La littérature « cuisinée » à la Diable

« Méfiez-vous, parce que l'on commence par dire des âneries... Ensuite, on sort quelques balourdises... Puis des stupidités, et de stupidités en stupidités... on en arrive aux inepties et, un jour, on se surprend à proférer des énormités. Il est top tard, l'esprit est faussé! » (Raymond Devos, Sens dessus dessous)


Calixthe Beyala est à la littérature, ce que Dracula est au mercurochrome, à savoir, une stryge sans état d'âme, aux longs crocs, capable de les planter dans les meilleures chairs, littéraires s'entend, pour siphonner la sève vitale, indispensable à son imagination déshydratée. Elle se veut écrivaine, alors que l’aphérèse « vaine » lui irait élégamment pour son penchant maladif à la kleptomanie littéraire.

« Négresse Verte flonflon et accordéon », certainement pas, mais « Négresse Blonde à fourrure » parvenue, sûrement, de celles qu'on subodore, affectionner en secret le péché mignon de gourmandise, en substituant le « Bounty » au manioc et en se retournant la peau devant la glace et vers Dieu, certains soirs de doute pour mendier sa grâce, afin qu'il éclaircisse sa mélanine et la dénégrifie un petit peu plus du petit peuple de Belleville ou de Château-Rouge, bien qu'elle habite Pantin.

Des pique-assiettes, elle a cette mauvaise manie de se sustenter aux dépens des autres. Car elle ne s'embarrasse pas, le moins du monde, de « caviarder » à tous les râteliers littéraires, pour combler un appétit à la fois déficient et insatiable. Elle se veut forte en thème, là, ou d'autres se contenteraient de thé et de bonnes manières, alors qu'en gueule, elle ferait taire la plus rustre des aboyeuses de « maquis » de Yaoundé.

Aussi assommante qu’envahissante, et aussi Imprévisible qu'un diable à ressort, elle surgit là, où on ne l'attend pas, et là, où certains, voudraient l'entendre, volontiers débiter à satiété ses inepties et ses incohérences à remplir un théâtre, qu’ils considèrent comme du «parler vrai» alors qu’il ne s’agit que de roublardises et de provocations calculées. :

« La guerre d’Israël contre Gaza est juste. A la place d’Israël j’aurais fait pareil si j’avais reçu des roquettes dans mon jardin. Un gouvernement a le droit de se défendre quand il est agressé. Il est normal que le peuple israélien soit crispé (en ayant élu des dirigeants comme Lieberman ) avec tout ce qu'il a souffert. Il est menacé de disparition par Hamas » (Radio RCJ 94-8)

Et d'autres, qui l'ont déjà vu en grâce et, lyrique dans ses épanchements sonores, ne démentiraient pas son talent de hâbleuse, à brasser plus d'air qu’une danseuse callipyge de « Mapouka » faisant le ventilateur pour séduire son monde. Ne doutant de rien, elle est à l'heure, d'oser ces insolences, ouvertement cyniques, loin de s'imaginer, menacée, elle même, de dépassement d'abord, et de disparition ensuite, par ses propres âneries vaseuses.

Elle prétend écrire, Paul-Loup Sulitzer aussi, écrit à ses heures perdues, mais à bien regarder, tout le monde en France écrit. C’est ce qui agaça fort Bernard Pivot, qui remarqua, il y a quelques années, ce syndrome de l'écriture chez les Français, et qui fait qu'on comptabilise plus d'écrivains que de lecteurs au mètre-carré aujourd'hui.

Mais au juste; que peut écrire Calixthe Beyala, qui n'eut été déjà écrit par d'autres? Et quand bien même elle saurait écrire, dépasserait-elle en stylistique et en syntaxe plus qu'en plagiat, quelques créanciers littéraires qui lui ont mis le pied à l’étrier, et contribué ainsi à sa notoriété? Comme Howard Buten (Quand j'avais cinq ans je m'ai tué) Alice Walker (La couleur pourpre) Romain Gary (La vie devant soi) Charles Williams( Fantasia chez les ploucs), Paule Constant (White Spirit) qui s'est résignée à la poursuivre en justice, pour éviter de lui faire de la publicité ou l'écrivain Nigérian Ben Okri (La route de la faim) qui scandalisé, eut cette volte-face cinglante, lorsque l'emprunteuse justifia son larcin, en définissant la littérature africaine, de littérature foncièrement plagiaire :

« C'est faux, et malfaisant. Car elle laisse croire que les écrivains africains sont de constants emprunteurs. C'est insultant pour eux et pour la littérature.» avait rétorqué l’écrivain Nigérian dans une interview livrée au journal Libération. C’est un insultant aussi pour Mongo Betti, qui magnanime avait relativisé sa kleptomanie.

Comédienne ingénue, et imbue d’elle-même, elle finit par déborder de partout. Opportuniste, elle confond un micro de radio avec une perche tendue comme celui de la radio pro-israélienne susmentionnée : « ...Tout ce que j'ai demandé a été repris. Aujourd'hui tous les politiques ont repris mes idées... » Sauf que sa modestie, loin de l’étouffer, lui intime de ne pas reconnaître, qu'elle s'est bien servie et pas qu'un petit peu, en faisant siennes, les idées des autres, qu'elle omet par amnésie volontaire de citer ou par ingratitude de remercier, en créditant ses erreurs sur le compte du passé. Un vrai coucou de la littérature, retors et idiot à la fois, pour s’ingénier à croire encore que le monde est à ce point ignare et au mieux atteint de légasthénie!
Confrontée au critique de service de l'émission « On n'est pas couché ce soir » du samedi 14 février 2009, Eric Nolleau, ce dernier n'est pas allé de langue morte, pour lui asséner quelque rudiment, sur l'art d'écrire :

« …Vous avez renoncé au travail minimum de l'écrivain. Style impersonnel, ennuyeux. Le style j'en parle même pas, il n'y en a pas, je vous ai dit c'est Ikea. L'histoire complètement abracadabrante et, ce que vous nous présentez, c'est des personnages en papier crépon dans une banlieue en carton pâte. Moi, je regrette, je veux bien lire votre prochain livre, mais celui-là(*) je regrette de l'avoir lu. ».

Décontenancée, et en manque d'arguments, l'intéressée n'eût comme répartie pour faire diversion, que sa pauvre indigence, étayée par un geste équivoque qui surprit l’auditoire par sa vulgarité. Pour peu, et les noms d'oiseaux voleraient bas, l'esprit, lui, étant, déjà par terre assommé et mal en point. Ce soir, autant le dire, on est passé du café littéraire au maquis de brousse, et Dieu merci, Beyala, n’a pas sorti de son manche de joueuse les indispensables cartes de « sexisme » et de « racisme » à son endroit pour biaiser le débat.

Mais rien ne l’empêche d’écrire un nouveau livre, si elle s’estime à bout d’imagination, pour traîner Eric Nolleau dans la boue, comme elle a pu le faire avec Pierre Assouline qui révéla l’arrière goût faisandé de sa « cuisine » littéraire dans le magazine « Lire » ou Michel Drucker, mais on n’écrit pas comme disait Jean Genet des livres pour régler des comptes, à moins d’en vouloir faire des livres de comptes.

Pas plus démontée qu'une bibliothèque Ikea pour reprendre le mot de Nolleau, « calembourisé » pour la circonstance et la répartie, par Laurent Ruquier, elle rappellera au critique, quand même, toute fière, avoir écrit 17 livres traduits dans le monde entier, mais ne précisera hélas pas, si elle les a au moins bien plagiés pour leur éviter sa consternante médiocrité, parce que aucun de ses livres, n'a jamais défrayé jusque là, la chronique littéraire, c’est plutôt elle qui effraie les chroniqueurs.

Quant aux prix obtenus, on se demande circonspects, s’ils ne lui ont pas été attribués pour sa grande gueule de poissarde qu’autre chose. Ou dans le cas contraire, pour l'encourager à aller plus dans le mur et débiter davantage d'imbécillités éhontées: « Les noirs n'ont jamais eu de conflit avec le peuple juif. Ils ont eu des problèmes avec les Blancs, avec les Arabes, oui, il faut le dire avec les Arabes mais jamais avec le peuple juif

Puisqu’elle insiste, espérons que les Arabes, ne lui sauront pas trop rancuniers, mais magnanimes, comme ça, au moins, ils sauront, un jour se rappeler à son bon souvenir, puisqu'on nous dit, qu’il ne faut jamais jurer de rien dans la vie. Mais n’est ce pas là, une vieille ficelle de « Marketing » usée et abusée par tous les provocateurs en puissance et en mal de notoriété pour vendre leur camelote.

Après Michel Drucker, là voilà qui s’énamoure à présent de Nicolas Sarkozy, jusqu’à lui trouver l’âme d’un vrai « caillera » de banlieue, le même, alors candidat à la présidence, qui n’hésita pas, pour glaner des points dans les sondages, de menacer les lascars de « kärcherisation » :
« J'ai beaucoup de tendresse pour Nicolas Sarkozy car je trouve qu'il est construit comme les types de banlieue finalement. Dés qu'il a du fric il va s'acheter des fringues et des montres clinquantes, il parle comme eux et se démerde comme eux. »

C’est pour qui ces bouquets et ces colliers de fleurs Madame Beyala ? Qu’espérez-vous en retour et en échange ? Le cœur de Nicolas est déjà pris par une « top-model » musicienne, au moins elle, elle sait écrire ses propres chansons et sait jouer de la guitare, mais vous, vous jouez à quoi ? Il n’y a pas si peu, vous ne disiez pas de si jolies choses au site « grioo.com » :
« Pour Calixthe Beyala, le discours de Nicolas Sarkozy associant immigration et identité nationale est dangereux et tend à figer l’identité française alors que la France s’est construite avec des vagues d’immigration successives. »(*)

D’un aveu l’autre, Madame retourne sa peau, promène ses états d’âme et ses lubies, jusqu’à oublier sa couleur et à trouver du glamour à Nicolas Sarkozy, à la question de Patricia Gnasso du journal suisse « Le matin » qui lui demandait :
« D'où vous sentez-vous?
Je suis une Européenne. On appartient à la société dans laquelle on vit, à nos amis, nos amours. Pas à une couleur. Je suis attachée à l'Afrique et tout autant à la France. Dont le président, Nicolas Sarkozy, est un parfait enfant de banlieue. Un débrouillard. » (*)

Pourtant ce n’est pas ce qu’elle bonnissait la veille à Jean-Célestin Edjangue, à moins que ce ne soit l’ivresse de la nostalgie : « Je suis une enfant de New-Bell. Je suis née entre Pk 5 et Nkololoun. Je ne renierais jamais mes origines »(*)

Taratata ! Madame Beyala, gardez-vous de faire la girouette, car le vent qui vient du Nord finira un jour ou l’autre par vous rendre folle, à moins que vous ne le soyez déjà, pour qu’on vous excuse.

Mohamed Marhoum