Si Isabelle Adjani dans « La journée de la Jupe » manie, dans son hystérie de goumière de l’Education Nationale, le flingue pour mâter et inoculer les principes de la laïcité, les idéaux républicains et Jean-Baptiste Poquelin à des élèves « ensauvagés » selon l’expression d’un bel esprit moralisant et salivant de la place intellectuelle - le flingue étant par excellence une extension sexuelle chargée (sans calembour) -, il n’en va pas de même dans un établissement scolaire du secondaire situé à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la capitale. Lieu où, Dieu merci, la nostalgie et l’ordre règnent comme au temps béni des colonies, quand l’indigène invisible se confondait avec les murs. Ou quand mâté il servait de carpette pour l’essuyage des pieds.
Cet établissement professionnel sis à Bezons est le lieu où sévit un résidu de ces miasmes colonisantes, en la personne d’un professeur de mathématiques aux propos salaces et dégradants. Ce professeur tient en respect, littéralement à ses bottes, les classes dont il a la responsabilité, non pas avec un flingue, mais, tout virilement, avec sa « teube » comme disent les jeunes, « grosse » selon ses prétentions. Le Rocco Siffreddi de l'Education Nationale ferait mieux de se la remballer et d'aller se rhabiller une fois pour toute.
A se demander, si ce pervers ne s’est pas trompé de métier, encore faut-il, au-delà de toutes ces tartarinades de comptoir, qu’il fasse ses preuves dans un métier où, justement, il n’est pas permis de se dégonfler, car les films cochons mensuels de Anal+ pour tout outil didactique, cela fait un peu mince.
Si notre pédagogue, ne recourt pas à la « trique », pas à celle-là, lorsqu’il dispense ses cours de mathématiques vaselinés d’expressions crues puisées dans le répertoire du hardcore, sinon dans le cul même du métier, ce n'est certainement pas à l'intelligence de l'élève qu'il fait appel.
Pervers et retors, sûr de lui, dominant son petit monde potache terrorisé, selon l’expression consacrée, il use et abuse impunément de son autorité au su de sa hiérarchie qui ferme les yeux, et fait la sourde oreille sur ces méthodes dégradantes.
A se demander quel pouvoir détient cet individu pour intimider et menacer son monde ? Aux témoignages et aux plaintes des élèves choqués, il rétorque : "allégations, diffamations, manipulations !" En renversant la vapeur, faisant de ces petites victimes des coupables en puissance, influencés par des esprits subversifs et séditieux au corps de l’Education Nationale !
D’un sadisme et d’un racisme maladifs, il n’a pas plus d’égards ou de respect à l’endroit de ses collègues de couleur à peine considérés et implicitement toisés de « négros » ou de « bougnoules ».
Manipulateur et pervers, il maîtrise toutes les postures et connaît tous les rouages pour soumettre et faire chanter son monde. Il bénéficie pour cela de quelques chevilles alliées, faire-valoir de l’établissement, bien "soumises", littéralement sous tous rapports, calembour compris, à ses desiderata concupiscents. Certaines de ces dernières vont jusqu’à porter le coup de grâce aux petits plaignants par des consolations du genre "ce n’est pas de ma faute si vous avez les gueules que vous avez !" Alors que ces impudentes sont de la même origine qu’eux. Les Harkis ne sont pas ceux qu’on croit...
Conforté par la passivité et le consentement d’une hiérarchie quasi complice dans ces prévarications, qu’elle s’accorde de temps à autre de minimiser et d’en relativiser la portée, le pervers professeur de mathématiques perdure de plus belle dans l’obscénité et l’impunité totales. Sachant que mise à part des parents démissionnaires et illettrés, tributaires des allocations et las de l’échec constant de leur progéniture, il n’a en face de lui aucune force morale et dissuasive pour mettre fin à sa tyrannie et barrer la route à son ego tordu et mal placé.
Mais si tous les recours légaux ont été épuisés et laissés sans appel, que reste-t-il alors ? Un règlement physique serait préjudiciable qui positionnerait le coupable dans une posture victimaire, si ce n’est déjà le cas avec toutes les plaintes déposées contre lui par les élèves et des personnes morales. Et il en est conscient au point d’y prendre goût et un certain plaisir. Il est du devoir de sa hiérarchie et son autorité de tutelle d’intervenir pour crever cet abcès qui a la longue, s’il n’est pas circonscrit risque de se métastaser ailleurs. Il est du devoir de la direction de l’établissement où sévit ce « petit tyran dérangé » de protéger ses élèves, tous les élèves quelles que soient leur origine, couleur ou confession. N’est-ce pas là le devoir de l’école républicaine préconisé par M. Jules Ferry ?
Ce n’est pas en recourant à l’obscénité dans les propos, à la dévalorisation et à l’infantilisation par l’appropriation du langage des jeunes et de leurs mécanismes de comportement qu’on arrivera a se faire comprendre d’eux et moins encore à les dresser.
L’école, faut-il faire entendre à cet esprit détraqué, n’est pas un camp de rééducation. C’est une affaire de pédagogie patiente et non d’autoritarisme personnel. Elle est faite pour construire et non détruire, et c’est bien à une tentative de destruction à laquelle on assiste ici, à moins que ce ne soit une stratégie de sabordage destinée aux seuls enfants des quartiers populaires, qu'ils soient d’origine immigrée ou française de milieu social défavorisé.
Les médias ne ratent aucune occasion pour relater les violences en milieu scolaire faites aux enseignants et il est rare qu’elles dénoncent ces derniers lorsqu’ils en sont coupables, ce qui est assurément le cas pour ce professeur de Bezons.
Quelques questions : pourquoi l’autoritarisme militaire de certains professeurs qui se sont trompés de caserne est-il édifiant ? Est-il le seul fait des lycées professionnels ? Est-ce parce que ces établissements regroupent tous les échoués scolaires ? Tous les cas sociaux ? Ou la plupart des enfants immigrés à la scolarité et au savoir déficients ? Et si c’est le cas, n’y a t-il pas un autre moyen que le mépris, l’infériorisation et le dressage pour sauver ce qui pourrait l’être ?
Tous les enfants ne sont pas des « sauvageons » ni des « ensauvagés » n’en déplaise à ceux qui veulent grossir le trait et pérenniser ce lieu commun. La thérapie n’est pas d’éduquer les jeunes de ces lycées à coups de flingue pour leur faire rentrer du Molière, comme le fait la pétroleuse Isabelle Adjani, qui a soulevé tant d’enthousiasme chez les partisans de la laïcité. Ceux-là même qui ont vu dans le film non pas un combat pour sauver l’école du naufrage, mais celui contre l’arabité et l’islamité rampantes qui, d'après eux, ébranlent les fondements de la république. Si naufrage il y a, ça serait bien celui d’Isabelle Adjani, qui par ce rôle tente de revenir à la surface après tant d’années de "bouffitude" et d’oubli, tel un cachalot à la dérive.
Et pendant ce temps-là le "Rocco de Bezons" continue ses méfaits en toute tranquillité...
Mohamed Marhoum
Le "Rocco Siffredi" de Bezons
Publié par
Le Bougnoulosophe
à l'adresse
3/30/2009
Libellés : POSTCOLONIE
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7 commentaires:
T'as de d'ces copains, toi !
Remarque le film, il a pas plu aux cathos non plus, on dirait.
Quelle idée d'aller au cinéma !
Que des conneries.
Ah j'oubliais !
Avec un titre comme ça, tu vas voir ça gonffle les stats !
Hi hi
Tu sais, c'est un film, hein, pas une histoire vraie ...
A l'anonyme;
Tu devrais en prler aux gogols qui sont persuadés que ce qu'ils ont "vu", c'est le réel... Tu en es ?
Quelque chose me dit que ce bon Marhom n'est pas un Kabyle, comme cette vieille pétroleuse d'Adjani... Ah !
Monsieur Marhoum,
ça fait plaisir de voir un auteur aussi cultivé s'intéresser aux méthodes pédagogiques employées pour des élèves qui arrivent en lycée professionnel, pour la plupart, traumatisés par les sciences exactes.
Je dois dire que des quelques articles que j'ai pu parcourir, seul le votre a le mérite de mettre sur la table les vraies problématiques auxquelles doit faire face l'éducation nationnale.
Et ceci avec beaucoup de sel, d'humour et de dérision.
Je regrette seulement que vous vous soyez précipité pour écrire votre article, sans, de toute évidence, creuser, multiplier vos sources d'information.
Cela vous aurait évité de dire tout le contraire de ce qui peut se passer en réalité dans cet établissement où la plupart des personnels mettent tout en œuvre pour aider les élèves à réussir leurs études et leur insertion dans la société, et où les lois de la république s'appliquent à tous et en particulier aux professeurs, dont une majorité à beaucoup de mérite de mener à bien leurs missions dans le climat actuel.
Une autre fois peut-être, corrigerez-vous ce manque de professionnalisme, ce qui vous permettras de pondre un article, comment dirais-je....moins orienté...
Le Rocco Sifredi de Bezons !
M. G., vous dites dans votre commentaire :
"Cela vous aurait évité de dire tout le contraire de ce qui peut se passer en réalité dans cet établissement où la plupart des personnels mettent tout en œuvre pour aider les élèves à réussir leurs études et leur insertion dans la société, et où les lois de la république s'appliquent à tous et en particulier aux professeurs..."
or, j'ai eu la malheureuse occasion de vous connaître au cours de ma carrière et la personne que j'ai eu face à moi était très loin du professeur exemplaire que vous vous targuez d'être. Dans bien des situations, vous vous êtes montré pervers, irrespectueux et avez fait preuve d'une violence symbolique inouïe vis-à-vis de vos élèves. Et je ne parlerai pas de votre attitude lors de conseils de discipline qui ressemblaient à s'y méprendre à des tribunaux d'exception.
Aussi, je souhaite avec force que, dans un avenir proche, votre présence devant une classe ne soit plus tolérée.
Quant aux enseignants et administrateurs qui vous suivent sur le chemin de l'autoritarisme et de la répression, je leur souhaite un réveil douloureux et salvateur.
Pour l'heure, je vous conseille vivement de jeter un œil sur les ouvrages d'un certain Célestin Freinet qui lui, était un enseignant exemplaire.
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