Une lecture postcoloniale est-elle pertinente pour rendre compte de la situation des immigrés et de leurs descendants ?
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De l'indignation
Lettre à Monsieur Rémy Pflimlin, Président de France Télévisions
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M. Rémy Pflimlin
Président de France Télévisions
7, Esplanade Henri de France
75907 Paris Cedex 15
Monsieur le Président,
L’AFPS a pris connaissance de la page web de France Télévision « la nébuleuse de l’extrémisme sur internet » à l’occasion des émissions de Caroline Fourest « les réseaux de l’extrême ». Sous ce titre, cette page prétend dresser un tableau de ces réseaux, les regroupant par affinités avec l’apparence d’une enquête objective.
Nous y figurons en bonne place aux côtés de nombreuses organisations défenseurs du droit, et notamment celui des Palestiniens. Il s’agit d’un amalgame grossier, scandaleux et diffamatoire que nous ne saurions accepter sans réagir.
« Et d'abord, qu'est-ce qu'une révolution ? » (Malcolm X)
Ce que nous voulons, vous et moi, c' est parler sans façons, dans une langue que tout le monde ici puisse comprendre sans peine. Nous admettons tous, ce soir, tous les orateurs ont admis que l'Amérique doit affronter un problème très grave; mais les nôtres doivent aussi affronter un problème très grave. Le problème de l'Amérique, c'est nous. Nous sommes son problème. Si elle a ce problème, c'est pour cette seule raison qu'elle ne veut pas de nous ici. Et toutes les fois que vous vous considérez, que vous soyez noir, brun, rouge ou jaune, ce que l'on appelle un nègre, vous représentez un individu qui pose un problème très grave à l'Amérique parce qu'on ne veut pas de lui. Une fois que vous avez accepté de prendre cela comme un fait, vous pouvez combiner une ligne d'action qui vous fera apparaître comme intelligent et non plus comme inintelligent.
De l'intersectionalité et de la coalition
« L’articulation, l’imbrication ou l’intrication des différentes oppressions, la combinatoire qui résulte de leurs croisements, sont l’un des grands sujets de la sociologie, en particulier de la sociologie féministe. » (Christine Delphy)
L’intersectionnalité est un outil qui permette de mieux cerner les diverses interactions de la race et du genre dans le contexte de la violence contre les femmes de couleur. Je me sers de ce concept pour exposer, sur un plan général, comment le racisme et le patriarcat s’influencent réciproquement. Je l’utilise aussi pour décrire la situation des femmes de couleur, placées à la fois dans des systèmes de subordination qui se recoupent et aux marges des mouvements féministe et antiraciste. La volonté de politiser la violence contre les femmes laissera largement de côté les expériences des non-blanches tant qu’on continuera de fermer les yeux sur les ramifications de la stratification raciale chez les femmes.
L’intersectionnalité est un outil qui permette de mieux cerner les diverses interactions de la race et du genre dans le contexte de la violence contre les femmes de couleur. Je me sers de ce concept pour exposer, sur un plan général, comment le racisme et le patriarcat s’influencent réciproquement. Je l’utilise aussi pour décrire la situation des femmes de couleur, placées à la fois dans des systèmes de subordination qui se recoupent et aux marges des mouvements féministe et antiraciste. La volonté de politiser la violence contre les femmes laissera largement de côté les expériences des non-blanches tant qu’on continuera de fermer les yeux sur les ramifications de la stratification raciale chez les femmes.
« Du clash sexuel des civilisations »
Géopolitique de la sexualité : « Les questions sexuelles créent, transforment et reproduisent les hiérarchies sociales et spatiales. Aux espaces dominants, on tend ainsi à associer une capacité supérieure d’(auto-)contrainte et de discipline de soi. Le processus de civilisation trouverait dans la capacité à brider une sexualité pulsionnelle la marque de sa supériorité. Traduite spatialement, cette logique classificatoire participe à la justification et au renforcement des hiérarchies territoriales. Et l’on ne compte plus les représentations et les discours actualisés qui confèrent aux espaces centraux une décence moralement supérieure, traduite dans des usages du corps, des règles juridiques ou des normes jugées plus adaptées. Mais cette valorisation victorienne de la retenue s’accompagne aujourd’hui d’un traitement plus insidieux des hiérarchies. Si l’association exotique-érotique continue d’altériser les espaces et les populations – en renvoyant les espaces dominés à une naturalité fantasmée – elle fonctionne de pair avec la valorisation d’un libéralisme essentialisé, incarné par le Nord, qui trouverait dans les questions sexuelles un espace d’expression prioritaire. Que l’on pense par exemple aux débats qui entourent le droit des femmes, le « respect des minorités sexuelles » ou le mariage homosexuel. Il ne s’agit plus ni d’affirmer la capacité supérieure de l’Occident à contrôler les populations ni de combattre le danger d’un désir pulsionnel, incarnée par les espaces dominés. Il faut aussi défendre des valeurs sexuelles, raciales, genrées et sociales qui constitueraient l’essence même d’une civilisation menacée. La construction de la supériorité morale de l’Occident passe aussi par la croyance quant à son « avancement » dans le processus historique de reconnaissance des droits, et la sexualité est régulièrement mobilisée comme une preuve de l’universalisme des valeurs qu’il défend...» (*)
Le Garçon arabe : le français impossible
Alter ego en négativité de la fille voilée, son acolyte si son allié objectif, «le garçon arabe» a fait une irruption d'autant plus puissante sur la scène et symbolique qu'il condense lui aussi dans son corps les questions de l'ethnicité et du genre. D'abord, il est un revenant du passé colonial. Il incarne l'un des avatars de l'indigène devenu immigré puis musulman. Ensuite, il est la cause du voilement des filles qui, sinon, seraient menacées d'être violées par ce «sauvageon». Le garçon arabe revient de loin. Il resurgit d'une mémoire enfouie, celle de la colonie et de l'Orient où les hommes occidentaux allaient à la rencontre des éphèbes de la rive sud de la Méditerranée. Il suffit de lire la littérature de Gide à Genet en passant par Nerval ou les récits de Flaubert pour se convaincre du caractère hautement valorisé des émois partagés ou imposés à des garçons arabes.
Lumpen-intelligentsia
Spéciale dédicace à Caroline Fourest, pom-pom girl de la « superstructure» et de l'ordre dominant...
Une nouvelle caste est née. Il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer son émergence. Elle aspire à la sous-traitance du « pouvoir pastoral ». Et le troupeau c'est le peuple. Cette caste n'apprécie pas les revendications populaires: du poujadisme. Elle n'aime pas les manifestations trop « bronzées »: du communautarisme et de l'islamisme larvé. Elle s'indigne lorsqu’on critique Israël ou les Etats-Unis: de l’antisémitisme et du « conspirationisme ». Fidèle à ses maîtres elle ne supporte pas qu’on critique les puissants: de l'envie et du ressentiment. Elle n’aime pas internet : « Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions.». Elle déteste la démocratie, dans son sens noble ; pour tout dire elle la hait. Elle est, le plus souvent sans en annoncer la couleur, sioniste, atlantiste et un petit peu islamophobe. Si, on la rencontre plutôt dans les médias, elle est flexible et s'ajuste à tous les contextes. Elle est une et tout à la fois multiple. En son sein on y observe toutes les nuances, histoire d’occuper toutes les niches, façon d’intéresser toutes les sensibilités. Malgré ses grands airs, malgré ses prétentions, elle n’est détentrice ni de science ni de richesse ni d’appartenance à un lignage. Elle est roturière, demi-savante et vit d’émoluments. Elle se rêve oligarchie, mais elle n’a que le pouvoir d' « homme de main » ; elle est auxiliaire, larbine, de second ordre, elle sert la soupe infiniment… En bon chien de berger, elle admoneste, sermonne, réprimande, tout ce qu'elle considère être au bas de l'échelle… Ni scribe, ni prophète, ni mandarine, elle aime éclairer de ses « fausses lumières ». Elle exige qu’on l’écoute attentivement. Elle ordonne qu’on lui obéisse. Elle ne tolère ni la contradiction ni le débat. Sa mission en fin de compte : Permettre à l'oligarchie de régner au nom du peuple et asseoir cette société que règle le pouvoir de la marchandise. Cette caste de demi-instruits, de faux savants, de « fast thinker », de « petits blancs de la culture » sert à exorciser « le pouvoir de ceux qui n'ont pas plus de titre à gouverner qu'à être gouvernés ». Mais elle est de plus en plus impuissante tant ses ficelles sont grosses et ses moyens intellectuels limités…
De « l'intellectuel organique »
« Les intellectuels constituent-ils un groupe social autonome et indépendant, ou bien chaque groupe social a-t-il sa propre catégorie spécialisée d'intellectuels ? Le problème est complexe, étant donné les formes diverses qu'a prises jusqu'ici le processus historique réel de la formation des différentes catégories d'intellectuels.
Chaque groupe social, naissant sur le terrain originel d'une fonction essentielle dans le monde de la production économique, crée en même temps que lui, organiquement, une ou plusieurs couches d'intellectuels qui lui donnent son homogénéité et la conscience de sa propre fonction, non seulement dans le domaine économique, mais aussi dans le domaine politique et social : le chef d'entreprise capitaliste crée avec lui le technicien de l'industrie, le savant de l'économie politique, l'organisateur d'une nouvelle culture, d'un nouveau droit, etc., etc.[...]





