La crise financière actuelle a non seulement fait surgir le spectre du protectionnisme, mais a aussi déterré les vieux démons de la préférence nationale dans l’embauche. La situation socioéconomique des immigrants en Occident, en particulier celle des musulmans, qui posait déjà problème en période de vaches grasses risque de faire les frais de ces temps de disette. Mais quel est le portrait de ces musulmans en terre d’Occident ?
L’islam est la deuxième religion la plus pratiquée dans le monde après le christianisme. Elle regroupe environ 1,2 milliard de fidèles principalement en Asie, en Afrique et en Europe. Il est très difficile de connaître précisément le nombre de musulmans en Occident, mais des estimations sérieuses peuvent le chiffrer aux alentours d’une vingtaine de millions très inégalement répartis. Ainsi, on remarque que quatre pays, en l’occurrence la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, regroupent plus des deux tiers des musulmans d’Occident. Le reste est disséminé dans les autres pays.
A quelques exceptions près comme la Grèce ou l’Espagne qui comptent une population musulmane séculaire, les musulmans des autres pays sont essentiellement issus d’une immigration plus ou moins récente dépendamment des pays. Contrairement à la place démesurée qu’ils occupent dans les médias occidentaux, la communauté musulmane ne représente qu’environ 3,5 % de la population totale de l’Union européenne, et moins de 3 % de celle de la totalité des pays occidentaux.
De nombreux événements ont contribué à mettre les musulmans d’Occident sous les projecteurs : les attentats du 11 septembre 2001 à New York, ceux de Madrid et de Londres, les caricatures du prophète Mohamed, les péripéties du conflit israélo-palestinien, la publication de certains ouvrages controversés, la controverse sur le voile islamique en France, l’occupation de l’Iraq ou le récent problème nucléaire iranien. D’autre part, les médias ont toujours tendance à monter en épingle les moindres incartades qui ont pour effet de stigmatiser les sentiments islamophobes. A cet effet, le dernier rapport de l’EUMC (Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes) note que : « Les musulmans sont souvent victimes de stéréotypes négatifs, phénomène qui est par moments renforcé par le portrait négatif ou sélectif que véhiculent les médias ». Ce même rapport fait état de centaines d’incidents à caractère islamophobe recensés dans les années 2004-2005 dans tous les pays de l’Union européenne. Aussi, la récente « grande enquête sur la tolérance au Québec » de la firme Léger Marketing qui a fait couler beaucoup d’encre a montré qu’un Québécois sur 2 avait une mauvaise opinion sur les Arabes. Comme les Occidentaux ne font pas nécessairement la différence entre la notion d’Arabe et celle de musulman, les deux mots peuvent être considérés comme interchangeables dans le sondage. Ici aussi, ce sont les Arabes qui ont l’apanage de la perception la plus négative, perception 5 fois plus élevée que celle envers les Asiatiques.
Cette islamophobie grandissante en Occident ne se manifeste pas uniquement dans des sentiments négatifs ou des actes violents. Elle a des répercussions sur l’employabilité des personnes issues de cette communauté. Citons les exemples de la Belgique où le taux de chômage des Marocains et des Turcs est 5 fois plus élevé que celui des Belges de souche. En Grande-Bretagne, des informations détaillées montrent que les musulmans ont le plus haut taux de chômage parmi les hommes, 3 fois plus élevé que celui de la population en général. Plusieurs expériences de demandes d’emploi avec des candidats fictifs ou des noms occidentaux remplaçant un nom arabo-musulman ont été tentées dans plusieurs pays occidentaux.
Les chiffres du chômage dans certains pays occidentaux qui recensent ce type de données en fonction de la religion ou de l’appartenance ethnique sont autant d’indicateurs éloquents en matière d’employabilité des musulmans. En Irlande et en Grande-Bretagne où des statistiques basées sur la religion sont disponibles, on constate que les taux de chômage chez les musulmans sont respectivement 3 et 4 fois plus élevés que ceux des chrétiens.
En Irlande, le taux de chômage des musulmans est près de 3 fois plus élevé que celui de la population en général, alors qu’en Belgique le chômage touche 5 fois plus les Turcs et les Marocains que l’ensemble de la population. Au Québec, de récentes statistiques ont montré que la communauté maghrébine subissait un taux de chômage plus de 4 fois plus élevé que la moyenne, très loin derrière la communauté noire africaine, avec un chiffre de 8 points supérieurs. Pourtant, le pourcentage des immigrants provenant de l’Afrique du Nord possédant des qualifications universitaires est nettement supérieur à la population québécoise en général.
Cette discrimination à l’emploi est, de loin, la plus insidieuse car elle freine l’intégration des musulmans au marché de l’emploi, bloque l’accès à une qualité de vie décente et nuit au sentiment d’appartenance à la société d’accueil.
Quelles mesures ont été prises pour remédier efficacement à cette islamophobie omniprésente en Occident ? En 2008, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié un rapport dans lequel elle fournit des exemples de projets, d’initiatives et de pratiques exemplaires mises de l’avant par plusieurs villes européennes afin de favoriser l’intégration des immigrants, en particulier ceux de confession musulmane dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la participation à la vie sociale. Ce document qui s’adresse aux décideurs politiques et aux praticiens impliqués dans la lutte contre le racisme et la discrimination se veut un outil de travail dont tous les responsables locaux du monde occidental devraient s’inspirer. Malgré ces efforts louables, un récent sondage, réalisé au printemps 2008 dans le cadre du Pew Global Attitudes Project (18), révèle toujours un indéniable accroissement de l’hostilité envers les musulmans dans de nombreux pays occidentaux.
L’islamophobie est un phénomène réellement grave dans les pays occidentaux et sa progression est indéniable. Son ampleur affecte la structure et l’équilibre des pays membres surtout si l’on considère qu’un nombre croissant de musulmans de deuxième et troisième générations sont des citoyens occidentaux à part entière. Une éducation à la citoyenneté et à la diversité sociale doit être obligatoirement insérée dans le cursus officiel des écoles et des positions politiques claires et courageuses sont indispensables afin de juguler ce fléau social. L’empathie et l’ouverture à l’autre sont des gages de la bonne santé d’une société moderne, égalitaire et résolument tournée vers l’avenir.
Ahmed Bensaada
De l’islamophobie en « Occident »
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2/28/2009
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Libellés : IDENTITE, ISLAMOPHOBIE
And the winner is…
Prix du « massacre colonial de l’année » : Tzipi Livni
Pour le massacre perpétré par l’Etat d’Israël à Gaza (plus de 1300 morts et 8000 blessés)
Prix « idéologue du colonialisme» : Henri Guaino
Pour sa rédaction des discours de Dakar et Toulon… ainsi que l’idée de la création d’un ministère de l’identité nationale.
Prix du « colonialisme français » : Brice Hortefeux
Pour sa chasse aux sans-papiers et la mise en œuvre du ministère de l’identité nationale.
Prix du « colonialisme belge» : Annemie Turtelboom
Pour sa déclaration selon laquelle la détention des enfants en centres fermés n’est pas contraire à la Convention Internationale des droits de l’enfant.
Prix « Nostalgie du colonialisme » : Thierry Mandon ex aequo avec Alain Huygues-Despointes. Thierry Mandon, maire PS de Ris Orangis pour l’inauguration de la stèle « Algérie Française »Le Béké Alain Huygues-Despointes pour ses propos colonialistes sur le « maintien de la race »
Prix « Françafrique » : Omar Bongo, président du Gabon
Pour sa longue carrière au service des intérêts français en Afrique
Prix de « l’entreprise colonialiste de l’année » : Vincent Bolloré
Challenger de la mise en œuvre de la Françafrique.
Prix de la lutte anticoloniale de l’année :
Le « mika d’or» ou la « godasse d’or », Prix de la lutte anticoloniale a été attribué ex aequo au peuple palestinien qui résiste depuis 60 ans et au peuple guadeloupéen pour sa résistance à l’ordre colonial français.
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2/26/2009
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Libellés : EMPIRE
Maroc, terre de contraste ...
Tandis qu’il se noue des alliances, aussi inattendues qu’objectives, n'en déplaise aux producteurs occidentaux de clichés et de stéréotypes à flux tendu, entre un écrivain homosexuel - Abdellah Taia - qui a fait son outing il y a peu et une féministe islamiste de renom - Nadia Yassine -, contre la décision d’une ancienne puissance coloniale qui interdisait la présence au festival de Carthagena de la représentante du mouvement islamiste Al-Adala Wa Al-Ihssane - une esquisse de mouvement « postcolonial transgenre » serait-il en marche dans le royaume chérifien ? -, l’association laïciste au nom exquis et raffiné, dont les initiateurs n’en finissent pas de tremper dans des histoires d'argent douteuses, vient de se faire refuser la possibilité d’avoir une antenne au Maroc : « Le ministère de l'Intérieur marocain a refusé l'installation d'un bureau local de Ni putes ni soumises en arguant que l'association française qui se bat contre la violence faite aux femmes "a une approche qui n'est pas adaptée au Maroc", relève le quotidien Aujourd'hui Le Maroc. Le ministère reconnaît que l'association fait un travail respectable en France mais fait état dans son refus de plusieurs associations, "tant nationales qu'étrangères, qui s'activent dans le domaine de la protection des droits des femmes dans le respect des traditions marocaines". "Nous avons besoin d'avoir un pied-à-terre au Maghreb et le Maroc me semble le pays le plus approprié", a répliqué Siham Habchi, présidente de l'association. Elle assure n'avoir pas dit son dernier mot et compte de rendre très bientôt au Maroc pour en discuter. » (*). On pourrait voir dans ses deux événements, en apparence éloignés, tout à la fois, la reconquête de l’« estime de soi », en cette matière il n'est jamais trop tard pour bien faire, rien n’est plus grotesque que le mimétisme automatique envers les dominants (en terme d'hégémonie culturelle), et les prémisses d’un projet de modernité alternative dont la dynamique serait réellement endogène… En tout cas, il est permis de rêver ! Ce télescopage, cette rencontre fortuite soulève d'autres questions : Comment peut-on être Marocain au XXIe siècle? Et puis qui est Marocain aujourd'hui? ...
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2/26/2009
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Libellés : IDENTITE
L'ennemi intérieur
La France des années 2000, comme de nombreux pays, a vu se confirmer un modèle de contrôle censé protéger la population contre la prolifération, en son sein, de « nouvelles menaces » : islamisme, terrorisme, immigration clandestine, incivilités, violences urbaines. Et pour justifier cet arsenal sécuritaire, un principe s'est imposé : désigner l'« ennemi intérieur ». Cette notion évoque la guerre froide, quand cet ennemi était le communisme. Et surtout les guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie, quand l'armée française a conçu la « doctrine de la guerre révolutionnaire », afin d'éradiquer au prix des pires méthodes la « gangrène subversive pourrissant le corps national ». Si cette doctrine a été évacuée officiellement depuis lors par l'État, certains de ses éléments clés auraient-ils contribué à façonner cette grille de lecture sécuritaire qui présente les populations immigrées issues de la colonisation comme les vecteurs intérieurs d'une menace globale ? C'est ce que montre Mathieu Rigouste dans ce livre rigoureusement documenté, en s'appuyant notamment sur un corpus d'archives conservées à l'École militaire. Retraçant l'évolution des représentations de l'ennemi intérieur dans la pensée d'État depuis les années 1960, il explique comment, des territoires colonisés d'hier aux quartiers populaires d'aujourd'hui, la Ve République a régénéré un modèle d'encadrement fondé sur la désignation d'un bouc émissaire socio-ethnique. À travers l'étude minutieuse des étapes de la lutte antimigratoire et de la structuration de l'antiterrorisme, il révèle l'effrayante évolution du contrôle intérieur, de ses dimensions médiatiques et économiques, ainsi que la fonction de l'idéologie identitaire dans la mise en ouvre du nouvel ordre sécuritaire.
Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales à l'université Paris-VIII-Saint-Denis, est notamment l'auteur de plusieurs articles sur la construction médiatique de l'« immigré » et des quartiers populaires.
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2/25/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Lettre au sénateur Josy Dubié
Josy,
Voilà que tu te lances, toi aussi, dans l’exégèse sauvage, dans la lecture au débotté, dans l’interprétation à la cosaque du Coran (« édition roi Fahd d'Arabie » sic), voilà que tu te prends toi aussi pour un herméneute au petit pied, pour un philologue du dimanche, pour un islamologue en herbe(*). Au lieu de t’humilier, car débiter de telles conneries te font du tort, et ne font du tort qu'à toi, tu aurais mieux fait de (re)lire Marx, lui qui redevient à la mode grâce aux « shahids » de L'Economie politique, tu aurais su que «le concret est concret, parce qu'il est la synthèse de nombreuses déterminations, donc unité de la diversité. C'est pourquoi le concret apparait dans la pensée comme le procès de la synthèse, comme résultat et non comme point de départ …»(*). Le concret, le réel aujourd'hui en Palestine, tes déploraisons n'y changeront rien, c'est le Hamas. Et parmi « la synthèse des nombreuses déterminations», concernant les Palestiniens, il faut compter les 60 ans de lâcheté, d’atermoiement, de cynisme, d’hypocrisie, de tes collègues européens. Eux qui en ont plein la bouche de la démocratie et des droits humains, et qui n'en finissent pas de se sentir Américains, Judéo-chrétiens etc. Ce barnum de faux-derches se rejouait encore en janvier souviens-t-en… Étrangement, ton fort-en-gueulisme, tes anathèmes, ton ton péremptoire, tes propos définitifs, tu les réserves uniquement au Hamas, comme c'est facile et confortable, quel courage, quelle originalité, quelle lucidité, cela ne t’honore pas… Escamotage, écran de fumée, gesticulation, décompression..., qu'importe. La bienséance veut que lorsqu’on n'a pas de solutions concrètes, crédibles, honnêtes à proposer, autre qu'un discours usé jusqu'à la corde, à vrai dire du vent, on évite de se ridiculiser en proférant des éructations pseudo-savantes, on évite de se présenter comme donneur de leçon, on évite d'emprunter la posture de la « belle âme », on fait profil bas et pour tout dire on la ferme....
Bien à toi tout de même
P.S. : A la lecture de Marx ajoute celle d' Edward Saïd !
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2/24/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Le complexe de l’Indigène
L’Indigène est comparaison, c’est-à-dire qu’à tout instant il se préoccupe d’auto-valorisation et d’idéal du moi. Chaque fois qu’il se trouve en contact avec un autre Indigène, il est question de valeur, de mérite. L’Indigène n’a pas de valeur propre, il est tributaire de l’apparition de l’Autre. Il est toujours question de moins intelligent que moi, de plus fortuné que moi, de moins bien que moi… Toute position de soi, tout ancrage de soi entretien des rapports de dépendance avec l’effondrement de l’autre. C’est sur les ruines de l’entourage que je battis ma virilité. L'Indigène se caractérise par son désir de dominer l’autre. Sa ligne d’orientation passe par l’autre. Il est toujours question du sujet et l’on ne se préoccupe nullement de l’objet. J’essaie de lire dans les yeux de l’autre l’admiration, et si par malheur l’autre me renvoie une image désagréable, je dévalorise ce miroir. Je ne cherche pas à être nu en face de l’objet. L’objet est nié en tant qu’individualité et liberté. L’objet est un instrument. Il doit me permettre de réaliser ma sécurité subjective. L’Autre entre sur la scène pour la meubler. Le Héros, c’est moi. Applaudissez ou critiquez, que m’importe, c’est moi le centre. Si l’autre veut m’inquiéter par son désir de valorisation, je l’expulse sans autre forme de procès. Je suis Narcisse et je veux lire dans les yeux de l’autre une image de moi qui me satisfasse. L’Indigène est avide de sécurité. Il veut faire admettre sa fiction. Il veut être reconnu dans son désir de virilité. Il veut paraître. Il constitue un atome isolé, aride, tranchant, il est, veut être, veut paraître. Et pour cela il a besoin de l’Autre, non pas dans une perspective de communion humaine, mais parce que c’est l’Autre qui l’affirme dans son besoin de valorisation...
Source d'inspiration : Frantz Fanon
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2/24/2009
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Libellés : IDENTITE
Généalogie domtomienne
Alors que la Guadeloupe et la Martinique connaissent une grève générale quasi insurrectionnelle depuis plus d'un mois, voilà un livre qui tombe à pic. «La France a-t-elle aboli l'esclavage ? (Guadeloupe-Martinique-Guyane, 1830-1935)» de Nelly Schmidt (1), chercheuse au CNRS, démonte la légende dorée d'une France assimilatrice qui, à compter de 1848, aurait tiré un trait sur son passé esclavagiste.
BibliObs.- Vous sortez un livre au titre provocant, « La France a-t-elle aboli l'esclavage ? (Guadeloupe-Martinique-Guyane, 1830-1935) ». C'est une question plutôt polémique, qui présuppose qu'elle ne l'a pas vraiment fait...
Nelly Schmidt.- En histoire, certaine questions sont plus révélatrices que d'autres ; ce sont elles qui permettent à la recherche historique de se renouveler. La France a-t-elle aboli l'esclavage ? Juridiquement, oui. Et même deux fois. En 1794 et 1848. Dans les deux cas, sous la pression conjuguée d'événements révolutionnaires en France et de rébellions d'esclaves dans les colonies. Mais l'abolition de 1848 intervient alors que pendant la première partie du XIXe siècle, on a remis le « Code noir » au goût du jour et que les antiabolitionnistes sont plus actifs que jamais.
BibliObs.- Qui sont ces antiabolitionnistes?
Nelly Schmidt.- Pour schématiser: les lobbies de planteurs, de négociants-armateurs des grands ports et le gouvernement. Lequel se montre très à l'écoute des planteurs parce qu'il sait que s'il abolit l'esclavage, il aura à les indemniser.
BibliObs.- Et l'opinion publique dans tout cela?
Nelly Schmidt.- Elle n'est ni favorable, ni défavorable. Elle n'est surtout pas informée. La lutte pour l'abolition est le fait d'une élite. La France est, à cet égard, très en retard. Notamment si on la compare à l'Angleterre, où l'on voit se développer un véritable mouvement populaire en faveur de l'abolition. Ce dernier va organiser par exemple le boycott des produits fabriqués par des esclaves et signer des milliers de pétitions contre l'esclavage.
BibliObs.- En 1848, la loi d'abolition de l'esclavage présentée par la Commission que préside Schœlcher est votée...
Nelly Schmidt.- Elle n'est pas votée! Le Gouvernement provisoire la fait passer par décret. Ce sera d'ailleurs l'un des grands arguments des antiabolitionnistes. Mais même Schœlcher a reconnu que c'était mieux ainsi. Soumise au vote, elle ne serait jamais passée.
BibliObs.- Vous écrivez que la situation économique des colonies concernées a eu plutôt tendance à empirer après 1848. Pourquoi ?
Nelly Schmidt.- En 1848, la commission d'abolition elle-même a recommandé la poursuite de la monoculture sucrière. C'était une erreur économique. On savait dès cette époque que la production de betterave à sucre suffisait à satisfaire la consommation européenne. Mais les délégués des planteurs se sont imaginé qu'ils parviendraient à faire interdire le sucre de betterave! Ils n'y sont pas arrivés, bien entendu. Toute l'économie des colonies françaises des Caraïbes a donc reposé pendant encore plus d'un siècle sur une activité qui était condamnée à terme.
Et ce renforcement de la monoculture n'a fait qu'accroître la dépendance de l'économie et de la population vis-à-vis des groupes de planteurs et de grandes sociétés anonymes. Ceux-ci ne se sont pas privés de faire jouer la concurrence. Sous la pression des planteurs, le gouvernement organisa le recrutement, en Afrique et en Asie, d'une main-d'œuvre sous payée, engagée sur contrats, dénuée de tout droit. En accédant à la citoyenneté française, les anciens esclaves étaient devenus trop chers aux yeux des planteurs. Une partie non négligeable d'entre eux s'est donc retrouvée au chômage et s'est appauvrie.
Plus généralement, ces « nouveaux libres », comme on les appelait alors, étaient aux prises avec des structures d'encadrement économique et social qui tendaient à maintenir une réglementation du travail - on disait alors « police du travail »... - que beaucoup de contemporains dénoncèrent comme trop proche de l'esclavage.
BibliObs.-A vous lire, il y a eu et il y a encore de la part de la République française une entreprise d'occultation de la réalité historique aux Antilles. Je vous cite : « une mythologie des « anciennes » colonies et de leur « attachement » à la « mère-patrie » fut « forgée et régulièrement utilisée. »
Nelly Schmidt.- Trois mots d'ordre ont accompagné l'abolition de 1848 : « maintien de l'ordre », « maintien du travail » et « oubli du passé ». Et je dois admettre que ce dernier mot d'ordre s'est avéré très efficace. Les historiens eux-mêmes ont emboîté le pas de la propagande républicaine et fabriqué un passé qui relève davantage du mythe que de la réalité. Longtemps, cette occultation a été à peu près complète. L'histoire restait univoque, n'adoptant qu'un seul point de vue: celui des colons et du gouvernement. Il a fallu attendre les années 1960 pour que des chercheurs, notamment anglo-saxons, réagissent à cette historiographie officielle, commencent à étudier d'autres sources et mettent en lumière, par exemple, le fonctionnement économique, financier de la traite négrière, de l'esclavage, les lacunes de nos connaissances quant aux conséquences à long terme de ces phénomènes, et enfin, l'importance déterminante des mouvements de résistance.
Aujourd'hui la recherche universitaire a fait de réels progrès. Le problème, c'est que ces avancées dans la compréhension du phénomène colonial ont encore trop peu de répercussions dans les manuels scolaires et dans les médias.
BibliObs.- Pourquoi avoir arrêté votre étude aux années 1930 ?
Nelly Schmidt.-C'est la période pendant laquelle la propagande coloniale atteint son apogée, avec en particulier l'Exposition coloniale internationale de 1931 qui à lieu à Vincennes puis les cérémonies du Tricentenaire du Rattachement des Antilles et de la Guyane à la France en 1935. Je mentionne évidemment la départementalisation de 1946. Là encore, le mythe colonial a la peau dure. On s'imagine qu'il s'agit de l'aboutissement naturel de la politique d'assimilation mise en œuvre par la République française. En fait, cette départementalisation s'inscrit en réaction à la politique internationale des lendemains de la Deuxième Guerre Mondiale et aux conférences internationales qui ont lieu pendant le conflit, visant notamment à mettre fin aux statuts coloniaux. Cette grande « générosité » de 1946 est donc surtout le résultat des pressions internationales.
BibliObs.-Les événements de ces dernières semaines en Guadeloupe et en Martinique sont-ils imputables à cette politique coloniale de la France?
Nelly Schmidt.-En effet, dans la mesure où le fonctionnement économique actuel est directement issu de celui qui fut élaboré au XIXe siècle. Pour mémoire, il convient de rappeler qu'après une première crise de surproduction dans les années 1880, la quarantaine d'usines sucrières érigées en Guadeloupe et en Martinique au lendemain de l'abolition ont quasiment toutes fermé entre 1960 et 1970, sans aucun relais interne de production, provoquant augmentation du chômage et émigration massive de la population jeune, en recherche d'emploi. Dans les colonies françaises des Caraïbes, l'ensemble des importations et des exportations est géré, encore aujourd'hui, par un très petit nombre de sociétés. C'est l'héritage de « l'Exclusif colonial » des XVIIe et XVIIIe siècles. La conséquence de cette situation de quasi-monopole, c'est que ces sociétés fixent les prix qu'elles veulent. Des prix bien souvent excessifs. Mais au-delà des questions liées au prix des différentes marchandises, c'est à la fois les paradoxes du développement social de ces territoires, les incuries successives dont ils ont souffert et le lourd héritage de leur histoire qui apparaissent sous les projecteurs.
Propos recueillis par Baptiste Touverey
(1) Nelly Schmidt est directrice de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l'esclavage, les abolitions et les politiques coloniales aux Caraïbes-Amériques. elle a publié notamment une biographie remarquée de Victor Schoelcher.
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2/24/2009
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Les « subalternes » se rebiffent !
« Les autorités de l'Etat du Bihar, dans le nord de l'Inde, ont déployé depuis quelques semaines des policiers autour des cinémas: plusieurs centaines d'habitants des bidonvilles avaient attaqué l'une des salles pour protester contre la projection du film Slumdog Millionaire. « Traiter les gens de chiens [slumdog, littéralement chien des bidonvilles] est une violation des droits de l'homme », martèle Tateshwar Vishwakarma. Représentant d'une association d'habitants des slums, l'homme a attaqué en justice une partie de l'équipe du film pour diffamation. A Bombay, où a eu lieu le tournage, un autre activiste, Nicholas Almeida a lui aussi porté plainte. En attendant, afin de médiatiser sa cause, il a rebaptisé les chiens errants de son bidonville. « Je les ai appelés Danny, Christian, Loveleen, Dev et Freida », explique-t-il, renvoyant aux prénoms du réalisateur, du producteur, de la coréalisatrice et des deux acteurs principaux de ce film, qui raconte l'histoire d'un gamin des bidonvilles remportant, contre toute attente, un jeu télévisé. Réalisé par le Britannique Danny Boyle, Slumdog Millionaire fait un tabac en Europe et aux Etats-Unis, où il a reçu dix nominations pour les Oscars.» (Express)
« Il n’est guère surprenant que le fait de vivre aux États-Unis et d’écrire sur l’Inde coloniale me rendent plus intimement conscient et critique de la domination historique exercée par la culture, les savoirs et les institutions de l’Occident. En même temps, mon appréciation des différences culturelles et des décalages historiques s’est aussi faite plus précise. Je ne parle pas seulement de la reconnaissance et de la mise en évidence des stéréotypes orientaux et occidentaux qui encombrent notre vie, mais aussi d’une compréhension de leur pouvoir – leurs sources historiques et ce qui les a rendus si prédominants à l’échelle mondiale. » (Gyan Prakash)
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2/23/2009
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Libellés : EMPIRE
Colonial, post-colonial etc...
Le paradigme colonial se conçoit comme suit : il s'agit d'une forme globale de pensée, qui dépasse largement l'ordre politique lié à la période historique du colonialisme. Son fondement, qui prend sa source en Europe, est la structuration du monde suivant une opposition binaire entre eux, les Autres, et nous, les Européens. L'opposition est matérialisée par une division géographique qui organise le monde en continents, dominés intellectuellement, militairement, économiquement et culturellement par l'Europe. L'Europe étant un continent à part, en surplomb et toujours au centre. L'altérité est déclinée suivant deux formes (la barbarie et la sauvagerie) et trois races (la noire, la jaune et la rouge). Ces tâches qui colorent le planisphère contribuent à objectiver la déshumanisation de l'Autre. Ce rapport à l'altérité élaboré à partir de la Renaissance (entre le XVe et XVIe siècle) renvoie à celui des Grecs Anciens, qui opposaient le monde civilisé, le leur, à celui des barbares, c'est-à-dire tous les autres. Cependant, la différence tient aux conséquences pratiques de l'opposition instaurée. Celle-ci est associée à une hiérarchie qui, plaçant les Européens au-dessus de tous les autres peuples, autorise les premiers à disposer selon leurs besoins du reste du monde, autrement dit, à avoir la haute main sur ses étendues et ses habitants...
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2/22/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Pouvoir blanc ?
Oui : « Pouvoir blanc ? Ce terme déplait souvent, car il semble vouloir ignorer ou schématiser la pluralité des centres de pouvoir, la diversité des forces qui font la décision. Ceux qui avancent cet argument soulignent le caractère pluraliste du corps politique. Or ils oublient souvent que le pluralisme américain devient très vite un bloc monolithique dés qu’il s’agit de questions raciales. Face aux revendications du peuple noir, les multiples factions blanches s’unissent et présentent un front commun. C’est surtout vrai dès que le nombre de Noirs augmente. L’augmentation de la population noire est à la fois un atout et un risque. Nombreux, les Noirs peuvent bien sur espérer influencer la politique et le comportement d’un gouverneur, mais ils peuvent aussi s’attendre à susciter les craintes de bien des Blancs. Plus les Noirs sont nombreux, plus grande est la menace (selon les Blancs) et, en conséquence, plus les Blancs répugnent à se montrer libéraux à l’égard des droits civiques… » (S. Carmichael, C.V. Hamilton, Black Power)
Non : « Il n’y a pas de monde blanc, il n’y a pas d’éthique blanche, pas davantage d’intelligence blanche. Il y a de part et d’autre du monde des hommes qui cherchent. Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée. Je dois me rappeler à tout instant que le véritable saut consiste à introduire l’invention dans l’existence. Dans le monde où je m’achemine, je me crée interminablement. Je suis solidaire de l’Etre dans la mesure où je le dépasse. Et nous voyons, à travers un problème particulier, se profiler celui de l’Action. Placé dans ce monde, en situation, « embarqué » comme le voulait Pascal, vais-je accumuler des armes ? Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Pour beaucoup d'intellectuels de couleur, la culture européenne présente un caractère d'extériorité. De plus, dans les rapports humains, le Noir peut se sentir étranger au monde occidental. Ne voulant pas faire figure de parent pauvre, de fils adoptif, de rejeton bâtard, va-t-il tenter fébrilement de découvrir une civilisation nègre?… Il ne faut pas essayer de fixer l’homme, puisque son destin est d’être lâché… La densité de l’histoire ne détermine aucun de mes actes. Je suis mon propre fondement… Et c'est en dépassant la donnée historique, instrumentale, que j'introduis le cycle de ma liberté. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » (Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs)
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2/21/2009
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Libellés : IDENTITE
Césaire, communautariste ?
« On me parle de civilisation, je parle de prolétarisation et de mystification. Pour ma part, je fais l’apologie systématique des civilisations para-européennes. Chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque matraquage policier, chaque réclamation ouvrière noyée dans le sang, chaque scandale étouffé, chaque expédition punitive, chaque car de C.R.S., chaque policier et chaque milicien nous fait sentir le prix de nos vieilles sociétés. C’étaient des sociétés communautaires, jamais de tous pour quelques-uns. C’étaient des sociétés pas seulement anté-capitalisme, mais aussi anti-capitalisme. C’étaient des sociétés démocratiques, toujours. C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles. Je fais l’apologie systématique des sociétés détruites par l’impérialisme. Elles étaient le fait, elle n’avait aucune prétention à être l’idée, elles n’étaient, malgré leurs défauts, ni haïssables, ni condamnables. Elles se contentaient d’être. Devant elles n’avaient de sens, ni le mot échec, ni le mot avatar… » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)
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Le Bougnoulosophe
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2/19/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Je suis un combattant aux mains nues !
AU PEUPLE MOBILISÉ
Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police.
Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination. J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues !
Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien.
Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » (Gendarmes) nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque.
C’est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire.
Lorsque je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit : « On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! »
J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, de hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier.
C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage. Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation.
Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !
Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères : « Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! » (Ensemble nous luttons, ensemble nous gagnerons)
Alex Lollia
Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009
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2/19/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Le « nègre horizontal »
Le « nègre horizontal » est un nègre blanc qui habite la métropole, c’est-à-dire l’ancienne capitale d’un ancien Empire colonial ... Le « nègre horizontal », le plus souvent, est blanc de peau, mais il peut être plus noir que l'anthracite, voyez Sopo, il peut même être gris, voyez Dati... Le « nègre horizontal » se croit démocrate, parce qu’il a voté pour le maître qui le tond… Le « nègre horizontal » est un bon nègre, car toujours il s’identifie à son maître, le Grand béké nabot de l’Elysée… Le « nègre horizontal » est un grand enfant qui aime le people, les paillettes et la verroterie plasma... Car le « nègre horizontal », comme Rantanplan, couché il est couché il restera… Le « nègre horizontal » est un nègre domestique sans maison, et pour lui, qui aime tant Obama, aucun espoir que sa non-maison devienne blanche… Le « nègre horizontal » se réclame de 1789, quand il est noir le 14 juillet, il se croit alors « sans culotte », alors qu'il n'est que sans pantalon… Le « nègre horizontal » ne se sent pas solidaire de son alter négro, le « nègre vertical » de Guadeloupe, car là-bas c’est pas tout à fait la France, vous comprenez… Le « nègre horizontal », croit en l’astrologie et au père fouettard, il croit qu’il vient de Mars, tandis que le « nègre vertical » vient de Vénus… Avec le « nègre horizontal » on connaît la musique, c’est deux noires pour une blanche, et ce rythme là il l'a dans la peau… Le « nègre horizontal » ne parle pas le petit nègre, il parle Français, mais, malgré ses grands airs, pas celui de Dumas ou de Césaire… Le « nègre horizontal » ne parle pas créole non plus, veule au carré, il parle franglais, essayant d’imiter les maîtres de ses maîtres… Le « nègre horizontal » se félicite de ne pas descendre d’esclaves, c’est pourtant son horizon de plus en plus indépassable… Le « nègre horizontal » ne se prend pas pour une merde, il en est une, faites comme son maître, marchez lui dessus, il paraît que ça porte chance… Le « nègre horizontal » nous fatigue les oreilles avec son identité de gueux sublimé… Le « nègre horizontal » est un esclave qui se croit libre sans l’être, trop con, jamais il ne sera marron !
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2/17/2009
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Libellés : IDENTITE
BAC + 12°
Au 350 variétés de fromages, et aux pinards millésimes, qui font la fierté de la France, il faudra rajouter aussi sa police couperosée au patrimoine. Une police, pas si policée que le voudrait la bienséance, et dont les dérapages, de ses bourres bourrés, ne sont pas le fait du verglas, mais plutôt de l’abus d’« anti-gel » hors saison. Depuis que le ruffian s’est fait has been et la malle, au point de devenir aujourd’hui un fossile rare, une nostalgie. La chasse a changé de camp et de terrain et le gibier avec. Des caïds du grand banditisme de Papa, on est passé au sauvageon coloré à capuche des cités poulaillers de non droit, il faut que jeunesse se fasse. Aux commissariats, les Keufs s’ennuient, et leur « blues» se mesure à leur degré d’ alcoolémie, comme ils n’ont pas de guitares pour l’exprimer, ils improvisent parfois, en prenant les clients noirs en garde à vue pour des djembés. La maison poulaga, n’étant pas celle d’Achille Zavatta où l’on se marre, il leur arrive, de faire des sorties chargés, pour aller se décharger sur le premier pante, et se payer une bonne tranche de rigolade, quand ce n’est pas sa tronche patibulaire non conforme aux normes « Schengen ». Pour illustrer, l’histoire de ces deux keufs cow-boys, complètement à l’ouest, et ourdé à zéro, du côté de la rue du Faubourg St-Denis (X ème), blessant des jeunes, pour se la raconter, à coups de flingue. Ce n’est pas comme ça qu’on impose l’ordre, la paix civile et le respect, en soumettant d’un ton cassant le citoyen d’un « Qui c’est le boss, ici ? » qui n’admet surtout pas la réplique. C’est devenu une tradition culturelle, tant les dérapages sont légions, s’il faut ajouter à cela le lâcher de légionnaires, de paras ratonneurs et autres étoffes de héros, d’Irak et d’Afghanistan, pyromanes de mosquées et entrepreneurs satanistes en démolition de stèles funéraires, tous cultes religieux confondus, c’est qu’on n’a pas fini de se marrer. Mais le vrai malaise, n’étant pas la police, même si le trait a été un tant soit peu forcé, mais certains de ses éléments incontrôlés ou infiltrés, et autres ripoux qui confondent leur propre autorité à imposer, avec celle de l’institution qu’ils défendent, d’où les exactions, les dérives, les provocations et les dérapages fréquents, envers une certaine catégorie de population et de citoyens, qui ne favorisent pas le grand amour, ni la paix sociale envers ce grand corps malade qu'est la Police.
Mohamed Marhoum
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2/17/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Foucault, islamo-gauchiste ?
Aux laïcistes de gauche, le plus souvent analphabètes - connaissent-ils seulement Thomas Muntzer?, qui naviguent dans un univers religieux implicite dont ils n’ont aucune espèce de conscience…
« Je crois que, d’une façon générale, il ne faut jamais oublier que la Bible a été, à partir de la seconde moitié du Moyen-âge au moins, la grande forme dans laquelle se sont articulées les objections religieuses, morales, politiques, au pouvoir des rois et au despotisme de l’Eglise. Cette forme, comme d’ailleurs très souvent la référence même aux textes bibliques, a fonctionné, dans la majeure partie des cas, comme objection, critique, discours d’opposition. Jérusalem, au Moyen-âge, a toujours été objectée à toutes les Babylones ressuscitées ; elle a toujours objecté contre la Rome éternelle, contre la Rome des Césars, celle qui versait le sang des justes, dans les cirques. Jérusalem, c’est l’objection religieuse et politique au Moyen-âge. La Bible a été l’arme de la misère et de l’insurrection, elle a été la parole qui soulève contre la loi et contre la gloire : contre la loi injuste des rois et contre la Belle gloire de l’Eglise. Dans cette mesure, il n’est pas étonnant de voir à la fin du Moyen-âge, au XVIe siècle, à l’époque de la Réforme et à l’époque aussi de la Révolution anglaise, une forme d’histoire qui est strictement opposée à l’histoire de la souveraineté et des rois - à l’histoire romaine - et de voir cette histoire articulé sur la grande forme biblique de la prophétie et de la promesse…. » (Michel Foucault)
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2/16/2009
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Libellés : LAICISME
Les étranges résonances
L’Histoire est une forêt de symboles. Le temps de l'Histoire n'est pas homogène, il est saturé d’ « à-présent ». L'Histoire est faite de réverbération(1) de situations, de discours, d’ambiguïtés multiples. Lorsqu’on regarde la Guadeloupe d’aujourd’hui on a une idée de ce que l’Algérie française aurait pu être à l'heure qu'il est... Lorsqu’on regarde la Palestine, on voit comme en écho le système d’apartheid Sud Africain d'hier. Et en écho plus lointain, la conquête de l’Ouest et la mise en réserve des Indiens d’Amérique. On ne peut pas ne pas songer, comme le futur le moins souhaitable, au sort fait aux Aborigènes d’Australie. Lorsqu’on regarde la Guadeloupe aujourd’hui, on ne eut pas ne pas voir ce qu’aurait été Haïti, si une armée d’anciens esclaves n’avait vaincu les troupes napoléoniennes… Lorsqu’on regarde le Congo d’aujourd’hui, on ne peut pas ne pas penser aux mains coupées, au « caoutchouc rouge » et au cadavre de Lumumba dissout dans de l’acide… Lorsqu’on regarde la Guadeloupe aujourd’hui, on ne peut pas ne pas cesser de se souvenir « des milliers d'hommes enchaînés et sacrifiés au Congo-Océan »... Lorsque, en Europe, on entend le mot « intégration », on ne peut pas ne pas songer au limpieza de sangre qui s'appliquait aux Morisques et aux Marranes de l'Al Andalous d’hier… Et pour ce qui est du discours. Derrière les bienfaits de la démocratie, des droits de l’Homme, portés aux sons des canons, aux quatre coins du monde, comment ne pas penser au discours de la « mission civilisatrice » à peine recyclé… Derrière le recours à un « monopole de l’Universel », comment ne pas voir la volonté de disqualifier les cultures et les identités subalternes… Derrière la conspiration du silence, derrière le prisme déformant des médias envers les résistances indigènes, sous toutes leurs formes, comment ne pas déceler la volonté de les déshumaniser, de les anéantir, de les renvoyer aux poubelles de l'Histoire… Derrière les fureurs et les ténèbres apparentes de l’Histoire, comment ne pas être frappé par la profonde unité de tous ces événements puisque que comme l'affirmait Benjamin « ceux qui règnent à un moment donné sont les héritiers de tous les vainqueurs du passé » !
(1) La première fois comme tragédie, la deuxième comme farce et la troisième ?
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2/15/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Solidarité totale avec les « nègres verticaux » de Guadeloupe !
« Non, nous n’avons jamais été amazones du roi du Dahomey, ni princes de Ghana avec huit cent chameaux ni docteurs à Tombouctou Askia le Grand étant roi, ni architectes de Djenné, ni Mahdis, ni guerriers. Nous ne sentons pas sous l’aisselle la démangeaison de ceux qui tinrent jadis la lance. Et puisque j’ai juré de ne rien celer de notre histoire (moi qui n’admire rien tant que le mouton broutant son ombre d’après-midi), je veux avouer que nous fûmes de tout temps d’assez piètres laveurs de vaisselle, des cireurs de chaussures sans envergure, mettons les choses au mieux, d’assez consciencieux sorciers et le seul indiscutable record que nous ayons battu est celui d’endurance à la chicotte... Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l’humanité s’arrêtent aux portes de la nègrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux et l’on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments et l’on nous vendait sur les places et l’aune de drap anglais et la viande salée d’Irlande coûtaient moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l’esprit de Dieu était dans ses actes. Nous vomissure de négrier Nous vénerie des Calebars quoi ? Se boucher les oreilles ? Nous, soûlés à crever de roulis, de risées, de brume humée ! Pardon tourbillon partenaire !» (Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal)
« L'esclavage reste une source importante de métaphores, d'analogies, de comparaisons. Cette mémoire est restée forte, les habitants des DOM ne peuvent pas supporter que cela reste un détail pour les habitants de la métropole. Le passé pèse sur le présent, et pas seulement de manière abstraite : ces sociétés sont issues de l'esclavage. Pour que ce passé devienne intégré, la France doit reconnaître et célébrer la contribution des femmes et des hommes de l'outre-mer. Pas seulement dans le sport ou la musique, mais aussi dans les combats pour la liberté. Louis Delgrès est aussi important que les autres héros de la Révolution française...» ( Françoise Vergès)
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2/14/2009
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Libellés : IDENTITE
Colonialisme intempestif
« A mon secours, Nègres ! Tous. Sous vos blancs parasols, Messieurs de Tombouctou, entrez. Mettez-vous là. Tribus couvertes d’or et de boue, remontez de mon corps, sortez ! Tribus de la pluie et du vent, passez ! Princes des hauts Empires, princes des pieds nus et des étriers de bois, sur vos chevaux habillés, entrez. Entrez à cheval. Au galop ! Au galop ! hop ! Hop ! Hop-là Nègres des étangs, vous qui pêchez les poissons avec votre bec pointu, entrez. Nègres des docks, des usines, des bastringues, Nègres de chez Renault, Nègres de Citroën, vous autres aussi qui tressez les joncs pour encager les grillons et les roses, entrez et restez debout. Soldats vaincus, entrez. Soldats vainqueurs, entrez. Serrez-vous. Encore. Posez vos boucliers contre le mur. Vous aussi, qui déterrez les cadavres pour sucer la cervelle des crânes, entrez sans honte. Vous, frère-sœur emmêlé, inceste mélancolique et qui marche, passez Barbares, barbares, barbares, venez. Je ne peux vous décrire tous, ni même vous nommer tous, ni nommer vos morts, vos armes, vos charrues, mais entrez. Marchez doucement sur vos pieds blancs ? Non, moins. Noirs ou blancs ? ou bleus ? Rouges, verts, bleu, blanc, rouge, vert, jaune, que sais je, ou suis-je ? Les couleurs m’épuisent.... Tu es là, Afrique aux reins cambrés, à la cuisse oblongue ? Afrique boudeuse, Afrique travaillée dans le feu, dans le fer, Afrique aux millions d’esclaves joyeux, Afrique déportée, continent à la dérive, tu es là ? Lentement vous vous évanouissez, vous reculez dans le passé, les récits de naufragés, les musées coloniaux, les travaux des savants, mais je vous appelle ce soir pour assister à une fête secrète. C’est un bloc de nuit, compact et méchant, qui retient son souffle, mais non son odeur, vous êtes là ? Ne quittez pas la scène sans mon ordre. Que les spectateurs vous hypnotisent. Tout à l’heure nous descendrons parmi eux… » (Jean Genet, Les Nègres)
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2/13/2009
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Libellés : IDENTITE
Du racisme institutionnel
Le racisme est à la fois direct et indirect. Il se manifeste de deux façons, très dépendantes l’une de l’autre : soit par des actes individuels commis par des blancs à l’encontre d’individus noirs, soit par de actes collectifs de la communauté blanche envers la communauté noire. Nous appelons ça le racisme individuel et le racisme institutionnel.
Le premier est le fait d’individus, qui agissent ouvertement en tuant, en blessant, en détruisant. Il est visible et peut être filmé par des caméras de télévision ; on peut constater le crime au moment même où il est commis. Le second est moins franc, infiniment plus subtil, on le reconnaît moins facilement parce qu’il ne s’agit pas d’actes accomplis par des individus particuliers. Mais il n’en détruit pas moins la vie humaine. Comme il a sa source dans les forces établies et respectées de la société, il a infiniment moins de chance que le premier d’encourir la condamnation du public.
Quand des terroristes blancs bombardent une église noire et tuent cinq enfants, il s'agit d'un acte de racisme individuel que l'on déplore dans presque toutes les sphères de la société. Mais quand, dans cette même ville - Birmingham, Alabama -, cinq cents bébés noirs meurent chaque année faute de nourriture, de logements, de soins médicaux, et quand des milliers d'autres sont marqués à jamais et mutilés dans leur corps, leur cœur et leur intelligence, à cause des conditions de misère et de discrimination infligées à la communauté noire, il s'agit alors de racisme institutionnel. Quand une famille noire s'installe dans un quartier blanc et se fait chasser de son logis à jets de pierres ou voit sa demeure incendiée elle est victime de ce racisme individuel direct que la plupart des gens réprouvent - en parole du moins.
Mais c'est le racisme institutionnel qui maintient le peuple noir enfermé dans des taudis délabrés, assujetti à l'exploitation quotidienne des propriétaires rapaces, des commerçants, des prêteurs sur gages et des agents immobiliers qui pratiquent la discrimination. Pour sa part, la société prétend ignorer cette situation, mais elle est en fait incapable d'y remédier de façon efficace.
Le racisme institutionnel s'appuie sur des attitudes et des pratiques anti-Noirs, actives et subtiles. Sur le sentiment de supériorité d'un groupe : les Blancs sont « meilleurs» que les Noirs, donc les Noirs doivent être soumis aux Blancs. Telle est l'attitude raciste: elle imprègne la société au niveau individuel et jusque dans ses institutions, directement et indirectement. Certaines personnes «respectables» peuvent se disculper en tant qu'individus: elles n'iraient jamais placer de bombe dans une église; elles ne chasseraient jamais à jets de pierres une famille noire. Mais elles continuent de soutenir les fonctionnaires et les institutions qui perpétuent le racisme institutionnel. Ainsi, si les actes de racisme direct, individuel, ne peuvent être caractéristiques d'une société, le racisme institutionnel, lui, le peut, grâce au soutien des attitudes racistes individuelles qui se manifestent de façon indirecte. »
(Stokely Carmichael, C.V. Hamilton, Black Power)
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2/12/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Hommage à la Résistance Palestinienne
A MA MERE
J'ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère...
Et l'enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J'aurais honte des larmes de ma mère !
Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche de tes cheveux,
Un fil qui pend à l'ourlet de ta robe...
Et je serai, peut-être, un dieu,
Peut-être un dieu,
Si j'effleurais ton coeur !
Si je rentre, enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J'ai vieilli. Ramène les étoiles de l'enfance
Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
Le chemin du retour...
Au nid de ton attente !
Mahmoud Darwish
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2/10/2009
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Libellés : PALESTINE
Avigdor Lieberman Président !
Quelle drôle d’idée de vouloir nazifier Israël, il fait si bien le travail lui-même… Qui a dit : « Nous bombardons tous les centres commerciaux, à midi, nous bombardons toutes les stations services, à 14h, nous bombardons toutes les banques et nous ouvrons toutes les passages de frontières. »? Et qui a encore dit :« Nous devons combattre le Hamas comme les Etats-Unis ont combattu les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale » ? Avigdor Lieberman, car « seul Lieberman comprend l'Arabe »… Fini les fioritures voici Israël tel qu'en lui-même ! Mais que vont donc nous raconter les Européens pour noyer ce poisson-là?
La comparaison qui prévaut entre Avigdor Lieberman et Jörg Haider commet une injustice pour le nationaliste autrichien, dont le parti a rejoint le gouvernement pendant l'hiver 2000. Haider est loin d'être un homme d'extrême droite et, même dans sa période la plus fasciste, il n'a jamais appelé l'Autriche à se débarrasser de certains citoyens qui y vivent depuis des générations. D'autre part, Haider n'a jamais suggéré de faire passer ces citoyens devant le peloton d'exécution. Natan Meron, à l'époque ambassadeur d'Israël en Autriche, a fait remarquer qu'après être entré en politique, le dirigeant du Parti de la Liberté n'a jamais prononcé la moindre déclaration antisémite. Meron a insisté sur le fait que le dirigeant du Parti de la Liberté "ne menace pas les Juifs".
Avec l'entrée de son parti dans la coalition, Haider a signé une déclaration promettant de respecter les principes européens de démocratie et des droits de l'homme et de protéger les droits des minorités. Avant cela, il s'est excusé auprès du peuple juif pour ses déclarations qui minimisaient les horreurs nazies.
Mais qu'en est-il de Lieberman ? A-t-il accepté l'article des directives de base du gouvernement [israélien] qui comprend un engagement à "respecter les droits civiques des minorités et de n'accepter aucune expression de racisme dans le pays" ? Quelqu'un a-t-il entendu un mot de restriction de la part du dirigeant de Yisrael Beitenu à propos des idéaux politiques de son parti, à la veille de son entrée au gouvernement ?
Il ne s'est pas excusé auprès des Arabes israéliens et n'a pas non plus désavoué ses déclarations de provocation à l'encontre des députés arabes. Même après s'être mis d'accord avec Ehoud Olmert sur son entrée au gouvernement, Lieberman est resté collé à ses points de vue obscènes. Le lendemain de cet accord, il a annoncé fièrement à la presse qu'il avait "expliqué" à Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, que ses plans "sont plus humains et plus détaillés que tout autre plan proposé en Israël".(1)
Il n'y a aussi aucune comparaison entre la réponse du peuple autrichien à l'inclusion du Parti de la Liberté dans la coalition et la tranquillité avec laquelle la majorité du public israélien a reçu la nomination de Lieberman au poste de vice-Premier ministre en charge de la question stratégique la plus sensible. Il est important de noter que Haider lui-même est resté en dehors du gouvernement. En Israël, les "artisans de la paix" comme Amir Peretz, Ephraim Sneh, Eitan Cabel et Yitzhak Herzog s e sont démenés pour convaincre les membres du comité central de leurs partis de les autoriser à laisser entrer dans la maison un nationaliste extrémiste.
Shimon Peres, le lauréat du Prix Nobel de la Paix, a prévenu l'Autriche, à l'époque, que l'inclusion de Haider dans la coalition "placerait [l'Autriche] au ban de la famille des nations". Matan Vilnai, alors ministre des sciences, de la culture et des sports, a menacé de boycotter l'équipe nationale autrichienne de football. En riposte à l'inclusion du Parti de la Liberté dans la coalition, le Premier ministre [israélien] d'alors a déclaré Haider persona non grata en Israël. Les organisations juives, partout dans le monde, ont fait monter les enchères entre elles sur l'intensité de leur critique du gouvernement autrichien.
La montée des partis d'extrême droite en Europe inquiète Israël et cela peut se comprendre. La popularité croissante de nationalistes, comme Jean-Marie Le Pen en France, Vadim Tudor en Roumanie, Anto Djapic en Croatie et Christophe Blocher en Suisse déconcerte la communauté juive internationale et elle a bien raison. La ministre israélienne aux affaires étrangères [Tzipi Livni] a interdit l'entrée en Israël à Marine Le Pen, membre du parlement européen et adjointe de son père au Front National. Que dirons-nous si les pays de l'Union Européenne annoncent que le vice-Premier ministre est une personnalité indésirable en Europe ?
Vu la légitimation d'une personne telle que Lieberman, le silence des dirigeants de la communauté juive dans le monde ébranle les hautes raisons morales qu'ils tiennent dans la lutte contre ceux qui haïssent les Juifs. Si un politicien juif qui aspire à transférer une minorité arabe de l'autre côté de la frontière peut siéger au gouvernement, pourquoi un antisémite ne siègerait pas dans le gouvernement autrichien ? On applaudit bien fort les Haider !
(1) Les plans de Lieberman vise à annuler la citoyenneté israélienne de 90% de la population arabe. Echanger l'expulsion de certaines colonies de Cisjordanie contre l'expulsion de nombreux citoyens arabes, soit vers d'autres pays arabes, soit vers le ghetto palestinien qui restera derrière la barrière de séparation. Il prône le passage devant le peloton d'exécution pour les députés arabes d'Israël qui ne défendent pas la politique sioniste à 100%…
Akiva Eldar
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Le Bougnoulosophe
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2/09/2009
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Libellés : PALESTINE
Du pétainisme transcendantal
« Le pétainisme est le nom, en France, de la forme étatisée et catastrophique de la désorientation. Ce pétainisme, générique si l'on veut, commence bien avant Pétain : en 1815 avec le retour de la réaction dans les fourgons des armées étrangères d'occupation. Du pétainisme générique, on peut isoler quelques traits formels : a) la capitulation et la servilité vis-à-vis des puissants de ce monde se présentent sous l'aspect apparemment opposé de la rupture et de la régénération morale ; b) l'abaissement national est imputé à une crise morale grave (p. ex. mai 68) ce qui permet à la morale de venir à la place de la politique qui est, quant à elle, tenue en lisières (c'est l'Etat qui est entièrement chargé de la politique et qui a les mains libres pour ce faire) ; c) l'exemple du redressement vient de l'étranger (en l'occurrence Bush et Blair), doctrine dans la dépendance d'une logique politique du modèle ; d) l'idée qu'il s'est passé quelque chose de néfaste amène à lier historiquement deux événements : l'un négatif, en général un événement ouvrier ou populaire (le Front Populaire pour Pétain, mai 68 pour Sarkozy) et l'autre positif, de nature étatique ; e) enfin, un élément racialiste, avec p. ex. des énoncés comme « la France n'a de leçons à recevoir de personne », où se dit que notre civilisation, nos valeurs, notre essence, … sont quand même supérieurs à ce qui existe dans d'autres régions du monde. Le pétainisme comme subjectivité générale de masse, va en réalité couvrir … quoi ? Très crûment : une guerre contre le peuple, la servilité vis-à-vis de l'extérieur et la protection des fortunes… » (Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?)
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Le Bougnoulosophe
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2/09/2009
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Libellés : POSTCOLONIE
Umran el hadari, umran el badawi...
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Le Bougnoulosophe
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2/08/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
La Lettre oubliée à Rachid Mimouni

Cela fait quatorze ans que tu es parti. Quatorze ans ! L’âge de ma fille, aujourd’hui. Et cette lettre restée morte, pour ainsi dire et sans esprit, jusqu’à ce jour, dans un tiroir. Mais dis-moi au juste ! C’était quoi cette p… de peine que tu trimbalais comme une malédiction et que tu t’ingéniais à dissimuler sous ta nonchalance débonnaire ?
- « Une peine à vivre* » seulement, disais-tu, une simple peine, autant pour moi, mais bon sang quelle peine !
Et ces couleuvres? Incessamment avalées et ravalées, crues et sans eau, c’était une attraction foraine, aussi?
La citation de Ben Badis, comme exergue, pour « Le Fleuve détourné* », quant elle ne me fait pas sourire, m’agace par tant de crédulité « Ce que nous voulons, c’est réveiller nos compatriotes de leur sommeil, leur apprendre à se méfier, à revendiquer leur part de vie en ce monde, afin que les suborneurs ne puissent plus exploiter l’ignorance des masses. »
Ne désespère pas, si je t’avoue que ce n’est qu’une vessie de plus, prise pour une lanterne chinoise, une belle chimère luisante, en somme, à faire se gausser sous cape, les cyniques cauteleux, les mêmes, qui ont détourné cet impétueux fleuve, au point de l’assécher et avec, la rade et tout le système de distribution d’eau douce et de la robinetterie d’Alger. Quand aux suborneurs, de mémoire, ils n’ont jamais été aussi à la fête, en grâce et en verve, si tant que la subornation est devenue un culte national.
Mais est-ce une raison, pour capituler devant la mièvrerie de tous ces « Tombeza *» frustrés en déficit de puissance et en mal de reconnaissance? Le monde depuis qu’il est monde, ne s’est-il pas construit sur des luttes ? Et ne sont-ce pas les luttes qui pérennisent l’humanité et ennoblissent le monde ?
« Le printemps n’en sera que plus beau* » la belle affaire, si seulement c’était vrai ! Cela dit, c’est joliment troussé. Mais n’est ce pas là, encore une métaphore ouatée, cinémascopique ? Tous les printemps sont revenus depuis, sauf le tiens bien sûr, et hélas ! Aucun, n’a fleuri, jusque alors nos yeux secs. Avions-nous, en ces années de braise et de plomb, et à ce point, perdu l’acuité, et le sens chromatique des nuances ? Étions-nous devenus tant que ça, si céciteux, daltoniens à notre insu, au point de confondre le vert du paradis, avec le rouge sulfureux de l’enfer ? L’étendard de cette Algérie exsangue, avec un sanglant suaire ?
En ces temps sales et troubles, où nous avions tous mal, et où personne ne mourait de sa belle mort, chacun avait appris à bâillonner sa douleur et, quand celle-ci, se faisait criarde, il s’arrangeait jusqu’à l’infanticide même, s’il le fallait, pour l’apaiser, histoire de ne pas trop irriter la fatalité. Cimetières avides, nous étions devenus, en instance d’un carnage, l’autre, entre le sang innocent des agneaux et celui rubis des poètes, celui des humbles de Ben Talha et de Raïss. Désemparés, nous ne savions plus où aller, qui suivre, avec qui pactiser et à qui se vouer ? Nous n’arrivions plus à distinguer qui d’Iblis, du F.I.S., des milices ou d’Allah, menait la sarabande. Nous ne vivions plus de pain mais de peur. Vivants parmi les morts, en acrobates les uns sur les autres, en étages humains sans eau ni gaz, solidaires et chancelants à la fois, funambules aveugles sur le fil.
Immenses furent le doute et la déroute, qu’à la fin, résignés, nous perdîmes jusqu’à l’usage de la parole et l’once qui nous restait de confiance en nos propres ombres. Que n’aurions-nous pas donné, pour avoir la sécurité humide d’un ergastule, la chambrée fauve d’une caserne, à défaut d’une retraite fortifiée des privilégiés dorés, languissant sous les eucalyptus, les pins et les tilleuls.
Et toi qui se gargarisait d’honneur «l’honneur de la tribu* » mais laquelle, bon sang, de celle qui se repaît aujourd’hui de sa manne de gaz et se pavane avec son Havane et son million de martyrs ? Et que vaut cet honneur lorsqu’il s’essuie les pieds sur des cadavres encore chauds et prend à témoin pour légitimer son patriotisme et sa tyrannie leur mémoire de morts.
Depuis, « La Malédiction* » fut jetée, et nos nuits de chèvrefeuille et de jasmin, naguère, paisibles et sereines, bercées par les complaintes de Cheikha Djenia et celles de M’hamed El Anka, sont devenues des pandémoniums pour monstres, incertaines. Chaque jour qui passait, était un hymne à la vie. Les oiseaux, depuis longtemps, aux voix des muezzins, avaient suspendu leur ramage, et le vent était arrivé presque à bout d’âge.
Et, alors que se resserrait « La ceinture de l’ogresse *» l’horizon rétrécissait, l’air devenait subrepticement impur et le ciel sans miséricorde, se faisait amer. Et nos vies derrière les portes, n’avaient plus rien de fier, étaient devenues pires que celles des cloportes.
Et un matin, tu es parti, comme partent tous les prophètes humiliés vers d’improbables villes et exils. Il n’y eut après toi, ni rédemption, ni rémission. La folie s’était faite un honneur, pour sacrifier la cité, aux barbares et aux prédateurs et guider leurs dagues pour maculer de deuil et d’opprobre sa blancheur lactée, et de son restant d’honneur, la délester, qui, d’une étoile de général, arrachée, qui, d’un croissant de piété, brandis et arborés en piètre razzia de guerre.
Dans la ténèbre, qui pouvait distinguer les lycaons des loups, qui après avoir fait des agneaux et leurs beaux rêves un festin, s’apprêtaient à décimer même les anges et à sceller leur destin, et aujourd’hui même, qui reconnaîtrait les démons d’entre les anges ? Qu’est ce qui t’a pris, d’aller implorer l’Occident, mendier sa miséricorde et surenchérir de la sorte, sur le sang de nos frères ? Qu’escomptais-tu en retour ? Un peu de reconnaissance ? Un peu d’amour ?
Ceux qui sont partis là-bas racontent, que c’est un bienheureux exil, où la parole des réprouvés, est évaluée à son aune d’or, et d’autres qui en sont revenus dépités, rapportent le mépris et l’amnésie qui peuvent annihiler la mémoire et le cœur. Nos frères n’ont jamais été de sempiternels dormants, leur drame n’est pas le sommeil, mais la tyrannie et la peur. Sache qu’il n’y a, en fin de compte que les frères pour pleurer les frères, Et paix à ton âme, malgré tout, paix à ton âme mon frère.
*Principaux romans de Rachid Mimouni
Mohamed Marhoum
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2/08/2009
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Libellés : IDENTITE
Etes-vous cosmopolite ?
« Cosmopolitisme », le mot, la chose (« un tiers-mondiste, deux tiers mondain »), savez-vous ce qu'est une « demi-mondaine »?… Le mot qui recouvre la chose, arbitraire du signe, champ lexical qu'on laboure comme on peut… Et quand la chose pue (« nauséabond »), c’est le mot qui est suspecté, et celui qui en use, n'est-il pas le révélateur du secret des âmes …? La chasse est ouverte !
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Le Bougnoulosophe
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2/08/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Mais pour qui écrit Abd Al Malik?
« Un écrivain qu’est-ce que c’est ? Un écrivain, ça écrit pour des lecteurs. Mais qu’est ce que ça veut dire « pour » ? Ça veut dire « à l’intention de ». Un écrivain écrit « à l’intention de » lecteurs. En ce sens, il écrit « pour » des lecteurs.
Mais il faut aussi dire qu’il écrit « pour » des non-lecteurs, c’est-à-dire non pas « à l’intention de » mais « à la place de ». « Pour » ça veut dire deux choses, ça veut dire « à l’intention de » et ça veut dire « à la place de ». Artaud a écrit des pages que tout le monde connaît : « j’écris pour les analphabètes, j’écris pour les idiots… » Faulkner, aussi, écrit pour les idiots…Mais ça ne veut pas dire « pour » que les idiots le lisent, ça ne veut pas dire « pour » que les analphabètes le lisent, ça veut dire « à la place » des analphabètes… Je veux dire j’écris « à la place » des sauvages, « à la place » des bêtes.
Et qu’est que ça veut dire ? Pourquoi dire une chose comme ça ? Pourquoi dire j’écris « à la place » des idiots, des analphabètes, des bêtes ? Et bien, parce que c’est ça qu’on fait, à la lettre, quand on écrit… Quand on écrit, on ne mène pas une petite affaire privée. C’est vraiment l’abomination littéraire de tous temps, mais particulièrement maintenant, qui fait croire au gens que pour faire un roman, il suffit d’avoir une petite affaire privée, une petite affaire à soi : sa grand-mère est morte d’un cancer. Ou bien son histoire d’amour à soi. Et puis voilà, on fait un roman. Mais c’est une honte quand c’est de choses comme ça. C’est pas l’affaire privée de quelqu’un d’écrire, c’est vraiment se lancer dans une affaire universelle. Que se soit le roman ou la philosophie.
Alors qu’est-ce que ça veut dire ça ? Écrire, ça veut dire pousser le langage et pousser la syntaxe, car le langage c’est la syntaxe, jusqu’à une certaine limite. Aussi bien la limite qui sépare le langage du silence, que la limite qui sépare le langage de la musique, que la limite qui séparait le langage du piaulement douloureux. Piaulement douloureux, tout le monde se dit, c’est Kafka. C’est « La métamorphose », le gérant qui s’écrie « vous avez entendu, on dirait un animal...». Piaulement douloureux de Grégoire Samsa. Ou bien on écrit pour le peuple des souris. Pour le peuple de rats qui meurent. Car contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas les Hommes qui savent mourir, c’est les bêtes ! Et les Hommes quand ils meurent, ils meurent comme des bêtes…
L’écrivain c’est celui qui pousse le langage jusqu’à une certaine limite, limite qui sépare le langage de l’animalité, limite qui sépare le langage du cri, qui sépare le langage du chant... A ce moment là il faut dire : l’être humain est responsable devant les animaux qui meurent, c’est-à-dire qu'il a à répondre des animaux qui meurent. Écrire, à la lettre, pas pour eux, mais écrire à la place des animaux qui meurent … C’est porter le langage à cette limite. Et il n’y pas de littérature qui ne porte la langue, la syntaxe à cette limite qui sépare l’homme de l’animal. Il faut être sur cette limite même. Même quand on fait de la philosophie, on est à cette limite qui sépare la pensée de la non-pensée… » (Gilles Deleuze, L'Abécédaire)
Mais pour qui écrit Abd Al Malik ? Abd Al Malik n’écrit ni « à la place de », ni « à l’attention des » mômes de cités… Abd Al Malik écrit pour Abd Al Malik… Et aussi pour les mimiles de France, qu'il flatte dans leurs bas instincts, mimiles qui, en achetant ses disques, financent les « petites affaires privées » d’Abd Al Malik …
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Le Bougnoulosophe
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2/06/2009
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Libellés : MANIERES DE FAIRE


