La journée de la Burqa

Je regrette, infiniment (euphémisme) que la gauche de la gauche en la personne de M. Gérin, main dans la main avec la sarkozyste Mme Amara, se mettent en tête maintenant d'interdire le port de la burqa et du voile intégral dans notre pays. Quand le sociétal remplace le social, quand la Journée de la jupe devient un film culte, le néocolonialisme et le choc des civilisations ont de beaux jours devant eux.

Ce sinistre projet est clairement islamophobe, c'est le projet des petits bourgeois donneurs de leçons occupés par leur "mission civilisatrice". C'est dramatique.

Je n'ignore pas que beaucoup de femmes sont victimes du machisme dans les pays musulmans, et que la burqa fonctionne comme une prison pour beaucoup d'entre elles.

Cependant je reste libéral en matière vestimentaire. Tout ce qui ne conduit pas à l'incitation au viol et à la corruption des mineurs doit être autorisé. La burqa ne relève pas de ce registre.

En outre je ne peux pas ignorer que
1) le port de la burqa ou du voile intégral est très minoritaire en France, même parmi les musulmanes ;
2) certaines femmes musulmanes souhaitent sincèrement porter ce vêtement qu'elles rattachent à leur tradition.

Si l'on veut libérer les femmes musulmanes, attachons nous à les instruire, elles et leurs frères, leurs maris, et à leur faire une place dans notre société, plutôt que de leur imposer la violence de la loi. Et avant même que de les libérer, commençons par les entendre. Le "projet civilisateur" n'est pas à sens unique, et nous avons aussi à nous laisser "civiliser". Entendons notamment ce qu'ont à nous dire les peuples musulmans.

Quand certaines de leurs autorités cultuelles expliquent que les femmes occidentales ploient sous la dictature de la séduction, de l'apparence, du corps mince, du maquillage, du narcissisme et de la volonté de plaire, n'ont-elles pas raison ? Si une loi veut règlementer la "dictature" de la burqa, ne doit-elle pas aussi alors règlementer celle de l'industrie de l'habillement, et celle de l'industrie de la nudité, qui créent tant de frustrations et tant d'inégalités entre femmes jeunes et vieilles, belles et laides ? N'y a-t-il point là un enfer pour les femmes qui n'a peut-être rien à envier à l'enfer de la burqa ?

Si le voile, intégral ou non, est pour certains un moyen de soustraire les femmes à la loi de leur marchandisation, c'est un argument que l'on doit entendre, autant que celui des féministes occidentales qui y voient un instrument d'aliénation sans trouver pourtant à redire à la dictature du string. Et faisons preuve de la plus grande circonspection devant ces projets législatifs remplis de bonnes intentions, dont le fondement réel est le refus de comprendre l'autre, la volonté aveugle de lui imposer notre morale, nos valeurs, notre propre aliénation. Il est vrai qu'on oublie si bien ses propres chaines en prétendant libérer autrui...

Un ami me disait que nous devrions créer un mouvement "Pas en notre nom" comme le mouvement anti-guerre de 2002 qui objecterai à chaque aberration de nos gouvernants en matière de politique étrangère ou de relation avec le cultures que leurs erreurs n'engagent pas les citoyens qu'ils entendent représenter. Le thème de la loi sur la burqa serait un bon sujet pour ce genre d'action. Et si demain la burqa venait à être interdite, nous devrions tous, hommes et femmes, sortir dans cette tenue en signe de refus de ce fascisme de la political correctness.

Frédéric Delorca

Monsieur Jourde fait de la propagande

« Cette idée, indéfiniment ressassée, tout en donnant bonne conscience, masque souvent deux comportements : soit, tout bonnement, l'ordinaire lâcheté d'un monde intellectuel où l'on préfère éviter les ennuis, où l'on ne prend de risque que si l'on en attend un quelconque bénéfice, où dire du bien peut rapporter beaucoup, et dire du mal, guère ; soit le refus de toute attaque portée à une œuvre littéraire, comme si, quelle que soit sa qualité, elle était à protéger en tant qu‘ objet culturel ; le fait qu'on ne puisse pas toucher à, un livre illustre la pensée gélatineuse contemporaine : tout est sympathique. Le consentement mou se substitue à la passion. Ne parler que des bonnes choses ? Cela ressemble à une attitude noble, généreuse, raisonnable. Mais quelle crédibilité, quelle valeur peut avoir une critique qui se confond avec un dithyrambe universel ? »(1)

L'extrait ci-dessus, témoigne de toute la clairvoyance dont jouissait Pierre Jourde dans une vie antérieure, du temps où il avait encore toute sa tête et toutes ses facultés. Il dit toute la contradiction et aussi la régression intellectuelle de son auteur aujourd'hui, trait à sa position partisane inspirée de la situation conflictuelle entre Israël et le mouvement de résistance Hamas. Pierre Jourde n’est pas juif, pas plus que Raël n’est Israélien, comme le souligne un intervenant du forum de la Ligue de Défense Juive (groupe paramilitaire d’autodéfense sioniste fasciste), dont l’article, publié par Le Monde, lundi 21 janvier 2008, a été repris dans son intégralité pour les besoins de la «hasbara» sur ce site.

S’il n’est pas juif, Pierre Jourde arbore au moins une sympathie sioniste à la boutonnière, au lu des thèses et des lieux communs exposés prosaïquement. Monsieur Jourde, pourtant, écrivain et critique, qui nous a habitués à d'autres pertinences, d'autres critiques littéraires subtiles et drolatiques, s'avère être, dans cette charge, vraiment un batracien sirupeux, palmé et sans estomac de la « Hasbara sioniste ».

L’homme, a un cumul de 61 ans de retard, de confusion au compteur, et ne se rend même pas compte qu’il fait en gâte-sauce de gargote borgne dans le salmigondis réchauffé. Alors pourquoi cette imprévisible saute d’humeur, ici et maintenant, chagrin d'amour, déficit d'affection ou coup de lune ?

On s'en fiche de connaître les raisons, même si M. Jourde ne semble pas avoir une grande actualité ou un samovar russe à nous revendre. On n’apprend rien d’inédit ou d'extra, qui n’eut été déjà, par force tambourinage médiatique mensonger, chantonné, ici et là, et colporté par les petites abeilles chantantes du sionisme en France. Il répète sans savoir avec cette effronterie qu’ont parfois les perroquets de découvrir le langage. Ou les autruches sans estomac à avaler des réveils-matin sans le moindre rôt.

Si Monsieur Jourde peut se prévaloir (quand il est inspiré) d’être un fin critique littéraire, il n'est sûrement pas un bon observateur de la chose politique. Quand bien même il le voudrait, son champs de vision est si rétréci, si morne, qu'il n'égalise même pas le commun des champs de patates. De là, oser nous faire des protocoles sur la culpabilité universelle des juifs, dès lors qu'il ne s'agit benoîtement, que de sionisme et de colonialisme dégénératifs attardés. C'est vraiment, avec toute l'excuse qu'on doit aux taupes, manquer d'acuité et de vision!

On a envie de rire, mais par décence on se retient devant un tel inventaire de philosémitisme gélatineux, on n’ose pas, au risque de passer pour de cauteleux antisémites, lui intimer d'en faire des bocaux pour l'hiver prochain. Car il n’y a pas plus comique qu’un con pathétique monté sur son escabeau de valeurs et crachant à la face du monde via son porte-voix ses commandements, alors qu'aucun avis de tempête n'est signalé et qu'aucun homme n’est tombé à la mer. C’est comme une fouine qui tombe sur un couteau suisse multi-fonctions.

Monsieur Jourde en fait une montagne de Sion, sans que Dieu l’ait sonné pour l’apéro ni pour le rapport, de là, à se présenter effrontément, devant lui en panoplie de Zorro, gagnée à la Foire à Neuneu, il y a des audaces avec lesquelles le protocole vestimentaire ne transige pas. Et nous consternés de voir ce bouloché, tombé du lit de l’histoire, à peine réveillé du tout outré, par ce qu’il dégoise et moins encore par ce que le commun des Palestiniens endure depuis 61 ans, on a deux choses à lui rappeler, sans pour autant casser l’ambiance : la première c'est que la période de Carnaval est passée pour continuer à dormir avec son costume de Zorro en feutrine et la seconde c'est que l’affaire Dreyfus c’était en 1894 !

(1) La littérature sans estomac, Esprit des Péninsules, 2002.

Mohamed Marhoum

A quoi sert l'absence de statistiques ethniques ?

La police française pratique à grande échelle des "contrôles au faciès". Une étude scientifique, conduite dans la plus grande confidentialité, montre que les forces de l'ordre effectuent des contrôles d'identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d'être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs; pour les seconds, elle est six fois plus importante. Ces résultats, publiés mardi 30 juin, ont été obtenus par l'observation du travail policier à Paris (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Financés par une fondation américaine créée par le milliardaire Georges Soros, l'Open society institute - imperméable aux débats actuels sur la pertinence des statistiques ethniques dans le modèle français - les enquêteurs ont ainsi secrètement décrypté 525 opérations de police, relevant notamment l'âge, le sexe, la tenue et le profil ethnique des individus contrôlés pour les comparer avec ceux des personnes (37 000 au total) passant à proximité. Sans tabou : contrairement aux traditions françaises, ces individus, qui restent anonymes, sont désignés par la couleur de leur peau ("Blanc", "Noir", "Arabe", etc.).

L'étude confirme, en lui donnant un caractère scientifique, ce qu'expriment, depuis des années, les minorités visibles en France. Jusqu'à présent, en effet, les enquêtes réalisées s'appuyaient uniquement sur des sondages déclaratifs, sans vérification possible et avec des échantillons réduits. "L'étude a confirmé que les contrôles d'identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l'apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu'ils sont, ou paraissent être", indique le rapport, rédigé par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy.

Les chercheurs constatent que les tenues portées sont aussi des critères décisifs dans les choix policiers. "Bien que les personnes portant des vêtements aujourd'hui associés à différentes "cultures jeunes" françaises (" hip hop", "tecktonic", "punk" ou "gothique", etc.) ne forment que 10 % de la population disponible, elles constituent jusqu'à 47 % de ceux qui ont effectivement été contrôlés". Comme deux personnes sur trois arborant ce type de tenues (capuches, etc) font partie des minorités visibles, les auteurs retiennent l'hypothèse que les vêtements sont aussi, indirectement, des marqueurs ethniques.

La plupart des quelque 500 contrôles observés se sont déroulés sans incident. Dans la moitié des cas, les contrôles ont toutefois débouché sur une fouille ou une palpation de sécurité – sans que les pratiques soient significativement différentes entre Arabes, Noirs et Blancs. Ce que confirment les personnes contrôlées, interrogées ensuite, discrètement, par les scientifiques : seules 3 % ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant; 76 % ont émis un jugement neutre sur l'attitude des fonctionnaires; 6 % ont souligné que la police s'était comportée de manière respectueuse et polie. Mais le bon déroulement des contrôles n'empêche pas les populations ciblées d'exprimer leur colère, surtout face à leur caractère répétitif.

Les auteurs parlent d'"effets délétères" pour les rapports entre la population et les policiers, citant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis 2005. "Les contrôles sont en effet fréquemment au cœur de l'antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d'être la cible de contrôles d'identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement". Ils soulignent que le cadre juridique "permissif" laisse aux policiers "un large pouvoir discrétionnaire".

L'Open society institute émet une série de recommandations. D'abord en suggérant l'enregistrement par les patrouilles du profil ethnique des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l'impartialité des opérations – une démarche interdite en l'état du droit. Ensuite en modifiant le code de procédure pénale pour limiter les risques de discriminations. Enfin, en exigeant des policiers qu'ils expliquent systématiquement les motifs du contrôle aux citoyens concernés.

Contactée, la préfecture de police de Paris a fait part de son "intérêt" pour ces résultats. "L'étude peut apporter des enseignements, explique la commissaire Marie Lajus, porte-parole de la préfecture. Mais n'oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l'apparence, l'âge, le sexe ou l'origine géographique. Le travail policier ne peut pas s'apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c'est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société".

Luc Bronner

Ma BHL parano




« Cher Bernard, cher Henri, cher Lévy. Trois personnes en un seul dieu : ce mystère de De trinitate, tu en es l’illustration cathodique. Pourquoi relever, te reprocher tes reniements, toi qui est, mieux qu’une girouette, une véritable rose des vents à toi tout seul ? Hauteur de l’infatuation, largeur de la surface médiatique, profondeur dans la pose pour photographe ; constance dans l’inconsistance, dogmatismes alternés, tes prises de décisions se succèdent et se contredisent… » « Ton agitation interlope ne cesse de transiter entre les deux formes de reniement, de gauche et de droite. Le chantage à l’antisémitisme, au fascisme, ne t’a servi qu’à restaurer, comme seul rempart contre les mauvais instincts des foules, la théologie la plus répressive. Inventeur du « retour au sacré » par utilitarisme, aimable Torquemada d’une inquisition de théâtre, belle âme de troc et de trucs, ton périple patine dans le lac gelé des illusions perdues en arabesque imprévisible. » « Drogué aux médias, à la popularité, tu ne tiens qu’à l’applaudimètre. Ton existence morale, chevalier du vide, révèle l’inexistence, sous l’armure, des croisés de notre génération blanche. Et cette inexistence est inscrite en tes initiales, BHL. Tu n'as même pas de nom à toi, rien qu'un sigle, comme RATP, ou SNCF. » (Guy Hocquenghem)

Le fait divers fait diversion...

La France est en émoi.
Chiffres du chômage? Crise financière? Nouvelle rolex présidentielle?
Non, non, rien de tout cela. La « burqa », ma brave dame. Et c'est mieux d'accompagner le mot d'une moue dédaigneuse.

L'heure est grave, en effet. Il faut que les trois femmes vêtues de cette pièce de tissu soient plus scandaleuses et surtout plus visibles que les 700 000 « emplois» qui vont être détruits cette année dans le secteur privé (Insee/Le Monde daté du 20 juin 2009).

Derrière l'autre burqa « bien de chez nous » qui escamote la suppression des 700 000 emplois, il y a aussi 700 000 individus - et leurs familles - dont la dignité devrait être défendue avec autant de fougue.

Mais, à Versailles comme à l'Elysée, on ne badine pas avec le sérieux danger que représentent les centimètres d'étoffe superflus sur le corps des femmes musulmanes.

Aussi, le président, incité par la proposition d'un élu prétendu-communiste, a jugé bon de mentionner le port du voile intégral par une infime minorité des musulmanes, créant de toutes pièces un problème pour travailler en profondeur l'opinion française, et lui rendre acceptable l'idée d'une guerre - pourquoi pas? - contre l'Iran.

Déjà, le 15 septembre 2007, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, avait declaré sur LCI: « Il faut se préparer au pire [avec l'Iran], c'est-à-dire à la guerre ». La peur en politique, c'est comme les parapluies: les gens prévoyants savent que ça peut toujours servir.

Sarkozy a ajouté: « Ce n'est pas l'idée que la République se fait de la dignité de la femme ». La République qui se fait des idées sur « la femme » (?) à Versailles, c'est assez savoureux. Surtout quand on sait que c'est la même République qui a accordé le droit de vote aux femmes le 29 avril 1945. Vous savez, après tous les autres pays européens, y compris la Turquie.

Enfin, pour prolonger cette perspective historique, Didier Boulaud, sénateur prétendu-socialiste a fait malicieusement observer que depuis Napoléon aucun chef d'Etat n'avait prononcé de discours devant les Assemblées. Il peut donc s'avérer utile de rappeler au Roi Soleil en talonnettes cette phrase de Marx dans le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte: « Hegel fait remarquer quelque part que, dans l'histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d'ajouter: la première fois comme tragédie, la seconde comme farce.»

Princesse de Clèves

Quoi qu'il arrive un clown est un clown...

La burqa invisible

C'est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes... La jupe, c'est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s'asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d'allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque.

La jupe, c'est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d'opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou...) qui fonde l'ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec " tiens ton couteau dans la main droite ", se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l'opposition entre la droite et la gauche, la droite est " naturellement " le côté de la virtus comme vertu de l'homme (vir).

La jupe, ça montre plus qu'un pantalon et c'est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l'attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l'érotisme, toute l'ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c'est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu'elle montre. Il fut un temps où il suffisait d'une cheville entr'aperçue!...

Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu'elles s'adressent d'abord au corps et qu'elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s'exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd'hui, c'est qu'il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d'études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. Très souvent, les femmes elles-mêmes condamnent les femmes violées au prétexte qu'" elles l'ont bien cherché ". Ajoutez ensuite le rapport à la justice, le regard des policiers, puis des juges, qui sont très souvent des hommes... On comprend que les femmes hésitent à déposer une plainte pour viol ou harcèlement sexuel

Tout le monde est soumis aux regards. Mais avec plus ou moins d'intensité selon les positions sociales et surtout selon les sexes. Une femme, en effet, est davantage exposée à exister par le regard des autres. C'est pourquoi la crise d'adolescence, qui concerne justement l'image de soi donnée aux autres, est souvent plus aiguë chez les filles. Ce que l'on décrit comme coquetterie féminine (l'adjectif va de soi !), c'est la manière de se comporter lorsque l'on est toujours en danger d'être perçu.


Je pense à de très beaux travaux d'une féministe américaine sur les transformations du rapport au corps qu'entraîne la pratique sportive et en particulier la gymnastique. Les femmes sportives se découvrent un autre corps, un corps pour être bien, pour bouger, et non plus pour le regard des autres et, d'abord, des hommes. Mais, dans la mesure où elles s'affranchissent du regard, elles s'exposent à être vues comme masculines. C'est le cas aussi des femmes intellectuelles à qui on reproche de ne pas être assez féminines. Le mouvement féministe a un peu transformé cet état de fait - pas vraiment en France la pub française traite très mal les femmes ! Si j'étais une femme, je casserais ma télévision ! - en revendiquant le natural look qui, comme le black is beautiful, consiste à renverser l'image dominante. Ce qui est évidemment perçu comme une agression et suscite des sarcasmes du genre " les féministes sont moches, elles sont toutes grosses"…

On ne mesure pas l'ascèse et les disciplines qu'impose aux femmes cette vision masculine du monde, dans laquelle nous baignons tous et que les critiques générales du " patriarcat " ne suffisent pas à remettre en cause. J'ai montré dans La Distinction que les femmes de la petite bourgeoisie, surtout lorsqu'elles appartiennent aux professions de " représentation ", investissent beaucoup, de temps mais aussi d'argent, dans les soins du corps. Et les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c'est toujours celles qu'elles trouvent trop " grandes" ou trop " grosses " ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu'ils jugent trop " petites ". Parce qu'il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l'on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l'autel et du prie-dieu....

Pierre Bourdieu

Les vautours de la vidéosphère

Les vautours de la vidéosphère se nourrissent, se repaissent, se délectent d’images sanglantes pour illustrer leurs préjugés au 20 Heures... Les vautours de la vidéosphère aiment tout autant les symboles télégéniques que l’hémoglobine fraîche, cela leur permet de reconduire une fois encore la « mythologie démocratique », elle qui prend pourtant l’eau de toute part… Les vautours de la vidéosphère nous resservent de l’auto-consécration, le culte de l’entre-soi par l’intermédiaire de tragédies du bout du monde, dont finalement ils ne comprennent rien et ne veulent rien comprendre… Les vautours de la vidéosphère aiment le faux pathos et l’émotion en toc à condition qu’ils servent leurs (troubles) intérêts, à courte vue, car à vrai dire ce qui se passe là-bas, ils n’en ont pas grand chose à faire…


Les vautours de la vidéosphère, vautrés dans « la mondialisation des affects, la synchronisation des émotions collectives dans le continuum audiovisuel », sont des pervers impuissants qui fournissent des schèmes de pensées, des scénarios, des répertoires d’images à des spectateurs, qu'ils imaginent, tout aussi pervers et impuissants qu'eux, et qu'on doit pouvoir rassurer en démontrant qu'il y a plus malheureux que leur sort… Les vautours de la vidéosphère à bien y regarder, « se trompent sur tout, et ne peuvent que déraisonner sur des mensonges », ce sont des naufragés qui veulent se faire guide, des jobards qui veulent vendre de l'intelligence… Les vautours de la vidéosphère « ce sont des salariés pauvres qui se croient des propriétaires, des ignorants mystifiés qui se croient instruits, et des morts qui croient voter » et ces experts de l'égarement - in Girum imus nocte et consumimur igni - tiennent à transmettre ce si beau « modèle » à qui n'en veut pas, par contagion comme une épidémie se diffuse...

Italie : la burqa et la putain

Pendant que l’Islam est en passe de devenir l’aphrodisiaque des Français, pendant que la « burqa » devient le filtre d’amour qui permet, au pays des veaux, de faire oublier tous les maux du monde, en Italie, plus vieille école, plus pragmatique, même si elle a aussi connu son Affaire Burqa, et grâce aux conseils avisés de son conduttore, on a opté, pour ce faire, plus classiquement pour la prostitution… Spectacle ou putanat, on ne le dira jamais assez, en Occident, la femme est l’avenir de l’homme !

Ce devait être la nuit américaine de Silvio Berlusconi. Celle du résultat des élections aux Etats-Unis qui a vu, le 4 novembre, la victoire historique de Barack Obama. Le chef du gouvernement italien était attendu à une réception de la fondation Italia USA, laquelle avait invité 500 personnes dont une centaine de parlementaires. Le président du Conseil n’arrivera finalement jamais, préférant demeurer au palais Grazioli, sa résidence dans la capitale. Son absence pour des motifs personnels aurait pu passer inaperçue. Mais depuis quelques jours, les détails de sa soirée privée s’étalent dans la presse italienne avec en toile de fond une histoire de prostitution, la rancœur d’une gourgandine déçue et un président du Conseil piégé par ses invitées particulières. Le tout dans un climat de trahison politique, de suspicion et d’enquête de la magistrature de Bari (Pouilles) pour une affaire de corruption.

Après sa présence mystérieuse, en mai dernier, dans un sordide restaurant de la banlieue de Naples, à la fête d’anniversaire des 18 ans de Noemi Letizia, qui l’appelle «papounet» et qui a provoqué la demande de divorce de sa femme, Veronica Lario, la soirée du 4 novembre 2008 de Berlusconi est désormais passée au crible par la presse italienne, chaque jour apportant son lot de révélations. Avec, au bout du compte, le soupçon qu’un réseau de prostitution ait été mis en place pour satisfaire le Cavaliere et ses invités, à Rome ou dans sa somptueuse résidence sarde de villa Certosa.

Le soir des élections américaines, Silvio Berlusconi aurait ainsi reçu à dîner, après 23 heures, le jeune entrepreneur de Bari Giampaolo Tarantini, accompagné de trois femmes dont Patrizia d’Addario. Ce n’est pas la première fois que celle-ci, âgée de 42 ans, se rend au palais Grazioli. Un mois plus tôt, elle avait été invitée et avait reçu pour sa présence la somme de 1 000 euros au lieu des 2 000 euros prévus, parce qu’elle «n’était pas restée». Entendue par le parquet de Bari qui enquête sur Giampaolo Tarantini pour une affaire de pots-de-vin dans le secteur de la santé et qui, en parallèle, a ouvert un dossier pour «incitation à la prostitution», Patrizia d’Addario a confirmé ses propos dans un entretien au Corriere della Sera : «Avec deux autres filles, nous sommes arrivées au palais dans une berline aux vitres teintées. Puis nous sommes entrées dans un grand salon où nous avons retrouvé une vingtaine d’autres filles. Il y avait des petites pizzas et du champagne. Peu après, est arrivé Silvio Berlusconi.» Pour sa seconde visite, le 4 novembre, elle raconte : «Il les caressait mais c’est moi qu’il regardait. Puis il a décidé que je devais rester seule avec lui et les autres sont sorties avec Giampaolo [Tarantini].» Les faits ont été confirmés par les deux autres femmes «invitées». Et la conversation avec le chef du gouvernement aurait été entièrement enregistrée.

A la suite d’une mésaventure avec un autre homme, Patrizia d’Addario aurait en effet pris l’étrange habitude de tout enregistrer, en secret, de manière quasi maniaque. Selon la presse, elle aurait ainsi fourni aux magistrats six cassettes audio. Dans l’une d’elles, on entendrait Silvio Berlusconi l’invitant à l’attendre dans le «grand lit» le temps qu’il prenne une douche. Le lendemain, il l’aurait appelé sur son portable et se serait étonné de sa voix rauque, ajoutant ironiquement que la nuit précédente il n’avait pas entendu de «cris». Patrizia d’Addario aurait également pris de nombreuses photos, remises récemment à la justice.

Car elle n’aurait pas apprécié le traitement qui lui a été ensuite réservé. Pour la nuit passée au palais Grazioli, elle n’aurait reçu comme compensation qu’un petit bijou représentant une tortue alors qu’elle souhaitait que Berlusconi l’aide à régler un problème de construction immobilière dans les Pouilles. Selon son récit, qui comporte encore de nombreuses zones d’ombre, elle aurait refusé par la suite de se rendre à nouveau chez le président du Conseil. En revanche, elle aurait été, en avril, présentée aux élections locales sur une liste de droite et sévèrement battue. Les deux autres recrues de Tarantini convoquées par les magistrats de Bari auraient en substance corroboré les propos de Patrizia d’Addario. Barbara Montreale, 23 ans, précisait en outre que toutes les filles qu’elle a rencontrées chez Silvio Berlusconi l’appelaient «papounet».

Celui-ci, visiblement nerveux, dénonce une campagne «ordurière» et assure «que son gouvernement ne tombera pas». Mais dans son propre camp, les critiques apparaissent au grand jour. Son ancien porte-parole et directeur du quotidien Il Foglio, Giuliano Ferrara, parle de «situation grave» et évoque le 24 juillet 1943, veille de la révolution de palais contre Mussolini. Dans l’opposition, l’ancien ministre Pier Luigi Bersani estime que «le jugement moral n’appartient pas aux partis politiques», mais Francesco Rutelli, ex-maire de Rome, dénonce «la distance entre la rhétorique de la droite sur la famille et les comportements quotidiens». Le journal des évêques, L’Avvenire, est également intervenu pour faire part «d’un embarras de moins en moins supportable».

Eric Jozsef

Twitter ou l'impérialisme web 2.0

Tant pis pour certains fans du Web 2.0 qui claironnaient que Twitter avait cédé à l'amicale pression de ses utilisateurs. Certains s'étaient mobilisés sur le réseau, en ponctuant leurs messages du mot-clé "#nonmaintenance", ("non à la maintenance"). Le mot-clé était devenu très populaire dans la conversation en ligne. Mais la réalité est très différente : en reportant un arrêt technique pour ne pas priver les anti-Ahmadinejad d'un moyen de communication jugé essentiel, Twitter a simplement obéi à une demande du gouvernement américain.

Sur demande officielle du ministère des Affaires Etrangères américain, Twitter a donc fonctionné sans interruption lundi dernier, le jour de la plus grande manifestation pro-Moussavi, et l'interruption de service n'a eu lieu que le lendemain mardi, durant la nuit iranienne.

"Hillary Rodham Clinton a défendu mercredi les interventions américaines pour s'assurer que le réseau social Twitter reste disponible pour que les manifestants iraniens puissent l'utiliser, l'Iran se plaint d'une ingérence américaine." explique le site du Los Angeles Times.

"Clinton a déclaré qu'elle considérait comme important de garder «cette ligne de communication ouverte pour permettre aux gens de partager des informations, particulèrement au moment où il n'y avait pas beaucoup d'autres source d'information... C'est un droit fondamental pour les gens d'avoir la possibilité de communiquer.»"

Le Los Angeles Times ajoute que l'Iran a officiellement protesté contre les ingérences américains dans les affaires intérieures du pays auprès de l'ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les Américains en Iran, faute d'ambassade américaine.

"Avec Twitter, Washington utilise une nouvelle arme diplomatique" titre l'article du New York Times du jeudi 17 juin, qui explique sur une demi-page que lundi après-midi, Jared Cohen, officiel du Département d'Etat (ministère des Affaires étrangères américain) a "envoyé un email à Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter, lui demandant de retarder ses opérations de maintenance qui auraient pu couper le service alors que les Iraniens utilisaient ce service pour échanger des informations et informer le reste du monde des manifestations en cours à Téhéran."

Twitter a répondu positivement à cette demande, et annoncé le report de l'opération de maintenance sur son blog officiel lundi soir. Mais la société n'a pas joué la transparence, elle n'a pas mentionné la demande des autorités américaines. Elle a par contre mis avant, et remercié son partenaire technique.

"Nos partenaires de NTT America reconnaissent le rôle que Twitter joue actuellement comme outil de communication en Iran."

La réalité est plus prosaïque : ce n'est pas NTT America qui s'intéresse au rôle de Twitter, c'est le gouvernement américain qui utilise Twitter dans sa stratégie contre le pouvoir iranien, tout simplement.

A l'origine de la demande, un théoricien de la "révolution passive"

Le New York Times cite un commentaire du Département d'Etat qui précise que "M. Cohen n'a contacté Twitter que trois jours après le vote, et bien après que les manifestations aient commencé."

Une manière de tenter de faire valoir que les USA d'Obama n'ont pas provoqué ou soutenu le mouvement de protestation des partisans de Moussavi, et qu'ils ont seulement aidé sa communication.

En intervenant activement pour maintenir les outils de communication utilisés par les anti-Ahmadinejad, Cohen peut sembler placer sa hiérarchie dans l'embarras. Dans ses rares déclarations publiques sur le sujet, Barack Obama a en effet toujours pris soin de ne pas manifester de préférence en faveur de l'un ou l'autre des candidats. Le Département d'Etat est-il sur une ligne différente ? la "gaffe" de Cohen sert-elle, au final, l'administration Obama, très attaquée par les Républicains pour sa prudence dans l'affaire iranienne ? Toutes ces hypothèses restent ouvertes.

Qui est Jared Cohen ?

Internet donne de nombreuses informations sur la carrière et les opinions du jeune fonctionnaire. Jared Cohen est présenté sur le site de son ministère comme responsable, au sein du service, du "planning", du contre-terrorisme, du monde mulsulman et, entre autres, des nouvelles technologies.

Cohen a séjourné en Iran en 2004, avant de publier, en 2005, un article sur la "révolution passive" en Iran, sur l'opposition silencieuse et discrète au pouvoir dans la revue Hoover Digest de la fondation Hoover (basée à l'université de Stanford en Californie). Cette fondation n'est pas réputée pour être très progressiste. Considérée comme un fief républicain, elle a été au service de la politique américaine contre l'Union Soviétique, à l'époque de l'URSS.

La première partie de sa conclusion était claire : "Ce n'est pas un secret, les Etats-Unis voudraient une alternative au régime iranien." Rien de surprenant, mais ensuite, de manière plus étonnante, ce qui a dû plaire à l'administration de l'époque, il écrit : "L'atout numéro un des Etats-Unis, c'est que 70 pour cent de la population iranienne a moins de 30 ans et semble massivement soutenir les Etats-Unis et le président Bush."

En 2008, après avoir voyagé dans plusieurs pays du Proche-Orient, Cohen publie un livre, Les enfants du Djihad. Dans sa promo-télé, il dépeint une jeunesse arabe (ou iranienne) tout aussi technophile que la jeunesse américaine, amatrice de télé par satellite, de téléphones portables, et d'Internet.

Le New York Times est d'ailleurs clair sur l'utilisation du Web 2.0 américain, comme bras armé de la politique extérieure américaine : "M. Cohen, diplômé de l'université de Stanford, est le plus jeune membre du service du planning du departement d'Etat, il a travaillé avec Twitter, YouTube, Facebook et autres pour soutenir des initiatives diplomatiques en Irak et ailleurs. Le mois dernier, il a organisé une visite à Bagdad pour Dorsey [un co-fondateur de Twitter, ndlr] plus d'autres responsables de la Silicon Valley, et de son équivalent new-yorkais, la Silicon Alley. Ils ont rencontré le Premier ministre irakien pour évoquer la reconstruction du réseau d'information du pays et vanter les vertus de Twitter."

Gilles Klein

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La complainte d’André Gerin

Il y eut le congrès de Tours, il y eut la scission de la SFIO, il y eut (et il y a encore) l’Humanité, mais il n’y a pas de con comme André Gerin...

Il y eut le front populaire, il y eut la CGT, il y eut les Brigades Internationales, mais il n’y eut pas aussi con qu' André Gerin...

Il y eut le pacte germano-soviétique, il y eut les F.T.P.- M.O.I, il y eu Maurice Thorez, mais comme con André Gerin reste inégalable…

ll y eut Budapest 56, il y eut le Printemps de Prague, il y eut mai 68, mais il n’y eut pas un con de l’ampleur d’ André Gerin

Il y eut le « programme commun », il y eut l’abandon de la « dictature du prolétariat », il y eut le « bilan globalement positif », mais il n’y eut pas de con à la hauteur d’André Gerin

Il y eut la banlieue rouge, il y eut le journal de Pif le chien, il eut la gouaille de George Marchais, mais il n’y eut pas plus con que André Gerin

Il y eut l’Eurocommunisme, il y eut l’invasion soviétique en Afghanistan, il y eut la descente en dessous de la barre des 10 %, mais des cons comme André Gerin, on n’en fait plus…

Il y eut Marie-Georges Buffet qui remplaça un nain de jardin, il y eut la fuite des électeurs vers le FN, il y eut la Gauche plurielle et le Front de gauche, mais il n’y eut pas de con de l’envergure d’un André Gerin...

Quand, pour sortir de l'anonymat, on sert la soupe à ce point, et sans s’en apercevoir, à monsieur bling-bling et à ses amis, qui rêvent d’une expédition coloniale en Iran, quand on atteint un tel degré de bêtise, qui permet de mettre au point une arme de distraction massive de cet acabit, nul espoir n'est permis, c'est irrémissible, on mérite de porter la Burqua à vie !

Dédé, l'oublieux, te souviens-tu lorsqu'on t'appelait l'Imam rouge à Vénissieux, aussi ferme ta gueule, car, bien plus con que tu n’es communiste, tu fais honte à Lenine...

Liban, Iran : De la sempiternelle interférence occidentale

Peut-on dire que la victoire du Mouvement du 14 mars aux élections législatives va changer la situation libanaise ?

Georges Corm. Cette victoire, c’est un peu un retour à la case départ, celle des élections de 2005. Nous sommes en face des mêmes problèmes quoique avec des logiques différentes. Et encore une fois, du fait du système électoral et d’autres facteurs, nous avons une majorité populaire en faveur de l’opposition et une majorité parlementaire, celle du 14 mars. Reste que les problèmes sont toujours là. Pour les pays arabes dits modérés et les pays occidentaux, il s’agit de la question des armes du Hezbollah. Et pour les Libanais dont je suis, le problème économique et social reste le problème numéro un. Ce point a été complètement évacué du débat électoral essentiellement focalisé sur les armes du Hezbollah et sur l’influence iranienne au Liban. On a vu les médias de la majorité au pouvoir ainsi que les médias arabes et occidentaux créer une atmosphère de panique en laissant entendre qu’on aurait une réédition du scénario de Cisjordanie et de Gaza de 2006, avec à la clé une communauté internationale qui se fâcherait, en prenant des sanctions politiques et financières, dans le cas où l’opposition l’aurait emportée. D’autant que le Mouvement du14 mars avait annoncé que si l’opposition remportait les élections, il refuserait de participer à un gouvernement d’union nationale. On a même vu le patriarche maronite, s’érigeant en censeur spirituel, demandant à voter pour la majorité sortante. Ce qui est du jamais-vu dans l’histoire du Liban et des chrétiens maronites.

Dans ces conditions, est-ce que ce gouvernement d’union nationale est encore d’actualité ?

Georges Corm. Oui, cette question est d’actualité puisque le courant du 14 mars dit tendre la main à l’opposition. Mais sa conception d’un gouvernement d’union nationale exclut l’octroi d’une minorité de blocage que réclame l’opposition, de façon que ce gouvernement ne prenne pas de décisions qui pourraient entraîner une déstabilisation du pays comme ç’a été le cas fin 2006 à propos du Tribunal international et le 5 mai 2008 à propos du démantèlement du réseau de communication du Hezbollah, ce qui a provoqué trois journées de violence.

Qu’en est-il du désarmement du Hezbollah que réclamait la majorité ?

Georges Corm. Aujourd’hui, le chef de la majorité, Saad Hariri, ainsi que Walid Djoumblatt considèrent que cette question n’est plus urgente, et pas à l’ordre du jour du dialogue national entre les tendances politiques libanaises présidées par le chef de l’État pour résoudre la question des armes du Hezbollah. À mon avis, ça peut être une position tactique en attendant une autre conjoncture pour la reposer. Il faut rappeler qu’en 2005, Saad Hariri et Walid Djoumblatt étant alors alliés au Hezbollah dans un même gouvernement, la déclaration ministérielle considérait que les armes de la résistance étaient tout à fait légitimes. Cela n’a pas empêché, suite aux pressions américaines, que ces mêmes partis demandent le désarmement du Hezbollah.

À propos de ces armes détenues par le Hezbollah, ne pensez-vous pas, au regard des développements de la scène politique moyen-orientale (discours de Netanyahu, tensions internes iraniennes) que le Liban risque d’être entraîné dans un conflit régional ?

Georges Corm. En réalité, le discours de Netanyahu a eu des échos très négatifs dans tous les pays arabes modérés. Au Liban, tous les responsables ont dénoncé les propos de Netanyahu. Son discours a eu un effet contraire : il a rapproché toutes les tendances politiques libanaises pour faire face éventuellement à ce qui pourrait se passer à l’échelle régionale, notamment dans le contexte des élections iraniennes…

Précisément, quelle est votre analyse des événements iraniens ?

Georges Corm. Les élections iraniennes se sont déroulées là encore (comme au Liban) avec des interférences médiatiques massives des pays occidentaux. Au Liban, ça a commencé par l’Égypte, qui a prétendu avoir démantelé un réseau du Hezbollah, puis il y a eu l’article du Spiegel affirmant, sur la base d’informations glanées auprès du Tribunal international, que le Hezbollah était derrière l’assassinat de Rafik Hariri. Puis, il y a eu les déclarations américaines, dont celles du vice-président Joe Biden, disant que si l’opposition gagnait au Liban, Washington pourrait revoir sa politique à l’égard du Liban. On a entendu aussi des propos réduisant la compétition électorale libanaise à une compétition entre des démocrates pro-occidentaux et une opposition derrière laquelle se cacherait autour du Hezbollah une cinquième colonne iranienne. En Iran, on assiste au même type de pressions.

Mais est-ce que la réélection contestée d’Ahmadinejad, accusé de vouloir se doter de l’arme nucléaire et dont on dit qu’il est proche du Hezbollah, ne va pas attiser les tensions régionales ?

Georges Corm. Pour moi, ce sont des batailles de médias, de propagande, de systèmes d’informations qui font du lavage de cerveau… Quand vous voyez qu’Israël a un arsenal atomique impressionnant, je ne vois pas pourquoi on fait tout ce raffut de l’Iran qui essaie de se doter d’une capacité de fabriquer de l’uranium enrichi. Il y a aussi le Pakistan, un État au bord de la rupture et qui n’est pas particulièrement sympathique, qui dispose d’un arsenal atomique assez impressionnant. Personnellement, je reste froid devant ces attaques contre l’Iran…

Vous ne redoutez pas que la réélection d’Ahmadinejad ait des conséquences régionales négatives, notamment dans les pays où vivent d’importantes communautés chiites, comme le Liban ?

Georges Corm. Là aussi, il faut laisser les pays tranquilles. Il faut arrêter avec ces interventions massives dans leurs affaires intérieures. Dès lors qu’il s’agit de régimes qui ne sont pas alignés sur la politique occidentale, qu’il s’agisse de la Chine, de la Russie, de l’Iran, ils sont harcelés médiatiquement. Dans mon dernier ouvrage L’Europe et le mythe de l’Occident, je dénonce cela. Si un pays comme le Liban se mettait à commenter toutes les cinq minutes les élections américaines ou françaises et que ses responsables donnaient des conseils aux électeurs américains ou français sur comment voter, comment l’opinion publique et les responsables occidentaux prendraient-ils une telle attitude ?

On a vu quand même les occidentaux soutenir Mir Moussavi contre Ahmedinejad tout en jouant sur les divisions inter-iraniennes ?

Georges Corm. Je ne comprends pas d’ailleurs comment un candidat comme Moussavi peut accepter d’être adopté par des puissances extérieures, d’autant qu’il s’agit d’un candidat issu de l’establishment. Ça rappelle ce qui s’est passé dans l’ex-URSS où des apparatchiks se sont reconvertis en libéraux pour profiter du soutien occidental. Je ne trouve pas cela très glorieux.

Pensez-vous qu’avec Obama, Israël pourrait évoluer dans le bon sens, vers la reconnaissance d’un État palestinien ?

George Corm. Le discours d’Obama au Caire est un beau discours rhétorique, avec de belles paroles, des citations du Coran, mais sur le fond il ne constitue nullement une rupture avec la politique américaine. Bien plus, il a été clair, expliquant que l’alliance avec Israël n’était pas une question de lobby pro-israélien américain, mais qu’elle résultait d’une sympathie profonde au niveau populaire unissant les deux peuples.

Il a quand même demandé l’arrêt des colonisations…

Georges Corm. Soyons sérieux : quand on veut l’arrêt de quelque chose, on prend des sanctions. La question est pourquoi des sanctions ne sont-elles pas prises contre Israël, alors que des sanctions sont prises contre l’Iran, la Chine… Pour moi, quelque part, l’élection d’Obama a sauvé les États-Unis en tant que puissance impériale parce que Bush les a amenés au fond de l’abîme. Une Amérique régénérée, une fois que l’on aura passé le gros de la crise économique, restera l’Amérique que nous connaissons. Il n’y a aucune raison qu’elle change, d’autant que l’Europe est totalement alignée sur la politique de Washington.

Ne redoutez-vous pas dans ces conditions qu’Israël agresse l’Iran ?

Georges Corm. Ça peut être des menaces destinées à déstabiliser la société iranienne. Je ne suis pas sûr que Washington laisserait Israël bombarder les installations nucléaires iraniennes. Je pense que l’on table plutôt sur des discordes internes qui paralyseraient le régime iranien.

Entretien réalisé par Hassane Zerrouky

Négrophobie des « Lumières »

« Les Blancs sont supérieurs à ces Nègres, comme les Nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres. »  « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. »  « La nature a subordonné à ce principe ces différents degrés et ces caractères des nations, qu’on voit si rarement se changer. C’est par là que les Nègres sont les esclaves des autres hommes. On les achète sur les côtes d’Afrique comme des bêtes. »  « La race des Nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre [...] on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est très inférieure. Ils ne sont pas capables d’une grande attention, ils combinent peu et ne paraissent faits ni pour les avantages, ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l’Afrique comme les éléphants et les singes ; ils se croient nés en Guinée pour être vendus aux Blancs et pour les servir. » Voltaire (1694-1778, écrivain et philosophe, Essai sur les moeurs)

 « On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. (...) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous mêmes chrétiens. » Montesquieu (1689-1755, L’esprit des Lois).

« Le Noir africain est guidé par la fantaisie ; l’homme européen est guidé par les coutumes. »
Carl von Linné (1707-1778, naturaliste, fondateur de la systématique moderne, Systema naturae).

« Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d’être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l’Europe, on n’a jamais découvert chez eux le moindre signe d’intelligence. »
David Hume (1711-1776, économiste anglais).

« La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie (...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton. »
Emmanuel Kant (1724-1804, Essai sur les maladies de la tête, Observation sur le sentiment du beau et du sublime).

« L’achat des nègres aux côtes d’Afrique, pour les transférer et revendre ensuite dans les possessions de l’Amérique, est-il un commerce légitime et peut-on le faire en conscience ? ... La formulation de la question dont on vient de parler dépend d’un point de vue principal, il consiste à savoir si on peut légitimement avoir en sa possession des esclaves et les retenir en servitude, En effet, une fois bien prouvé qu’on peut légitimement en avoir et s’en servir : il demeure hors de doute, que l’on peut en acheter et en vendre ... A cette dernière question, je réponds que l’on peut licitement avoir des esclaves et s’en servir ; cette possession et ce service ne sont ni contraires à la loi naturelle, ni à la loi Divine écrite, ni même à la loi de l’Évangile. »
Bellon de Saint-Quentin (théologien, Dissertation sur la traite et le commerce des nègres, 1765).

« Tout sentiment d’honneur et d’humanité est inconnu à ces barbares... Point de raisonnement chez les nègres, point d’esprit, point d’aptitude à aucune sorte d’étude abstraite... Leur naturel est pervers... »
Jacques-Philibert Rousselot de Surgy (Histoire générale des voyages, 1765).

« Par le métissage, le sang noir attaquerait en France jusqu’au cœur de la nation en déformant les traits et en brunissant le teint. »
Louis Narcisse Baudry Deslozières (1764-1841, avocat et écrivain, Les égarements du Négrophilisme).

« La race nègre est confinée au midi de l’Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé ; son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares (...) la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier. »
Georges Cuvier (1769-1832, zoologiste, Recherches sur les ossements fossiles).

« Les Africains, en revanche, ne sont pas encore parvenus à cette reconnaissance de l’universel. Leur nature est le repliement en soi. Ce que nous appelons religion, état, réalité existant en soi et pour soi, valable absolument, tout cela n’existe pas encore pour eux. Les abondantes relations des missionnaires mettent ce fait hors de doute (...) Ce qui caractérise en effet les nègres, c’est précisément que leur conscience n’est pas parvenue à la contemplation d’une objectivité solide, comme par exemple Dieu, la loi, à laquelle puisse adhérer la volonté de l’homme, et par laquelle il puisse parvenir à l’intuition de sa propre essence" et de continuer en disant que l’Afrique est "un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire de l’universel. »
Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831, La raison dans l’histoire).

« Le cerveau du Bochiman (…) mène à celui des Simiadae (les singes). Cela implique une liaison entre le défaut d’intelligence et l’assimilation structurelle. Chaque race d’Homme a sa place, comme les animaux inférieurs. »
Charles Lyell (1797-1875, géologue, fondateur de la géologie scientifique).

« Le Nègre est une monstruosité intellectuelle, en prenant ici le mot dans son acception scientifique. Pour le produire, la nature a employé les mêmes moyens que lorsqu’elle enfante ces monstruosités dont nos cabinets offrent de nombreux exemples. (…) Il a suffi pour atteindre ce résultat que certaines parties de l’être s’arrêtassent à un certain degré de leur formation. De là, ces fœtus sans tête ou sans membres, ces enfants qui réalisent la fable de cyclope (…). Eh bien ! Le Nègre est un Blanc dont le corps acquiert la forme définitive de l’espèce, mais dont l’intelligence tout entière s’arrête en chemin. »
Armand de Quatrefages de Breau (1810-1892, naturaliste et anthropologue, cité par Léon Poliakov, in Le racisme)

« La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucun désir de savoir, aucune pitié, aucun sentiment », « La couleur noire, la couleur des ténèbres est vraiment le signe de leur dépravation. »
Alfred Michiels (1813-1892, écrivain, Le capitaine Firmin ou la vie des nègres en Afrique).

« Il me semble voir un Bambara assistant à l’exécution d’un des airs qui lui plaisent. Son visage s’enflamme, ses yeux brillent. Il rie, et sa large bouche montre, étincelante au milieu de sa face ténébreuse, ses dents blanches et aiguës. La jouissance vient ... Des sons inarticulés font effort pour sortir de sa gorge, que comprime la passion ; de grosses larmes roulent sur ses joues proéminentes ; encore un moment, il va crier : la musique cesse, il est accablé de fatigue... Le nègre possède au plus haut degré la faculté sensuelle sans laquelle il n’y a pas d’art possible ; et, d’autre part, l’absence des aptitudes intellectuelles le rend complètement impropre à la culture de l’art, même l’appréciation de ce que cette noble application de l’intelligence des humains peut produire d’élevé. Pour mettre ses facultés en valeurs, il faut qu’il s’allie avec une race différemment douée… »
Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882, diplomate et écrivain, Essai sur l’inégalité des races humaines).

« Les traits de caractères intellectuel du sauvage (…) se retrouvent chez l’enfant civilisé. »
Herbert Spencer (1820-1903, philosophe darwiniste, cité par Jay Gould, in Le mal mesure de l’homme).

« La nature a fait une race d’ouvrier, c’est la race chinoise (...) une race de travailleur de la terre, c’est le nègre (...) une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. »
Ernest Renan (1823-1892, le Discours sur la nation).

« La colonisation en grand est une nécessité politique tout à fait de premier ordre… La conquête d’un pays de race inférieure par une race supérieure n’a rien de choquant ... »
Ernest Renan (La réforme intellectuelle et morale).

« Ces malheureux sauvages ont la taille rabougrie, le visage hideux, couvert de peinture blanche, la peau sale et graisseuse, les cheveux mêlés, la voix discordante et les gestes violents. Quand on voit ces hommes, c’est à peine si l’on peut croire que ce soient des créatures humaines … On se demande souvent quelles jouissances peut procurer la vie à quelques-uns des animaux inférieur ; on pourrait se faire la même question, et avec beaucoup plus de raison, relativement à ces sauvages. »
Charles Darwin (Voyage d’un naturaliste autour du monde, 1831 à 1836).

« Déjà les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’ouest et par le nord ; l’Angleterre la tient par l’est et le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal. L’Amérique joint ses efforts aux nôtres ; car l’unité des peuples se révèle en tout. L’Afrique importe à l’univers. Une telle suppression de mouvement et de circulation entrave la vie universelle, et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du globe paralysé. De hardis pionniers se sont risqués, et, dès leurs premiers pas, ce sol étrange est apparu réel ; ces paysages lunaires deviennent des paysages terrestres. La France est prête à y apporter une mer. Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie ; déserte, c’est la sauvagerie (...). Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. (Applaudissements) Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez là. A qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. (Applaudissements prolongés). Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez. »
Victor Hugo (Discours sur l’Afrique, 18 mai 1879).

« En Afrique les filles foisonnent, mais elles sont toutes aussi malfaisantes et pourries que le liquide fangeux des puits sahariens. »
Guy de Maupassant (1850-1893).

« Je vous défie de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. »
Jules Ferry (Débats parlementaires du 28 juillet 1885).

« Lorsque les Nègres sont échauffés, il se dégage de leur peau une exsudation huileuse et noirâtre qui tache le linge et répand une odeur désagréable. »
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, au chapitre « Nègre ».

« Nous créerons parmi les races qui peuplent la Terre, une véritable aristocratie, celle des blancs, non mélangés avec les détestables éléments ethniques que l’Asie et l’Afrique introduisent parmi nous ». « Après l’élimination des races inférieures, le premier pas dans la voie de la sélection, c’est l’élimination des anormaux ... On va me traiter de monstre parce que je préfère les enfants sains aux enfants tarés ... Ce qui fait l’homme c’est l’intelligence. Une masse de chair humaine, sans intelligence, ce n’est rien ... »
Charles Richet (1850-1935, médecin, prix Nobel 1913 de physiologie, il considérait que la civilisation avait perverti la sélection naturelle, en donnant des avantages aux dégénérés qui ne méritaient pas de vivre).

« Notre sensibilité spécifique pour la beauté et la laideur chez nos congénères, dépend très étroitement des symptômes de dégénérescence dus à la domestication qui menace notre race. Il faudrait, pour la préservation de la race, être attentif à une élimination des êtres moralement inférieurs, encore plus sévère qu’elle ne l’est aujourd’hui ».
Francis Galton (1822-1911, physiologiste, cousin de Darwin, sa doctrine eugénique inspirera, cinquante ans plus tard, Hitler et le régime nazi).

« Au point de vue sélectionniste, je regarderais comme fâcheux le très grand développement numérique des éléments Jaunes et Noirs qui seraient d’une élimination difficile. Si toutefois la société future s’organise sur une base dualiste, avec une classe dolicho-blonde dirigeante et une classe de race inférieure confinée dans la main-d’œuvre la plus grossière, il est possible que ce dernier rôle incombe à des éléments Jaunes et Noirs. (…) Il ne faut pas oublier que l’esclavage n’a rien de plus anormal que la domestication du cheval ou du bœuf. »
Georges Vacher de Lapouge (1854-1946, entomologiste et anthropologue, père de l’aryanisme, il fut l’auteur de L’Aryen et son rôle social, éléments fondateurs de l’antisémitisme nazi).

« Aucun gouvernement démocratique ne pourra jamais marcher en Afrique. »
Bertrand Russell (1872-1970, mathématicien, cité par Paul Johnson, in Le grand mensonge des intellectuels).

« La principale de ces circonstances est assurément la privation de la lumière du Christ et même de tout reflet de cette lumière, qui a permis à l’Esprit mauvais de s’établir en maître, sur cette terre déshéritée de l’Afrique ... Les Noirs sont de temps immémorial livrés sans contrôle à un sensualisme abject, à la cruauté, au mensonge. (...) Les nègres aujourd’hui vivent sous l’influence corruptrice de tant de générations impures qu’il serait étonnant de les trouver aptes à une haute civilisation morale immédiate. »
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955, jésuite et théologien, La Guinée supérieure et ses missions, Les causes de l’infériorité du nègre ; Sa doctrine est toujours enseignée dans les séminaires en Afrique…).

« Il faudrait pour la préservation de la race, être attentif à une élimination des êtres moralement inférieurs encore plus sévère qu’elle ne l’est aujourd’hui ... nous devons, et nous en avons le droit, nous fier aux meilleurs d’entre nous et les charger de faire la sélection qui déterminera la prospérité ou l’anéantissement de notre peuple. »
Konrad Lorenz (1903-1989, biologiste et philosophe, ancien sympathisant nazi devenu militant écologiste, prix Nobel 1973 de physiologie pour ses recherches sur le comportement animal).

William Shockley (1919-1989, physicien, prix Nobel 1956 de Physique, co-inventeur du transistor) demanda à l’Académie des Sciences américaines : « que des recherches soient entreprises pour déterminer l’influence de la forte natalité des Noirs sur la qualité de la population américaine et propose de stériliser ceux qui ont un QI inférieur à 100 », et fut l’auteur d’une proposition de loi destinée à octroyer une prime financière à toutes les femmes noires qui accepteraient de se faire stériliser.

« L’Européen ne saura jamais à quel point est effroyable la vie de ces malheureux qui passent leur temps dans la crainte des sortilèges dirigés contre eux. Seuls, ceux qui ont vu cette misère de près comprennent que c’est un devoir d’humanité d’enseigner aux peuples primitifs une autre conception du monde et de la vie, pour les délivrer de ces croyances funestes (…) Quant à l’effort intellectuel que représentent les conquêtes techniques, l’indigène n’est pas capable de l’évaluer. Mais quand il a affaire à un Blanc, il sent avec une intuition infaillible si celui-ci est une personnalité, une personnalité morale (…) le primitif ne connaît que des jugements de valeurs élémentaires (…) quand il rencontre la bonté unie à la justice et à la véracité, la dignité intérieure derrière la dignité extérieure, il s’incline et reconnaît son maître. »
Albert Schweitzer (1875-1965, théologien, philosophe, musicien et médecin missionnaire au Gabon, prix Nobel 1952 de la Paix, in À l’orée de la forêt vierge).

La dame sur la photo

La dame sur la photo me rappelle que dans une dictature on ne vote pas, il n’est donc pas besoin de trafiquer des élections. Aussi l’irraison et l’incohérence du propos n’est pas là où l’on croit…

La dame sur la photo me rappelle que lorsque se déroulaient les élections grotesques des Ubus qui règnent en Egypte, en Tunisie…, vous n’aviez pipé mot… Illustrant la devise de la CIA : ce sont des fils de putes, mais ce sont nos fils de putes !

La dame sur la photo me rappelle que les femmes en tchador, que vous méprisez tant, peuvent, elles aussi, avoir des opinions, car sous le tchador il est des femmes qui pensent et agissent de leur propre chef… Pouvez-vous en dire autant vous Psittacidés postmodernes?

La dame sur la photo me rappelle que les Iraniennes sont des femmes qui veulent croire, chose qu’il vous est impossible de concevoir, armés de vos imaginations boiteuses et synthétiques… Aussi quand elles manifestent contre le régime, ne vous en déplaise, c’est au cri de Allah o Akbar!…

La dame sur la photo me rappelle que Moussavi, que vous faites passer pour le champion de l’Occident, est un pur produit du régime exécré, puisqu’il a été le Premier ministre d’Iran de 1981 à 1989. Mais vous n’en êtes pas à une contradiction près…

La dame sur la photo me rappelle que lorsque, au Liban, les élections reconduisent au pouvoir un milliardaire saoudien (allié à des phallangistes), c'est le triomphe de la démocratie, tandis que lorsqu’elle reconduisent au pouvoir un président iranien ou le Hamas, c'est la fin du monde… Et il faudrait s'étonner que l'Occident n'ait plus aucune crédibilité dans ces contrées-là !

La dame sur la photo me rappelle que les USA et l'UE n’aiment pas perdre les élections, surtout lorsqu'elles se déroulent hors de leur territoire. Aussi le mieux, c'est plus simple, c'est qu'elle ne se déroula pas en ces territoires...

La dame sur la photo me rappelle qu’il n'y a pas si longtemps en Inde, la plus grande démocratie du monde, le parti du congrès de Sonia Gandhi avait remporté frauduleusement les législatives et que l’Occident n’y a rien trouvé à redire…

La dame sur la photo me rappelle que vous, qui suivez les évènements iraniens minutes après minutes, vous qui n'êtes jamais en reste de déclarations matamoresques, vous êtes restés étrangement absents lorsque un peuple désarmé se faisait massacrer par des F16, des hélicoptères Apache et des chars Merkava…

La dame sur la photo me rappelle qu’alors vous ne vous étiez pas plaint de l’impossibilité de vos journalistes, à la déontologie si parfaite, de travailler dans la grande prison à ciel ouvert qu'est Gaza…

La dame sur la photo me rappelle surtout que vous êtes des tartuffes assoiffés de puissance et d’hydrocarbures, que toute la moraline et les droits de l'Homme que vous invoquez ne sont que manière d'installer vos hégémonies et vos ignorances dogmatiques durablement !

L'épreuve par l'image

En 2005 pour montrer au monde entier la bonne foi d'Israël d'évacuer Gaza, Ariel Sharon mobilisa à des fins propagandistes tous les médias internationaux. Si cette stratégie eut une portée médiatique en Occident, où l'État d'Israël a ses affidés. Dans les médias arabes, cette illusion d'optique n'eût par contre aucun effet d'éblouissement.

Le regard de la rue arabe est solidaire de la tragédie palestinienne, n'est pas aussi formaté comme l'est le regard occidental, conditionné par une désinformation permanente et par une lecture partiale, souvent biaisée et orientée, nourrie sciemment d'amalgames et de contre-vérités.

Conscient de l'impact de l'image sur l'opinion internationale, Israël en a toujours soigné et contrôlé la sienne, pour légitimer sa politique d'agression, de répression et de colonisation métastasique de la Palestine, tout en se drapant dans sa sempiternelle position victimaire, des habits de la commisération.

Mais depuis l'avènement des chaînes satellitaires arabes, comme Al-Jazeera (Novembre 1996), Al Manar, Al Arabiya et bien d'autres, la donne a complètement changé et le paysage audiovisuel proche oriental se retrouva bouleversé et par ricochet, le paysage médiatique international aussi. AI-Jazeera a supplanté CNN, Fox News, NBC et le restant des Networks américains, qui avaient jusque là, le monopole de l’information et de l’image et dont la neutralité journalistique n'était pas souvent conforme à l'éthique du métier, du coup l'hégémonisme médiatique changea soudain de camp.

Les foyers arabes habitués à une information monolithique et soporifique servie par une télévision d'état ennuyeuse et courtisane dédiée au culte de la personne des gouvernants locaux, se retrouvent révolutionnés par cette petite lucarne audacieuse par laquelle s’est engouffré un grand vent de fraîcheur et de liberté.

Lors de l'invasion de l'Irak en mars 2003, le black-out sera imposé par les Américains sur l'information, les journalistes incorporés « embedded » seront recadrés, pour un meilleur contrôle de l'information pour des raisons toujours d'image et d'autres sécuritaires et géostratégiques.

C'est Al-Jazeera qui déverrouillera ce black-out, et le contournera en arrosant les foyers du monde arabe d'images et de vidéos choc en direct, au prix même de la vie, et de l’incarcération de ses journalistes pour collusion terroriste (Mort de Tarik Ayyoub en Irak, emprisonnement à Guantanamo de Sami Al Haj arrêté en Afghanistan et de Tyssir Allouni en Espagne, harcèlement de Iliès Karam à Nahariya lors de la dernière agression d’Israël sur Gaza)

Le succès de la chaîne est tel qu'il gagnera le coeur et l'esprit des masses, libérées soudain d'une frustrante aliénation et du joug médiatique de l'Occident.

Ce succès engrangé en si peu de temps, ne tardera pas à générer des ressentiments allant même jusqu'à la diabolisation de la chaîne. Par les Américains et les occidentaux d'abord, qui la considèrent comme la boîte postale et vocale des messages vidéos d'Oussama Ben Laden, un paradoxe pour ces donneurs de leçons en liberté d’expression! Et par les dirigeants arabes des régimes en place ensuite, qui ne tolèrent ni son ton, ni son trop plein de liberté, par crainte d’une contagion médiatique. Plus de 200 plaintes ont été formulées par ces régimes auprès des autorités du Qatar.

Les Américains useront de pressions, voire même de menaces, mais en vain. Certains régimes arabes gêneront le mouvement des journalistes en leur refusant et l'accès et l'autorisation de reportage sur le théâtre des événements, comme ce fut le cas à Rafah lors de l'agression de Gaza par Israël. Ce qui démontre l'implication de ces régimes «aux ordres» dans le drame palestinien, en l'occurrence le régime égyptien depuis ses accords de paix froide, moyennant la récupération de ses terres, et une aide annuelle américaine substantielle en qualité de gendarme de l'État hébreu.

Si en 2005, les médias du monde entier étaient conviés à la première de la «pièce» montée sur l'évacuation de Gaza, en 2008, l'État d 'Israël préfèrera que le drame soit joué à huis-clos, loin de toute présence et de toute indiscrétion médiatique, de sorte qu'il n'y ait pas de témoins pour ce massacre planifié depuis la déroute de l'armée israélienne au Liban en 2006. Une occasion pour Israël de redorer son blason au sang même d'innocentes victimes civiles, auprès de sa propre population traumatisée par le revers infligé par le Hezbollah à celle-ci et dans l’intérêt aussi des régimes modérés qui souhaitent voir la résistance liquidée.

Malgré les précautions prises pour ne pas maculer son image et l'activisme militant des groupes sionistes sur les médias occidentaux, l'étendue de l'homicide finira par éclabousser les consciences même en Israël. Tant les clichés illustrant ce massacre au m2 et le comportement des militaires dépassent dans leur insoutenable horreur ceux d'Abou Ghraib. Et c’est Al-Jazeera qui informera encore une fois l’opinion publique israélienne, privée d’informations.

Fait singulier, les médias français, d'habitude prompts à intervenir lorsqu'il s'agit du sort d'Israël en sollicitant les interventions du communicant israélien de l'armée Olivier Raphaëlovitch, se sont illustrés par une modestie et une retenue dans le commentaire qui en disent long sur leur gêne, le parti pris cette fois-ci mis en berne. Alors qu' Al-Jazeera, dont les images alimentent les télévisions du monde, diffusait à flux tendu et à la minute près le film des événements et les conséquences de ce carnage dans les foyers arabes déchirés par la douleur et l'impuissance.

Malgré le millier de pertes humaines palestiniennes subies et le lourd bilan des destructions massives de toute l'infrastructure de Gaza dans ce rapport de forces asymétrique, Israël ne réussira ni à retourner la population par l'envoi de tracts incitant à la désobéissance, à la délation et à la collaboration, ni à éradiquer la résistance des combattants islamiques de Hamas, ni à satisfaire le voeu de certains états périphériques de l'axe modéré, parties prenantes dans ce conflit qu'elles ont financées en argent, en renseignement et en hommes, allant même jusqu'à former et mobiliser des forces alternatives aux frontières dans l'espoir de voir la résistance vaincue. Ce qui hélas ne se produisit pas, faisant capoter du coup tous les plans prémédités qui tendraient vers une normalisation gratuite avec l'État Hébreu et l'éradication définitive de la résistance considérée par ces mêmes parties tierces comme une cheville ouvrière de l'Iran en Palestine.

De cause sacrée pour les régimes arabes en place qui en ont usé et abusé surtout leurs peuples pour leurs intérêts propres et leur maintien en place, la cause est aujourd'hui bradée au profit d'un leadership régional. Entre un Iran nucléarisé chiite qui soutient la résistance et entre une pétromonarchie sunnite wahhabite l'Arabie Saoudite qui voudrait reprendre son hégémonie sur la région quitte à la solder pour une normalisation avec Israël qui satisferait son protecteur et parrain Américain. Cette situation était en partie le mobile de l'habile discours de Barack Obama, lancé le 5 juin au monde Arabe et musulman depuis l'université du Caire.

Comme en juillet 2006, ces mêmes voix arabes modérées qui avaient morigéné le Hezbollah « aventurier » selon leur expression se sont encore une fois, illustrées et fait entendre, pour jeter, à présent, le discrédit sur le Hamas, responsable du chaos provoqué.

Fait étrange et signe des temps et de l’évolution des enjeux et des alliances, Israël n’est plus l’ennemi à abattre, l'ennemi aujourd'hui c'est la résistance, qu’elle soit libanaise, palestinienne ou autre. L'ennemi c'est celui qui résiste. Drôle de paradoxe et drôle d’alliance particulièrement contre-nature. Il est vrai, qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et à notre surprise, les pays Arabes de l’axe modéré, qui n’avaient jusque là aucun avis, se décident enfin à en avoir un. Et il est d’une consternante imbécillité puisqu'il tend à réhabiliter l’ennemi intime et héréditaire (le dédouanant de ses crimes passés et récents) au détriment d’un nouvel ennemi de désignation récente et en phase de de diabolisation ascensionnelle

On est sidéré par l'allégeance renouvelée, d'un président américain l'autre, sans parler des chefs d'États européens, à l'existence et à l'attachement indéfectible à l'État Hébreu qui comptabilise un capital sympathie non négligeable. Alors que les dirigeants Arabes ne manifestent aucune solidarité et aucune mansuétude à la Palestine. Drôle de contraste!


Mohamed Marhoum

Le grand marchandage




La teneur du grand bluff

Petit traité de savoir-vivre iranien à l'usage des Français

Pour vous changer des manières de faire du bonimenteur bling-bling qui pérore à l’Elysée, messieurs les Français (1), mythomanes et amnésiques, demandez-vous de qui est ce portrait ? « Depuis qu’il a accédé à la présidence, il a refusé de porter un costume, de changer de domicile (qu’il avait hérité de son père) et de modifier sa rhétorique contre ceux qu’il accuse de trahir la nation. » Aussi vous seriez bien inspirés en nettoyant vos écuries d’Augias qui dégagent une bien drôle d’odeur at home...

Pour ce qui est des journalistes français, plus larbins les uns que les autres, dont toute l’Europe se gausse, qu’ils en prennent de la graine, être mal payé n’explique pas tout… : « Les journalistes iraniens arrivent à informer la population, malgré un salaire de misère, malgré des journaux qui se ferment, malgré le fait qu’il y ait une censure, ou plutôt une autocensure,. Celle-ci prédomine car pour les journalistes, il est important de préserver le journal de la fermeture, de ne pas finir en prison. Mais il y a une possibilité de dire les choses, entre les lignes. » Et entre les lignes de la presse française que lit-on ? La lâcheté, la peur et la fatuité qui se payent de mots...

Concernant la démocratie, que ses théologiens, qui, on le sait depuis Rancière, la haïssent en réalité, résolvent cet étrange paradoxe : « S’il est jugé légitime de critiquer l’élection iranienne et ses magouilles, les troubles qui en résultent et les manipulation d’Ahmadinejad, n’est-il pas alors tout aussi légitime pour les autres de critiquer fondamentalement un système qui affirme avec tant de hauteur sa supériorité et qui n’est pas capable d’attirer plus d’un tiers de ses citoyens pour renouveler le Parlement européen, dans une caricature honteuse de démocratie transnationale où les volontés populaires sont absolument ignorées?» Mais ici on ne résout rien, on fuit, la myopie est donc de rigueur...

Quant à la question des mouvements sociaux, mais où se passent donc ces faits ? Dans quel pays règne-t-il tant de bonheur ? Dans quel régime gère-t-on aussi bien la street politics ? « Au 21 novembre 2005, 9 071 véhicules ont été brûlés, durant ces troubles, qui ont mobilisé plus de 11 000 policiers à leur pic, 2 921 fauteurs de troubles présumés ont été interpellés, dont un gros tiers de mineurs, selon des sources policières. 126 policiers et gendarmes ont été blessés durant ces affrontements. Au total, environ 600 personnes ont été écrouées, dont un peu plus d'une centaine de mineurs…. » Je vous le donne en mille, au pays des droits de l'Homme, comme de bien entendu...

(1) Pour le Français moyen, l’Iran est une dictature, un régime de liberté surveillée où la femme n’est pas l’égal de l’homme, la torture existe encore et les prisons fourmillent de détenus politiques etc...