Lettre ouverte à Caroline Fourest

Cela fait maintenant cinq années que je vous vois vous acharner contre Tariq Ramadan de façon obsessionnelle et éhontée. Aujourd’hui, je vous écris, non pas dans le but de vous dire ce que je pense de cet homme, mais ce que je pense de ce que vous faites. C’est votre démarche que je vais critiquer. Je n’ai ni le temps ni l’envie de répondre dans les détails à ce que vous déblatérez à son propos, pourtant, je le pourrais sans aucun problème. Je pourrais démonter, point par point chaque accusation que vous portez contre lui. Votre technique de manipulation est vraiment simple à démonter. Ça vole tellement bas !

En effet, vous prétendez tirer vos « citations » de Tariq Ramadan, de manière objective, à partir de cassettes et vous dites aux gens que ces cassettes sont très difficiles à obtenir. Autrement dit, vous essayez de faire croire que vous avez fait un énorme travail d’investigation pour obtenir ces enregistrements. Laissez-moi rire ! La vérité est que ces cassettes sont disponibles dans toutes les librairies musulmanes, que vous les avez vous-mêmes achetées là et que vous en faites des citations tronquées, sorties de leur contexte et ornées de vos analyses bidons, anachroniques et islamophobes. J’ai entrepris moi-même un travail de transcription fidèle de ces enregistrements de conférences et j’espère pouvoir un jour publier ces textes dans une compilation.

En fait, si ! Je vais vous dire ce que je pense de Tariq Ramadan. Car même si vous ne le méritez pas, ceux qui vous lisent et se questionnent, ceux que vous avez évoqués chez Frédéric Taddeï le 16 novembre dernier, eux, le méritent. Les gens victimes de votre désinformation sont victimes du système politique actuel qui ne tend les micros qu’à ceux qui l’arrangent. Vos lecteurs méritent donc d’entendre un autre son de cloche. Je les invite d’ailleurs à aller voir Tariq Ramadan en conférence et à ne pas hésiter à aller discuter avec lui après celles-ci. Il est toujours ouvert au dialogue. La preuve, c’est qu’il a daigné dialoguer avec vous.

J’ai rencontré Tariq Ramadan il y a presque six ans. Je l’avais contacté par Internet au moment où il se faisait attaquer de toute part après avoir publié un texte intitulé « Les nouveaux intellectuels communautaires ». Son propos politique m’intéressait mais, à l’instar des gens qui vous lisent, j’avais une appréhension quasi phobique à discuter avec une personne qui s’exprime à partir de références religieuses et plus précisément islamiques. J’avais des raisons objectives (contrairement à vous) d’être dans cet état. Etant Algérienne exilée en France pendant les années 90, j’avais depuis l’âge de huit ans subi au quotidien la pression des radicaux dans mon pays. Je ne rentrerai pas ici dans des détails qui pourraient vraiment vous montrer à quel point je pouvais être allergique au discours politico-religieux car je n’ai pas entrepris cette rédaction pour parler de moi.

J’ai donc rencontré Tariq Ramadan pendant la période où il a été le plus médiatisé et attaqué. Il a pris deux heures pour rencontrer une inconnue, une simple personne, sans aucun pouvoir ni importance, qui demandait juste une confrontation d’idées. Bien qu’acquise à ce qu’il avait pu dire sur les intellectuels pro-israéliens, j’ai, pendant deux heures, testé sa tolérance religieuse. Depuis six ans, je la teste.

Cette rencontre m’a donné de nombreuses leçons sur les préjugés. Je lui ai dit mes doutes et mes questions. Il connait mes points de vue et n’a jamais au grand jamais tenté de me convaincre de quoi que ce soit. Tout ce qu’il m’a dit de religieux depuis six ans, c’est : « que Dieu te protège ». Il ne juge pas, il accompagne et n’impose rien. Que ceux qui vous lisent sachent que Tariq Ramadan est un homme simple, ouvert, plein d’humour et vit vraiment avec notre temps. Aucun rapport avec le personnage sombre, archaïque et douteux que vous tentez de décrire. Tout ce que vous dites est ridicule quand on le connaît, quand on l’écoute et quand on le lit, avec son propre esprit d’analyse.

On n’a pas besoin de vous Caroline Fourest pour comprendre un homme qui parle d’une manière on ne peut plus claire et explicite. Personnellement, j’ai même assisté à des formations qu’il a données en banlieue parisienne sur la manière dont les Musulmans doivent s’investir dans l’espace public et il n’y avait dans ses paroles que des critiques envers ces musulmans-là pour les pousser à s’investir davantage, à partir de leurs références et avec le message de paix et d’ouverture qu’offre l’islam, dans l’espace public afin de combattre l’injustice sociale en France. Je l’ai vu à de multiples reprises critiquer violemment la tendance de renfermement sur soi qu’ont certains musulmans. Que voulez-vous de plus ? Ou plutôt, que ne voulez-vous pas ? Les entendre ces gens-là sans doute ! Qu’ils viennent avec d’autres références que les vôtres défendre les droits des Français de tous horizons. C’est cela qui vous dérange.

Il y a une chose qui m’a marquée dans le discours de Tariq Ramadan, c’est qu’il n’utilise jamais le verbe « tolérer ». Pour lui, tolérer est déjà une forme de rejet. Il parle de « respect » des personnes quelles que soient leurs orientations religieuses, politiques ou sexuelles. Il parle de respect. Tu existes, j’existe, tu as tes particularités et tes croyances, j’ai les miennes, on se respecte, on vit ensemble. C’est ce que dit Tariq Ramadan et vous, vous êtes une menteuse. Il maîtrise son verbe et vous le caricaturez sciemment, il est précis et fin et votre critique est grossière et malhonnête. Vous faites l’idiote, celle qui aimerait bien le comprendre mais qui n’y arrive pas, alors que vous comprenez parfaitement. S’il y en a un qui travaille chaque jour pour le vivre ensemble, c’est lui. S’il y en a une qui perd son temps parce qu’elle n’arrivera jamais à détruire le libre arbitre et la pensée autonome des gens, c’est vous !

Par ailleurs, la droiture, la persévérance et le calme de Tariq Ramadan sont impressionnants. C’est un ouvrier de l’ouverture. Il se décrit lui-même comme un pont qui tente de faire en sorte que les cultures, non pas coexistent, mais s’ouvrent l’une à l’autre et vivent ensemble dans le respect. Il explique la laïcité aux Musulmans français, leur dit en permanence que celle-ci ne s’oppose en aucune façon à leur religion et qu’ils doivent respecter les lois du pays dans lequel ils vivent. Il dit aux Français que l’islam n’est pas là pour menacer leur existence et qu’en se renseignant un peu, ils verront que ce n’est ni la religion d’indigènes barbares ni celle de terroristes obscurs. Voilà ce qu’il dit. Il travaille avec acharnement depuis plus de vingt ans à faire entendre une voix islamique de paix et de dignité. Cessez de mentir !

Parlons de vous maintenant. Tariq Ramadan a fait preuve d’un calme remarquable en face de vous chez Frédéric Taddeï. N’importe quelle personne qui a les mêmes positions que lui, et nous sommes des milliers et des milliers, ne vous en déplaise, serait sortie de ses gonds au bout de quelques minutes. Vous avez fait preuve d’une malhonnêteté intellectuelle comme j’en ai rarement vu. Il ne pouvait ouvrir la bouche sans que vous ne soyez, en bruit de fond, en train de commenter d’une façon cynique et autoritaire. Pour qui vous prenez-vous exactement ? Vous parlez comme si vous déteniez la vérité absolue sur toute chose. Vous parlez « au nom des Algériens » ? Mais vous rigolez ou quoi ? C’est grave de dire ça vous savez ? Pour qui vous prenez-vous ? Qui êtes-vous ? Je vais vous dire qui vous êtes : vous êtes une personne ingrate qui ne doit son existence médiatique qu’à l’homme à terre sur lequel vous êtes en train de boxer depuis cinq ans. Lâcheté. Heureusement que cet homme n’est pas réellement à terre, que sa base - un nous, divers et variés - ne le laissera pas tomber.

Caroline Fourest, voici maintenant ce que je pense de votre démarche :
Je pense que Tariq Ramadan est votre fonds de commerce. Vous n’existez qu’à travers lui. Vous savez pertinemment que son nom fait vendre. Vous savez également que Tariq Ramadan n’est pas un radical mais l’avouer vous ferait disparaître, donc, choix pro, mieux vaut persévérer dans le mensonge.

La faiblesse de votre éthique est pitoyable. Vous ne méritez que l’indifférence et quand vous aurez fini de vous agiter, j’espère que vous réaliserez que vous êtes totalement passionnée par Tariq Ramadan. Je ne connais rien en psychologie mais je trouverais intéressant qu’on analyse votre comportement convulsif au service du ronronnement médiatique qui se croit dominant.
Vous ne dominez rien, vous ne touchez personne.

Le jour où vous vous réveillerez, posez-vous juste cette question :
De Tariq Ramadan et vous, de qui se souviendront les gens, l’histoire, les librairies, les bibliothèques ?

Vous avez déjà perdu… et vous le savez… et c’est ce qui vous rend si haineuse.

Meriem Laribi, enseignante de français

3 commentaires:

debaymoineau a dit…

http://www.forum-tarikramadan.com/index.php

Anonyme a dit…

disons que Meriem a un petit béguin pour Tariq, rien de plus dans cet article qu'on ne savait déjà.

Anonyme a dit…

Un petit beguin? C'est peu dire. Oui nous n'apprenons rien. Elle parle d'objectivité faites moi rire. Cet homme fait du bon travail mais c'est tellement mielleux que celà montre son manque d'objectivité.
Si vous êtes si proche de lui pourquoi ne vous salue-t-il meme pas lorsque vous le croisez? Je vous ai vu l'attendre pendant des heures dans des salons islamique dans l'espoir de pouvoir le croiser quelques secondes, d'être prise en photo avec lui, passer quelques instants spéciaux avec lui plus tard. Ne parlons meme pas des emissions de television ou vous le suivez dans l'espoir qu'apres l'emission il se passe quelque chose. Si vous ne souhaitez pas que l'on en parle sur internet évitez de raconter depuis plusieurs années votre beguin a votre entourage. Quel est le but de cet article Meriem? Il n'apporte rien et ne convainc personne. Votre objectif est nettement plus intime et personnel!