Pour ceux qui croient que ce qui se passe en Palestine ne les concerne pas ou très peu, qui voient le Proche-Orient comme un des lieux-dits du tribalisme sanglant et irrationnel du bout du monde, par delà même le fait que le sionisme soit née en Europe comme réaction à un antisémitisme virulent, ils feraient bien de réfléchir à ceci : « Il faudrait d’abord étudier, disait Césaire, comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent ». Cet ensauvagement du continent, à domicile, va de concert avec ce que Rancière a appelé « la haine de la démocratie». Accaparement de celle-ci par une oligarchie et perte de la puissance de scandale du mot tout à la fois. Car on a trop vite oublié que démocratie fut une insulte : « la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n’ont pas de titres à gouverner. Pour eux, la nature veut que le gouvernement revienne à ceux qui ont des titres à gouverner : détenteurs de la richesse, garants du rapport à la divinité, grandes familles, savants et experts. » Regardez les bien les Palestiniens de là bas, sachant qu'il n'y a qu' un seul monde, car demain vous serez les Palestiniens d’ici - survolés vous aussi par des drones ! Le raisonnement, l'analogie vaut, bien sûr, pour le Congo, ce génocide silencieux de basse intensité et de si longue durée…
Une lecture postcoloniale est-elle pertinente pour rendre compte de la situation des immigrés et de leurs descendants ?
Pages
« Un seul monde »
Pour ceux qui croient que ce qui se passe en Palestine ne les concerne pas ou très peu, qui voient le Proche-Orient comme un des lieux-dits du tribalisme sanglant et irrationnel du bout du monde, par delà même le fait que le sionisme soit née en Europe comme réaction à un antisémitisme virulent, ils feraient bien de réfléchir à ceci : « Il faudrait d’abord étudier, disait Césaire, comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent ». Cet ensauvagement du continent, à domicile, va de concert avec ce que Rancière a appelé « la haine de la démocratie». Accaparement de celle-ci par une oligarchie et perte de la puissance de scandale du mot tout à la fois. Car on a trop vite oublié que démocratie fut une insulte : « la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n’ont pas de titres à gouverner. Pour eux, la nature veut que le gouvernement revienne à ceux qui ont des titres à gouverner : détenteurs de la richesse, garants du rapport à la divinité, grandes familles, savants et experts. » Regardez les bien les Palestiniens de là bas, sachant qu'il n'y a qu' un seul monde, car demain vous serez les Palestiniens d’ici - survolés vous aussi par des drones ! Le raisonnement, l'analogie vaut, bien sûr, pour le Congo, ce génocide silencieux de basse intensité et de si longue durée…
Engels, islamo-gauchiste?
« L'histoire du Christianisme primitif offre des points de contact remarquables avec le mouvement ouvrier moderne. Comme celui-ci le christianisme était à l'origine le mouvement des opprimés, il apparaissait tout d'abord comme religion des esclaves et des affranchis, des pauvres et des hommes privés de droits, des peuples subjugués ou dispersés par Rome. Tous les deux, le christianisme de même que le socialisme ouvrier, prêchent une délivrance prochaine de la servitude et de la misère; le christianisme transporte cette délivrance dans l'au-delà, dans une vie après la mort, dans le ciel ; le socialisme la place dans ce monde, dans une transformation de la société. Tous les deux sont poursuivis, et traqués, leurs adhérents sont proscrits et soumis à des lois d'exception, les uns comme ennemis du genre humain, les autres comme ennemis du gouvernement, de la religion, de la famille, de l'ordre social. Et malgré toutes les persécutions, et rnême directement servies par elles, l'un et l'autre se frayent victorieusement, irrésistiblement leur chemin… Déjà au moyen-âge le parallélisme des deux phénomènes s'impose lors des premiers soulèvements de paysans opprimés, et notamment, des plébeins des villes. Ces soulèvements, ainsi, que tous les mouvements des masses au moyen-âge portèrent nécessairement un masque religieux, apparaissaient comme des restaurations du christianisme primitif à la suite d'une corruption envahissante, mais derrière l'exaltation religieuse se cachaient régulièrement de très positifs intérêts mondains. Cela ressortait d'une manière grandiose dans l'organisation des Taborites de Bohème sous Jean Zizka, de glorieuse mémoire ; mais ce trait persiste à travers tout le moyen-âge, jusqu'à ce qu'il disparaît petit à petit, après la guerre des paysans en Allemagne, pour reparaître chez les ouvriers communistes après 1830. Les communistes révolutionnaires français, de même que Weitling et ses adhérents, se réclamèrent du christianisme primitif, bien longtemps avant que Renan ait dit : Si vous voulez vous faire une idée des premières communautés chrétiennes, regardez une section locale de l'Association internationale des travailleurs. » (Friedrich Engels)
Lettre d’un « juste » d’aujourd’hui
Monsieur le Président de l'Etat d'Israël,Je vous écris pour que vous interveniez auprès de qui de droit afin que l'on retire du Mémorial de Yad Vashem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, le nom de mon grand-père, Moshe Brajtberg, gazé à Treblinka en 1943, ainsi que ceux des autres membres de ma famille morts en déportation dans différents camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Je vous demande d'accéder à ma demande, monsieur le président, parce que ce qui s'est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l'humanité tout entière.
Voyez-vous, depuis mon enfance, j'ai vécu dans l'entourage de survivants des camps de la mort. J'ai vu les numéros tatoués sur les bras, j'ai entendu le récit des tortures ; j'ai su les deuils impossibles et j'ai partagé leurs cauchemars.
Il fallait, m'a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent ; que plus jamais un homme, fort de son appartenance à une ethnie ou à une religion n'en méprise un autre, ne le bafoue dans ses droits les plus élémentaires qui sont une vie digne dans la sûreté, l'absence d'entraves, et la lumière, si lointaine soit-elle, d'un avenir de sérénité et de prospérité.
Or, monsieur le président, j'observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l'évidence criante de l'injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmés par l'Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l'enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations.
Vous me direz, monsieur le président, qu'il est légitime, pour votre pays, de se défendre contre ceux qui lancent des roquettes sur Israël, ou contre les kamikazes qui emportent avec eux de nombreuses vies israéliennes innocentes. Ce à quoi je vous répondrai que mon sentiment d'humanité ne varie pas selon la citoyenneté des victimes.
Par contre, monsieur le président, vous dirigez les destinées d'un pays qui prétend, non seulement représenter les juifs dans leur ensemble, mais aussi la mémoire de ceux qui furent victimes du nazisme. C'est cela qui me concerne et m'est insupportable. En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au cœur de l'Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme pour en faire l'otage d'une soi-disant autorité morale qui commet chaque jour l'abomination qu'est le déni de justice.
Alors, s'il vous plaît, retirez le nom de mon grand-père du sanctuaire dédié à la cruauté faite aux juifs afin qu'il ne justifie plus celle faite aux Palestiniens. Veuillez agréer, monsieur le président, l'assurance de ma respectueuse considération.
Jean-Moïse Braitberg est écrivain.
Patrice Lumumba : la Belgique doit reconnaître ses responsabilités historiques
Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba était assassiné. Sa mémoire doit rester vivante, son combat reste une source d’inspiration dans les luttes émancipatrices de l’Afrique.Dans les années 60, des mouvements indépendantistes secouent l’Afrique. Le Congo connaît alors la montée en puissance d’un tel mouvement mené par Patrice Lumumba. La détermination des peuples à se libérer du joug colonial et le spectre des luttes indépendantistes poussent la Belgique, sous le règne de Baudouin, à concéder l’indépendance politique en 1960. Mais le gouvernement belge cherche à garder la mainmise économique afin d’y préserver ses intérêts violemment acquis par Léopold II, propriétaire du Congo de 1885 à 1908 avant que ce pays ne revienne à l’État belge.
(1) Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba , Karthala, 2000.
(3) Extrait du discours de Lumumba, 30 juin 1960.
(4) Ludo De Witte, ibid.
(5) Ludo De Witte, ibid.
De la Puissance indigène
La Puissance indigène est la force vitale qui permet aux indigènes de persévérer dans leur être, qui augmente leur puissance à agir, elle est la puissance de la multitude indigène… La Puissance indigène est cette force de résistance « diffuse, discontinue, chaotique », celle qui « affirme, prolifère, inquiète »… La Puissance indigène, docte ignorance, est cette conscience qui pour être en soi n’a pas besoin d’être pour soi… La Puissance indigène c’est ce géant aveugle, immature et tout à la fois enjoué, dont le moyen est aussi la fin, qui ne sait pas encore ce que peut un corps… La Puissance indigène c’est cette force qui agence des populations, des multiplicités, des territoires, des devenirs, des affects, des événements les plus divers… La Puissance indigène, c’est cette force qui, sans le savoir, travaille souterrainement, mine du dedans, tord, casse, subvertit les hégémonies impériales des dominants… La Puissance indigène est cette entité fluide qui, si elle n’a pas de lieu propre, a tout le temps pour elle et compte bien s’en servir, car le temps est son ami… La Puissance indigène c’est l’expression du vouloir-vivre d’une vie inconnue, forte, obscure, obstinée… La Puissance indigène est cette force qui ruse, braconne, manœuvre, invente… La Puissance indigène est cette force qui circule, va et vient, déborde, dérive, de toute part… La Puissance indigène est cette force qui pratique le coup par coup, qui crée des effets de surprise, qui est toujours là où on ne l’attendait pas… La Puissance indigène est cette entité, machine de guerre, faite de zébrures, d’éclats, de fragments, de fêlures… La Puissance indigène est cette force qui bricole, combine, « fait avec » tous les objets environnants, sans distinction aucune… La Puissance indigène est cette entité qui ne connaît pas le travail du négatif, ainsi même lorsque les indigènes trahissent ou se trahissent, c’est encore pour celle-ci qu’ils travaillent sans le savoir ; la puissance indigène est souveraine et n’en finit pas d’exercer sa force… Vous aviez senti sa présence dans les « quartiers d’exil » des villes d’Europe, vous l’aviez entrevue dans les rues commerçantes, dans les marchés des faubourgs populaires, vous l’avez vue à l’œuvre dans les manifestations de soutiens à Gaza de ces derniers jours… Eh bien sachez que la Puissance indigène, force irrépressible, est en marche et rien ne l’arrêtera !
L'Arabe comme production hollywoodienne
« Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Arabe est devenu une figure de la culture populaire américaine… » (Edward Saïd)
Irish touch
Un député irlandais du parti d'opposition Sinn Fein, mis en cause par le centre Simon Wiesenthal pour avoir comparé au nazi Joseph Goebbels un homologue juif défendant l'offensive israélienne à Gaza, a refusé lundi de présenter ses excuses.L'incident s'est produit mercredi alors que Shatter et l'ambassadeur d'Israël en Irlande, Zion Evrony, justifiaient devant des députés l'offensive de l'armée israélienne à Gaza en rejetant la responsabilité du conflit sur le Hamas.
"Goebbels aurait été fier de cette logique tordue et de ces demi-vérités", avait alors déclaré O'Snodaigh, faisant allusion au ministre de la propagande d'Adolf Hitler.
Le Centre Wiesenthal qui s'occupe officiellement de lutter contre l'antisémitisme, mais dont les agissements montrent un soutien sans limite au sionisme et ses adeptes, s'est empressé de demandé au Premier ministre irlandais Brian Cowen de "condamner publiquement" les propos du député du Sinn Fein, Aengus O'Snodaigh, et de "présenter ses excuses au nom du gouvernement irlandais" auprès de l'autre député, Alan Shatter.
O'Snodaigh a estimé qu'il n'avait pas à présenter d'excuses pour des propos ne présentant, selon lui, aucun caractère antisémite."Je connais des Juifs dans le monde entier qui seraient scandalisés par la récente propagande des Israéliens et leurs actions à Gaza", a-t-il commenté.
"L'antisémitisme est mauvais et je ne l'excuserai jamais", a ajouté le député du Parti nationaliste irlandais encore peu implanté en république d'Irlande et qui dispose de quatre sièges au parlement.
"Mon propos était plus spécifique: si on essaie de justifier l'injustifiable par le biais de la propagande, alors Joseph Goebbels était le maître de la propagande puisqu'il est parvenu pendant plusieurs années à cacher la réalité aux gens concernant l'Holocauste" De tous les peuples, les gens de confession juive sont les mieux placés pour comprendre combien il est nocif d'essayer de se cacher derrière des mots lorsque des enfants sont victimes de bombardements aériens".
Et le député pointé du doigt de conclure : "Mes plus plates excuses vont aux Palestiniens si mes commentaires ont détourné l'attention du massacre, ce serait mon seul regre
Racisme et double standard
Le dimanche 11 janvier dernier, Muriel Florin, journaliste au Progrès, est envoyée par sa rédaction couvrir un rassemblement organisé à Lyon au parc de la tête d’Or par le CRIF (conseil représentatif de la communauté juive de France). Objet de cette manifestation : à la fois dénoncer la recrudescence des actes antisémites en France depuis la reprise du conflit au Proche-Orient, mais aussi réaffirmer la solidarité de la communauté juive avec la politique d’Israël. Muriel Florin prend en note les interventions officielles, mais va aussi prendre la température dans la foule et interviewer des participants. Il y a ce jour-là près d’un millier de personnes. La tension est palpable. LibéLyon était aussi présent à ce rassemblement. Comme Muriel Florin, nous avons pu constater qu’à côté des discours officiels apaisants, il y avait une peur et une méfiance visible et exprimée de la part de certains participants vis-à-vis de la communauté musulmane française. Sentiments qui parfois, se traduisaient par l’expression de propos racistes. Muriel Florin interviewe un groupe de quelques personnes. Elle rapporte, entre autres, les propos d’un dénommé Roland.Extrait de l’article paru le 12 janvier dans Le Progrès :
« Ils n'ont qu'à partir. S'ils restent, c'est qu'ils veulent mourir. Les arabes sont des menteurs et des voleurs et la presse française les soutient ». «Ils sont violents, brutes et haineux », ajoute sa voisine. Qui ça ? «Les arabes » souffle-t-elle. Un jeune homme proteste. « Ne dites pas cela. Nous voulons tous la paix...»
Muriel Florin relate aussi d’autres propos qui témoignent de la diversité de points de vue des participants à ce rassemblement. Son article, comme n’importe quel article au Progrès, est relu par un responsable d’édition, corrigé par un secrétaire de rédaction. Il est censé être validé par le rédacteur en chef de permanence. En rentrant de son reportage, la journaliste avait prévenu de la dureté de la scène à laquelle elle avait assisté et expliqué qu’elle souhaitait rendre compte de cette réalité. Sans que personne n’y trouve alors à redire.
Réactions du CRIF
Ce n’est que le lundi, lorsque le papier paraît que les premières réactions tombent. En interne d’abord. « On n’est pas habitué à voir des propos aussi violents dans nos colonnes. Ils y avaient les pour, les contre mais en tout cas, ça a fait débat », raconte un journaliste. Il explique : "On passe souvent sous silence des trucs sous prétexte de ne pas raviver les tensions entre communautés. mais je ne sais pas si c'est une bonne chose". Un autre rappelle qu'il y a quelques mois, le journal avait pourtant reproduit tels quels les propos de Siné, qui valent aujourd'hui au dessinateur de passer devant les tribunaux. Sur le reportage de Muriel Florin, il y a eu les réactions externes. Selon plusieurs journalistes de la rédaction, des représentants de la communauté juive ont appelé au journal pour faire part de leur mécontentement suite à l’article.
Dès le mardi, Le Progrès publie une interview de Marcel Amsellem, le président du CRIF Rhône-Alpes, qui se plaint de la façon dont Le Progrès a relaté le rassemblement au parc de la tête d’or. «Les propos isolés tels qu'ils ont été rapportés d'une personne sur les 1 000 présentes ne peuvent en rien refléter l'esprit de concorde de ce rassemblement. Relater de tels propos a pour conséquence d'attiser la haine et d'exacerber les tensions intercommunautaires, ce qui n'est pas bon pour notre démocratie», explique Marcel Amsellem. Qui explique également que «les médias», comme les associations ou les pouvoirs publics, «ont une responsabilité» dans la préservation du «vivre-ensemble» entre communautés...
Quand l’extrême-droite applaudit les laïcistes islamophobes
« Peut-on accepter d’ignorer les dérives islamistes de certains, sous prétexte que les dénoncer alimenterait inévitablement le racisme anti-Arabes et l’hostilité envers la religion musulmane en général ? Personnellement, je ne le pense pas. Et l’on peut au contraire soutenir que le silence sur ces dérives alimente tout autant, voire bien plus, le discours d’extrême droite, que sa dénonciation ».A nouveau (très) en-dessous de la ligne de flottaison en termes de pensée pertinente, Nadia Geerts a récemment pondu ces lignes insolites. Outre son caractère déficient, la « réponse » que l’ouaille de Sœur Fourest donne à sa question ne s’appuie sur aucun élément factuel ou statistique. En revanche, « l’affirmation laïque » qu’elle cautionne, commise par trois de ses amis dans les colonnes du Soir (1), confirme que la paranoïa laïciste anti-arabo-musulmane fait toujours saliver les extrêmes-droites chrétienne et sioniste.
Finement intitulée « Le pouvoir aux barbus ? Non merci ! », la moderne tribune - calquée sur le slogan écolo des années 80 : « Nucléaire ? Non, merci !» - se voulait un appel alarmiste aux « démocrates soutenant la juste cause du peuple palestinien ». Objectif affiché : éviter « l’indignation sélective ». Plus c’est gros, plus ça passe. Via un sms publicitaire envoyé tous azimuts, l’un des trois auteurs, Claude Demelenne, a estimé devoir traduire son blabla hypocrite en ces termes : « Ne cautionnons pas par notre silence la montée en puissance d’un lobby politico-religieux islamiste dans notre pays » (2). Oufti ! Message reçu ? Oui, mais bien plus à l’extrême-droite qu’à la gauche du paysage politico-médiatique francophone...
Pour s’en convaincre, il suffit de répertorier les sites internet qui ont approuvé et diffusé la prose des valeureux laïcistes. Cette carte blanche - qui n’a jamais si bien porté son nom ! - a bénéficié de 21 reprises ou renvois vers le site du Soir. Petit succès qui pose problème : près de la moitié de ces sites et blogs sont d’extrême-droite ou apparentés … En tête de cortège, une vieille connaissance de l’un des auteurs : Alain Escada (3). Sur son site (Belgique et Chrétienté) et sur son blog, l’intégriste chrétien d’extrême-droite titre son papier : « Manuel Abramovicz découvre les barbus ». Et conclut son libelle réactionnaire par un malicieux « Bien le bonjour dans la réalité, Monsieur Abramovicz ! » … Applaudi par un des pires racistes que compte la Belgique, soudain en position de montrer à ses lecteurs que son vieil ennemi « découvre » ce que lui, Alain Escada, a toujours dénoncé. Bravo Manu, Claude et Sam : quel « gain démocratique » !
Enchaînons avec la reprise de larges extraits de la tribune par le blog du Front National du Brabant wallon. En titre, les frontistes surclassent Escada : « Manuel Abramovicz touché par la grâce » ... Rebondissant sur « les manifestations pro-hamas de ces derniers jours entachées de slogans des plus antisémites », les militants wallons d’extrême-droite jubilent : « C’est avec un certain plaisir que nous observons que notre constat est partagé par certains éléments d’extrême gauche : ainsi, dans une carte blanche publiée par Le Soir, Manuel Abramowicz, Claude Demelenne et ... Sam Touzani font part de leur ‘profonde inquiétude’ face aux manifestations susmentionnées ».
En France, le site du Parti de l’In-nocence - fondé par Renaud Camus qui défend une « conception raciale de la nationalité » - et le blog de BG dupliquent in extenso la fameuse carte blanche. Le commentaire introductif du bloggeur anonyme ? Sans ambiguïté : « Même les Belges ne se sentent plus chez eux »…
A cette nébuleuse frontiste s’ajoutent plusieurs sites pro et ultras-sionistes. En vedette, l’inénarrable bidonneur utile aux dirigeants islamophobes des télés françaises : Mohamed Sifaoui (4). Sur son blog, l’homme, qui est au journalisme ce que Richard Virenque est au cyclisme, « conseille » la tribune laïciste belge et la fait précéder d’un enthousiaste « A lire ! ». Vient ensuite la reprise intégrale par le site du CID (Centre d’Information et de Documentation Démocratie et Moyen-Orient) qui prétend « contribuer à la lisibilité d’une problématique moyen-orientale qui trop souvent déchaîne les passions au détriment de la raison ». En diffusant majoritairement des textes d’ultras-sionistes islamophobes tels ceux d’Alexandre Adler, Pierre-André Taguieff ou Pierre Jourde. Il n’en fallait pas davantage pour que les ultras de l’UPJF (Union des Patrons Juifs de France) dupliquent entièrement la carte blanche sur leur site. Idem pour un blog, intitulé Collatéral-international.org, qui ose qualifier la tribune laïciste d’« opinion modérée sur Gaza » …
Bilan : 8 sites et blogs clairement d’extrême-droite, 8 sites et blogs pro ou ultras-sionistes, 3 sites classés à gauche (Mouvements.be ; ledrapeaurouge.skynetblog.be ; Mediapart.fr), 1 site communautaire belgo-marocain (Wafin.be) et 1 site social (Belsoc.org) ont diffusé tout ou partie du brouet laïciste. Autrement dit, une majorité d’extrémistes du net (16 sur 21) se sont suffisamment retrouvés dans « l’appel démocratique » d’Abramowicz, Demelenne et Touzani pour s’adonner à leur sport favori : la stigmatisation de l’arabo-musulman potentiellement antisémite, intégriste et terroriste.Ce triste trio, admirateur de la République française, confirme l’un des développements d’Emmanuel Todd : « Dans cette France où la pratique religieuse catholique est désormais sans importance sociale, la laïcité devient laïcisme, et réunit dans une hostilité commune à un islam fantasmé les incroyants venus de la vieille laïcité républicaine et ceux qui viennent de sortir du catholicisme terminal. L’Islam prend le statut de bouc émissaire, d’ennemi indispensable. Dans l’Europe du début du troisième millénaire, il devient la victime sacrificielle de notre mal-être physique, de notre difficulté à vivre sans Dieu, tout en clamant que notre modernité est la seule possible, la seule valable. » (« Après la démocratie », Emmanuel Todd, Gallimard, 2008 ).
Dans la manifestation du 11 janvier à Bruxelles, j’ai vu des milliers de visages d’hommes, de femmes, de jeunes et d’enfants. Dignes et calmes pour la plupart, colère retenue pour d’autres, rage libérée pour certains. Une manif classique, encadrée par un service d’ordre efficace, et qui s’est terminée par quelques débordements et déprédations, toujours condamnables et difficilement évitables. Ni arabe ni musulman, jamais je ne me suis senti mal à l’aise aux côtés de ces manifestants. Parmi celles et ceux avec qui j’ai marché, je n’ai pas entendu de slogan raciste anti-juif.
A l’adresse des blancs-bleu-belges qui ont ressenti un malaise au contact d’une population qui ne leur ressemble pas, peut-on suggérer une double réflexion ? Primo : si malaise il y a, c’est principalement dû à la rencontre inédite de deux « ghettos sociaux ». Qui, parmi ces citoyens « gênés », connaît, fréquente et tisse des liens d’amitiés avec ces arabo-musulmans parqués à Molenbeek, Cureghem, Schaerbeek et Saint-Josse ? Qui, parmi ces juges improvisés, appréhende réellement le malaise quotidien vécu par ces personnes qui se débattent dans une société banalisant l’islamophobie et le racisme anti-arabe ? Secundo : quel est le bilan politique de la « gauche progressiste » et des autres formations pour éviter le repli voire l’enfermement d’une partie de ces populations sur leur communauté, leur religion ou leur quartier ?
Bien sûr, j’ai aussi vu ces calicots qui postulaient une équivalence entre Israël et nazis. So what ? Avant d’hurler au racisme anti-juif, les laïcistes devraient éviter de s’informer de manière « ethnico-sélective ». Le député anglais, Gerald Kaufman (6), a-t-il fait autre chose en comparant l’agression des troupes israéliennes à Gaza à celle des nazis qui ont assassiné sa grand-mère dans son lit et contraint sa famille à fuir la Pologne. Le maire français de Grigny, René Balme (7), a-t-il écrit autre chose en s’associant à une déclaration retentissante de Richard Falk, rapporteur de l’ONU sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés et professeur de droit international à Princeton : « Est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens avec les chefs d’accusation qui avaient été réunis pour dénoncer les atrocités commises par les nazis ? Je ne le pense pas » ?
Y aurait-il une nazification d’Israël permise ou interdite selon l’origine ethnique, religieuse et le statut social de celui qui la profère ?
Remarquons, à cet égard, l’absence de tribune laïciste alarmiste, de cris scandalisés d’un Pascal Fenaux ou de réflexe procédurier d’une Nadia Geerts lorsque Mischaël Modrikamen (8), chez nous, et Yvan Roufiol (9), en France, médiatisent la contraction « nazislamistes » pour désigner le Hamas et le Hezbollah ...
Un mot médiatique
Sur le fond du sujet, le politologue français Cédric Housez (10) disait déjà l’essentiel en 2006 : « Le mot ‘islamisme’, lorsqu’il désigne des mouvements musulmans armés n’a pas plus de cohérence : qu’il y a-t-il de commun entre les révolutionnaires iraniens renversant la dictature sanglante du Shah, les salafistes algériens tentant d’imposer le retour d’un modèle révolu de société, le Hamas luttant contre l’apartheid en Palestine, le Hezbollah résistant à l’invasion du Liban par Israël, et les auteurs présumés des projets d’attentat à Londres ? Rien, hormis leur religion et le préjugé selon lequel elle serait, elle, intrinsèquement violente. Et si l’on doit utiliser cette catégorie, pourquoi n’y place-t-on pas les mercenaires de Ben Laden luttant contre les Soviétiques en Afghanistan, le Mouvement de libération du Kosovo organisant des attentats à la bombe au centre de Pristina, le gouvernement tchétchène en exil à Washington commanditant des attentats en Russie, etc. ? C’est que le mot « islamisme » lui-même n’a aucune base claire et n’est pas un terme académique mais un mot médiatique qui a connu des fortunes diverses et qui s’est imposé progressivement pour faire formellement la distinction entre le « bon » islam et le « mauvais » islam (…) Refuser l’emploi de la rhétorique du « totalitarisme islamique » ou en voir ses limites évidentes ne signifie pas abandonner la laïcité, mais au contraire la défendre en s’affranchissant du discours dogmatique des pontifes du néo-conservatisme ».
Refuser la peur et le chantage
Le degré de cynisme, d’inhumanité et d’horreur atteint par la dernière « opération » israélienne, la concrétisation d’un projet de mort planifié et méthodique envers une population incarcérée, ne peut faire penser qu’aux heures sombres de l’Histoire. Cela n’est pas « faux, idiot et contre-productif » de nazifier l’Etat d’Israël, M. Henri Goldman, c’est ce qui vient spontanément à l’esprit de tout humaniste, sincèrement épris de justice et d’égalité entre les hommes.
Ce qui est contre-productif, c’est de continuer à cultiver la moindre sollicitude envers cette ethnocratie israélienne, son apartheid, sa folie guerrière et son chantage à l’antisémitisme. Ce qui est encore contre-productif, ce sont ces éternelles contorsions couardes pour éviter la condamnation du sionisme dont les conséquences meurtrières et dévastatrices sautent aux yeux depuis six décennies. Se résoudre à discréditer sans ambiguïté l’oppresseur et son idéologie coloniale, c’est une légitime question de survie et d’auto-détermination pour les Palestiniens ; c’est une question de guérison pour une majorité d’Israéliens qui, malades de leur racisme morbide, s’apprête à réélire des criminels de guerre et des tueurs d’enfants.
Si les véritables progressistes souhaitent que la jeunesse belgo-maghrébine se détourne des intégristes islamistes, leur priorité est de lutter efficacement contre les discriminations ethniques et socio-économiques qu’elle endure dans notre pays. Ensuite, sur la question israélo-palestinienne, il s’agit de rejeter ce « deux poids deux mesures » permanent à l’avantage de l’Etat colonialiste et de ses supporters. En s’inspirant, pour commencer, du courage politique des dirigeants du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur qui, eux, n’ont pas hésité à rompre leurs relations diplomatiques avec l’Etat terroriste. En digne cohérence avec le respect du Droit international et en véritable solidarité avec un peuple palestinien opprimé au-delà de toute mesure …
A l’heure du retrait de Gaza par l’armée israélienne, la lamentable tribune du trio laïciste, publiée par Le Soir, demeure ce qu’elle est : une volonté de diviser le front pro-palestinien de Belgique par une diversion prompte à ravir l’extrême-droite et ses alliés objectifs.
La jeunesse d’origine maghrébine et africaine n’a aucune leçon de paternalisme et d’antiracisme à recevoir de ceux que ne dérangent pas le racisme institutionnel et la citoyenneté de seconde zone. A fortiori, lorsque ces pseudo-démocrates s’empressent de désigner le fascisme vert à la vindicte populaire tout en cautionnant ou fermant les yeux sur celui de l’axe américano-sioniste.
Zeitouni
Bagatelle pour un massacre
Après le blanc-seing, l'absolution de l'Europe ?
Nous devons protester contre les crimes de guerre perpétrés par Israël.
Venez nombreux au Rond-point Schuman.
Le rituel sanglant
Nous nous sommes déjà retrouvés là. C’est un rituel. Tous les deux ou trois ans, notre armée monte une expédition sanglante. L’ennemi est toujours plus petit, toujours plus faible ; notre armée est toujours plus grande, technologiquement plus sophistiquée, parée pour une guerre de grande envergure contre une armée de grande envergure. Mais l’Iran fait trop peur et même le Hezbollah, relativement petit, nous a donné du fil à retordre. Cela nous laisse les Palestiniens.Israël est engagé dans une longue guerre d’annihilation contre la société palestinienne. L’objectif est de détruire la nation palestinienne et de la ramener à des groupements pré-modernes basés sur la tribu, le clan, l’enclave. C’est la dernière phase de la mission coloniale sioniste, culminant dans d’inaccessibles townships, camps, villages, districts, tous devant être séparés par un mur, une clôture et patrouillés par une armée puissante qui, en l’absence d’un véritable objectif militaire, est en fait une force de police suréquipée, avec des F-16, des Apaches, des chars, de l’artillerie, des unités de commando et des moyens de surveillance high-tech à sa disposition.
L’étendue de la cruauté, l’absence de honte et le refus de toute retenue sont frappants, aussi bien en termes anthropologiques qu’historiquement. Le soutien juif apporté dans le monde entier à cette offensive de vandales amène à se demander si nous n’assistons pas à la prise de contrôle du peuple juif par le sionisme.
Mais la vraie question est que depuis 1991 et plus encore depuis les accords d’Oslo en 1993, Israël a joué sur l’idée qu’il négociait vraiment la terre contre la paix, alors que la vérité est toute différente. Israël n’a pas abandonné les territoires, mais les a réduits en cantons et placés sous blocus. La nouvelle stratégie consiste à confiner les Palestiniens : ils n’appartiennent pas à notre espace, ils doivent demeurer hors de vue, à s’entasser dans leurs townships et leurs camps ou à remplir nos prisons. Ce projet a maintenant le soutien de la plus grande partie de la presse israélienne et du milieu académique.
Nous sommes les maîtres. Nous travaillons et nous déplaçons. Eux peuvent gagner de quoi vivre en faisant la police au sein de leur propre peuple. Nous empruntons les autoroutes. Ils doivent vivre au-delà des collines. Les collines sont à nous. Pareil pour les clôtures. Nous contrôlons les routes, et les checkpoints et les frontières. Nous contrôlons leur électricité, leur eau, leur lait, leur huile, leur blé et leur essence. S’ils protestent pacifiquement, on leur lance du gaz lacrymogène. S’ils lancent des pierres, nous tirons des balles. S’ils lancent des roquettes, nous détruisons une maison avec ses habitants. S’ils lancent un missile, nous détruisons familles, quartiers, rues, villes.
Israël ne veut pas d’un Etat palestinien à ses côtés. Il entend le prouver avec des centaines de morts et des milliers de mutilés en une seule ‘opération’. Le message est toujours le même : allez-vous-en ou restez soumis, sous notre dictature militaire. Nous sommes une démocratie ? Nous avons décidé démocratiquement que vous vivriez comme des chiens.
Le 27 décembre, juste avant que les bombes ne commencent à tomber sur Gaza, les partis sionistes, depuis le Meretz jusqu’à Yisrael Beitenou, étaient unanimement favorables à l’attaque. Comme d’habitude – là encore, c’est le rituel – les divergences n’ont surgi qu’à propos de l’envoi de couvertures et de médicaments à Gaza. Notre éditorialiste le plus fervent en faveur de la guerre, Ari Shavit, a suggéré qu’Israël devrait poursuivre l’offensive et construire un hôpital pour les victimes. L’ennemi est blessé, il perd son sang, il est mourant, il appelle désespérément à l’aide. Personne ne viendra à moins qu’Obama ne bouge – oui, nous attendons tous Godot. Peut-être viendra-t-il cette fois.
Yitzhak Laor vit à Tel Aviv. Il est l’éditeur de Mita’am.
(Traduction de l’anglais : Michel Ghys)
Ambiguité de l'Américanisme...
« Quant au phénomène américain, il n’est ni moins extraordinaire, ni moins significatif, même si ici c’est de colonialisme intérieur qu’il s’agit et de révolution silencieuse (la révolution silencieuse, c’est la meilleure forme de révolution). En effet, quand je vois les formidables progrès accomplis dans la dernière période par nos frères afro-américains, quand je vois le nombre de grandes villes administrées aux Etats-Unis par des maires qui sont des noirs ; quand je vois partout dans le écoles, dans les universités, le nombre toujours croissant de jeune noirs ; quand je vois cette formidable avancée - pour employer le mot américain : advancement of coloured people - je ne peux pas ne pas penser à l’action menée dans ce pays par Martin Luther King Jr, votre héros national, auquel, à juste titre, la nation américaine a consacré un jour de commémoration. J’ajoute que je pense aussi à d’autres, en particulier, à cette pléiade, déjà lointaine, d’écrivains, d’essayistes, de romanciers, de poètes qui nous ont influencés Senghor et moi - qui, au lendemain de la première guerre mondiale, ont constitué ce que l’on a appelé la reconnaissance noire : la Black Renaissance. Des hommes comme : Langston Hughes, Claude McKay, Countee Cullen, sterling Brown, auxquels sont venus s’ajouter des hommes comme Richard Wright, et j’en passe…Car qu’on le sache, ou plutôt qu’on se le rappelle, c’est ici aux Etats-Unis, parmi vous, qu’est née la Négritude. La première Négritude cela été la Négritude américaine… » (Aimé Césaire, Discours sur la Négritude)
L'oeuf ou la poule...
« L’Union européenne contribue à aider l’ensemble de la Palestine à hauteur d’un milliard d’euros par an (aide directe à l’autorité palestinienne, aux ONG et à l’ONU, chiffre qui comprend l’aide en provenance des Etats membres). Cette aide se concrétise notamment par le financement des salaires des enseignants et des infirmières, par une aide humanitaire importante comme celle canalisée par l’UNRWA, l’office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qui distribue des denrées alimentaires à près de 750 000 Palestiniens de Gaza. » (*)« Plus de 20 000 bâtiments d'habitations auraient été endommagés par les bombardements israéliens, selon le Bureau central palestinien des statistiques, et plus de 4 000 habitations complètement détruites.En outre, 48 bâtiments gouvernementaux, 30 commissariats, 20 mosquées, 18 écoles, 3 cliniques ont été ravagés, sans compter les dégâts sur les routes, ou le réseau d'eau et d'électricité.Une casse estimée à 476 millions de dollars, affirme le Bureau palestinien des statistiques, auquel il faut ajouter, estime-t-il, 500 000 dollars rien que pour déblayer les décombres. »(*)
Etc, etc, etc...
Malcolm X Président !
« I'm not a politician, not even a student of politics; in fact, I'm not a student of much of anything. I'm not a Democrat. I'm not a Republican, and I don't even consider myself an American. If you and I were Americans, there'd be no problem. Those Honkies that just got off the boat, they're already Americans; Polacks are already Americans; the Italian refugees are already Americans. Everything that came out of Europe, every blue-eyed thing, is already an American. And as long as you and I have been over here, we aren't Americans yet. Well, I am one who doesn't believe in deluding myself. I'm not going to sit at your table and watch you eat, with nothing on my plate, and call myself a diner. Sitting at the table doesn't make you a diner, unless you eat some of what's on that plate. Being here in America doesn't make you an American. Being born here in America doesn't make you an American. Why, if birth made you American, you wouldn't need any legislation; you wouldn't need any amendments to the Constitution; you wouldn't be faced with civil-rights filibustering in Washington, D.C., right now. They don't have to pass civil-rights legislation to make a Polack an American. No, I'm not an American. I'm one of the 22 million black people who are the victims of Americanism. One of the 22 million black people who are the victims of democracy, nothing but disguised hypocrisy. So, I'm not standing here speaking to you as an American, or a patriot, or a flag-saluter, or a flag-waver - no, not I. I'm speaking as a victim of this American system. And I see America through the eyes of the victim. I don't see any American dream; I see an American nightmare... » Cela une autre gueule que le très consuel « Yes, We can», dont on a vu tous les effets d'esbrouffe à Gaza !
De la résistance
« Nous disons donc que la défense est la forme la plus forte de la guerre... Si nous supposons une armée dont le théâtre de guerre est disposé pour la défense, la défense pourrait avoir lieu de la façon suivante :1. En attaquant l’armée ennemie dés qu’elle pénètre sur le théâtre de guerre.
2. En prenant position tout près de la frontière et en attendant que l’ennemi paraisse avec l’intention de s’y attaquer, afin de l’attaquer alors.
3. L’armée prenant position de façon à attendre non seulement que l’ennemi se prépare à livrer bataille, c’est-à-dire qu’il apparaisse sur le front de notre position, mais aussi qu’il attaque réellement.
4. En transférant la résistance à l’ennemi au cœur du pays. L’objectif de cette retraite est de causer ou d’attendre un affaiblissement de l’ennemi, tel qu’il doive arrêter de lui-même son avance, ou se montre au moins incapable de dominer la résistance que nous opposons finalement à son progrès. Car toute avance au cours de l’attaque stratégique affaiblit celui qui la lance, parce qu’une division des forces devient nécessaire.
Il est clair que dans les quatre cas cités le défenseur a le bénéfice du terrain, et qu’il peut aussi grâce à cela mettre en œuvre la coopération de ses forteresses et du peuple… En ce sens, on peut dire qu'il existe dans la défense deux sortes de décision et, par conséquent, deux sorte de réaction selon que l'assaillant sera épuisé par l'épée du défenseur ou par ses propre efforts...Si l’assaillant trouve le défenseur sur une forte position qu’il ne pense pas pouvoir emporter, c’est tout à la fois l’épée du défenseur et l'épuisement de ses forces qui produisent leurs effets. Car c’est la crainte d’être dominé par cette épée dans ce gros engagement ou en certains points importants qui conduit l’action de l’assaillant au point mort ; mais il ne l’admettra en aucune façon, ou du moins pas franchement...» (Clausewitz, De la guerre)
Hugo l'Arabe
La rue arabe est-elle à la recherche d’un héros ? D’un leader à la voix forte qui montre une détermination à la défendre contre ce qu’elle considère être des injustices à son égard ? Il semblerait que oui. La rue arabe a un nouvel héros. Il n’est pas arabe. Il est latino-américain. Il s’appelle Hugo Chavez. Hugo Chavez, le vénézuélien. Chavez ne joue pas sur les mots. Il dit tout haut ce que beaucoup d’occidentaux pensent tout bas. Sa rhétorique parfois fait rire. Parfois elle porte des coups. Hugo Chavez vient de porter un coup qui défie en soi le monde arabe. Il a osé rompre les relations diplomatiques de son pays avec Israël. En raison « des persécutions inhumaines du peuple palestinien ». Ce geste, hautement symbolique, n’est pas sans conséquences sur l’État hébreu. Et plus particulièrement sur le monde arabe.
Avant cette rupture, il y a eu les déclarations gravissimes d’Hugo Chavez contre le gouvernement d’Israël. Les mots d’assassin et de génocidaire ont été évoqués par le chef du gouvernement vénézuélien. Il avait même lancé au monde entier un cri de ralliement : « Nous devrions tous nous prononcer et exiger comme le fait le Venezuela (…) l’arrêt de l’invasion de la bande de Gaza et l’assassinat de milliers d’innocents ». Chavez n’a pas hésité à déclarer que l’incursion israélienne dans la Bande de Gaza était un vrai massacre, mettant Israël dans la peau d’un bras armé des États-Unis.
Il ne faut pas ignorer que le bras droit du président Luiz Inacio Lula da Silva, du Brésil, Marco Aurelio Garcia, avait aussi condamné en termes non équivoques le « terrorisme d’État d’Israël ». Lula avait lui-même reproché à l’ONU son inertie et rappelé le ridicule de comparer Israël et les Palestiniens comme deux forces équivalentes : « d’un côté, on a les bombes, de l’autre, les allumettes » À ce propos, Michael Warschawski, qui dirige à Jérusalem le Centre d’information alternative, déclarait au journal en ligne Mediapart, que « toute prise de position critique envers la politique israélienne, certainement quand elle vient d’une puissance comme le Brésil, a son impact sur la classe politique israélienne, même si souvent c’est un impact différé. Contrairement à ce que laisse entendre le discours public fanfaron des dirigeants politiques et des medias, Israël est extrêmement sensible aux déclarations des composantes de la communauté internationale. Personne n’aime être traite de voyou par les autres ».
Passant de la parole aux actes, le gouvernement vénézuélien a expulsé l’ambassadeur d’Israël, Shlomo Cohen, en signe de solidarité avec le peuple palestinien. Par la suite, Hugo Chavez a expédié 12,5 tonnes de médicaments vers Gaza, via le Caire, et 80 tonnes de vivres.
Guillaume Borrione, dans une analyse pour l’agence de presse francophone d’Israël et du Moyen-Orient, Guysen International News, constate que la rhétorique d’Hugo Chavez n’a pas laissé insensible le monde arabe. Mohammed al-Lahham, un parlementaire du Fatah a par exemple indiqué récemment que M. Chavez était « un symbole du combat pour la liberté, comme Che Guevara ». Et toujours selon Guillaume Borrione, la ville de Bireh, située à 45 kilomètres au nord de Tripoli au Liban, a même donné le nom du président vénézuélien à l’une de ses rues. La ville de 17 000 habitants est d’ailleurs pavée de portraits d’Hugo Chavez qui sont placardés partout. Comme l’indique l’analyste, enthousiasme qui n’a d’égal que le sentiment d’abandon de la part des leaders du monde arabe. Iyad, un commerçant arabe de Bethleem explique sans l’ombre d’une hésitation que « Chavez est le meilleur président. Il soutient toujours les Palestiniens ».
Après Hugo Chavez, le président bolivien Evo Morales a emboîté le pas : « La Bolivie entretenait des relations diplomatiques avec Israël, mais, face à ces actes graves attentant à des vies humaines, à l’humanité, le pays rompt ses relations avec l’État hébreu ». Selon La Prensa, Evo Morales entend déposer une plainte devant la Cour pénale internationale : « Nous lançons un appel à de nombreux États et organismes internationaux, en particulier à ceux qui défendent la vie, pour nous mettre dès maintenant au travail » (Courrier international).
Du côté arabe, ces décisions ont également fait l’objet d’analyses. Peu flatteuses pour les dirigeants des pays arabes. Ghada Hamrouche, de La Tribune Online (Algérie), écrit : « Chavez a fustigé l’offensive terrestre dans la bande de Ghaza, qualifiant l’entité sioniste d’assassin et de génocidaire. Une position qui fait pâlir de jalousie les peuples arabes assistant, pour la première fois de leur histoire, à une indécente léthargie de leurs régimes frôlant la traîtrise. Après le Premier ministre turc qui a âprement condamné les sionistes et leurs crimes de guerre à Ghaza, les peuples arabes sont réduits aujourd’hui à admirer M. Chavez ».
Sur un ton impitoyable, Ghada Hamrouche dénonce cette décision de ne pas convoquer un sommet arabe sur la situation à Gaza : « Décidés à ne pas convoquer une réunion au sommet ni à prendre des décisions d’urgence, les régimes arabes restent dans une expectative consternante. Leur silence accompagne les cercueils des enfants de Ghaza et renforce la volonté sioniste à aller au bout de sa sale besogne, achevant vite et bien les Palestiniens de ce bout de terre assiégé et livré à son triste sort depuis plus de 18 mois. […] De l’Atlantique au Golfe, aucun régime n’a réussi à donner à son peuple la fierté d’appartenir à cette nation ».
Nasser Hannachi, du quotidien algérien La Tribune, fait état de la coalition gouvernementale qui est sortie jeudi dernier dans les rues constantinoises pour « dénoncer le massacre perpétré contre le peuple palestinien de Ghaza ». Le journaliste écrit : « Par cette sortie, les Constantinois, à l’image des autres citoyens du pays, multiplient leur expression du ras-le-bol face à l’omerta politique internationale qui entoure l’épuration ethnique que subit la population de Ghaza sous les attaques de l’armée israélienne. Un silence partagé, hélas, par le laxisme de certains dirigeants arabes ou du reste du monde qui prennent tout leur temps pour accoucher d’une décision unilatérale dont la portée et l’impact quant à l’arrêt des bombardements israéliens sont plus que douteux. La décision des présidents du Venezuela et de la Bolivie, Hugo Chavez et Evo Moralès, de rompre leurs relations avec Israël ne semble pas avoir fait autant d’émules dans les rangs des dirigeants, notamment arabes, les plus concernés par le drame palestinien ».
Fait absolument singulier dans le monde arabe : le Maroc vient de rappeler son ambassadeur de Caracas en soutien à Israël. Toutefois, dans le langage diplomatique, il faut comprendre que la fermeture de l’ambassade du Maroc au Venezuela a pour prétexte officiel le soutien du gouvernement d’Hugo Chavez au Polisario, qui veut l’indépendance du Sahara occidental. Il s’agit d’une fermeture de l’ambassade et non d’une rupture des relations diplomatiques avec le Venezuela. « Quoi qu’il en soit », comme le souligne Alter Info, « plus que la décision en elle-même, c’est le moment auquel elle a été prise qui pose question ». Alter Info poursuit : « Le Maroc s’efforce actuellement d’accentuer les différends qui opposent les membres de la Ligue arabe alors que les circonstances actuelles demanderaient au contraire une union efficace contre un ennemi commun ». Sa Majesté considère que : « la simple idée de tenir un sommet arabe extraordinaire suscite des conflits et des surenchères qui se transforment parfois en litiges interarabes ».
Jawad Kerdoudi est Consultant Économiste et Président de l’Institut Marocain des Relations Internationales. Il écrit, sur Infomaroc, « les États arabes ont été incapables de réunir un Sommet extraordinaire, réclamé à deux reprises par Qatar dès les premiers jours de l’agression israélienne. D’ailleurs un membre du « Conseil de la Chourra », l’Assemblée Consultative saoudienne a déclaré, « Pourquoi un Sommet : y-a-t-il quelqu’un prêt à combattre Israël ? ». Ceci traduit l’incapacité actuelle des États arabes à opter pour l’option militaire. Seule la voie diplomatique est possible […] ».
En conclusion, si Israël est de plus en plus isolé sur la poursuite de sa guerre au sol dans la bande de Gaza, cela n’est pas le fait des pressions du monde arabe. Mais bien de la rue arabe. De l’opinion publique mondiale. Et d’une certaine lassitude manifestée, depuis l’adoption de la résolution 1860, par les États-Unis qui n’a pas opposé son véto. Les opinions internationales dénoncent maintenant ouvertement la poursuite des combats.
Les États-Unis viennent de conclure un accord de coopération nucléaire avec les Émirats arabes unis (EAU) qui prévoit le transfert de composants et de matières nucléaires entre les deux pays, malgré des préoccupations du Congrès. À l’occasion de la cérémonie de signature avec le ministre émirati des Affaires étrangères, Abdullah bin Zayed al Nahyan, Condoleeza Rice a qualifié cet accord de : « modèle puissant et opportun pour la région » et il ne fait aucun doute qu’il aidera les Émirats arabes unis (EAU) à devenir le premier pays arabe à développer une industrie d’énergie nucléaire. « Nous pensons que c’est bon pour les États-Unis, bon pour les Émirats arabes unis et bon pour le régime de non-prolifération », a déclaré le porte-parole du département d’État, Sean McCormack.
Juan ColeTélé « horreur » réalité
Après l’orgie sanglante, les bacchanales meurtrières, la débauche criminelle, assisterait-on, au sein de la « société israélienne », au retour « du principe de réalité »? Ou n'est-ce là qu'une ruse de la raison du voyeurisme spectaculaire?C'est un cri de désespoir qui s'est invité, hier, en prime time dans les foyers israéliens. Un témoignage bouleversant de Gaza, diffusé en direct sur la dixième chaîne de la télévision israélienne : celui d'un médecin palestinien, meurtri par la mort soudaine de trois de ses enfants, provoquée par l'attaque d'un tank de Tsahal sur sa maison.
Izz el-Deen Aboul Aish est un médecin connu des spectateurs israéliens. Ce gynécologue palestinien, qui parle parfaitement l'hébreu, exerce à la fois dans un hôpital de Tel Aviv et dans la bande de Gaza, où vit sa famille. Depuis le début des raids, il y a 21 jours, il était resté à Gaza. L'accès des journalistes étant strictement contrôlé, il fut très vite sollicité par les média israéliens pour témoigner des conditions de vie sur place.
Comme à l'habitude, son intervention d'hier soir avait été calée préalablement à l'avance. Sur la dixième chaîne, tout le monde attendait l'appel du médecin. Mais cette fois-ci, c'est un père en deuil qui a déversé ses sanglots, par l'intermédiaire d'un téléphone portable, rapporté, en direct, dans le studio par son interlocuteur israélien, le journaliste Shlomi Eldar.
« Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, mes filles ont été tuées. Ils ont tué mes enfants... Est-ce que quelqu'un peut nous venir en aide ? »
Le présentateur, Shlomi Eldar, est blême, au bord des larmes. Il invite Izz el-Deen Aboul Aish à continuer à parler, tout en lui suggérant de donner quelques détails sur son adresse, afin qu'il puisse recevoir de l'aide. Puis, après quelques secondes, il retire son oreillette et se lève. « Je ne peux pas raccrocher ce téléphone, je préfère sortir du studio », dit-il.
Un peu plus tard, on apprendra que des ambulances sont venues secourir les survivants, y compris Izz el-Deen Aboul Aish, pour les faire sortir de Gaza.
« Mes filles étaient assises à la maison, en train de planifier leur avenir... », sanglote Izz el-Deen Aboul Aish dans la vidéo ci-dessous.
Ses filles font partie des quelque 1 150 Palestiniens morts depuis le début des opérations.
Delphine Minoui
Les hyènes du PAF
Jean-Pierre Elkkabach : « D’habitude, Tsahal vise mieux … » (soyons professionnel, restons sportif !)Frédéric Barreyre : « Cet après-midi, la trêve a été violée des deux côtés » (en toute logique, une « trêve unilatérale » ne se viole qu’unilatéralement !)
Marie Drucker : « Israël affirme ce soir qu’il n’y avait d’autre solution que la voie militaire. Israël qui a lancé ce matin des raids aériens massifs contre le Hamas à Gaza. » (ou de la doxa au réel !)
David Pujadas : « Les tirs de roquette sur les villages israéliens poussent le ministre de la défense Ehoud Barak à bombarder Gaza, ce qui n’est pas sans risque politique » ( journaliste un métier à risque !)
Jean-Pierre Pernaut : « Voilà. On reparlera du froid et de la neige tout à l’heure et on ira aussi se réchauffer [un sourire s’esquisse en promettant les alléchantes images] un petit peu comme tous les jours cette semaine à Tahiti. Venons-en maintenant à la situation toujours aussi préoccupante, très préoccupante, au Proche-Orient ». (Chaud effroi !)
Laurence Ferrari : « Est-ce qu’on peut dire que cette attaque qu’une école qui a fait 43 morts au moins parmi les civils palestiniens est la première grosse bavure de l’armée israélienne ? » (ou de l’importance de savoir baver au 20 heures...)
Harry Roselmack « Les frappes israéliennes se poursuivent, pour le cinquième jour, de même que les tirs de roquettes palestiniens sur le sol de l’Etat Hébreu. Ce matin une vingtaine d’engin ont explosé dans différentes localités israéliennes proches de la bande de Gaza. » ( de « l’équidistance » ou comment devenir un Salomon de l’horreur !)
Renaud Revel : « En interdisant les journalistes à pénétrer à Gaza, est-ce que vous ne prêtez pas le flanc à la propagande du Hamas , dans la mesure où si on va sur Internet aujourd’hui, internet regorge d’images effectivement des combats qui ont lieu en ce moment ? Et qui sont données notamment par le Hamas ? » ( le dire c'est le faire ou quand le propagandiste discourt sur la propagande...)
Voici un petit échantillon des manières de faire de la hasbara band qui sévit en France!
Inspiration
Quel était donc ce plan israélien à Gaza ?

- Bombarder massivement la population de Gaza pour faire le maximum de morts et la terroriser afin qu’elle se retourne contre la résistance et le Hamas en particulier
- et détruire la direction du Hamas. C’est-à-dire que l’objectif politique d’Israël était d’anéantir à Gaza le projet politique de résistance à l’occupation israélienne. La reddition politique de Gaza aurait servi d’exemple pour la Cisjordanie. Mais Israël a échoué :
- La population de Gaza ne s’est pas retournée contre le Hamas. Cela signifie qu’elle ne se vit pas seulement comme martyr mais aussi comme résistante. La résistance populaire quotidienne de la population de Gaza qui soutient les résistants est partie intégrante de la résistance de Gaza.
- Non seulement la direction militaire du Hamas n’est pas détruite mais la résistance est sortie renforcée de cette agression. Nous le savons maintenant, les derniers roquettes ont été tirés par une fraction du Fatah ! et le Hamas a annoncé la création à Gaza du « Comité National de la Résistance » qui regroupe le FPLP, le Jihad, une partie du Fatah, le Hamas et tous les petits groupes armés.
Alors ce gouvernement tente une opération de diversion et pour essayer de sortir de l’impasse et calmer l’opinion mondiale il propose un « cessez le feu unilatéral ». Mais nous ne sommes pas dupes nous connaissons les résultats du « retrait unilatéral des colonies de Gaza » opéré par le sinistre Sharon : Le déplacement des colons en Cisjordanie et la colonisation totale de Jérusalem-est ! C’est-à-dire une extension de l’occupation.
Le « cessez-le feu unilatéral » est de même nature ! il s’agit de laisser les chars occuper la bande de Gaza et de contrôler la frontière de la bande de gaza avec l’Egypte afin de maintenir le siège et le blocus complet de Gaza.
C’est-à-dire qu’après 22 jours de crimes de guerre, qu’Israël propose de revenir à la situation de blocus d’avant leur agression criminelle avec en plus la présence des chars et son armée de terre dans Gaza. Qui pourrait accepter de telles conditions ? personne ! et il ne fait aucun doute que la résistance armée et populaire de Gaza ne vont pas l’accepter.
C’est pourquoi nous devons exiger l’arrêt immédiat des attaques meurtrières, le retrait immédiat des troupes israéliennes de la bande de Gaza, la levée complète du blocus et tout particulièrement le rétablissement de la libre circulation à la frontière de Gaza avec l’Egypte !
CCIPPP
D’Al Jazerra comme médiascape
Les idéologues à gage d’aujourd’hui sont décidément en retard d’une guerre, ils ne se sont pas aperçus que le temps du monopole des télévisions nationales et de CNN était révolu… La critique d’Al Jazerra, qu’elle soit fondée, le fait qu’elle appartienne à l’Emir du Qatar (Hamad bin Khalifa Al Thani) n’est pas sans conséquence, qu'elle soit de mauvaise foi, pour ce qui est de Gaza, les chaînes occidentales, pour ne pas passer d'images d’Al Jazerra, invoquent la partialité de celle-ci, alors qu’elles diffusent allègrement les images fournies par l’armée israélienne, ou qu’elle soit délirante, ainsi si dans le monde occidentale on la considère comme « la voix des islamistes », dans le monde arabe on la trouve proaméricaine, n’y changera rien. Al Jazeera, comme médiascape, est là et bien là. Nul retour en arrière. Et de fermeture que nenni... Ces idéologues vermoulus ne se sont pas plus aperçus, confinés dans leur bêtise conservée dans le formol, des spécificités diasporiques de leurs concitoyens, notamment en terme d’imaginaire, que des particularités des supports techniques d’aujourd’hui. « Les médiascapes se sont à la fois la distribution des moyens électroniques de produire et de disséminer l’information, désormais accessibles à un nombre croissant de personnes à travers le monde, et les images du monde créées par ces médias. Ces médiascapes fournissent à des spectateurs disséminés à travers le monde de large et complexe répertoires d’images, de récits et d’ethnoscapes, où sont imbriqués le monde de la marchandise, celui de l’information et celui de la politique. Cela signifie que de nombreux public à travers le monde, perçoivent les médias eux-mêmes comme un répertoire complexe et interconnecté d’imprimés, de celluloïd, d’écrans électroniques et de modes d’affichage. Les limites entre les paysages réels et fictionnels qu’ils visionnent sont brouillées. Ainsi plus ces publics sont éloignés de l’expérience directe de la vie métropolitaine, plus ils sont susceptibles de construire des mondes imaginés qui soient des objets chimériques, esthétiques, voire fantastiques, notamment si ces mondes sont évalués selon les critères d’une autre perspective, d’un autre monde imaginé. Les médiascapes tendent à être des comptes rendus fondés sur l’image et le récit de fragments de réalité. Ils offrent à ceux qui les perçoivent et les transforment une série d’éléments d’où peuvent être tirés des scénarios de vie imaginée, la leur comme celle de personne vivant à des milliers de kilomètres… » (Appadurai) Ces idéologues, casseroles ébréchées du vieux monde, qui pensaient pouvoir garder la main sur ce qu’il considère être un « troupeau », le leur, qui les regrettera ?
Pourquoi Israël doit perdre
Les massacres à Gaza ne sont que la phase la plus récente d’une guerre qu’Israël mène contre le peuple palestinien depuis plus de 60 ans. Les objectifs de cette guerre n’ont jamais changé : utiliser la puissance militaire écrasante pour éradiquer les Palestinens en tant que force politique capable de résister à l’expropriation continue par Israël de leurs terres et de leurs ressources. La guerre d’Israël contre les Palestinens a transformé Gaza et la Cisjordanie en deux prisons politiques gigantesques. Cette guerre n’a rien de symétrique en termes de principes, tactiques ou conséquences. Israël porte l’entière responsabilité pour son déclenchement, son intensification et pour avoir mis fin à la trève la plus récente.Israël doit perdre. Appeler à un nouveau cessez-le-feu, ou davantage d’aide humanitaire, ne sont pas des réponses suffisantes. Pas plus que de demander une reprise du dialogue et de reconnaître les inquiétudes et les souffrances des deux camps. Si nous croyons en le principe de l’auto-détermination démocratique, si nous défendons le droit de résister à l’agression militaire et à l’occupation coloniale, alors nous devons choisir notre camp ... contre Israël, et avec le peuple de Gaza et de la Cisjordanie.
Nous devons faire tout ce qui dans notre pouvoir pour empêcher Israël de gagner sa guerre. Israël doit accepter que sa sécurité dépende de la justice et de la coexistence pacifique avec ses voisins, et non de l’utilisation criminelle de la force.
Nous croyons qu’Israël devrait mettre fin immédiatement et sans conditions à son agression contre Gaza et à son occupation de la Cisjordanie, et renoncer à toutes ses prétensions d’annexer ou de contrôler des territoires en dehors de ses frontières de 1967. Nous demandons au gouvernement et au peuple britanniques de prendre toutes les mesures pratiques pour obliger Israël à accepter ces exigences, et en premier lieu d’appliquer un programme de boycott, de désinvestissement et de sanctions".
(Traduction : Colin Falconer)
Signataires : Eric Hobsbawm, Gilbert Achcar, Ilan Pappé, Slavoj Zizek, Etienne Balibar...
The Guardian
Gaza et la jeunesse bruxelloise
Les frères et les sœurs de Mohamed, Rayan et Mehdi, avec ou sans leurs parents, se sont massivement retrouvés à la manifestation du dimanche 11 janvier contre les massacres de Gaza. On a parlé à ce propos d’une manifestation communautaire. C’était surtout une manifestation bruxelloise. Ce qui est d’ordinaire confiné dans les rues et les maisons de Molenbeek ou Saint-Josse que le beau monde ne fréquente pas a pris ce jour-là possession des boulevards centraux de la ville. On a découvert une population jeune qui avait des valeurs et des préoccupations situées à des années lumières de Bruxelles-Hal-Vilvorde ou de la déconfiture de Fortis. Et ce qu’elle a montré d’elle a fait peur.
Bien sûr, il y avait des calicots « problématiques ». Certains n’ont vu que ceux-là, au risque d’alimenter la parano d’une partie de l’opinion publique. Ces jeunes Bruxellois ont pris fait et cause pour un peuple écrasé sous les bombes d’une armée puissante. Un peuple qui n’occupe aucune place particulière dans l’imaginaire européen, mais dont le destin tragique résonne dans tous les foyers arabes à partir des images d’Al Jazira consommées jusqu’à la nausée. Comme si le destin des Arabes de Bruxelles, et notamment d’une part importante de la jeunesse de cette ville, se jouait désormais en Palestine.
Il s’agit donc de notre jeunesse. Nous n’en avons pas d’autre de rechange. Son engagement existentiel aux côtés des Palestiniens massacrés est nettement plus honorable que la lâcheté et l’indifférence généralisées, même s’il y a beaucoup à redire sur les formes que cette solidarité emprunte. En les accompagnant franchement mais de façon critique dans cette solidarité, nous aiderons les plus lucides d’entre eux à contenir l’influence suicidaire de l’islamisme qui autrement risque d’occuper seul tout le terrain. Si cette hypothèse désastreuse devait se confirmer, c’est notre démission qui lui aura déroulé le tapis vert.
Henri Goldman