Le racial lapsus de Laurent Joffrin

« Ne fréquenter personne qui soit impliqué dans cette fumisterie effrontée des races! » (Nietzsche)

Dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », Freud explique qu'à « l’origine du lapsus on trouve presque toujours une action perturbatrice ayant sa source en dehors du discours qu’on veut prononcer, et cet élément perturbateur est constitué par une idée unique, restée inconsciente, mais qui se manifeste par le lapsus et ne peut le plus souvent être amenée à la conscience qu’à la suite d’une analyse approfondie. »(1) Et bien rendons service à Laurent Joffrin, directeur de publication de Libé, et livrons nous à une analyse approfondie de son mot d’esprit (Rebonds ). Qu’a-t-il dit en substance ? « On choisit sa religion, on ne choisit pas sa race. » Phrase qui, devant le tollé provoqué, et à juste titre, deviendra « On choisit sa religion, on ne choisit pas son origine ». Joffrin, méritant son surnom de journaliste le plus bête de France, expliqua la correction en ces mots : «Plusieurs lecteurs ont été choqués par l'emploi du mot «race» dans le texte. Ce mot est mal choisi. Communauté ou origine sont plus justes … »(2). Bref, voilà le directeur de publication de Libé qui se propose de dénoncer le supposé antisémitisme de Siné et qui fini par recourir au concept de « race juive ». Voilà un tête-à-queue qui ne manque pas de piquant. Mais cette étrangeté n'est que de forme, car l’idée unique dont parlait Freud se précise, on la touche du bout du doigt... L’antisémitisme, la nouvelle judéophobie, tant annoncée, n’est, peut-être, pas tapi là ou l’on croit… Analyse approfondie, nous disions, qu'à cela ne tienne! A l'évidence, le pauvre Jauffrin, dans cette l'histoire, est bien plus agi qu'acteur, son vrai nom n'est-il pas Laurent Mouchard, ça ne s'invente pas - il n'est pas besoin d'avoir lu Lacan... Nous faisons l’hypothèse que non seulement le lapsus révèle l’impensé d’une personne mais il révèle l’inconscient d’une époque. Le lapsus est la porte d'entrée du Zeitgeist. Les hommes sont plus les fils de leur temps que fils de leur père… Epoque qui envoie des messages qui vont dans le même sens, concourent au même but. Ainsi qui aime à caricaturer certaines communautés en toute innocence, malgré les échos historiques que l'on sait ? Qui use de la métaphore du « complot islamiste » comme d'un discours magique pour expliquer jusqu'aux comportements les plus anodins de la vie quotidienne ? Qui a mis en place une loi d’exception dans un concert unanime de haine à peine voilée, scellant l'union sacrée de la nation ? Qui a fait de la catégorie « souchien » un concept scientifique ? Qui fait des distinctions spécieuses entre appartenance religieuse et origine raciale, tout en nous expliquant que les races humaines n'existent pas ? Qui a mis en place cette exception culturelle française qu'est le ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? Pour résumer, qui a ouvert la boite de pandore des « races » et des « ethnies» ? Ne savait- il pas, ces apprentis sorciers, que, comme l’a montré Edward Saïd, il n'est qu'à lire Renan, le discours antisémite et l'orientalisme sont issus de la même matrice idéologique, relève d'un même épistémé, apparu au XIXè siècle* ? Ne savent-ils pas que l'islamophobie d’aujourd’hui est le piètre succédané du discours orientaliste d’hier qu'on aurait vulgarisé à outrance ? Que les juifs islamophobes et autres pompiers pyromanes méditent bien la dessus, car à force de jouer avec le feu, on se brûle... Que révèle finalement ce lapsus calami? Une chose que les Indigènes savent intuitivement depuis bien longtemps : un fantôme hante l’Europe - le spectre de la race !

*«On pouvait s'attendre à ce que de nombreux chercheurs et critiques distinguent cette conjoncture spécifique, c'est-à-dire le fait que l'hostilité à l'égard de l'Islam, dans le monde chrétien occidental moderne, a historiquement progressé main dans la main avec l'antisémitisme, découle de la même source, et a été nourri avec la même intensité...» (Edward Saïd, Réflexions sur l'exil et autres essais)


4 commentaires:

Anonyme a dit…

"L’islamisme est une religion devenue idéologie politique"
Et ce type est rédac-chef à Libé, atterrant !

Anonyme a dit…

Billet brillant, argumenté, cela ne me donne pas la migraine, je respire au contraire.
Edward Saïd fut une réelle découverte pour moi mais Laurent Mouchard est un analphabète dixneuviémiste, abreuvé par une idéologie qui a inspiré ce que l'on sait avec les Gobineau, Galton et autres Darwin qui avait son opinion sur les Indiens du Sud du Chili, entre autres

j.michel a dit…

race ou origine, quelle différence dans l’article de Joffrin ? quant il dit : « on choisit sa religion, on ne choisit pas sa race ou origine » ?
En effet il s’agit de la conversion de Jean Sarkozy : donc du choix d’une religion et non d’une origine. Par cette conversion, il ne peut changer son origine qui n’est que d’un quart juive. Par contre selon les règles juives, ses futurs enfants, c'est-à-dire les petits enfants du président de la République, seront juifs et bénéficierons du droit au retour sur la terre d’Israël.
Remarquons d’ailleurs que l’information sur cette éventuelle conversion vient d’un article de Libération du 23 juin 2008, dans le quel il est dit :
« Patrick Gaubert, président de la Licra (…) remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. »
Voir à ce sujet les articles :
Siné
et
Siné suite

j.michel a dit…

J’ai oublié une précision : selon ce même article dont le titre était « Sarkozy comme chez lui en Israël », M. Gaubert, président de la Licra, s’amusait en constatant que «dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient».