam, esprit du temps et surtout esprit du laïcisme oblige. Angoisse déclinée sous toutes ses formes. Le seul point commun entre elles est une certaine dose de mauvaise foi. On distingue par ordre d’apparition. L’affabulation : « les slogans qui mettent de côté la démocratie » (sic). La conspiration : « des groupes, apparemment bien pris en mains par les mosquées ». Le stéréotype : « Des “barbus ”occupant le pavé fétiche de la gauche française, tandis que les femmes voilées attendent sagement à une rue de là… » La calomnie : « des religieux réactionnaires et rejetant les principes élémentaires de la démocratie, du vivre ensemble ». Le mépris : « des femmes enfoulardées d’un côté, hommes barbus hurlant Allahou Akhbar ! de l’autre ». La diffamation : « la montée en puissance d’un cléricalisme musulman intolérant, impérialiste et antiprogressiste ». La paranoïa : « Nul, parmi vous, ne l’ignore : les radicaux qui ont tenu le haut du pavé, dans les rues de Bruxelles, vous détestent. » Soit une déclinaison de toutes les « passions tristes » qui génèrent ou sont générées par la peur - un cas d’école. Par laquelle on peut faire le portrait clinique de l’homme qui aime avoir peur. Car le laïciste est un homme qui aime avoir peur par dessus tout. Mais, par delà la psychologie, la peur diffuse, on le sait depuis le 11 septembre, est aussi une forme de gouvernance. Une forme d’une grande efficacité. La rhétorique du « choc des civilisations », lorsqu’elle est intériorisée, permet la division entre un « nous » et « eux », elle permet la lecture du monde suivant le prisme du religieux, elle permet la désignation de l’ennemi… Et l’ennemi, ici, c’est le « barbu » et la « femme enfoulardée ». Et il se fait que c’est le même ennemi que l’armée glorieuse d’Israël rencontre sur le terrain, à Gaza. Cela n’a rien de fortuit bien sûr. Le ton était déjà pourtant donné dés la première phrase de la tribune à qui savait la lire attentivement, « la politique de destruction massive du gouvernement israélien contre le territoire palestinien de Gaza » pouvait-on lire. Dans cette phrase introductive, s’il l’on parle de « destruction massive », il n’est fait nulle mention de Palestiniens, on y évoque un territoire… Un territoire où vivent sans doutes des kangourous ou des ornithorynques palestiniens scandaleusement bombardés ? Cette litote n’a rien d’anecdotique, elle est révélatrice, elle est la traduction inconsciente de « la fameuse terre sans peuple… », elle est, à notre sens, l’expression d’une épuration ethnique symbolique, ce qui en dit long sur le lieu d’où parle très exactement nos laïcistes humanistes autoproclamés. De ce lieu, à l’évidence, l’on n’aime pas beaucoup voir le peuple, la vile multitude, ethniquement marquée, se manifester à sa manière, avec ses codes, ses signes « exotiques », non laïquement correct, on y trouve à redire, on trouve ça bien louche, on trouve ça du plus mauvais goût. On se voit perdre la main, aussi l’on a peur... Voilà bien une singulière manière d’appréhender la démocratie, de se l’accaparer, de la confisquer, qui a comme d’étrange résonance avec la situation à Gaza… Peut-être que nos laïcistes, sionistes honteux, sionistes contrariés, pour ce qui est de Gaza comme pour Bruxelles, songent aux mêmes solutions « si le peuple pense mal, disait Brecht, changeons le peuple » !
Publié par
Le Bougnoulosophe
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1/15/2009
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Libellés : LAICISME
De l'épidémie laïque
Allez donc sur le forum du Monde pour y savourer une puanteur toute française... Hargneux envers les faibles et dociles envers les puissants, Sarkozy, ils le méritent !
La Cour européenne des droits de l'homme vient de débouter deux Françaises qui voulaient porter un "voile" à l’école. C’est un coup dur porté aux droits de l’homme.
L'État laïque n’est pas l’État de citoyens laïcs, comme un État catholique est l’État de citoyens (ou sujets ?) catholiques. L'État laïque n’a pas à commander un comportement "laïque" aux citoyens qui le composent, comme un État religieux impose une religion à ses citoyens-sujets. Le comportement "laïque" des citoyens n’existe pas. Il n’y a pas de personnes, ni de comportements des personnes, "contrevenants à la laïcité". Pourquoi ? Parce que la laïcité est un attribut de l’État et pas un attribut du citoyen, encore moins un devoir du citoyen. La laïcité ne peut pas être une contrainte qui pèse sur le citoyen. C’est une contrainte de l’État qui libère le citoyen.
C’est une des plus précieuses caractéristiques de l’État républicain que de ne pas commander à ses citoyens son mode de vie ni son mode de pensée. "Ne faites rien contre votre conscience, même si c’est l’État qui vous le demande", disait Einstein. La laïcité de l’Etat est l’interdiction pour l’État de demander au citoyen des "choses" concernant sa religion.
La laïcité de l’État est une égale considération à toutes les religions, une "royale" indifférence (si j’ose le mot "royale" pour décrire un caractère républicain), une neutralité positive (au sens des psychologues). Neutralité : les religions sont toutes pareilles. Positivité : L’État est favorable à leur expression et à leur pratique, sans jugements de valeur. La laïcité de l’État n’est pas l’opposition de l’État aux religions, et encore moins à une seule.
L’État n’a pas en prendre en considération la valeur religieuse que certains de "ses" citoyens donnent à un vêtement.
En substituant à la laïcité de l’État, obligation de l’État, une laïcité du citoyen, obligation du citoyen, une certaine loi sur les signes religieux à l’école, dite sans ambages "loi contre le voile", nous a fait entrer dans la confusion, la perte des repères. Cette loi fait de la laïcité une religion, qui entre en conflit avec les religions (si on s’en tient au texte exact) et, dans la pratique, avec une religion. L’Europe continue et fait monter d’un degré cette organisation de la destruction des repères.
Dans un État républicain, il n’y a pas de préalable à l’accès à l’école pour les petites personnes. C’est l’honneur d’un État républicain de ne pas choisir à quels citoyens, il ouvre l’école et à quels citoyens, il demande certains "efforts" avant d’entrer à l’école.
La cour européenne des droits de l’homme "argumente" que l'interdiction du port du voile avait pour finalité "de préserver les impératifs de laïcité dans l'espace scolaire". C’est un non-sens absolu. C’est l’État, pas les citoyens, qui règle la laïcité dans l’institution scolaire : le personnel, les programmes... ce qui lui appartient ; les citoyens ne lui appartiennent pas. Le personnel, lui, est soumis à une discrétion laïque, qui peut atteindre le vêtement.
Autre argument : "En France, comme en Turquie ou en Suisse, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l'ensemble de la population adhère et dont la défense paraît primordiale, notamment à l'école". La laïcité de qui ? A qui revient l’obligation de laïcité ? Ce n’est pas dit. Moi aussi j’adhère à la laïcité mais je ne m’habillerai pas d’une certaine façon à la suite d’une demande de l’État que ce dernier croirait justifier par une "défense" de la laïcité ! Parce que la laïcité n’est pas mon affaire, c’est celle de l’État.
Cette cour, dite des droits de l’homme, s’appuie sur sa propre jurisprudence, ce qui est juridiquement monstrueux : elle a permis à la Turquie d’interdire l’accès de l’université à une jeune femme.
Interdire l’accès des écoles à des jeunes filles, c’est donc du côté des droits de l’homme ! C’est un coup dur porté aux droits de l’homme !
Publié par
Le Bougnoulosophe
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12/06/2008
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