Islam de France, islam des « lumières », islam de la « visibilité »


« Au centre, une tour ; celle-ci est percée de larges fenêtres qui sur la face intérieure de l’anneau ; le bâtiment périphérique est divisé en cellule, dont chacune traverse toute l’épaisseur du bâtiment ; elles ont deux fenêtres, l’une vers l’intérieur, correspondant aux fenêtres de la tour ; l’autre à l’extérieur permettant à la lumière de traverser la cellule de part en part. Il suffit alors de placer un surveillant dans la tour centrale, et dans chaque cellule d’enfermer un fou, un malade, un condamné, un ouvrier ou un écolier. Par effet du contre jour, on peut saisir de la tour, se découpant exactement sur la lumière, les petites silhouettes captives dans la cellule de périphérie. Autant de cages, autant de petits théâtres, où chaque acteur est seul, parfaitement individualisé et constamment visible. Le dispositif panoptique aménage des unités spatiales qui permettent de voir sans arrêt et de reconnaître aussitôt. En somme, on inverse le principe du cachot ; ou plutôt de ses trois fonctions – enfermer, privé de lumière et cacher- on ne regarde que la première et on supprime les deux autres. La pleine lumière et le regard d’un surveillant captent mieux que l’ombre, qui finalement protégeait (…)

Celui qui est soumis à un champs de visibilité, et qui le sait, reprend à son compte les contraintes du pouvoir ; il les fait jouer spontanément sur lui-même ; il inscrit en soi le rapport de pouvoir dans lequel il joue spontanément les deux rôles ; il devient le principe de son propre assujettissement. Du fait même du pouvoir externe, lui, peut s’alléger de ses pesanteurs physiques ; il tend à l’incorporel ; et plus il se rapproche de cette limite, plus ses effets sont constants, profonds acquis une fois pour toutes, incessamment reconduits : perpétuelle victoire qui évite tout affrontement physique et qui est toujours jouée d’avance (…)

Et pour s’exercer ce pouvoir doit se donner l’instrument d’une surveillance permanente, exhaustive, omniprésente, capable de tout rendre visible, mais à la condition de se rendre elle-même invisible. Elle doit être comme un regard sans visage qui transforme tout le corps social en un champ de perception : des milliers d’yeux postés partout, des attentions mobiles et toujours en éveil, un long réseau hiérarchisé, qui, selon le Maire, comporte pour Paris les 48 commissaires, les 20 inspecteurs, puis les « observateurs », payés régulièrement, les « basses mouches » rétribuées à la journée, puis les dénonciateurs, qualifiés selon les tâches, enfin les prostituées…» (Foucault, Surveiller et punir)

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Regrettons l'islam des caves, ou l'anonymat était de règle (sic). Qui permet ces contrôles ? Des musulmans surement mais à la solde de qui ?

Abdel a dit…

Salam,

Je note l'accent à consonance tunisienne du préposé à la mosquée...Peut importe...

Mais que doivent faire les musulmans d'origines maghrébines pour pouvoir vivre en paix (à part emmigrer sur la lune) ?

Qui doivent-ils craindre le plus ? Leurs gouvernements occidentaux ou ceux de leur bled respectifs, à moins que ...

Vraiment on a pas le temps de s'ennuyer ou plutôt de se calmer pour panser nos plaies et juste se reposer... mais peut-être que c'est fait exprès ?

@++