Pendant ce temps-là ...

Et pendant ce temps-là, pendant que le débat bat son plein sur le retour de l’antisémitisme, qui n’en finit pas de revenir, pendant que la Serbie livre Radovan Karadzic au TPI en guise de billet d’entrée pour l’Union Européenne, pendant que des sophistes de profession nous expliquent que mépriser, insulter et inciter à la haine d'une religion n’est pas diffamer sur la « race » (sic) ou les « origines » d'une personne, qu'il ne faut pas tout confondre…Ne sait-on pas qu'au bout de l’islamophobie, il y a bien les faits de violence envers les musulmans. Ou fait-on semblant de ne pas le savoir. Pendant ce temps-là, deux petites frappes nazillones, dans le débat en cours, ont tranché de manière pratique et concrète ... Pendant que le réel reprend ses droits (1), et dans un silence assourdissant, une nouvelle « Affaire RER D», mais cette fois-ci inversée, puisqu'elle est réelle, se déroule sous nos yeux. Affaire, qui, elle, ne concerne, il est vrai, qu'un musulman ; affaire, qui, elle, est banalement vraie ; et bien sûr, affaire, qui n’intéresse d’aucune manière ni la médiasphère ni le monde politique français :

« Dans la nuit du jeudi 24 juillet 2008 au vendredi 25 juillet 2008, descendant du train Paris-Saint Quentin et devant rentrer à pied chez moi, je décide de couper par le parc de l’université. C'est alors que je croise sur ma route deux individus qui m’accostent pour me demander une cigarette. Je leur explique alors qu'il me sera difficile de leur en donner car il ne m'en reste presque plus. Le premier s’approche de moi et me demande si je suis musulman. Ce à quoi je réponds, oui . Il me demande ensuite depuis combien de temps je suis en France. Je lui réponds que je suis né en France et que j’y ai toujours vécu. Intrigué par ces questions, je lui demande pourquoi il veut savoir tout ça. Le second s’approche alors de moi et me répond "Parce que nous sommes des nazis". Il me demande ensuite ce que je pense de l’état de la Yougoslavie. Ce à quoi je lui réponds : "On ne se connaît pas, je suis fatigué, je veux rentrer chez moi. De toute façon, vous avez envie de me casser la gueule, c’est ça ? ". "C’est possible" me dit-il. "Mais que penses-tu de ce qui se passe en Yougoslavie ? ". Je réponds que je ne sais pas. Soudainement le premier d'entre eux me porte un coup de poing au visage. Je tombe à terre et là ils commencent à m'administrer une série de coups pieds sur l’ensemble du corps et de la tête. Je me protège comme je peux , en me recroquevillant sur moi-même, mes mains me couvrant la poitrine. L’action est très rapide. J’entends l’un d’entre eux déclarer : « C’est bon, on se casse ». Me relevant et craignant qu'ils ne reviennent je me rends en courant sur le boulevard Beethoven. Vu mon état je téléphone immédiatement aux pompiers qui une fois sur place me transporteront aux urgences. Bilan, j’ai deux plaies au crâne, sept points de suture, des hématomes au visage et dans le dos, et un pneumothorax traumatique (un poumon légèrement perforé par une côte). Les gestes usuels tels que s’asseoir, se relever ou s’allonger me demandent des efforts pénibles. Après examens à l’unité médico-légale des Yvelines, une incapacité totale de travail au sens pénal de 21 jours a été prononcée. Je me sens encore choqué par l’agression, je n’arrête pas d’y penser et de me repasser le film dans ma tête. Malgré mes peurs j'ai néanmoins porté plainte car je suis très attaché à ce que le caractère raciste de cette agression soit reconnu. » (Nouredine Rachedi )

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(1) "C’est la diabolique ruse de cette folle histoire: la dénonciation d’un antisémitisme ancien, que revitaliserait l’ombre portée du conflit israélo-palestinien, rend aveugle à l’émergence d’un nouveau racisme, aussi banalisé que théorisé, qui voit dans le brassage, le mélange et le métissage, le symbole même de la perdition et de la dégradation d’identités fantasmées, qu’elles soient nationales ou communautaires. Un racisme dont, évidemment, non seulement l’immigration contemporaine, maghrébine ou africaine, mais tout simplement les Français issus de notre empire colonial et de ses confettis résiduels, sont les premières victimes, dans l’ordinaire de notre indifférence collective."(*)


7 commentaires:

Anonyme a dit…

L'idéal serait que les nazillons et les cailleras de banlieue s'entre-tuent. Peu probable, car ils sont trop lâches.

J'espère néanmoins que vous désapprouvez toute lecture raciale de ce type d'agressions, comme si elles n'étaient que le fait d'une seule communauté vis-à-vis d'une autre.

Bien à vous.

Anonyme a dit…

Qu'est-ce qui donne le plus envie de vomir? L'agression racontée dans l'article, ou le premier commentaire posté? Je me tâte...

Marhoum a dit…

Ce commentaire vomitif, ne me laisse même pas cette opportunité.

SebM a dit…

Remarque factuelle : il s'agissait d'une fausse agression dans le RER D, et non dans le RER B. Soyons précis sur les non-faits !

une ordure a dit…

Une source svp! Les photos c'est un peu vague comme "preuves".

Marhoum a dit…

Et la preuve par mon poing dans ta gueule serait-elle, à ton avis, assez percutante ou vague?

Anonyme a dit…

Pour 1 faits divers raciste envers un musulman, combien de faits divers perpétrés par des musulmans contre des "souchiens" ? on va bien finir par les sortir les statistiques ethniques de la delinquance....