American Arabitude
Mais après la guerre de 1973, les Arabes ont partout paru plus menaçants. On rencontre constamment des dessins humoristiques représentant un cheikh arabe debout à côté d'une pompe à essence. Pourtant, ces Arabes sont clairement des "Sémites" : leur nez nettement crochu, leur mauvais sourire moustachu rappellent à l'évidence (à des gens qui, dans l'ensemble, ne sont pas sémites) que les "Sémites" sont à l'origine de toutes "nos" difficultés, qui, dans le cas présent, consistent dans la pénurie de pétrole. L'animosité antisémite populaire est passée en douceur du juif à l'Arabe, puisque l'image est presque la même.
Ainsi, si on fait attention à l'Arabe, c'est comme à une valeur négative. On le voit comme l'élément perturbateur de l'existence d'Israël et de l'Occident, ou, sous un autre aspect de la même chose, comme un obstacle, qui a pu être surmonté, à la création de l'État d'Israël en 1948. Dans la mesure où cet Arabe a une histoire, celle-ci fait partie de l'histoire que lui ont donnée (ou prise : la différence n'est pas grande) la tradition orientaliste et, plus tard, la tradition sioniste. La Palestine était considérée - par Lamartine et les premiers sionistes - comme un désert vide qui attendait de fleurir; les habitants qu'il pouvaient avoir n'étaient, pensait-on, que des nomades sans importance, sans véritable droit sur la terre et, par conséquent, sans réalité culturelle ou nationale.
L'Arabe est ainsi conçu à partir de maintenant comme une ombre qui suit le juif. Dans cette ombre - parce que les Arabes et les juifs sont Sémites orientaux -, on peut placer toute la méfiance traditionnelle et latente qu'un Occidental éprouve à l'égard de l'Oriental. En effet, le juif de l'Europe prénazie a bifurqué : ce que nous avons maintenant c'est un héros juif, construit à partir d'un culte reconstruit de l'orientaliste-aventurier-pionnier (Burton, Lane, Renan) et de son ombre rampante, mystérieusement redoutable, l'Arabe oriental. Isolé de tout sauf du passés qu'a créé pour lui la polémique orientaliste, l'Arabe est enchaîné à une destinée qui le fixe et le condamne à une série de réactions périodiquement châtiées par ce que Barbara Tuchman appelle, d'un nom théologique, "l'épée terrible et rapide d'Israël".
En dehors de son antisionisme, l'Arabe est un fournisseur de pétrole. C'est une autre caractéristique négative, puisque la plupart des exposés sur le pétrole arabe mettent en parallèle le boycottage de 1973-1974 (qui a principalement bénéficié aux compagnies pétrolières occidentales et à une petite élite de dirigeants arabes) avec l'absence de toute qualification morale des Arabes à posséder de si grandes réserves de pétrole. Si on la débarrasse des circonlocutions habituelles, voici la question que l'on pose le plus souvent : pourquoi des gens comme les Arabes ont-ils le droit de tenir sous leur menace le monde développé (libre, démocratique, moral) ? De ce genre de questions, on passe souvent à l'idée que les marines pourraient envahir les champs de pétrole arabes.
Le cinéma et la télévision associent l'Arabe soit à la débauche, soit à une malhonnêteté sanguinaire. Il apparait sous la forme d'un dégénéré hypersexué, assez intelligent, il est vrai, pour tramer des intrigues tortueuses, mais essentiellement sadique, traître, bas. Marchand d'esclaves, conducteur de chameaux, trafiquant, ruffian haut en couleur, voilà quelques-uns des rôles traditionnels des Arabes au cinéma. On peut voir le chef arabe (chef des maraudeurs, de pirates, d'insurgés "indigènes") grogner en direction de ses prisonniers, le héros occidental et la blonde jeune fille (l'un et l'autre pétris de santé) : "Mes hommes vont vous tuer, mais ils veulent d'abord s'amuser." En parlant, il fait une grimace suggestive : c'est cette image dégradée du cheikh de Valentino qui est en circulation. Les bandes d'actualité et les photographies de presse montrent toujours les Arabes en grand nombre : rien d'individuel, pas de caractéristique personnelle, la plupart des images représentent la rage et la misère de la masse ou des gestes irrationnels (donc désespérément excentriques). Derrière toutes ces images se cache la menace du jihâd. Conséquence : la crainte que les musulmans (ou les Arabes) ne s'emparent du monde.
Régulièrement sont publiés des livres et des articles traitant de l'Islam et des Arabes, qui ne diffèrent en rien des virulentes polémiques anti-islamiques du Moyen Age ou de la Renaissance. Sur ce seul groupe ethnique ou religieux on peut dire ou écrire pratiquement n'importe quoi, sans se heurter à la moindre objection ou à la moindre protestation. Le guide des études de l'année 1975 publié par les undergraduates de Columbia College écrite, à propos des cours d'arabe, qu'un mot sur deux de cette langue concerne la violence et que l'esprit arabe qu'elle "reflète" est toujours plein d'emphase. Dans un article récent d'Emmett Tyrell paru dans Harper's Magazine, la calomnie raciste est encore plus marquée : selon lui, les Arabes sont foncièrement des assassins, et leurs gènes portent la violence et la fraude. Une étude sur les Arabes dans les manuels américains (The Arabs in American Textbooks) révèle des erreurs étonnantes, ou plutôt des représentations d'un groupe ethnico-religieux qui font preuve de dureté et d'insensibilité. L'un des manuels affirme que "peu de gens dans cette zone arabe savent même qu'il existe un mode de vie meilleur", et se demande ensuite, de manière désarmante : "Qu'est-ce qui lie entre eux les peuple du Moyen-Orient?" La réponse, donné sans hésitation, est : "Leur lien le plus fort est l'hostilité des Arabes - leur haine - à l'égard des juifs et d'Israël." Dans un autre livre, on trouve ceci sur l'islam : "La religion musulmane, appelé islam, a commencé au 7ème siècle. Elle a été lancée par un riche homme d'affaires d'Arabie qui s'appelait Mohammed. Il se disait prophète. Il trouva des fidèles chez d'autres Arabes. Il leur dit qu'ils étaient choisis pour dominer le monde." Ce morceau de science est suivi d'un autre, tout aussi exact : "Peu après la mort de Mohammed, son enseignement fut noté dans un livre appelé le Coran. Il devint le livre saint de l'Islam." Ces idées grossières sont soutenues, et non contredites, par les universitaires dont le travail est d'étudier le Proche-Orient arabe....»
Edward Saïd
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12/30/2010
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Libellés : EMPIRE
L’histoire et la loi
« Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :
* L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
* L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.
* L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
* L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.
* L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’Etat, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire.
C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique. »
Pierre Vidal-Naquet
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12/29/2010
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
La laïcité lepénisée
La laïcité était un marqueur d’une identité de gauche, elle a glissé de plus en plus vers la droite dure, avec en prime quelques nostalgiques du stalinisme ou d’ex-gauchistes en déroute. Maintenant, Marine Le Pen peut s’autoproclamer championne toutes catégories de la laïcité, puisqu’on a faussé son sens.
Depuis des années, je tente de dénoncer cette dérive. La réponse est souvent de me prêter des positions que je n’ai pas pour pouvoir mieux ne pas entendre ce que je cherche à dire.
Mais, maintenant, l’heure est peut-être, pour toutes et tous, à prendre conscience de ce qui menace réellement la laïcité : son emploi fallacieux pour sortir du cadre démocratique.
Il est grand temps de remettre les compteurs à zéro, et de cesser d’interdire, à coup d’oukases, un libre débat sur ce qu’est la laïcité, comment elle se concrétise et s’actualise. Ce libre débat, sans excommunication, serait la meilleure réponse à ce développement de la capture de la laïcité.
La loi de 1905 a été le fruit d’un mûrissement de 3 ans, où diverses conceptions de la laïcité, de tel ou tel de ses éléments, se sont confrontés. Son élaboration, sa maturation montre qu’il est stupide, et démocratiquement dangereux, de croire qu’il suffit (pour parodier de Gaulle) « de crier ‘laïcité’, ‘laïcité’ en sautant comme des cabris », pour être un promoteur de la laïcité.
On n’est plus à la vaine querelle : adjectif ou pas adjectif.
On est dans une situation où il faut réaffirmer le lien entre laïcité et démocratie.
Et si on est d’accord que ce lien est fondamental, alors il faut ne plus surfer sur des affaires médiatiquement construites, il faut être dans une délibération de fond.
Il faut ne pas céder à la peur de l’autre car l’intelligence s’arrête là où la peur commence.
Dans ce débat, j’indique à nouveau ce qui est pour moi le fond de l’affaire : depuis 20 ans, une certaine interprétation implicite de la laïcité se prétend être « la » laïcité. Et cette interprétation rompt avec la laïcité telle qu’elle s’est construite de 1882 à 1946, en passant par 1905.
Au lieu de concerner au premier chef l’Etat, on prétend que la laïcité concerne avant tout l’individu, ou du moins certains individus. Résultat : l’Etat laïque fait du surplace, voire recule… et on se sert du mot « laïcité » pour stigmatiser une partie de la population de notre pays.
Certes la laïcité implique pour chacun le respect de l’autre, et le respect d’un ordre public démocratique qui permet la coexistence de tous. Mais c’est avant tout un attribut de l’Etat : indépendant à l’égard des religions et des convictions particulières, séparé d’elles, l’Etat peut ainsi être un arbitre impartial.
Quand on vous dit « laïcité », ne prenez pas ce mot comme un terme magique ; demandez de quoi il est question.
Plus que jamais, relisez La Fontaine : le chêne est impressionnant, mais il entraîne vers des catastrophes. Le roseau semble trop fragile. Il résiste aux bourrasques.
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12/26/2010
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Libellés : LAICISME
Petite leçon palestinienne aux universalistes de pacotille qui peuplent l’Europe
Leçon deux. Mouvement : « J'ai l'impression parfois d'être un flot de courants multiples. Je préfère cela à l'idée d'un moi solide, identité à laquelle tant d'entre nous accordent tant d'importance. Ces courants, comme les thèmes de nos vies, coulent tout au long des heures d’éveil et si tous se passe bien n’ont pas besoin de s’accorder ou de s’harmoniser. Ils sont « à côté » et peuvent être « décalés », mais au moins ils sont toujours en mouvement, dans un temps et dans un lieu, s’organisent en toutes sortes de combinaisons étranges et se déplacent, pas nécessairement vers l’avant, parfois dans des sens opposés les uns aux autres, en contrepoint mais sans thème central. Une forme de liberté. C'est ce que j'aime penser, même si je suis loin de croire que c'est vrai. » (Edward Saïd)*
*La nation palestinienne compte aujourd’hui 10 millions d'individus dont 3,7 millions vivent en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, 2,6 millions en Jordanie, 1,2 millions en Israël, 500 000 sur le continent américain, tandis que le reste est réparti dans le monde arabe.
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Le Bougnoulosophe
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12/26/2010
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Libellés : IDENTITE
L'éloge de l'argumentum ad Hominem
« Attaquez la presse ou les intellectuels qu’elle consacre, et vous êtes aussitôt antisémite, fasciste ! « En passant la ligne sacrée de la bienséance, expliqua Pierre Bourdieu, on donne des armes à ceux qui n’ont pour eux que le respect de la bienséance, qui fait la dignité du corps des professionnels. Tous ces dignes dignitaires, ils ont ça : leur petit corset de vertu négative. » A force de boire ou de lire de la camomille, nous avons amoindri nos dispositions les plus vigoureuses et le souvenir de quelques traits.
C’est Voltaire dénonçant « l’immense canaille des écrivains subalternes », les « charlatans » et les « fripons adroits ». Marx stigmatisant en Thiers un « nabot malfaisant, aimant s’exhiber, comme tous les nains, avide de pouvoir et de lucre, passé maître dans la petite fripouillerie politique, un virtuose du parjure rompu à tous les bas stratagèmes ». Et Tocqueville décrivant ainsi Blanqui : « Un homme que je n’ai vu que ce jour-là, mais dont le souvenir m’a toujours rempli de dégoût et d’horreur ; il avait des joues hâves et flétries, des lèvres blanches, l’air malade, méchant, immonde, une pâleur sale, l’aspect d’un corps moisi, point de linge visible, une vieille redingote noire collée sur des membres grêles et décharnés ; il semblait avoir vécu dans un égout et en sortir. Il me faisait l’effet d’un serpent auquel on pince la queue.»
Ce que Marx pouvait se permettre contre Thiers, et Tocqueville contre Blanqui, serait donc désormais proscrit contre les « fripons adroits » et les « nains malfaisants » du jour ? Mais au nom de quelle « modernité » protégeant quelle dignité ?
Parfois, en lisant les actuelles publications contestataires, y compris les plus radicales, leurs pages exsangues, lourdes comme du plomb, lardées de cuistrerie universitaire, on aimerait qu’elles n’eussent pas délaissé à ce point le registre de la faconde, de l’humour, de la démesure. Qu’elles s’interdisent d’interdire une certaine verdeur – une certaine vie – au prétexte imbécile que la truculence caractériserait le style de l’extrême droite. Comme Voltaire ? Marx ? Tocqueville ?
La gauche a déjà beaucoup souffert (et fait souffrir) en se moulant dans les pratiques et les discours les plus technocratiques, en passant d’un registre cassant parce que trop assuré de son expertise à un ton geignard parce que douloureusement empreint de bonnes intentions. Et de nombreux « nains frisés de la bourgeoisie », comme les qualifiait Paul Nizan, se sont fait une spécialité de morigéner tous ceux qui parlent un peu trop fort, leur opposant qu’il ne faudrait réveiller ni les vivants ni les morts, que tout pamphlet allume les bûchers, qu’une « attaque personnelle » déchaîne les chasses aux sorcières. Il est plaisant de voir certains de ces Narcisses qui ne vivent que pour « se faire un nom » s’indigner sitôt qu’on associe le leur à leur dignité de profiteurs du système, et qu’on le fait non pas pour orienter vers eux ceux qui pourraient leur procurer de quoi en profiter davantage, mais pour les combattre.
En 1975, la déclaration d’intention de la revue Actes de la recherche en sciences sociales expliquait déjà : « Dans un univers où les positions sociales s’identifient souvent à des “noms”, la critique scientifique doit parfois prendre la forme d’une critique ad hominem. Comme l’enseignait Marx, la science sociale ne désigne “des personnes que pour autant qu’elles sont la personnification” de positions ou de dispositions génériques – dont peut participer celui qui les décrit. Elle ne vise pas à imposer une nouvelle forme de terrorisme mais à rendre difficiles toutes les formes de terrorisme. »….. »
Serge Halimi
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12/25/2010
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Que faire du concept de culture nationale ?
L’énoncé «toute culture est hybride», balaie un espace intellectuel très vaste, entre la borne de l'hybridité et celle de l’identité. Et cet énoncé commande bien évidemment que l’on ne puisse rabattre son contenu ni sur l’une, ni sur l’autre des positions proposées. Si bien qu’il pourrait s’avérer inopérant, s’il n’ouvrait pour le coup à la seule interrogation intéressante, qui est celle de la question des opérations d'identification et de discrimination à l’œuvre au sein de ce que nous nommons culture. Question dont on aurait alors tôt fait de découvrir le vrai contexte d’énonciation : politique et non culturel.
La rhétorique des cultures, largement inefficace, rappelait le théoricien des cultures Stefan Nowotny lorsqu’il se penchait précisément sur cette problématique, largement inefficace donc dans sa confrontation aux culturalismes néo-racistes, ne l’est ainsi peut-être que parce que sous ce mot de culture, les opérations les plus louches sont menées. Dont celles qui, au cœur des constructions culturelles, relèvent de ces fameuses «négociation»s (le terme et le procès qu’il désigne relève de la problématique de l’hybridation construite par Bhabha), constitutives de toute démarche culturelle, orientant pour des raisons souvent extra-culturelles vers tel segment identitaire plutôt que tel autre, le tout selon une intentionnalité encore une fois plus politique que culturelle. Opérations qui ont pour effet de déguiser des mécanismes d’exclusion en choix culturels.
En fin de compte, le concept de "culture" semble bien ne plus pouvoir être compris que comme l'effet de pratiques discriminatoires, visant uniquement la production de différentiations culturelles «en tant que signe d'autorité» (Edith Butler). Sa seule fonction serait ainsi de «créer des marques de pouvoir, qui ne sont autre chose que les symptômes d'une société qui ne veut pas trouver d'issues politiques à ses problèmes», ainsi que l’affirmait Stefan Nowotny, dans sa communication faite sur ce sujet à l’université de Stuttgart, en 2002. Une communication que l’on pourrait relire aujourd’hui en l’élargissant, même si l’exercice pourra paraître grossier, au problème de la création artistique dans son ensemble, affirmant sous des discours d’apparence anodine -l’art du métier-, rien d’autre que la production de signes d’autorité renforçant culturellement un ordre politique qui conduit à l'exclusion juridique des non-citoyens de l'Etat-Nation - les émigrés par exemple, les Rroms, voire toute minorité «culturellement» disqualifiable…
Reste tout de même que si l’emploi du terme de culture est devenu non sans raison problématique, sa disqualification ne satisfait pas, quand bien même il s’apparenterait à ses termes fourre-tout dont le flou assure une rentabilité épistémologique indéniable. Mais peut-être au fond que cette problématisation récente, nécessaire, finira par ouvrir droit à une conception du fait culturel éloignée de ces signes d’autorité dont la culture contemporaine se montre par trop friande.
Joël Jégouzo
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12/23/2010
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Quand la laïcité « à la belge » s'exporte....
Ce matamore aphone, mou et flasque, au charisme d'une serpillière usagée, qui s'était fait virer du Parti Populaire (parti xénophobe et populiste de Belgique) pour cause de délation, ce militaire trafiquant en godes et autres sex toys pour grabataires esseulés, ce géo-politologue (pour de rire) de chez «Mickey parade » n'est en réalité qu'une insulte, une abjection, une infamie faite à l’immigration prolétarienne italienne. Tant, pour celle française qui se faisait pogromer à Aigues-Mortes (en 1893), que pour la belge qui paya le prix fort dans les charbonnages de Marcinelle :
« Le matin du 8 août 1956, un incendie éclate au fond du puits Saint-Charles au charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle. Une fumée noire était visible de loin car le charbonnage domine la vallée de la Sambre par le Sud. L'encageur du niveau 975 introduit un wagonnet plein dans la cage servant à remonter le charbon en surface. Le wagonnet plein qui arrive doit pousser automatiquement le wagonnet vide hors de la cage. Le mécanisme est défectueux. Les deux wagonnets dépassent de part et d'autre. Quand la surface rappelle la cage, les wagonnets heurtent immédiatement une poutrelle. Une canalisation d'huile éclate en même temps, des câbles électriques sont sectionnés. Instantanément un incendie naît, aspiré vers le fond, se répandant au passage dans toutes les galeries. Le drame s’est produit dans le puits d’entrée d’air et s’est propagé dans les galeries vers le puits de sortie d’air. De partout du quartier des Haies, la population se précipite vers les grilles fermées du charbonnage. Ces grilles seront l’endroit de l’espoir et de désespoir pour des centaines de familles. C’est par un puits en construction tout proche que les sauveteurs interviennent. Ils ne ramènent que 6 survivants. Les derniers corps ne seront remontés que 4 mois plus tard. De nombreuses victimes reposent dans le cimetière de Marcinelle situé à côté du Bois du Cazier. Leurs tombes sont regroupées autour d’un monument. A la sortie du puits, les victimes étaient méconnaissables, totalement calcinées : deux cent soixante-deux mineurs, principalement italiens mais aussi de différentes nationalités (136 Italiens, 94 Belges, huit Polonais, six Grecs, quatre Allemands, quatre Français, trois Hongrois, trois Algériens, deux Russes, un Anglais, un Argentin) vont y trouver la mort. Ils laissent derrière eux 204 veuves et 417 orphelins... » (*)
A ton retour Aldo, toi l'oublieux du statut de « métèque » de tes ancêtres, nous n'oublierons pas de t'accueillir avec du goudron et des plumes!
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Le Bougnoulosophe
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12/20/2010
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Libellés : LAICISME
L'invité surprise des «Assises contre l'islamisation»...
Comment peut-on douter que l'histoire de France ne soit faite de bien plus de continuités que de ruptures....?
« L’intolérance des peuples sémitiques est la conséquence nécessaire de leur monothéisme. Les peuples indo-européens, avant leur conversion aux idées Sémitiques (juives, chrétiennes ou musulmanes), n’ayant jamais pris leur religion comme la vérité absolue, mais comme une sorte d’héritage de famille ou de caste, devaient rester étrangers à l’intolérance et au prosélytisme : voilà pourquoi on ne trouve que chez ces peuples la liberté de penser, l’esprit d’examen et de recherche individuelle. Les Sémites au contraire, aspirant à réaliser un culte indépendant des provinces et des pays, devaient déclarer mauvaises toutes les religions différentes de la leur. L’intolérance est bien réellement en ce sens un fait de la race sémitique, et une partie des legs bons et mauvais qu’elle a faits au monde. Le phénomène extraordinaire de la conquête musulmane n’était possible qu’au sein d’une race incapable comme celle-ci de saisir les diversités, et dont tout le symbole se résume en un mot : Dieu est Dieu. Certes la tolérance indo-européenne partait d’un sentiment plus élevé de la destinée humaine et d’une plus grande largeur d’esprit; mais qui osera dire qu’en révélant l’unité divine et en supprimant définitivement les religions locales, la race sémitique n’a pas posé la pierre fondamentale de l’unité et du progrès de l’humanité?
On comprend maintenant comment cette race, si éminemment douée pour créer les religions et les propager, devait, dans toutes les voies profanes, ne point dépasser la médiocrité. Race incomplète par sa simplicité même, elle n’a ni arts plastiques, ni science rationnelle, ni philosophie, ni vie politique, ni organisation militaire. La race sémitique n’a jamais compris la civilisation dans le sens que nous attachons à ce mot ; on ne trouve dans son sein ni grands empires organisés, ni esprit public, rien qui rappelle la cité grecque, rien aussi qui rappelle la monarchie absolue de l’Egypte et de la Perse. Les questions d’aristocratie, de démocratie, de féodalité, qui renferment tout le secret de l’histoire des peuples indo-européens, n’ont pas de sens pour les Sémites. La noblesse sémitique est toute patriarcale : elle ne tient pas à une conquête, elle a sa source dans le sang. Quant au pouvoir suprême, le Juif, comme l’Arabe, ne l’accorde rigoureusement qu’à Dieu. L’infériorité militaire des Sémites tient à cette incapacité de toute discipline et de toute organisation. Pour se créer des armées, ils furent obligés de recourir à des mercenaires : ainsi firent David, les Phéniciens, les Carthaginois, les khalifes. La conquête musulmane elle-même s’accomplit sans organisation et sans tactique; le khalife n’a rien d’un souverain ni d’un chef militaire; c’est un vice-prophète. Le plus illustre représentant de la race sémitique de nos jours, Abd-el-Kader, est un savant, un homme de méditation religieuse et de fortes passions, plutôt qu’un soldat. Aussi l’histoire ne nous offre-t-elle aucun grand empire fondé par des peuples sémitiques; le judaïsme, le christianisme, l’islamisme, voilà leur œuvre, œuvre toujours identique et toujours dirigée vers le même but : simplifier l’esprit humain, bannir le polythéisme, écrire en tête du livre des révélations ce mot qui a rendu à la pensée humaine un si grand service en effaçant les complications mythologiques et cosmogoniques où se perdait l’antiquité profane : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »......» (Ernest Renan)
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2010
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Libellés : IDENTITE
La mort de Lumumba
Mais si l’on s’avisait d’attraper dans un coin un de ces Congolais, de l’interroger, alors on s’apercevait que quelque chose de très grave se tramait contre l’indépendance du Congo et contre l’Afrique.
Des sénateurs, des députés congolais aussitôt après les fêtes de l’indépendance se sauvaient hors du Congo et se rendaient... aux Etats-Unis. D’autres s’installaient pour plusieurs semaines à Brazzaville. Des syndicalistes étaient invités à New-York. Là encore, si l’on prenait l’un de ces députés ou de ces sénateurs dans un coin et qu’on l’interrogeait, il devenait patent que tout un processus très précis allait se mettre en route.
Dès avant le 1er juillet 1960, l’opération Katanga était lancée. Son but ? Bien sûr, sauvegarder l’Union Minière. Mais au-delà de cette opération, c’est une conception belge qui était défendue. Un Congo unifié, avec un gouvernement central, allait à l’encontre des intérêts belges. Appuyer les revendications décentralisatrices des diverses provinces, susciter ces revendications, les alimenter, telle était la politique belge avant l’indépendance.
Dans leur tâche, les Belges étaient aidés par les autorités de la Fédération Rhodésies-Nyassaland. On sait aujourd’hui, et M. Hammarskjoeld mieux que quiconque, qu’avant le 30 juin 1960, un pont aérien Salisbury-Elizabethville alimentait le Katanga en armes. Lumumba avait certain jour proclamé que la libération du Congo serait la première phase de la complète indépendance de l’Afrique Centrale et Méridionale et il avait très précisément fixé ses prochains objectifs : soutien des mouvements nationalistes en Rhodésie, en Angola, en Afrique du Sud.
Un Congo unifié ayant à sa tête un anticolonialiste militant constituait un danger réel pour cette Afrique sudiste, très proprement sudiste, devant laquelle le reste du monde se voile la face. Nous voulons dire devant laquelle le reste du monde se contente de pleurer, comme à Sharpville, ou de réussir des exercices de style à l’occasion des journées anticolonialistes. Lumumba, parce qu’il était le chef du premier pays de cette région à obtenir l’indépendance, parce qu’il savait concrètement le poids du colonialisme, avait pris l’engagement au nom de son peuple de contribuer physiquement à la mort de cette Afrique-là. Que les autorités du Katanga et celles du Portugal aient tout mis en œuvre pour saboter l’indépendance du Congo ne nous étonne point. Qu’elles aient renforcé l’action des Belges et augmenté la poussée des forces centrifuges au Congo est un fait. Mais ce fait n’explique pas la détérioration qui s’est installée progressivement au Congo, ce fait n’explique pas l’assassinat froidement décidé, froidement mené de Lumumba, cette collaboration colonialiste au Congo est insuffisante à expliquer pourquoi en février 1961 l’Afrique va connaître autour du Congo sa première grande crise.
Sa première grande crise car il faudra qu’elle dise si elle avance ou si elle recule. Il faudra qu’elle comprenne qu’il ne lui est plus possible d’avancer par régions, que, comme un grand corps qui refuse toute mutilation, il lui faudra avancer en totalité, qu’il n’y aura pas une Afrique qui se bat contre le colonialisme et une autre qui tente de s’arranger avec le colonialisme. Il faudra que l’Afrique, c’est-à-dire les Africains, comprennent qu’il n’y a jamais de grandeur à atermoyer et qu’il n’y a jamais de déshonneur à dire ce que l’on est et ce que l’on veut et qu’en réalité l’habileté du colonisé ne peut être en dernier ressort que son courage, la conception lucide de ses objectifs et de ses alliances, la ténacité qu’il apporte à sa libération.
Lumumba croyait en sa mission. Il avait une confiance exagérée dans le peuple. Ce peuple, pour lui, non seulement ne pouvait se tromper, mais ne pouvait être trompé. Et de fait, tout semblait lui donner raison. Chaque fois par exemple que dans une région les ennemis du Congo arrivaient à soulever contre lui l’opinion, il lui suffisait de paraître, d’expliquer, de dénoncer, pour que la situation redevienne normale. Il oubliait singulièrement qu’il ne pouvait être partout à la fois et que le miracle de l’explication était moins la vérité de ce qu’il exposait que la vérité de sa personne.
Lumumba avait perdu la bataille pour la présidence de la République. Mais parce qu’il incarnait d’abord la confiance que le peuple congolais avait mise en lui, parce que confusément les peuples africains avaient compris que lui seul était soucieux de la dignité de son pays, Lumumba n’en continua pas moins à exprimer le patriotisme congolais et le nationalisme africain dans ce qu’ils ont de plus rigoureux et de plus noble.
Alors d’autres pays beaucoup plus importants que la Belgique ou le Portugal décidèrent de s’intéresser directement à la question. Lumumba fut contacté, interrogé. Après son périple aux États-Unis la décision était prise : Lumumba devait disparaître.
Pourquoi ? Parce que les ennemis de l’Afrique ne s’y étaient pas trompés. Ils s’étaient parfaitement rendus compte que Lumumba était vendu, vendu à l’Afrique s’entend. C’est-à-dire qu’il n’était plus à acheter.
Les ennemis de l’Afrique se sont rendu compte avec un certain effroi que si Lumumba réussissait, en plein cœur du dispositif colonialiste, avec une Afrique française se transformant en communauté rénovée, une Angola « province portugaise » et enfin l’Afrique orientale, c’en était fini de « leur » Afrique au sujet de laquelle ils avaient des plans très précis.
Le grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir compromis les Africains eux-mêmes. Il est vrai que ces Africains étaient directement intéressés par le meurtre de Lumumba. Chefs de gouvernements fantoches, au sein d’une indépendance fantoche, confrontés jour après jour à une opposition massive de leurs peuples, ils n’ont pas été longs à se convaincre que l’indépendance réelle du Congo les mettrait personnellement en danger.
Et il y eut d’autres Africains, un peu moins fantoches, mais qui s’effraient dès qu’il est question de désengager l’Afrique de l’Occident. On dirait que ces Chefs d’Etat africains ont toujours peur de se trouver en face de l’Afrique. Ceux-là aussi, moins activement, mais consciemment, ont contribué à la détérioration de la situation au Congo. Petit à petit, on se mettait d’accord en Occident qu’il fallait intervenir au Congo, qu’on ne pouvait pas laisser les choses évoluer à ce rythme.
Petit à petit, l’idée d’une intervention de l’O.N.U. prenait corps. Alors on peut dire aujourd’hui que deux erreurs simultanées ont été commises par les Africains.
Et d’abord par Lumumba quand il sollicita l’intervention de l’O.N.U. Il ne fallait pas faire appel à l’O.N.U. L’O.N.U. n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenu, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur.
Voyez le Cameroun. De quelle paix jouissent les sujets de M. Ahidjo tenus en respect par un corps expéditionnaire français qui, la plupart du temps, a fait ses premières armes en Algérie ? L’O.N.U. a cependant contrôlé l’autodétermination du Cameroun et le gouvernement français y a installé un « exécutif provisoire ».
Voyez le Viet-Nam.
Voyez le Laos.
Il n’est pas vrai de dire que l’O.N.U. échoue parce que les causes sont difficiles.
En réalité, l’O.N.U. est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué.
Les partages, les commissions mixtes contrôlées, les mises sous tutelle sont des moyens légaux internationaux de torturer, de briser la volonté d’indépendance des peuples, de cultiver l’anarchie, le banditisme et la misère.
Car enfin, avant l’arrivée de l’O.N.U., il n’y avait pas de massacres au Congo. Après les bruits hallucinants propagés à dessein à l’occasion du départ des Belges, on ne comptait qu’une dizaine de morts. Mais depuis l’arrivée de l’O.N.U. on a pris l’habitude chaque matin d’apprendre que les Congolais par centaines s’entremassacraient.
On nous dit aujourd’hui que des provocations répétées furent montées par des Belges déguisés en soldats de l’Organisation des Nations Unies. On nous révèle aujourd’hui que des fonctionnaires civils de l’O.N.U. avaient en fait mis en place un nouveau gouvernement le troisième jour de l’investiture de Lumumba. Alors on comprend beaucoup mieux ce que l’on a appelé la violence, la rigidité, la susceptibilité de Lumumba.
Tout montre en fait que Lumumba fut anormalement calme.
Les chefs de mission de l’O.N.U. prenaient contact avec les ennemis de Lumumba et avec eux arrêtaient des décisions qui engageaient l’Etat du Congo. Comment un chef de gouvernement doit-il réagir dans ce cas ? Le but recherché et atteint est le suivant : manifester l’absence d’autorité, prouver la carence de l’Etat.
Donc motiver la mise sous séquestre du Congo.
Le tort de Lumumba a été alors dans un premier temps de croire en l’impartialité amicale de l’O.N.U. Il oubliait singulièrement que l’O.N.U. dans l’état actuel n’est qu’une assemblée de réserve, mise sur pied par les Grands, pour continuer entre deux conflits armés la « lutte pacifique » pour le partage du monde. Si M. Iléo en août 1960 affirmait à qui voulait l’entendre qu’il fallait pendre Lumumba, si les membres du cabinet Lumumba ne savaient que faire des dollars qui, à partir de cette époque, envahirent Léopoldville, enfin si Mobutu tous les soirs se rendait à Brazzaville pour y faire et y entendre ce que l’on devine mieux aujourd’hui, pourquoi alors s’être tourné avec une telle sincérité, une telle absence de réserve vers l’O.N.U. ?
Les Africains devront se souvenir de cette leçon. Si une aide extérieure nous est nécessaire, appelons nos amis. Eux seuls peuvent réellement et totalement nous aider à réaliser nos objectifs parce que précisément, l’amitié qui nous lie à eux est une amitié de combat.
Mais les pays africains de leur côté, ont commis une faute en acceptant d’envoyer leurs troupes sous le couvert de l’O.N.U. En fait, ils admettaient d’être neutralisés et sans s’en douter, permettaient aux autres de travailler.
Il fallait bien sûr envoyer des troupes à Lumumba, mais pas dans le cadre de l’O.N.U. Directement. De pays ami à pays ami. Les troupes africaines au Congo ont essuyé une défaite morale historique. L’arme au pied, elles ont assisté sans réagir (parce que troupes de l’O.N.U.) à la désagrégation d’un Etat et d’une nation que l’Afrique entière avait pourtant salués et chantés. Une honte.
Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas.
Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité. Si Lumumba gêne, Lumumba disparaît. L’hésitation dans le meurtre n’a jamais caractérisé l’impérialisme.
Voyez Ben M’Hidi, voyez Moumié, voyez Lumumba. Notre tort est d’avoir été légèrement confus dans nos démarches. Il est de fait qu’en Afrique, aujourd’hui, les traîtres existent. Il fallait les dénoncer et les combattre. Que cela soit dur après le rêve magnifique d’une Afrique ramassée sur elle-même et soumise aux mêmes exigences d’indépendance véritable ne change rien à la réalité.
Des Africains ont cautionné la politique impérialiste au Congo, ont servi d’intermédiaires, ont cautionné les activités et les singuliers silences de l’O.N.U. au Congo.
Aujourd’hui ils ont peur. Ils rivalisent de tartufferies au tour de Lumumba déchiqueté. Ne nous y trompons point, ils expriment la peur de leurs mandants. Les impérialistes eux aussi ont peur. Et ils ont raison car beaucoup d’Africains, beaucoup d’Afro-Asiatiques ont compris. Les impérialistes vont marquer un temps d’arrêt. Ils vont attendre que « l’émotion légitime » se calme. Nous devons profiter de ce court répit pour abandonner nos craintives démarches et décider de sauver le Congo et l’Afrique.
Les impérialistes ont décidé d’abattre Lumumba. Ils l’ont fait. Ils ont décidé de constituer des légions de volontaires. Elles sont déjà sur place.
L’aviation katangaise sous les ordres de pilotes sud-africains et belges a commencé depuis plusieurs jours les mitraillages au sol. De Brazzaville, des avions étrangers se rendent bondés de volontaires et d’officiers parachutistes au secours d’un certain Congo.
Si nous décidons de soutenir Gizenga, nous devons le faire résolument.
Car nul ne connaît le nom du prochain Lumumba. Il y a en Afrique une certaine tendance représentée par certains hommes. C’est cette tendance dangereuse pour l’impérialisme qui est en cause. Gardons-nous de ne jamais l’oublier : c’est notre sort à tous qui se joue au Congo.
Frantz Fanon
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Le Bougnoulosophe
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12/10/2010
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Libellés : CONGO
L'heure n'est plus qu'aux sanctions !
Chacun comprend bien que la poursuite de cette colonisation rend totalement invraisemblable l'idée d'un Etat palestinien viable, et annule l'objet même de la négociation, le territoire, la terre.
La déclaration des Etats Unis marque la fin des 10 ans de recherche d'un « compromis » par la méthode douce avec Israël. Etat qui n'a cessé de pratiquer pendant ces dix ans, la méthode dure : occupation, expropriation, colonisation, violation des droits humains, crimes de guerres...
L'Union Européenne ne peut plus échapper à ses responsabilités à présent. La colonisation est un crime au regard du droit international; La CIJ a confirmé l'illégalité du mur, et demandé des pressions contre Israël. Le rapport Goldstone a confirmé les crimes de guerre pendant l'opération « plomb durci »; crime de guerre est la qualification de l'arraisonnement meurtrier de la flottille Free Gaza dans les eaux internationales le 31 mai dernier.
L'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël est soumis au respect de son article 2 par la clause conditionnelle du respect des droits humains.
Aucun des produits israéliens, qu'ils proviennent des colonies ou non, ne peut prétendre légalement au bénéfice à ce jour de cet accord.
L'Union Européenne doit suspendre immédiatement l’accord d'association avec Israël, sauf à considérer qu'elle accorde de fait à cet Etat une impunité permanente et une excuse absolutoire quels que soient ses crimes.
Ce que la communauté internationale peut faire de mieux pour la paix aujourd'hui c'est:
- prendre acte du refus israélien du minimum exigible pour de véritables négociations,
- constater l'échec de dix ans de tentatives internationales de compromis avec cet Etat qui se trouve aujourd'hui totalement «hors la loi»,
- en tirer toutes les conséquences et appliquer les sanctions qui s'imposent
Tous les citoyens d'Europe doivent exiger l'application des sanctions prévues par le droit international. Toute organisation soucieuse de la défense des droits des peuples dans le monde doit exprimer une telle exigence.
Le bureau national de l’UJFP*
En Belgique
* A ne pas confondre avec UPJB dans lequel sévissent notamment un ex-maoiste et fils prodigue qui n’en finit pas de faire son retour dans la bonne bourgeoisie juive bruxelloise (le rôle de « paria conscient » ne nourrissant pas son homme), un « Jivaro lacanien » qui essaie de transcender son interminable cure par une improbable chasse à la licorne (comme la réduction des têtes est punie par la Loi, il se contente de raccourcir les noms, ordre symbolique oblige) et une pauvre fille, qui sans « certificat de judéité », mais plein de zèle, voudrait se faire plus juive que Moïse…
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Le Bougnoulosophe
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12/09/2010
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Libellés : PALESTINE
Lettre ouverte à Caroline Sagesser
Je souhaite ici réagir à votre article « Souhail Chichah : probablement négationniste, certainement malotru ! » mis en ligne sur le site de l’ « Agence Diasporique d’Information »(1) et que vous avez très largement diffusé par listes d’envoi électroniques. Votre article m’a valu de nombreuses interpellations de collègues, de parlementaires, de journalistes ainsi que de militant‐e‐s féministes et antiracistes dans une actualité où des tensions entre antiracistes et antisexistes s’expriment au quotidien (2).
Vous avez situé nos échanges dans un espace genré. Opposé à l’individualisme méthodologique, je ne peux que m’inscrire dans la mise en perspective proposée. Je l’affine cependant afin de mieux rendre compte de nos positions sociales respectives et des rapports de force qui les sous‐tendent : bien plus qu’entre une femme et un homme, nos échanges sont à lire entre une blanche et un indigène(3). Cette lettre revient sur les circonstances de notre polémique née sur Facebook et que vous avez sortie de ce réseau social en lui donnant une très large publicité mais en ne relayant et en ne surlignant que les seuls éléments en faveur de votre thèse (vous m’accusez de négationnisme et de sexisme). Une contribution future devrait donner quelque intérêt à l’échange en quittant le champ de l’ad hominem afin de mieux mettre en évidence des positions génériques et des effets de structure.
Contexte
Depuis la conférence organisée par le Cercle du Libre Examen de l’ULB, le 20 septembre dernier, sur le thème pourtant de la liberté d’expression, je suis l’objet d’une violente campagne d’harcèlement et de dénigrement : agression à la sortie de mon domicile, déferlement de menaces de mort, d’insultes à caractère raciste, de calomnies de la part de personnalités publiques et associations, ainsi que sous le coup d’une procédure judiciaire pour incitation à la haine raciale visant l’un de mes écrits (4) …dénonçant justement le racisme.
Rappels des faits et commentaires
--Le 14/10, vous exprimez sur Facebook votre perplexité face à une pétition signée par 1600 personnes dénonçant la campagne de diffamation lancée contre le Vice-Recteur faisant fonction de l’ULB, M. Van Damme, et votre serviteur, à la suite du débat du 20/09 dernier(5) :
« Caroline Sägesser a reçu une pétition de soutien à S. Chichah qui la rend perplexe : pour défendre sa liberté d’expression, les auteurs prétendent restreindre celle de ses critiques ! » (6)(sic)--C’est dans le contexte précité que le 17/10 vous m’avez pris à partie, sur le mur Facebook d’un ami commun, m’accusant de négationnisme et me dénigrant sur mes capacités intellectuelles. Vous me qualifierez plus tard, toujours sur Facebook, de chercheur de « saloon ».
Certes méprisant (par le « mon chéri »: toute patience ayant ses limites !) mais en aucun cas sexiste ! Aucune discrimination de genre, de fait, dans mes propos.
Je ne vous attaque ni pour ou sur votre condition de femme. Aucun essentialisme, je considère le sexe comme « fait social ». Et c’est bien votre démarche qui s’apparente au machisme, en exigeant le respect de la bienséance alors que vous vous inscrivez dans une violente campagne de délégitimation, avec une légèreté péremptoire que seule votre position sociale de dominante autorise.
En effet, l’accusation de négationnisme, délit grave et abject, vaut mort sociale pour un chercheur. Quelle censure plus violente ? Quelle plus grand privilège de dominant que celui de pouvoir exclure ?
Dans un second commentaire, je précise le sens à donner à mon propos « Dis Philippe/ Caroline, (toi aussi) faut arrêter de te toucher m-on/a chéri-e» que vous avez lu au premier degré. Pourtant la littérature est riche de parallèles entre une pensée jugée creuse et l’onanisme. Ainsi Marx : « La philosophie et l’étude du monde réel sont dans le même rapport que l’onanisme et l’amour sexuel. ».(10)
Plus prosaïquement, en langue argotique(11), on dit d’une personne « qu’elle doit arrêter de se toucher » quand on entend lui signifier qu’elle pratique la masturbation intellectuelle ou si vous préférez, dans une tournure plus xyloglottique, qu’elle s’adonne à la tétrapilectomie.
Précisément votre démarche lorsque vous dénaturez ma pensée, à force de citations inexactes et de contorsions sémantiques, afin de la présenter comme négationniste.
Mais comment expliquer - je veux croire en votre bonne foi - que vous lisiez une allusion sexiste là où j’évoque spéculations spécieuses ?
Comme le rappelle Bourdieu « la communication entre classes (ou, dans les sociétés coloniales ou semi-coloniales, entre ethnies) représente toujours une situation critique pour la langue utilisée, quelle qu’elle soit. Elle tend en effet à provoquer un retour au sens le plus ouvertement chargé de connotations sociales »(12) : Et quelle représentation du « garçon arabe » ont certaines féministes dévoyées et nombre de vos ami-e-s islamophobes du R.A.P.P.E.L.? N’est-elle pas l’archétype de l’homme sexiste et violent comme l’affirme l’égérie du « néo-féminisme républicain »(13), Elisabeth Badinter (14)?
Comment expliquer autrement la « panique »(15) et les « pulsions presque meurtrières »(16) que je vous inspire alors que vous ne me connaissez ni d’Eve ni d’Adam?
Ainsi, après vous avoir présenté d’initiative mes excuses(17) par mail le 19/10 dans une démarche de conciliation, je vous ai invitée à la métacommunication autour d’un café. Invitation que vous m’avez fait l’honneur d’accepter, en la conditionnant toutefois à la présence d’un tiers pour une raison… pour le moins surprenante :
J’ « aspire à retrouver un peu de quiétude et en particulier de sommeil. Et je me dis que quand on regarde le loup-garou(18)droit dans les yeux, on a moins peur. Excusez-moi pour cette image ; elle est à dessein celle d’une créature imaginaire car j’ai assez de lucidité pour savoir qu’il y a une part de paranoïa dans ma panique. M. X, je n’ai pas souhaité votre présence comme modérateur d’un quelconque débat ; je n’oserais tout simplement pas rencontrer M. Chichah seule à seul»(19).
Mais plus qu’exorciser votre peur, il vous faut également me mater.
C’est ainsi que vous écrivez sur Facebook: « Il s’agit de dénoncer des insultes racistes intolérables, particulièrement de la part d’un chercheur de l’ULB (…)… J’ai appris depuis que je n’en étais pas la première victime, ce qui me conforte dans l’idée qu’il était effectivement de mon devoir de le dénoncer » (20). Ou encore : « Quant à une prétendue chasse aux sorcières, j’ai depuis reçu d’autres témoignages de femmes faisant état de la réception d’insultes sexistes du personnage, sans aucune provocation préalable. Je me félicite donc doublement d’avoir exposé ce personnage, même si ce n’est pas vraiment une partie de plaisir vu les réactions que je reçois (heureusement il y a plus de soutien que d’insultes, mais la bassesse des secondes fait frémir) »(21) .
Sans doute faites-vous allusion à Mme Viviane Teitelbaum ou à encore à votre amie Mme Irene Kaufer ? La première m’accusant d’antisémitisme contre l’intelligence, la seconde affirmant sur son blog(22)que je l’aurai insultée, à contrevérité comme elle le reconnait elle-même par mail(23) .
Faut-il croire que vous conservez l’anonymat de ces autres « victimes », dont vous vous autoproclamez le bras vengeur, de peur que le « loup-garou » ne les croque? Où est-ce une fois encore le fruit de votre imagination à l’instar de vos « visions mentales de colis piégés »(24) ?
Sans élément de preuve aucun, cette seule nouvelle accusation devrait suffire à vous disqualifier en tant que calomniatrice…mais dans notre belle société « interculturelle », c’est l’indigène qui doit unilatéralement le respect au blanc. Chacun à son rang, sous faute de dé-ranger l’ordre social…
De la même manière qu’une blanche dénonçant la domination subie par le blanc est considérée comme hystérique, si elle n’affirme pas le respect de la structure d’autorité dans le même temps qu’elle la dénonce, l’indigène sort de la bienséance s’il dénonce son infériorisation hors des lignes bourgeoises de la domination.
Peu importe la violence subie, l’indigène doit d’abord exprimer son intégration à l’ordre social : peu importe l’irrespect du dominant, le dominé lui doit le respect inconditionnel dû à son rang. Et travestir un rapport de pouvoir en un rapport de sens. Violence symbolique qui fait le quotidien de l’indigène.
Ainsi, ma prise à partie injurieuse dans le passé par M. Jean Vogel que j’ai eu la prétention folle d’inviter à réfléchir de concert sur les questions de l’antisémitisme et de l’antisionisme. Dans un univers académique pourtant attentif au rejet des arguments d’autorité et ad hominem, à l’exception de quelques très rares réactions indignées, ces insultes-là(25) sont passées inaperçues. Tout comme celles que vous proférez à mon encontre.
Deux poids, deux mesures ? Certes, l’opinion est bien préparée à représenter le « kholoto » en malotru (26), comme l’illustre si bien l’un de vos amis chers sur lequel je reviens plus loin.
Discours victimaire ? Si je vous ai relayé quelques-uns des vomitifs courriels musulmanophobes qui m’ont été adressés, c’est bien pour vous mettre face à la virulente haine anti-arabe que nourrit et attise la campagne de calomnie et de dénigrement à laquelle vous participez, campagne initiée par le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB) et la députée Viviane Teitelbaum.
L’extrait suivant est sans équivoque :
« (…) vous oubliez singulièrement ces hordes pouilleuses venues du fin fond de l Atlas et d autres parties du Maroc, qui n ont de cesse que de dégrader l environnement qui n est pas le leur. Vous avez transposé la saleté et la crasse de vos casbah en des endroits qui étaient, avant votre venue et celles de vos coreligionnaires, des quartiers ou il faisait bon vivre,. Vous en avez fait des coupes gorges plein d'ordures, de pisse et d'excréments de ces brutes sans éducation, auxquels intellectuellement je vous identifie. Je n ai qu un souhait c qu un nouveau Charles Martel, vienne et qu il vous remette la bonne branlée que vous méritez, et que vous nous foutiez la paix pour au moins encore mille ans. Je ne vois aucun inconvénient à ce qu il fasse mieux, et qu il vous éradique carrément de la surface de la terre. En tous cas qd vous aurez un gouvernement d extrême droite, ce qui est loin d être impossible, vous pourrez commencer a vous en faire pour vos claouinettes. » (27)
Bien entendu, vous n’êtes pas l’auteure de cette prose immonde appelant de ses vœux rien de moins …qu’un génocide ! Mais bien pire encore, étant donné votre autorité de scientifique, vous la cautionnez en la justifiant au motif que je vous aurais « trainée dans la boue » (sic). Ainsi, vous avez réagi à ce courriel digne de l’extrême-droite la plus immonde par : « Vous me trainez dans la boue sans motif, et puis vous vous étonnez ! Le rôle de la vierge effarouchée ne vous va pas » (28) .
- Toujours le 18/10, vous restreignez l’accès à votre profil Facebook et clôturez les échanges au motif de la grossièreté de vos contradicteurs dont vous écrivez avoir supprimé « les insultes graves à des tiers ». Or, en cette fin novembre, certains commentaires accompagnant votre article sur Facebook, me qualifient encore de « trou du cul », de « branleur » et d’ « abruti », entre autres amabilités. Je serais néanmoins d’accord avec vous pour ne pas considérer ces insultes comme graves au regard de vos qualifications de négationniste, raciste et sexiste.
Votre caution du racisme anti-arabe se dégage encore de l’exemple suivant. Dans un mail daté du 21/10, vous vous plaignez du « fait qu'un de [vos] amis qui [vous] dit [m’] avoir envoyé un mail hier a reçu aujourd'hui des insultes » d’un internaute anonyme. La charge raciste contenue dans le mail que m’avait envoyé votre ami, et qu’il avait intégralement publié sur votre mur Facebook, vous aurait-elle échappé ? Votre ami évoque mes « insultes sexistes, digne d’un vrai kholoto ».
Vous avez néanmoins supprimé ce commentaire de votre profil Facebook après que je vous ai annoncé le dépôt d’une plainte pour injure à caractère racial contre votre ami. Je vous en remercie.
Mais pourquoi donc n’en avoir pas fait autant, sur votre profil, avec les commentaires racistes de M. Dominique Geyssens dont vous soulignez pourtant – sans la moindre tonalité inquisitrice le concernant – « l’amalgame raciste » ?
Ou plutôt, pourquoi n’avoir pas expliqué à votre ami que le « kholoto » n’est pas sexiste par nature au lieu de supprimer son commentaire ? Vous avez pourtant poussé la bienveillance à son égard jusqu’à me reprocher qu’il se fasse insulter par un anonyme, moins tolérant que vous face au racisme anti-arabe.
Et pourquoi donc me reprochez-vous des écrits dont je ne suis pas l’auteur ? « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère » ! Comme l’affirme sur son blog Mme Irene Kaufer en m’imputant des insultes qu’elle reconnait pourtant par correspondance privée n’être pas de mon fait mais d’un tiers. L’amalgame ne procède-t-il pas de la dynamique interne du racisme ?
Certes, « la raison du plus fort est toujours la meilleure » comme en témoigne l’extrait de cet échange sur votre profil Facebook(29):
« Yves Scheller : Le moment est venu de s’organiser idéologiquement et très pratiquement aussi pour dominer, toute transaction mise à part. »
Caroline Sägesser : (…), je dois bien donner raison à Yves. (…), il faudra bien nous préparer à combattre plus qu’à débattre ».
- Enfin, toujours le 18/10, vous affirmez l’ «utilité » de laisser sur Facebook votre article « Souhail Chichah : probablement [sic] négationniste, certainement malotru ! », tout en le diffusant massivement. Notamment en le publiant sur le site pro-israélien de M. Marc Reisinger. Ce dernier assumera pleinement l’accusation infamante, en se fendant d’un « J’accuse Souhail Chichah de négationnisme ». Dans sa dissertation, il se veut l’exégète de votre exégèse…de mon discours : que d’honneurs pour un chercheur de « saloon » !
Un lecteur de M. Reisinger, usurpant mon identité, le commentera d’un malicieux : « Dis, mon petit Marc, toi aussi faudrait arrêter de te toucher mon chéri ! ».
1. http://www.restitution.be/
2. Lire à ce sujet l’éclairante réflexion de la féministe Christine Delphy : « Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » in « Nouvelle Questions Féministes ». 2006, vol. 25 (1), pp. 59-83.
3. « Blanche » et « indigène » sont à comprendre dans ce texte au sens sociologique voire politique de ces deux concepts, à l’exclusion stricte de tout essentialisme ou approche racisée. Voir, entre autres, Christine Delphy : « Classer, dominer : Qui sont les « autres » ? », particulièrement les pp. 7-52. Editions La Fabrique. 2008.
4. http://bougnoulosophe.blogspot.com/2010/04/des-castes-pour-avenir.html
5. http://www.lalibre.be/actu/bruxelles/article/627037/1600-signatures-contre-l-intimidation-intellectuelle-a-l-ulb.html
.6.Voir document word ci-joint : « Facebook de Caroline Sagesser », page 1.
7. http://www.restitution.be/communique-201010181252.html
8. Or Bourdieu nous apprend que « le recours à un langage neutralisé s’impose toutes les fois qu’il s’agit d’établir un consensus pratique entre des agents ou des groupes d’agents dotés d’intérêts partiellement ou totalement différents : c’est-à-dire, évidemment, en tout premier lieu dans le champs de la lutte politique légitime (…) » in « Ce que parler veut dire : L’économie des échanges linguistiques », p. 18. Fayard. 1982.
9.L’article ainsi que ces commentaires sont en attachement PDF titré « Article CS commentaires ».
10. Karl Marx et Friedrich Engels, L’Idéologie allemande, Le concile de Leipzig – III Saint Max. Paris : Éditions sociales, 1953.
11. Pour ma part, l'usage de l'argot n'a rien d'offensant, il a même acquis ses lettres de noblesse dans la littérature.
12.Bourdieu, Ibid., p.19.
13.« Ce féminisme [qui] s’est construit et prospère grâce à deux figures repoussoirs, la fille voilée et le garçon arabe, figures qui reposent elles-mêmes sur deux interprétations simplistes : la fille voilée aliénée, qu’il faudrait émanciper (quitte à l’exclure de l’école), et le garçon arabe sexiste et violent qu’il faudrait mater. », cf. « Les féministes et le garçon arabe » de Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé. Editions de l'Aube. 2004.
14. «Ce combat [la défense des femmes contre les hommes « de la première génération de nouveaux arrivants » ou « d’origine maghrébine »] (…), c’est pour elles [leur(s ?) femme (s ?)] qu’il faut le conduire. Franchement, depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes ». Elisabeth Badinter in L'Arche, novembre-décembre 2003.
15. Voir note de bas de page n° 19.
16.Voir document word ci-joint : « Facebook de Caroline Sagesser », page 29.
17. Voir ci-joint notre correspondance « Echange mail avec CS ». Je n’ai pas jugé nécessaire de m’excuser auprès de M.Schwarzenberger qui me répondra dans le même registre, non sans humour.
18.« [Le blanc] déshumanise l’ [indigène]. A proprement parler, il l’animalise. (…). [Le blanc], quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire ». Frantz Fanon, « Les damnés de la terre », p.45. La découverte. 2002.
19. C’est à regret que je rends public cet élément d’un échange par mail envoyé le 21/10 à M.X et votre serviteur. Il aurait du en effet demeurer privé (j’occulte le nom de notre ami commun) mais la très large publicité que vous avez souhaité donner à notre échange ne me laisse pas d’autres moyens pour le contextualiser.
20. Voir ci-joint document pdf « Article de CS commentaires ».
21. Voir ci-joint document « Article CS et commentaires ».
22.Voir ci-joint, document « Blog Irene Kaufer».
23.Voir ci-joint, document « Echange mail avec Irene Kaufer ». Notons que Mme Kaufer n’a toujours pas rectifié le tir à ce jour (28/11), comme elle le proposait pourtant dans le mail précité, près d’un mois après notre échange. Ni donner suite à mon invitation à nous rencontrer… Et contrairement à ce qu’affirme Mme Kaufer, il n’y a aucun commentaire « inacceptable » concernant Mme Teitelbaum sur mon profil. Cette dernière s’est plainte le 21/10 d’un commentaire la comparant à un rat posté par un internaute sur mon mur le 20/10. J’ai effacé ce commentaire dès que j’en ai pris connaissance. Par contre, les commentaires racistes sur le mur de Mme Teitelbaum (sans qu’il faille lui en imputer la responsabilité, elle n’en est bien évidemment pas l’auteure) sont fréquents et répétés.
24.Voir document word ci-joint : « Facebook de Caroline Sagesser », page 29.
25.Voir le document « Echanges avec Jean Vogel » ci-joint. M. Vogel vient de rendre public cet échange dans une charge calomnieuse contre « SC » publiée dans la revue de l’UPJB de décembre 2010 (dans laquelle vous avez par ailleurs publié un article « restaurer la liberté d’expression » (sic)). On retrouve chez Jean Vogel la trop classique allusion à l’antisémitisme et à la perversité du « garçon arabe ». A noter également, la déférence, ou au contraire le mépris, exprimé au contradicteur suivant qu’il soit blanc ou indigène…
26.« Sans éducation, de manières grossières » nous apprend le Robert.
27. Mail envoyé par un certain Andrep, voir document PDF « Mail Andrep ».
28. Réaction de Caroline Sagesser au relais du mail d’Andrep. Voir document PDF « Echange CS 21-10-10 ».
29.Voir document word ci-joint : « Facebook de Caroline Sagesser », page 29.
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Le Bougnoulosophe
à
12/06/2010
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