Voilà Ayaan Hirsi Ali, sauvons nous !

Il est des traîtres magnifiques. Par exemple, Juda. Dont on ne sait pas s’il était le meilleur des disciples de Jésus ou son dénonciateur pro deo. Ou bien le fidèle Iago dont la jalousie envers le « Maure de Venise » prenait des accents quasi métaphysiques. Ce genre de traîtres mérite finalement tout notre respect. Mais il est, aussi, et c’est le gros des troupes, des traîtres sordides, de ceux qui vendraient père et mère pour un plat de lentilles. Et force est de constater qu’ Ayaan Hirsi Ali, la Rastignac somalienne, est de ceux-là. Il faut pourtant avouer que dans le pire, elle est la meilleure. Ainsi dans cette internationale de l’Islamophobie, faite de réseaux transnationaux et d’idéologie massive et globalisée, qui sévit si activement aujourd’hui, elle occupe une place de choix. Elle est l’étoile montante, car il s’agit bien ici de vedettariat de la haine de l’Autre. Même quand l’autre n’est autre que soi... Ayaan Hirsi Ali est aujourd’hui la reine incontestée de cette galaxie-là. Elle en a saisi tous les ressorts, dont elle joue comme une experte pour en tirer le meilleur profit, toujours à son avantage. Tout dans son parcours en témoigne. Les mensonges à répétition : elle ment sur son pays d'origine dans sa demande de droit d’asile, mais aussi sur son identité et sur son âge, elle ment enfin sur le caractère forcée de son mariage ; mais, tout cela s’explique, puisqu’à l’époque elle était encore musulmane…L’opportunisme sans scrupule : elle passe du parti socialiste au parti libéral néerlandais en moins d’un ans et finira son parcours politique dans un think thank néo-conservateur US, elle se découvre une vocation subite pour l’athéisme au lendemain du 11 Septembre, enfin elle s’associe dans un combat pour l’émancipation de la femme musulmane avec un cinéaste qui ne cessait de déclarer : « La plupart des femmes, à mes yeux, ne sont que de petits utérus qui parlent », car quand on est islamophobe peut importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… . Un goût de la provocation avec une garantie de retour sur investissement toutefois, car il n’est pas que dans le monde de la finance qu’on peut bénéficier de parachute doré : « Je pense que nous sommes en guerre contre l’islam. Et qu’il n’y a pas de demi-mesure dans la guerre.Il vient un moment où un ennemi doit tout simplement être écrasé », « Les êtres humains sont égaux. Les cultures ne le sont pas », « Il n’y a pas de cohabitation possible entre l’islam et l’Occident », « L’islam est une religion et une culture arriérée », « Dans nos sociétés occidentales, [Mahomet] c’est ce qu’on appelle un pédophile »... Bien sur notre Mère courage, ne profère ses insanités que lorsqu’elle est sous la haute protection de l’Etat néerlandais, c’est ça « sa vie rebelle » ! Mais tout à une fin. Et c’est précisément d’elle que vient le scandale. Car, installée depuis août 2006 à Washington, pourriez-vous le croire, le gouvernement néerlandais veut cesser la protection à l’étranger, aux frais du contribuable. N’est-ce pas du grand n’importe quoi ! Ne savent-ils pas que notre matamore somalienne ne pérore à tout va que sous la surveillance policière, c’est la condition sine qua non à sa déblatération, ainsi va la liberté d’expression. Si au XXIème siècle, la liberté d'expression n'a d'usage que comme machine de guerre contre un ennemi désigné, elle n’a d’existence que si elle est garantie absolument. Elle est une variété de l’assurance vie. Elle ne se conçoit qu’ad vitam eternam... Que de désillusions néanmoins. Car être la petite télégraphiste de Washington et savoir flatter l’ethnocentrisme occidental (« Insoumise » !), ne vous prémunit de rien, ne vous garantit rien. Car derrière l’invocation de grand principe à l’utilité évidente, reviennent les calculs d’épicier habituels, le doux son du « qui c’est qui va régler la note ? ». Aussi notre « Voltaire noire » se voit dans l’obligation d’inventer un nouveau concept l’islamophobie bizness sous la forme d’une oeuvre caritative, éventuellement financée par des fonds européens, et pour cela, elle peut même compter sur le soutien des bras cassés de la laïcité française (BHL, Caroline Fourest, Philippe Val, Rama Yade..., que du lourd !). Il lui suffisait de lire ses classiques pourtant, pour savoir que le traître, qu’il soit sublime ou sordide, et c’est ce qui fait son charme, finit toujours mal, en général....


1 commentaire:

Mohammed Saïd a dit…

"Parmi les Signes annonciateurs de l'Heure: les mauvaises personnes seront honorées, les bonnes rabaissées, les actes et pratiques se feront rares tandis que l'on parlera beaucoup…" (Hâkim).

Quand ça commencera a peser sur le budget, que ça nuira au relation diplomatique avec les pétroliers, les soutiens changeront parce que le porte-feuille est plus important que les valeurs, s'il en était autrement, ca se saurait.