« Qui impose son récit hérite la terre du récit. » (Darwich)
Nous sommes tous des islamistes, des terroristes, des activistes, des exilés, des réfugiés, des déplacés, des sacrifiés, des méprisés, des humiliés, des dépouillés, des affamés, des mutilés, des exécutés, des assassinés, des embastillés, des encerclés, des emmurés, des enclavés, des étouffés, des oubliés, des égarés, des rescapés, des enragés, des possédés, des révoltés, des insurgés, des résistants, des partisans, des dissidents, des feddayin, des « shahid », des kamikazes… Nous sommes la non-résignation, par delà le désespoir et l'impuissance... Nous sommes la résistance malgré tout, le soulèvement par dessus tout, l'insurrection quoi qu'elle en coûte... Nous sommes la révolte des pierres comme bénédiction et l'Intifada pour création... Nous sommes le pied de nez à l'ordre du monde, le démenti à l'ordre des choses... Nous sommes tous des Gazaouis, tant qu’en nous subsistera un souffle de vie… Nous sommes tous des Gazaouis tant que nous resterons debout, droit comme un « i »... Nous sommes tous des Gazaouis !
Nous sommes tous des Gazaouis
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Le Bougnoulosophe
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12/30/2008
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Libellés : PALESTINE
Lettre ouverte à la gauche européenne
Qui a cédé aux 27 ministres européens des Affaires étrangères...
J’accuse les représentants des partis de gauche d’imposture ! J’accuse les représentants des partis de gauche de complicité avec un pouvoir colonial ! J’accuse les représentants des partis de gauche de collaboration avec la politique israélienne d’apartheid ! J’accuse les représentants des partis de gauche de soutien à la funeste idéologie qu’est le sionisme ! J’accuse les représentants des partis de gauche de non-assistance à peuple en danger ! J’accuse les représentants des partis de gauche d’être coresponsables des crimes perpétrés aujourd’hui à Gaza ! Et en conséquence, j’invite tout citoyen à tourner le dos à ces partis, traîtres aux vraies valeurs de la gauche, et qui par leur attitude ont perdu toute légitimité à représenter tous ceux qui se battent pour l’émergence d’une vraie justice.
Honte à vous et votre parti qui vous traînez de la sorte devant les exigences d’un Etat dont certains de ses dirigeants risquent un jour d’être jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Honte à vous et votre parti qui n’avez plus de gauche que l’appellation usurpée. Honte à vous et votre parti qui nous mentez et nous trahissez par ce vote. Honte à vous et votre parti qui ne représentez plus que vous-mêmes. Honte à vous et votre parti qui piétinez les principes les plus élémentaires d’une justice digne de ce nom. Honte à vous et votre parti qui au lieu de faire avancer l’Europe la faites reculer. Honte à vous et votre parti qui bafouez les acquis fragiles d’une démocratie dont vous n’êtes pas dignes. Honte à vous et votre parti pour tant de reniements. Honte à vous et votre parti pour tant de violations des Droits humains. Honte à vous et votre parti pour tant d’injustices. Honte à vous et votre parti pour tant de retournements de veste. Honte à vous et votre parti pour un tel parjure !...
Daniel Vanhove
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Le Bougnoulosophe
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12/30/2008
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Libellés : PALESTINE
Le « reste »...
Un Palestinien est-il un être humain ? Un Palestinien combien ça vaut ? Combien de Palestiniens pour un Israélien ? Dans l’échelle des êtres où se situent-ils ? Entre le rat et le pou ? Son sort tragique est-il inscrit dans ses gènes… ? Nous sommes le vrai, le bien, le beau, la raison, le réfléchi, le pondéré, l’humain, le « moral », l’équilibre, le cœur, la liberté, la démocratie, le supplément d’âme, le courage... Nous sommes même les seuls à pouvoir penser contre nous-mêmes... Nous sommes le sel de la terre, le produit de plus de 2000 ans de civilisation, « bon sang ne peut mentir »... Nous sommes la race des seigneurs ! Ils sont « le reste », ce qui résiste, ce qui est irréductible, ce qui mérite l’anéantissement, s’il a la prétention de se rebeller, ils sont ce retour du refoulé qui nous rappelle que Napoléon et Hitler sont des nôtres, ils sont ce par quoi Auschwitz et Hiroshima se rappellent à notre bon souvenir, ils sont ceux par qui vient le scandale, ils sont les troubles fêtes, les empêcheurs de tourner en rond, les témoins gênants, ils sont de trop... De ces surnuméraires, il faut pouvoir se débarrasser, faire place nette, épurer nos comptes, alors qu’advienne que pourra… La barbarie c'est l'effacement, mais c'est aussi la production. Elle se loge dans les mots. « Trêve », « riposte », « démocratie », « usage excessif de la force », « rehaussement »..., ça décrit quoi, ça signifie quoi, ça légitime quoi ? A ceux qui se demandaient à quoi peut bien servir l’islamophobie ? Eh bien ça sert à vous habituer à ça ! A établir La ligne de partage, dont le « Mur » est la matérialisation, entre Eux et Nous… Ligne particulièrement mobile, à chacun son tour... Car qui cela choque-il aujourd'hui ce carnage ? Ne l’ont-ils pas cherché, hein ? Il n’y a qu’à voir leur gueule de métèque, leurs mœurs archaïques, leur civilisation de traine-guenille, leur persévérance dans l'être jusque dans la mort… Tout cela se passe en toute logique, sous le mode de l'évidence, suivant la doxa des temps présents, tout cela est réglé comme du papier à musique... Sachez que ce n’est qu’un début, le plus beau est avenir, les tartuffes d’aujourd’hui nous diront-ils demain qu’ils ne savaient pas ? Car demain le « reste » c'est eux...
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12/29/2008
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Libellés : PALESTINE
Holocauste à Gaza !
Tandis que l'armée israélienne dit avoir ciblé « l'infrastructure terroriste », sur le terrain, dans le réel, cela fait 195 morts au cours de la journée. Journée la plus meurtrière en vingt ans pour les Palestiniens ! Fumées noires. Rues jonchées de cadavres carbonisés. Après l'étouffement, l'asphyxie, voici le massacre. Et, pour le carnage, toujours les femmes et les enfants d’abord... Les blessés sont livrés à eux-mêmes... Les morgues de la ville sont saturées… Et les festivités ne font que commencer… Les assassins, et leur héroïsme de tireur de missiles, préviennent et s’en félicitent gaillardement : « Ce ne sera pas facile et ce ne sera pas court. Il y a un temps pour le calme et un temps pour le combat, et maintenant le moment est venu de combattre. ». Et pour toutes réactions. Le cynisme. Les Etats-Unis ont appelé le Hamas à mettre fin aux tirs de roquettes… Et, en Europe, la lâcheté bien pensante qui préfère le silence. Paix aux hommes de bonne volonté et patati et patata... Tous les dirigeants européens, qui ont voté pour le « rehaussement » des relations avec Israël, dont Nicolas Sarkozy a été l'artisan principal, sont des porcs. Car en fournissant un blanc-seing à ce qui se passe aujourd'hui, ils pensent et vivent comme des porcs : un cadavre dans la bouche en permanence et de la « moraline » pour camoufler tout ça… Eh bien qu’ils savourent cette odeur de mort entre akousky et flûte de champagne, qu’elle leur sature les narines jusqu’à l’ivresse, jusqu'à l'étouffement, mais surtout qu'ils s'abstiennent de donner des leçons à quiconque !
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12/27/2008
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Libellés : PALESTINE
2000 ans de terreur

En ce jour de Noël, de source sûre, nous apprenons qu’un extrémiste religieux turque a tenté de pénétrer, par voie aérienne, dans l’espace Schengen, afin d’y déposer des colis suspects à des personnes, particulièrement crédules, désignées au hasard. Il est à remarquer que le calendrier de ce qui s’annonce d’ores et déjà comme un attentat terroriste de grande ampleur commémore l’anniversaire d’un autre leader religieux radical, « autonomiste palestinien mort en 33 après lui-même », qui financé par les autorités iraniennes, a causé de graves troubles en Israël et territoires occupés, avant d’être appréhendé et exécuté par les forces de la coalition italo-israélienne… Nous l'avons donc échappé belle cette fois-ci, mais pour combien de temps encore!
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12/25/2008
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Libellés : PALESTINE
De l'ennemi intérieur
« L’examen des représentations médiatiques de l’« Arabe » en France depuis les années 1980 met en évidence deux dynamiques à l’œuvre dans les discours dominants : la première, directement liée à la nouvelle conjoncture internationale, est la recomposition des images de l’ennemi dans un référentiel mondialisé, où l’islam radical est perçu comme la menace majeure ; et la seconde, renvoyant clairement à l’imaginaire colonial, réduit la question du rapport à l’Autre, dans la « France métropolitaine » à la gestion de « cette menace » avec les outils et les représentations hérités de l’ex-Empire. Ces deux techniques médiatiques mobilisent plusieurs techniques discursives - amalgames, dénégation, homogénéisation, utilisation des figures « positives », autocritique du discours…- , articulant discours sécuritaire et discours identitaire. Un procédé aujourd’hui parfaitement assis, dont les effets discriminants contribuent à l’élargissement d’une fracture matérielle et symbolique qui ressemble beaucoup à la fracture coloniale. » (Thomas Deltombe, Mathieu Rigouste, La Fracture Coloniale)
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12/22/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
L'islamophobie, le point aveugle de l'extrême-gauche
Fin juillet 2008, Nouredine Rachedi se fait tabasser par un groupe d’hommes qui lui ont préalablement demandé s’il était musulman. Le même mois on refuse la nationalité française à une femme musulmane, citant sa « pratique radicale de sa religion » perçue comme étant « incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et, notamment, le principe d’égalité des sexes » . En mai un libraire qui vend des livres sur l’islam à la Grande Braderie d’Evry (mairie PS) est viré par la police municipale qui l’accuse d "incitation à la foi". En mai aussi, encore une mosquée est attaquée (incendiée cette fois) près de Toulouse. Enfin, en avril dernier plus d’une centaine de tombes musulmanes sont profanées à Arras.
Que fait la gauche ? L’essentiel de ces évènements a suscité extrêmement peu de réactions à gauche en France. Où sont les défilés de solidarité avec les musulmans, où sont les dénonciations de l’islamophobie par les politiciens, les chanteurs, les personnalités ? Comment l’expliquer ? Selon un sondage CSA de 2007, 44% des français (et 49% des sympathisants de l’extrême gauche !) considère l’islam comme ayant « des effets négatifs sur l’identité française » Trente trois pour cent des français considèrent que « les musulmans menacent l’identité française ». C’est la « menace » perçue la plus fréquemment (26% pensent que les Roumains menacent notre identité, 21% les Africains, 8% les Juifs, 7% les homosexuels...). Le racisme anti-musulman est devenu le racisme acceptable en France aujourd’hui. Mais, si ici ou là on voit des tentatives isolées de contrer ces préjugés, aucune organisation de gauche ne s’y attaque directement.
L’égalité des droits pour tous doit être un principe pour les anticapitalistes. Mais les croyants musulmans ne disposent pas des mêmes droits que les croyants chrétiens. La difficulté d’ avoir l’autorisation de construire une mosquée amène des centaines de milliers de croyants à prier dans des caves et des garages. Entre temps, les jours de fête chrétiens sont fériés, les écoles privées catholiques disposent de fonds publics sans commune mesure avec celles des autres religions…
Des livres sensationnalistes tels de Caroline Fourest, ou les déclarations anti-islam de Michel Houllebecq, sont bien plus médiatisés que des études sérieuses sur l’islam français. Des revues comme Le point ou L’Express se posent en donneurs de leçons, sommant les musulmans d’ « abjurer les archaïsmes les plus flagrants de leur dogme ». Le danger islamique serait permanent : « Il faut réguler le prosélytisme de l’islam » peut-on lire, et on nous parle du danger de l’islamisation de la France ! Le Front national en profite tranquillement, se présentant comme le vrai opposant à l’islam. « Nos élus locaux » écrit-il « … font un travail remarquable sur le terrain pour tenter d’annuler les constructions de mosquées abusives. »
L’islamophobie est complexe et il en existe plusieurs variantes. Les revues de gauche manient le fantasme de l’intégriste afin de « défendre les femmes musulmanes », ou « défendre les musulmans laïcs ». Pour beaucoup, l’islam se réduit à quelques phrases réactionnaires tirées du Coran – on n’oserait jamais faire de même pour la Bible ! La culture musulmane est supposée monolithique et barbare. Les penseurs musulmans tels que Tarik Ramadan sont présentés comme tenant forcément un double discours (le fantasme de l’ « arabe fourbe » n’est pas loin derrière). Lors des exclusions de jeunes musulmanes des écoles, les concernées n’avaient même pas droit à la parole dans les médias. Comme l’écrit Vincent Geisser, « la crainte et la haine du musulman semblent avoir progressivement succédé à celles de ‘l’Arabe’, mêlant haine religieuse, racisme, et peur des nouvelles ‘classes dangereuses’, les jeunes de banlieue. » Et comme pour tout groupe visé par la discrimination on suppose que les musulmans sont tous les mêmes, qu’ils n’ont rien de valable à apprendre aux non-musulmans, etc.
L’absence d’une campagne quelconque contre l’islamophobie constitue une grave faiblesse de la gauche. Lors de la loi anti-foulard, l’essentiel du PS a soutenu la loi. La majorité des députés PCF a voté contre la loi, mais la division dans le parti a empêché toute opposition militante. Lutte Ouvrière était favorable à la loi . La LCR déclara son opposition à la loi (avec une position « contre la loi et contre le voile ») mais n’organisa aucune opposition militante, paralysée par ses divisions internes et refusant toute action commune avec des associations musulmanes ! Les organisations antiracistes et les syndicats étaient paralysés ou soutenaient les exclusions. Sans direction politique, les lycéens, pourtant généralement mécontents de l’exclusion de leurs camarades de classe, n’ont pas organisé leur défense.
Par la suite, les discriminations illégales qui interdisaient aux mères d’élève voilées d’accompagner des sorties scolaires n’ont pas rencontré d’écho dans les publications de la gauche radicale. Et lors de l’affaire des caricatures de Mahomet, provoquée par un journal danois de droite, l’ensemble des forces politiques françaises a soutenu sans nuance aucune le journal Charlie Hebdo qui voyait dans la publication de ces dessins racistes une simple affaire de liberté d’expression. Et on ne parle quasiment pas, dans la presse militante, des attaques contre des mosquées.
Il semble exister un consensus massif qui considère les musulmans comme suspects. Pour une bonne partie de la gauche, cette suspicion s’associe à une adhésion à la vision prétentieuse et ridicule d’une France porteuse de valeurs universalistes, agissant depuis des siècles pour le bien de l’humanité entière. Tout cela bien sûr en montrant une ignorance impressionnante sur le rôle des pays musulmans dans l’histoire ou dans le monde.
Pourquoi l’islamophobie monte ? Le racisme anti-arabe est enraciné depuis longtemps en France, mais il est moins acceptable socialement qu’il y a trente ans. La droite extrême et le raciste ignorant n’hésitent pas de se tourner vers le musulman pour trouver « l’ennemi intérieur » dont ils ont besoin.
Le facteur principal se trouve pourtant dans la situation internationale. Vainqueur de la guerre froide, la classe dirigeante des Etats-Unis cherchait un nouvel ennemi pour ressouder sa nation. Une partie des anti-impérialistes au Maghreb et au moyen-orient, suite à la faillite de la gauche stalinienne, cherchait dans l’islam un nouveau projet politique. Le « terrorisme islamiste », défini et redéfini au besoin fut donc le parfait nouvel ennemi, après le terrible attentat de 2001. Les massacres en Afghanistan et en Irak sont énormément facilités par l’argument de « l’impérialisme social ». L’occident interviendrait pour garantir les droits des peuples, pour remettre en place une démocratie. Tous ceux qui résistent ne peuvent être que des terroristes islamistes, intégristes et donc bien sûr imperméables à la négociation, assimilables (contre toute logique) à des fascistes, et à exterminer. En Palestine aussi, si on peut montrer que des organisations religieuses (« des fous d’Allah ») mènent la résistance, on peut ignorer l’injustice de l’occupation sioniste. Maintenant que Sarkozy veut aligner sa politique étrangère sur celle de Bush, l’islamophobie risque d’être plus utile que jamais à la classe dirigeante …
Que la droite manie de tels préjugés contre la religion des minorités ethniques n’est pas suprenant. Que la gauche y participe pleinement doit être expliqué. C’est une nouvelle version du concept de la laïcité qui est utilisée pour justifier le fait de ne pas défendre les musulmans. Il existe une laïcité qu’il faut défendre – nous ne voulons pas que les institutions religieuses contrôlent l’enseignement ou les hôpitaux - mais appliquer ce principe de neutralité non pas à l’Etat mais à ses salariés et ses usagers est illégitime et contraire à la liberté religieuse. Sur cette question, l’hypocrisie est généralisée : la loi définit un symbole musulman comme « ostentatoire » là où les symboles chrétiens sont définis comme « discrets », nouvelle distinction inventée pour la circonstance. A gauche, être pour la laïcité se confond souvent avec un mépris pour tous les croyants, et dans une société raciste il n’est pas surprenant que ce mépris trouve comme premier cible le musulman. On cite Marx à tort et à travers pour justifier ce mépris. Pourtant l’attitude révolutionnaire a toujours été de refuser de diviser les travailleurs sur des bases religieuses. Au début du XXème siècle Lénine insistait que les travailleurs croyants et pratiquants pouvaient adhérer au Parti bolchevique, et il s’opposa formellement à l’idée d’inclure l’athéisme dans le programme du parti. Son parti publiait une revue destinée spécialement aux membres des religions minoritaires. La tradition révolutionnaire est de voir dans les conditions de vie des travailleurs les racines de la religion, et de voir dans le combat uni des travailleurs pour un meilleur monde la possibilité de réduire l’influence des explications religieuses de la vie.
On utilise aussi des arguments de type féministe pour dire qu’il faut combattre l’islam. On manie des stéréotypes des « grands frères » méchants qui contrôleraient la vie des femmes musulmanes en France, et on refuse de donner la parole aux femmes musulmanes elles-mêmes, et moins encore aux féministes musulmanes. Mais si l’oppression des femmes reste un des socles de la société française, et près de cinquante mille « faits de violences volontaires sur des femmes majeures par le conjoint ou l’ex-conjoint » ont été enregistrés par les services de police en France en 2007, il n’y a aucune raison de croire que les femmes voilées y sont davantage représentés que d’autres groupes. Dans d’autres pays il existe des ministres, des athlètes de haut niveau et des avocats qui portent le foulard… Par ailleurs, interdire la nationalité à une femme parce qu’elle couvre son visage ou exclure des jeunes femmes de l’école ne risque pas de les libérer !
Depuis la loi anti-foulard de 2004, les organisations politiques de gauche sont restées paralysées sur cette question, même si quelques militants non-alignés ou dissidents ont fait publier de bons livres qui décortiquent l’islamophobie. Aux militants de longue date, la situation rappelle celle d’il y a plus de trente ans, quand l’essentiel de la gauche refusait absolument de s’opposer à l’homophobie.
Des occasions ratées Il est essentiel de combattre l’islamophobie, non seulement parce qu’il s’agit d’une oppression inhumaine et injuste, ni seulement parce que, lors de chaque « scandale » fabriquée c’est le Front national qui profite de l’affaire. Comme toute oppression, l’islamophobie sert à diviser les travailleurs et à rendre les combats plus difficiles. Il est beaucoup plus dur pour un(e) musulman (e) de se syndiquer si les autres salariés affichent méfiance et hostilité à son égard !
L’aveuglement de la gauche radicale en France a d’autres effets néfastes. Constatant l’aggravation de la crise, l’incapacité du système politique à éradiquer le racisme et la faiblesse de la gauche dans la lutte antiraciste, de nombreux jeunes issus de l’immigration cherchent une réponse politique dans des organisations politico-religieuses. Des organisations telles que Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM), le collectif des musulmans de France ou les Indigènes de la République sont des organisations marquées par une vision de justice sociale. Un travail commun avec la gauche radicale pourrait se montrer très fructueux. Si les anticapitalistes ne proposent pas des débats et des analyses, d’autres le feront…
Deuxièmement, la paralysie de la gauche radicale a permis l’émergence d’un véritable courant « gauche républicaine » ouvertement islamophobe, organisé autour de militants ou d’ex-militants de l’Union des familles laïques . Ce courant jouit d’une réelle influence dans le mouvement antilibéral, et pourrait faire beaucoup de dégâts à l’avenir.
Actuellement, le Nouveau Parti Anticapitaliste en gestation attire un bon nombre de jeunes issus de l’immigration, dont beaucoup de musulmans. On ne pourra pas continuer à ignorer superbement cette question. Combattre l’islamophobie ne devrait pas être un « petit plus » pour les anticapitalistes, mais un axe important. Mais pour avancer dans cette voie il faudra beaucoup d’explications et beaucoup de patience, tellement l’islamophobie est enracinée même chez les antiracistes de notre pays.
John Mullen
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Le Bougnoulosophe
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12/22/2008
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Libellés : ISLAM
Une Nuit de cristal hexagonale ?
Un début d'incendie d'origine criminelle a endommagé ce samedi la mosquée de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. Incident qui fait suite, d'une part, aux tombes musulmanes profanées du carré musulman du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras, d'autre part, aux faits de vandalisme sur la mosquée de Meyzieu (Rhône) en août… Les actes islamophobes se multiplient en France, comme en Europe, sans aucune condamnation autre que formelle, ce qui témoigne d'une tolérance, complaisance à l'égard de ceux-ci. Ces actes sont sans doute le fait de petits nazillons, de jeunes crétins à la dérive, c’est en tout cas ainsi qu’on nous les présente. C'est y aller un peu vite en besogne. C'est oublier le caractère répétitif du phénomène, et donc sa dimension structurelle. C’est oublier le contexte dans lequel ces événements apparaissent. C’est oublier le climat d’islamophobie généralisée auquel participe complaisamment l’establishment français, notamment l’élite médiatico-politique de l’Hexagone. Ce sont eux les vrais responsables, les vrais boutefeux, de l’ambiance délétère que l’on connaît aujourd’hui. Ces boutefeux, amateurs de salon confiné, qui ont pu légitimer ce passage à l’acte, ont pignon sur rue, ont leur entrée dans les médias français les plus consacrés, s’expriment en toute légitimité, prétendent briser les tabous, pratiquent, pour tout discours de la méthode, l’amalgame, le déni et l’essentialisation, façonnent un « islam imaginaire» des plus épouvantable... Ils forment un ensemble composite, qui fonctionnent comme une « alliance sacrée », transcendant les clivages classiques, qui va de Philippe Val à François Fillon, de David Pujadas à Philippe de Villiers. Les étapes de son expression, si l’on s’en tient aux dix dernières années, sont connues. La loi d’exception sur le voile à l’école, les caricatures de Mahomet dans Charlie-Hebdo, l'affaire du RER D, l’affaire Redeker, l'affaire des bagagistes de Roissy, les sorties xénophobes du candidat présidentiel, les péroraisons belliqueuses concernant l'Afghanistan, l'Iran… C’est toujours la même logique qu’on y trouve, une rhétorique de « l’envahissement » et de « l’islamisation » de la République, la peur de l’ennemi intérieur qui serait un relais d’un ennemi périphérique, l’hystérisation du discours autour de la « laïcité » et « des droits de la femme », l’idée selon laquelle l’Islam, en France, est, et restera, une extériorité aussi absolue qu’indépassable… Ces idéologues de bas étage, qui n’assument jamais les conséquences des propos, ambigus et policés, qu’ils tiennent, en armant idéologiquement les plus influençables et les moins raisonnés de leurs concitoyens, n’entendent aucunement être responsables de leur actes illocutoires. Il est temps de leur demander des comptes. Qu'ils s'expliquent, ici et maintenant, sans dérobade aucune... Qui fera le procès de ces représentants de « Radio Mille Collines » à la française avant qu’il ne soit trop tard ? Si ce n'est pas nous, qui ? Si ce n'est pas maintenant, quand ?
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Le Bougnoulosophe
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12/21/2008
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Libellés : ISLAM
La chaussure carnavalesque
Pour son dernier Noël à la Maison Blanche, G.W. Bush a donc reçu en cadeau une chaussure de la part des veuves, des orphelins et des victimes de l'intervention américaine en Irak, un baiser d'adieu comme le lui a perfidement dédicacé, joignant le geste à la parole, le désormais célèbre lanceur de sandale. Certains représentants du régime irakien n'ont pas manqué d'observer que ce geste était déplacé ; qu'il eût été, entre gens civilisés, plus judicieux de poser une question embarrassante au président américain ; d'autres n'ont pas craint d'affirmer qu'il contrevenait à la fameuse tradition arabe d'hospitalité qui recommande, comme chacun sait, d'accueillir en grande pompe et de fêter l'occupant militaire en le couvrant de fleurs et de baisers.... Cet épisode, qui a provoqué sur le Web une hilarité de bon aloi, restera sans doute dans les mémoires l'équivalent, à l'ère du numérique, de ces vignettes qui agrémentaient nos livres d'histoire d'anecdotes, comme le « vase de Soisson » ou « le coup d'éventail » du dey d'Alger au consul de France Deval. Comme Dagobert, le célèbre roi culotté, George W. Bush restera peut-être pour la postérité le président chaussé ! N'a-t-il pas terminé son mandat comme il l'avait commencé : sous le signe de la chaussure. Le 20 janvier 2000, il avait inauguré sa présidence en exhibant fièrement sous son smoking une paire de bottes texanes brodées des initiales GWB. Un geste imité, quatre ans plus tard, par des milliers de ses partisans au bal « Smokings et bottes », organisé par l'Etat du Texas, où l'on compta jusqu'à 12 000 paires de bottes et presque autant de chapeaux de cow-boy. « C'est bon de porter de nouveau des bottes », s'exclama le vice-président Dick Cheney à cette occasion. Les plus fervents partisans du président affichaient le modèle officiel, noir, en alligator, au blason « Investiture présidentielle 2005 » - prix : 3 000 dollars -, alors que le modèle féminin était orné de roses jaunes, autre symbole du Texas. La semelle impertinente de Mountazer Al-Zaïdi, qui est venu défier le front présidentiel au cours du voyage d'adieu de G W. Bush en Irak, a donc tout d'un effet boomerang. Un retour du signe refoulé, celui du « foulement » justement... A trop célébrer le signe martial du « foulement », on risque d'être humilié par la vertu carnavalesque de la semelle. Il n'est pas nécessaire d'évoquer en effet les « patins » crottés de Gargantua et leur couche de terre collée à la semelle pour déceler dans la performance du lanceur de chaussures, non pas le geste codé de l'insulte dans la culture arabe, complaisamment commenté par la presse occidentale, mais le signe carnavalesque et populaire du renversement des valeurs. Renversement entre le haut et le bas, le noble et le trivial, le raffiné et le grossier... Cette chaussure brandie par les manifestants est un formidable pied de nez à la puissance militaire, une réponse carnavalesque des sans-culottes de la mondialisation. Les manifestants de Sadr City ne s'y sont pas trompés : ils ont spontanément brandi au bout de leurs piques le symbole grotesque de la chaussure, et ceux de Nadjaf ont lancé des chaussures sur le passage des chars américains. Ils inaugurent peut-être, après les jets de pierres des gamins palestiniens, une sorte d'Intifada de la chaussure...
Christian Salmon
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Le Bougnoulosophe
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12/20/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Julien Dray Story...
Julien Dray aime la quatrième internationale et les bavures policières… Julien Dray aime l’entrisme quand il est sans issue… Julien Dray aime Ségolène qui pourtant n’aime pas les éléphants… Julien Dray aime aussi Sarkozy, entre les deux son cœur balance… Julien Dray aime à dire « touche pas au grisbi, mon pote ! », alors circule wesh-wesh… Julien Dray aime la sécurité factice et encore plus les emplois fictifs… Julien Dray aime les Rolex, les Cartier, les Omega … Julien Dray aime le pèse, la tune, l’artiche… Julien Dray aime son frère qui, lui-même, aime le Bétar et Israel à mourir… Julien Dray aime la République, quand elle est du bon côte du périf… Julien Dray aime la démocratie sauf dans les territoires occupés… Julien Dray aime beaucoup l’antiracisme, mais lui préfère le racisme, normal, c’est son gagne pain… Julien Dray aime passionnément l’antiracisme, 25 ans que ça le nourrit grassement… Julien Dray aime à la folie l’antiracisme, car l’antiracisme c’est le mercantilisme d’aujourd’hui… Julien Dray aime à faire bosser ses gagneuses (SOS-R., FIDL, NPNS...) plus que de raison, quand on aime on ne compte pas... Julien Dray aime Fadela Amara, qui elle-même aime son mari, qui lui-même aime le pognon… Julien Dray aime Malek Boutih, qui lui-même aime la haine de soi, qui elle-même aime être aimée à l’infini… Julien Dray aime Harlem Désir, qui lui aime l’Europe de Maastricht, mais que l’Europe n’aime pas trop… Julien Dray aime se foutre de votre gueule, pourvu que ça dure… Julien Dray aime vous prendre pour des cons, comment lui en vouloir… Julien Dray, pour tout dire, n'aime que Julien Dray !
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Le Bougnoulosophe
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12/19/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
Des pauvres Blancs
« L’attitude sociale des pauvres Blancs fut ambivalente, partagés entre deux sentiments : l’hostilité à l’égard des planteurs et l’hostilité à l’égard des Noirs. Victimes du système de l’esclavage, ils détestaient à la fois les esclavagistes et les esclaves. Mais, de bonnes heures, les planteurs s’efforçaient de neutraliser la première de ces deux haines en attisant la seconde. Ils avaient plus d’un atout dans leur jeu. Tout d’abord, ils n’exploitaient pas directement les pauvres Blancs. Ils leur avaient laissé les moyens de subsistance, tout relatif, et l’illusion de l’indépendance ; ensuite, tout en maintenant les distances, ils offrirent aux pauvres Blancs un lot de consolation : la fierté d’appartenir à la race blanche, à la race « supérieure » ; enfin, la classe des planteurs n’étaient pas une aristocratie fermée de type européenne. Elle laissa ses portes entrouvertes aux parents pauvres, admettant les moins déshérités à participer, dans une certaine mesure, à sa vie sociale, et les abusant de l’espérance que, s’ils gagnaient suffisamment d’argent, ils auraient accès dans ses rangs...» (Daniel Guérin, De l’Oncle Tom aux Panthères)
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Le Bougnoulosophe
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12/19/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
Pauvre Rama Yade !
Pauvre Rama Yade, jeune première, déjà déchue, de Splendeurs et misères d’une black courtisane… Pauvre Rama Yade, dans la case de l’Oncle Tom « Bling bling », un objet reste un objet… Pauvre Rama Yade, ô déchéance, toi qui n’« existe que parce que Nicolas Sarkozy t'a fabriquée »… Pauvre Rama Yade, à quoi bon se révolter contre un Pygmalion de poche… Pauvre Rama Yade, ta « valeur ajoutée » était-ce ton capital beauté, ta jeunesse ou ton appartenance aux quartiers ? Pauvre Rama Yade, te voici la Frankenstein égarée de la diversité… Pauvre Rama Yade, quel effet ça fait d'avoir été le Golem des gogols de la droite décomplexée? Pauvre Rama Yade, toi qui avait joué la House negro, te voici sans abri sans dignité… Pauvre Rama Yade, avais-tu oublié que lorsqu’on dépend du fait du prince, l’on dépend aussi de ses lubies…? Pauvre Rama Yade, te voici lâchée à la meute des crapules encravatées… Pauvre Rama Yade, l’ambition pour les peaux d’ébène est un étrange fruit… Pauvre Rama Yade, as-tu oublié qu'en France le juge Lynch n'est pas ton ami ...? Pauvre Rama Yade, ton taf c’était une « erreur », c'est le French doctor, Nanard la toupille, qui nous l'a dit… Pauvre Rama Yade, ne savais-tu pas que « les droits de l’homme » ce n'est qu'un blabla, une coquille vide, de par ici… ? Pauvre Rama Yade, un « placement » ça fait des bénéfices et puis c’est tout… ! Pauvre Rama Yade, la diversité ce n’est pas un bouclier, en tout cas pas le tiens…! Pauvre Rama Yade, avais-tu oublié que les poupées Barbie sont des poupées jetables…? Pauvre Rama Yade, maintenant que te voici hors d’usage, à quoi as-tu bien pu servir jusqu'ici… ? Pauvre Rama Yade, tu le sais, pour la figuration, beaucoup d'appelés et peu d'élus... Pauvre Rama Yade, le marché de la diversité est un marché porteur, en devenir… Pauvre Rama Yade, au marché de la diversité pour de rire, ça se bouscule au portillon… Ton ultime lot de consolation, tu auras été l'avant-garde de cette armée de réserve de gueux en haillons !
Inspiration : AFP
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Le Bougnoulosophe
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12/18/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
Pour un Orientalisme de la chaussure
« Il est essentiel de se rendre compte que la civilisation musulmane est une entité culturelle qui ne partage pas nos aspirations premières »*, voilà qui est annoncé clairement. Passons à un exercice pratique maintenant. Les chaussures, lorsqu’elles sont lancées par un Arabe - l’Arabe éternel !, ne sont pas des objets triviaux. Ce sont des artefacts. Elles se transforment en objet d’une tout autre nature, produit par un imaginaire colonial - où percepts, affects, concepts impériaux se conjuguent -, et prennent la forme d' une entité particulière, un objet au caractère mystique, plein de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques. Elles deviennent cliché ethnique. Ces chaussures, à l'origine chaussures d'Arabes, se modifient en chaussures arabes - voire même en chaussures islamiques - à savoir, des chaussures dotées de propriétés spécifiques, « à mettre en relation avec l’anti-humanisme fondamental de cette civilisation »... Ces chaussures arabes, dans certains commentaires c'est explicite, s’indigénisent, deviennent des babouches, deviennent « un élément vestimentaire impur », mais c'est là la partie immergée de l'iceberg… Ainsi, pour ce qui est du mobile de l’action, il n’est pas à chercher dans ces aspirations - vraiment universelles, elles !- que sont la liberté, l’émancipation, la dignité..., il s’explique par une prédisposition à un comportement, tout à la fois, irrationnel, sauvage, vindicatif (« le ressentiment à l’égard des affronts politiques »), violent (« l’attentat à la chaussure »), impulsif et, d’autre part, paradoxalement, extrêmement codé, déterminé culturellement, qui n'est jamais le fait d'un individu, ce codage rigoureux est accentué par l’association avec le mot « chien », qui lui est le topos des topos en matière d’Islam et de cliché. Ce paradoxe, selon lequel l'Arabe passe en un rien de temps du fanatisme au fatalisme et vice versa, est, lui aussi, un cliché des plus classiques. On l’aura compris, l’Arabe est un subalterne, un presque humain mais pas tout à fait, une « petite mécanique » à forme humaine, un sous-homme appartenant à une sous-humanité, un être pour qui la démocratie, la liberté d’expression, la subversion, l’humour sont des choses impossibles à concevoir. Et quand elles le sont, restent inabouties ou demeurent accidentelles. Car d’une part, « l’Arabe ne croit guère au progrès et au changement et ne trouve le salut que dans l’au-delà », c’est son fatum, et d’autre part, pour lui, « la puissance et la volonté de puissance sont des fins en elles-mêmes », des fins qu’il respecte infiniment, en toute docilité. Aussi si ces choses adviennent, le subalterne n’ayant pas d’intériorité, elles ne peuvent venir que de l’extérieur ou relever du miracle. Et pourtant la déraison n'est peut être pas là où l'on croit. Puisque. L’Orientalisme, qu'il soit scientifique ou populaire, est une discipline aussi enchantée qu'enchanteresse. N'est-il pas capable, par la magie des mots, de faire d'une chaussure d'Arabe une chaussure « miraculeuse » et apolitique ? Mais où se situe l' irrationnel aujourd'hui ?
* Toutes les citations proviennent d'Orientalisme d'Edward Saïd
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Qu'est-ce qu'être «Français» ?
«D'un point de vue statistique - puisque les statistiques ethniques sont à la mode dans les rubriques " débats " des grands quotidiens nationaux -, mes classes se composent à peu près de la manière suivante : 55% de français d'origine maghrébine, 35% de subsahariens, et 10% d'" autres ". A part les sans-papiers, qui sont effectivement assez difficiles à quantifier pour d'évidentes raisons de discrétion obligée, la plupart d'entre eux sont de nationalité française. Pourtant, je suis frappée de ce qu'ils désignent bien souvent comme " Français " tous ceux qu'ils perçoivent en général comme n'appartenant pas à leur territoire (la banlieue), ou à l'histoire de leurs parents ou de leurs grands-parents (l'immigration). Je leur objecte que je suis moi aussi le produit d'une histoire familiale de migrations différentes et d'assimilations successives (ce qui est vrai), je n'obtiens que des rires. Vexée, je finis par leur demander ce qu'ils entendent par " Français ", en particulier quand ils se servent du terme pour qualifier les enseignants du lycée. Ce n'est pas une histoire de couleur de peau ou d'identité communautaire, ethnique ou religieuse : après tout beaucoup de collègues sont eux-mêmes d'origine immigrée. Pour les élèves, " Français " signifie celui qui a des droits. Moi j'ai des droits, eux pas toujours. Avoir des droits, cela veut dire très simplement vivre de manière digne, avoir un lieu de vie agréable et propre, un accès à l'éducation et à la formation, à la santé. Et aussi : ne pas devoir cohabiter à douze dans trois pièces dans l'attente d'une logement social qui n'arrive pas alors qu'il a été promis depuis six ans et qu'" il ne saurait désormais tarder ", ne pas être obligé de vivre et de chercher du travail là où le chômage est quatre à cinq fois plus important qu'ailleurs, avoir la possibilité de rêver, de faire des projets, de voyager, d'apprendre. Et encore : pouvoir compter sur une crèche ou une garderie pour les petits, avoir envie d'aller à l'école parce qu'elle est jolie et pleine de jeux et d'activités, avoir envie d'aller au lycée parce que les salles sont lumineuses, les locaux propres, les toilettes en état de fonctionnement, les équipements suffisants, la bibliothèque fournie et spacieuse, l'herbe verte et les professeurs heureux. Ne pas devoir travailler au noir pour survivre alors qu'on est encore mineur et qu'on a cours tous les jours entre 8h et 17h. Dans certains cas extrêmes : manger, dormir, ne pas avoir froid...»
Judith Revel
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2008
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Libellés : IDENTITE
A travers les murs...
A travers les murs - architecture de la nouvelle guerre urbaine est un livre d'Eyal Weizman publié en 2007 aux éditions La Fabrique
4ème de couv:
Lors de la réoccupation des villes de la Palestine au printemps 2002, l'armée israélienne a utilisé une tactique inédite: au lieu de progresser par les rues tortueuses des vieux quartiers ou des camps de réfugiés, les soldats passaient de maison en maison à travers murs et planchers, évitant ainsi de servir de cible aux résistants palestiniens. Cette méthode conceptualisée sous le nom de "géométrie inversée" par des généraux qui aiment à citer Debord, Deleuze et Guattari ou Derrida, représente un tournant post-moderne dans les guerres des villes. Les territoires occupés sont ainsi devenus un laboratoire spatial pour de nouvelles techniques d'attaques d'occupation et de contrôle de populations, qui sont ensuite exportées aux frontières où se livre la guerre globale. Et inversement, la réflexion sur l'urbanisme est largement passée dans des centres de recherche où des militaires travaillent sur l'art de construire/détruire en s'appuyant sur de pseudo-concepts philosophiques. Mais Eyal Weizman montre que ces idées nouvelles - substrat d'une querelle des Anciens et des Modernes dans l'armée israélienne - n'ont pas été étrangères au fiasco libanais de l'été 2006.
Eyal Weizman est architecte. Il dirige le Centre de recherches
architecturales du Goldsmiths College ( université de Londres).
Incipit:
"Depuis longtemps, des années à vrai dire, je caresse l'idée d'organiser
graphiquement sur une carte l'espace de la vie - bios. D'abord je
songeais vaguement à un plan Pharus, aujourd'hui je serais plus enclin à
recourir à une carte d'état-major s'il en existait une pour l'intérieur
des villes. Mais elle fait sans doute défaut, par méconnaissance des
théatres d'opération des guerres à venir." (Walter Benjamin, Chroniques berlinoises)
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2008
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Libellés : EMPIRE
Négrophobie francophone sur fond d’Obamania triomphante (3)
Décadence française
Finalement, quoi de plus normal dans le pays des droits de l’Homme blanc. Un Hexagone où les sphères de pouvoir ont contribué à rehausser la négrophobie au rang d’opinion compréhensible sinon légitime. En témoigne le discours de Dakar du Président Sarkozy, puisé aux sources de l’infériorisation nègre conceptualisée par Hegel. En témoigne la création d’un ministère du racisme, de l’assimilation et de la xénophobie (pardon : « de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale ») chargé de faire du chiffre en matière d’expulsions et d’emprisonnements de sans-papiers. En témoigne encore les éternels tapis rouges audiovisuels déroulés aux Bruckner et autres Finkielkraut, assommant le public avec leurs inepties islamo-négrophobes plus ou moins contrôlées. Et, depuis quelques années, l’empressement des télés à diffuser la parole bouffie d’arrogance d’un Eric Zemmour. Nain du journalisme et romancier raté dont le fond de commerce audiovisuel mélange saillies racistes, éructations sexistes et convictions réactionnaires. La dernière perle du chroniqueur multimédias : « J’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c’est d’après moi aussi ridicule l’une que l’autre. Qu’est-ce que ça veut dire que ça n’existe pas ? On voit bien que ça existe ! (...) J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ! ». Comment expliquer cet affligeant retour verbal aux visions du 18ème siècle ? Notamment par la complicité d’Arte qui invitait Zemmour ce jour-là pour un débat intitulé « Demain, tous métis ? ». Parmi les autres invités, le philosophe Vincent Cespedes, a livré un éclairage précieux sur les modalités de diffusion de ce débat long de 90 minutes : « Je déplore seulement que mes interventions aient considérablement fondues au montage final (58 min.), ce qui non seulement dénature le sens de ma participation à ce débat, mais surtout fait croire que personne n’a réellement déconstruit les énormités prononcées par M. Zemmour. ». « Si ma mémoire est bonne, j’ai largement fait ce travail sur le plateau », poursuit Cespedes. « J’ai pointé son manque de probité intellectuelle, dénoncé ses provocations et ses affirmations péremptoires, soutenu en cela par Renan Demirkan et Rokhaya Diallo, mais aussi par un public proprement scandalisé, qui a d’ailleurs pris à parti M. Zemmour. Je déplore que l’on ait choisi de tronquer le cœur de la polémique pour mettre en scène le débat en le soumettant à des impératifs superflus (égalité des temps de parole, télégénie d’un duel blanc/noire, crédibilité du polémiste Éric Zemmour à maintenir à tous prix parce qu’il en va de la crédibilité du « casting » et du débat lui-même, etc.) ».
Sordide continuité
Mais soyons de bons comptes. Le top départ de la négrophobie médiatique, version 21ème siècle, fût donné par Marc-Olivier Fogiel en 2003. En « réponse » au sketch antisioniste de Dieudonné, diffusé dans son émission sur France 3, l’animateur ordonna de rédiger, puis de diffuser à l’antenne un faux sms qui disait : « Eh Dieudo ! Ça te ferait rire si on faisait des sketchs sur l’odeur des blacks ? ». Les excuses ultérieures de Fogiel seront aussi « convaincantes » que celles de Bernheim aujourd’hui. Du même tonneau que lorsque le présentateur suisse Michel Zendali en rajoute, en qualifiant la saillie de Bernheim de « déclaration malheureuse ou peut-être mal comprise » ... Condamné avec le boss de France Télévisions pour diffamation raciale, Fogiel, lui, a été prié d’aller dicter ailleurs ses faux sms. Une prise de conscience des nouveaux dirigeants de France Télévisions n’y est pour rien. On le doit principalement à la mobilisation menée par les militants de l’ANC (Alliance Noire pour la Citoyenneté) qui a exigé, pendant des mois, le renvoi de l’animateur du Service public. Second coup de semonce en 2005 avec l’islamophobe et sioniste militant Charlie Hebdo. A l’occasion de la seconde charge médiatique anti-Dieudonné, l’hebdomadaire fait sa « Une » sur une caricature de l’humoriste engagé. Dessiné avec un air abruti, un cerveau visible et minuscule, accompagné du sous-titre suivant : « Le cerveau de Dieudonné : un point de détail » A l’époque, la liberté de presse de moquer l’avait emporté sur l’aspect raciste. Pourtant, cette « Une » s’inspire des mêmes préceptes négrophobes que l’exclamation de Bernheim. Insinuer ou éructer que le nègre en général - illustré par Dieudonné en particulier - n’est fondamentalement capable que de stupidité. Or, de quoi a-t-on finalement accusé Dieudonné en février 2005 ? D’avoir qualifié de « pornographie mémorielle » l’hypermédiatisation de la commémoration du 50ème anniversaire de la libération des camps, en comparaison avec l’absence de visibilité médiatique et historique sur la mémoire de l’esclavage. Idem, lorsque, cinq mois plus tard, Baudrillard déclara ceci : « Finalement, quand Dieudonné qualifie cette commémoration de ‘pornographie mémorielle’, il a totalement raison ! Simplement, on lui fait dire que la Shoah elle-même est pornographique, et cet amalgame là ne passe pas. Mais c’est l’amalgame fait par les médias eux-mêmes qui est scandaleux. Je dis au fond la même chose, d’une autre façon ». A propos semblables sur le fond, pourquoi descendre en flammes l’humoriste engagé et pas le sociologue ? La négrophobie conjuguée au respect du titre universitaire est passé par là ... Depuis, le pouvoir français, cornaqué par le bonimenteur Sarkozy, a fait écran en nommant des alibis au gouvernement (ministre et secrétaires d’Etat d’origine marocaine, sénégalaise et algérienne), en favorisant la nomination du journaliste antillais Harry Roselmack à la présentation du JT de TF1 ou en feignant de prendre en considération la nouvelle commémoration de l’abolition de l’esclavage (décrétée en 2006 par Jacques Chirac). Autant de gestes qui donnent à penser que la « diversité » progresse alors que ces illusions servent surtout à masquer un immobilisme en la matière.
Le miroir belge
Heureusement, rien de tel en Belgique, n’est-ce pas ? Terre du compromis et du métissage flamand-wallon. Faux, évidemment ! Il suffit d’observer deux épisodes d’actualité récente pour s’en convaincre. Août 2008. La propagande olympique et nationaliste bat son plein en direct de Pékin. En mal de médailles, la Belgique mise sur son équipe de foot des moins de 21 ans, parvenue à se qualifier en demi-finale. Adversaire : le Nigéria. Retransmission du match sur écran géant dans l’ambassade belge de Chine. Soudain, à chaque faute commise sur un joueur belge par un joueur nigérian, le Vice-président du Comité Olympique Interfédéral Belge (COIB), Renno Roelandt, hurle : « Sale noir ! ». Systématique, le procédé finit par faire réagir l’épouse de l’entraîneur cycliste, Paul Van Den Bosche 19. Réponse du Vice-président : « Vous ne me parleriez pas comme cela si vous aviez travaillé avec des noirs à Bruxelles » ... Plusieurs médias belges ont repris et médiatisé l’affaire, tout en se gardant bien de diaboliser le ponte sportif et négrophobe. Préférant sagement attendre les conclusions de « l’enquête » du COIB. Un résultat cousu de fil « blanc » ! Trois mois plus tard, Roelandts écopera d’une « réprimande » et sera confirmé dans ses fonctions. Ni sanction, ni rétrogradation, ni démission ou même un blâme. Réprimandé, c’est tout ! Dans mon pays, tenir publiquement des propos racistes négrophobes revient à prendre un risque judiciaire. Mais certainement pas médiatique, politique ou associatif. Aucun éditorialiste ou journaliste francophone belge n’a jugé utile de dénoncer la tolérance dont a fait preuve le COIB. Aucun politique ne s’est « ému » ou sincèrement indigné des propos de Roelandts et de la clémence du COIB. Aucune association antiraciste subsidiée n’a estimé « de son devoir » de traîner l’intéressé et ses patrons devant les tribunaux. Sans équivoque, des propos racistes et négationnistes ont été exprimé dans un film privé rendu public. Dégradant de manière abjecte l’un des plus horribles crimes contre l’humanité. Comme un seul homme : tous les medias dominants ont couvert l’affaire sans omettre la moindre information, tous les politiques de centre-gauche et de centre-droit ont exprimé leur indignation et réprobation totales, le Centre pour l’égalité des chances, officine politique antiraciste, a déposé plainte. Résultat : Delacroix a démissionné de son poste de président, lâché par son parti qui a jugé ses propos « inadmissibles ». En un temps record, le Sénat belge est également parvenu à suspendre la dotation publique du FN ... Il est évidemment illusoire de croire que ce branle-bas de combat empêchera d’autres hommes politiques de tenir en privé des propos inspirés par le racisme de leur choix. L’important est ailleurs. Le racisme comme l’ignorance ne peuvent être éradiqués. Juste circonscrits. En l’occurrence, en Belgique, en France ou en Suisse, l’efficacité de la mobilisation répressive contre le racisme anti-juif reste impressionnante et salutaire. Quel contraste avec la puissante impunité dont jouissent la négrophobie et le racisme anti- arabe ! Leur nuisance tolérée à tous les niveaux de la stratification sociale. Dans les cénacles politiques de gauche et de droite, dans le monde du travail en cols blancs et cols bleus, dans l’Enseignement primaire, secondaire et supérieur, dans l’attribution préférentielle de logements, dans la production cinématographique, audiovisuelle et de presse écrite.
Olivier Mukuna
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Les trois mousquetaires du déni
« La situation de la France vis-à-vis de son passé colonial est singulière. En effet, toutes les autres métropoles coloniales européennes ont envisagé et mis en œuvre des programmes (recherche, enseignement, lieux de mémoires...) liés à cette histoire des empires, dans une optique visant à dépasser le double simplisme de l’anticolonialisme et de l’hagiographie. D’autres ont décidé de développer l’enseignement de ces questions ou ont tout simplement « banalisé » la question coloniale en l’intégrant - voire en la noyant, comme en Italie - dans les registres de l’histoire nationale. La France, a contrario, est pratiquement le seul pays européen à s’être délibérément rangé du côté d’une « nostalgie coloniale » et de l’oubli institutionnalisé, tentant de dissocier histoire coloniale et histoire nationale. La seule situation comparable peut être trouvée au Japon - et, à un moindre niveau, dans le « royaume de Belgique » (lequel, avec une exposition sur « La mémoire du Congo » au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren début 2005, a toutefois initié une réflexion longtemps demeurée taboue sur son passé colonial)… » (Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, La Fracture coloniale)
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Le Bougnoulosophe
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12/17/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Flying chaussures !
«Ne me chicane
Ce seul cadeau
Jamais tatane
Dans le dodo » (Jarry)
C’est peu de dire que nous avons apprécié le geste de Muntadar al-Zeidi, 29 ans, journaliste à «Al-Baghdadiya », et bientôt icône du monde arabe. Geste qui est un véritable édito performatif - l’édito de l’année, de la décennie, du siècle... « C'est le baiser de l'adieu, espèce de chien !», en huit mots et un geste ample répété deux fois, tout est dit… Edito aussi laconique que puissant, édito ready-made, édito d’une poésie inégalée, édito d'un engagement total*… Révolution copernicienne dans la rhétorique arabe traditionnelle ! Sans parler du recouvrement de l'estime de soi, puisque cette aire culturelle est passée, d'un tour de main, du statut de traine-savate à celui de lance-savate... Ce geste qui, bien au delà du monde arabe, sauve l’honneur, plus que perdu, du journalisme mainstream… Geste qui fait rupture avec le journalisme à la botte des puissants du jour, de ce journalisme de cours, de ce journalisme embedded, de ce journalisme planqué, de ce journalisme d’opportunité, de ce journalisme gestionnaire, de ce journalisme mercenaire, de ce journalisme de la petite boutique, de ce journalisme qui tuerait père et mère pour un scoop, de ce journalisme qui flirte avec le racisme, de ce journalisme ignare qui reproduit la pensée dominante, de ce journalisme people qui flatte les bas instincts, de ce journalisme qui représente le vide sidéral… D’un lancée de chaussures héroïque (mal ajusté !), que Jarry ou Dada ne renieraient pas - les tatanes ont été confisquées à titre de pièce à conviction! -, Muntadir al-Zeidi nous rappelle que Monsieur Bush a plus d’un million de morts irakiens et plus de 5000 GI's sur la conscience ! Reproduisons le geste, souvenons-nous des va-t-en-guerre, rappelons-nous les propos de Bruckner, Goupil, Glucksmann, Kouchner... à chacun sa chaussure !
*A son arrestation, les services de sécurité l’ont tabassé jusqu’à le transformer en bouillie! Par ailleurs, il risque, au moins, trois ans de prison...
FREE, FREE MUNTADIR AL-ZEIDI...
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12/15/2008
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Libellés : EMPIRE
De la France à la Grèce…
« Si la jeunesse étudiante et la jeunesse des quartiers font la jonction, la fin du quinquennat sera épouvantable. » déclarait Sarkozy, bien avant qu'il ne devienne président. En effet, c'est l'enjeu des enjeux ! Le malheur c'est qu'en France, la question sociale, racisme postcolonial faisant, a été ethnicisée... La jeunesse indigène, à son corps défendant, sert de contrefeu et d'épouvantail à tous mouvements sociaux. Et c'est bien le signe d'une indubitable victoire de l'hégémonie culturelle de la droite française...
Trois ans après les banlieues françaises, c'est au tour des villes grecques de flamber. Il n'est pas difficile de trouver des similitudes entre les deux phénomènes. L'étincelle qui a mis le feu aux poudres, est la mort d'un jeune ici, de deux là, dans le cadre d'une intervention policière. Et l'absence de perspectives économiques, sociales et politiques de la jeunesse est devenue plus qu'une évidence dans notre monde frappé par une crise profonde du capitalisme.
Ce ne sont pourtant pas les similitudes qui interpellent aujourd'hui mais bien la différence de traitement, en particulier par les partis de gauche, de la révolte des jeunes.
Que dirait-on aujourd'hui d'un président de parti communiste qui déclarerait, à propos des jeunes Grecs : "Que les choses soient claires: incendier des voitures, des écoles, des bâtiments, des entreprises, c'est de l'autodestruction. Il n'y a rien de bien à dire de ces actions. Elles touchent d'autres travailleurs des mêmes quartiers et cités. Elles touchent le peu de biens sociaux qui subsistent encore dans ces quartiers. Et elles touchent surtout la solidarité entre tous les travailleurs qui sont frappés par le raz-de-marée néolibéral". C'était pourtant la teneur générale de la plupart des propos "de gauche" à l'égard des jeunes Français. Aujourd'hui rares sont les condamnations des révoltes de la jeunesse grecque. Le ton général est à l'analyse des causes et à la compréhension. Les organisations syndicales grecques n'ont pas renoncé à leur action de grève et de manifestation au beau milieu des journées d'émeute. Il ne viendrait à l'esprit de personne de reprocher aux jeunes de briser la "solidarité entre les travailleurs". Au contraire, dans plusieurs pays européens, de grandes coalitions de gauche se forment pour appeler à soutenir la révolte des jeunes Grecs.
La crise financière a bien sûr fait voler en éclat la sacro-sainte confiance dans ce système d'exploitation qu'on nous présente depuis vingt ans comme le seul possible. Elle a ouvert les yeux et préparé les esprits à l'hypothèse récemment impensable que la seule solution soit au contraire d'y mettre fin.
Mais au-delà de cette évolution récente des mentalités, la différence de traitement à l'égard de ces deux jeunesses ne doit-elle pas aussi être attribuée à un mal persistant au sein de la gauche ? A savoir son incapacité à considérer les jeunes des banlieues françaises autrement que comme des "jeunes de l'immigration", dont il faut par définition redouter le communautarisme, le manque d'esprit civique et l'absence de solidarité de classe ?
Dans son article « La crise financière, et après ? », l'économiste François Morin écrivait il y a peu qu'un scénario de rupture brutale pouvait être envisagé. Il émettait l'hypothèse d'une « explosion sociale violente dans plusieurs pays, tenant à la baisse du pouvoir d'achat et au chômage de masse », et qui pourrait avoir « des effets de contagion à une large échelle ». Les jeunes Français des banlieues, victimes plus tôt, en raison de la discrimination raciste, de la baisse du pouvoir d'achat et du chômage de masse, ont-ils eu le tort de se révolter trop tôt ? Ou est-ce plutôt l'incapacité de la gauche à percevoir, comme elle le faisait jadis, dans la situation faite à ces jeunes, l'annonce du sort réservé à l'ensemble des travailleurs ?
Au lieu de reprocher à ces jeunes de briser la solidarité des travailleurs, ne faudrait-il pas inverser la façon de poser le problème ? Et le poser ainsi : combien de temps encore les responsables des partis et organisations de gauche, y compris syndicales, attendront-ils pour organiser la solidarité du mouvement ouvrier encore structuré avec cette jeunesse populaire que la précarité, la dérégulation des modes de production, la relégation dans les quartiers ont isolée ? Bref, pour la considérer, sans préjugés, comme partie intégrante du monde du travail ?
On ne pourra pas faire l'économie de ce débat car dans toutes les grandes métropoles du monde capitaliste, la part des travailleurs issus de l'immigration ne cesse d'augmenter. Une mobilisation sociale de grande envergure, capable de renverser réellement la vapeur et d'imposer une alternative politique réelle, ne sera possible que si la gauche résout cette question essentielle.
La révolte des jeunes Grecs et le soutien qu'elle recueille laissent espérer que les mentalités sont profondément en train de changer sur le vieux continent et que le temps des idées et des pratiques nouvelles est enfin arrivé.
Nadine Rosa-Rosso
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12/14/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
Négrophobie francophone sur fond d’Obamania triomphante (2)
«Et à moi mes danses
mes danses de mauvais nègres
à moi mes danses
la danse brise-carcan
la danse saute-prison
la danse il-est-beau-et-bon-et-légitime-d'être-nègre...» (Aimé Césaire)
Métis conforme
Il n’est pas question de déprécier les qualités et talents indéniables de Barack Obama. Ni de réfuter, a priori, l’espoir d’une possible amélioration de gouvernance mondiale que représente son élection. Mais de s’arrêter sur le concert de louanges du métissage qu’elle a provoqué en francophonie. Avant l’élection, tous les médias francophones ont ressassé le « réflexe racial » qui risquait d’assaillir l’électeur blanc dans l’isoloir. Résumant l’appréhension, Le Courrier International titrait en « Une » : « Oseront-ils l’élire ? ». En bout de course, 43% des électeurs blancs ont voté pour le démocrate contre 55% pour le républicain. Mais l’addition des suffrages émanant de blancs de 18 à 29 ans (55%), d’hispaniques (66%), d’asiatiques (61%) et d’afro-américains (95%) a permis à Obama de l’emporter largement ... Plus décisif : Obama n’a rien d’un révolutionnaire bolivarien ou d’un progressiste altermondialiste. Il défend un leadership impérialiste américain avec les différentes formes d’allégeances, d’injustices et de crimes que cela implique pour le reste du monde. Il sera plus intelligent, plus poli, certainement moins obtus, mais sans doute pas moins dominateur que ses prédécesseurs. Barack Obama a séduit la plupart des médias américains en tant qu’élément incontestable de changement. Et parce qu’une majorité de lobbies financiers et d’influences a financé près des 2/3 de sa campagne. En cascade, il a plu aux médias européens par traditionnelle servilité envers la première puissance mondiale. L’homme symbolise une Amérique avec laquelle l’Europe va à nouveau pouvoir « s’y retrouver ». Principalement en matière de business et de politique étrangère. Récession planétaire et suprématie occidentale vacillante aidant, la normalisation avec les USA : c’est tout ce qui compte ! Et si les pouvoirs peuvent surfer sur l’espoir sincère des foules du monde entier en chantant avec elles le métissage, pourquoi pas ? Ça ne mange pas de pain. En résumé : célébrons le métissage à condition que le métis en question soit, in fine, contrôlable par le pouvoir blanc. D’ailleurs, majoritairement issue du clan Clinton, la future administration du nouveau Président est, comme d’habitude, quasi-monocolore. Sur seize portefeuilles ministériels annoncés, trois ont été confiés à des afro-américains (Eric Holder à la Justice, Susan Rice aux Nations-Unies et Melody Barnes aux Affaires intérieures). Soit un de plus que sous l’administration Bush (Condoleeza Rice ; Colin Powell) et pas à des postes- clés ! Trois femmes ministres, dont la conservatrice Hillary Clinton, s’ajoutent aux deux précitées. Les huit portefeuilles restant sont revenus à des mâles, blancs, conservateurs et bellicistes dont deux ultras-sionistes à des fonctions décisives (Rahm Emanuel et Lawrence Summers ). En termes de renouvellement politique et de « diversité », le changement américain n’en est pas un. La victoire de l’héritage de l’immigration annonce-t-elle un simple retour aux années Clinton ? Pendant lesquelles néolibéralisme, dérégulations forcenées, bombardements de l’Irak et de l’ex-Yougoslavie ont constitué un horizon indépassable ! Dans notre perspective mondiale où crises économiques, écologiques, et politiques ont atteint un degré si crucial, que feront le « chouchou de Wall Street » et ses hommes du passé ? Wait and see.
Recadrer pour manipuler
En revanche, des métis et autres bronzés qui, à l’instar de Dieudonné, défendent une vision critique de la marche du monde et usent de moyens artistiques, iconoclastes ou controversés pour faire mouche en termes de débats, alors là : fini de rire pour les médias francophones ! Il faut absolument dégommer cette image subversive. En la diabolisant, en recourant à la désinformation ou aux omissions qui arrangent. N’ont pas dérogé à la règle trois des médias français en ligne qui ont « traité » l’affaire suisse. Il fallait commencer par recadrer pour tenter de manipuler. Exemple avec lepost.fr : « Il s’agit d’un extrait tiré de l’émission suisse Tard pour Bar, dont le sujet était ‘Peut-on rire de tout’. C’est au cours de cette émission qu’un certain Pascal Bernheim a lancé en plein débat : ‘C’est un nègre !’, à propos de l’humoriste controversé Dieudonné ». Ou encore avec Libélyon, blog du site de Libération : « ... une sortie du comédien Pascal Bernheim qui, dans une émission suisse, l’a récemment qualifié de ‘nègre’. L’auteur des propos a depuis présenté ses excuses, mais Dieudonné ne décolère pas. Et se demande, avec une pointe d’ironie, pourquoi SOS Racisme n’est pas intervenu ». Aujourd’hui, seuls des occidentaux ethnocentrés ignorent que le mot « nègre » n’est pas une insulte mais une revendication d’existence, de résistance et de conscience égalitaire. Un cri de fraternité humaine dont la paternité revient à l’illustre Aimé Césaire qui, la veille de sa disparition, répétait après une vie de combat : « Nègre, je suis. Nègre, je resterai ! » ... Enchaînons avec le site payant de l’ex-rédacteur en chef du Monde, Edwy Plenel. Un site, dixit Plenel, censé promouvoir « un journalisme de recherche et d’approfondissement » en vue de « dénouer ces nœuds qui font l’actualité ». Ne riez pas. Pour mediapart.fr donc, Samuel Dixneuf présente « les faits » en ces termes : « Pascal Bernheim, coauteur de la Revue de Genève, rebondissant sur des propos tenus par Frédéric Recrosio, a qualifié, en aparté, Dieudonné, de ‘nègre’. Assez savoureux et pas vraiment hors sujet dans une émission dont il est à propos de reprendre précisément l’ordre du jour : ‘Peut-on rire de tout ?’ ». Faire semblant de ne pas saisir la portée à deux temps d’un vocable raciste diffusé sur antenne pour tenter un recadrage scabreux et mensonger, voilà sans doute le « nouveau journalisme » cautionné par Edwy Plenel.
Olivier Mukuna
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12/14/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
Négrophobie francophone sur fond d’Obamania triomphante (1)
Ecoutez ce silence médiatique franco-belge. Ecoutez-le attentivement. Ce lourd silence dont les ressorts sont toujours les mêmes : lâcheté, conformisme, esprit critique comateux et racisme tolérable. Une indifférence revendiquée qui démontre que le « journalisme par omission » est devenu un dogme rentable, le « deux poids deux mesures » un habitus francophone, la liberté d’expression médiatique un carré VIP pro-américain et pro-israélien. Où sont nos intellectuels voltairiens lorsque l’humoriste engagé Dieudonné M’Bala M’Bala se fait insulter avec l’un des pires poncifs racistes ? Que disent nos valeureux démocrates lorsque le mot « nègre » est associé à « pas assez futé » sur une télévision de service public ? Que font les antiracistes professionnels lorsqu’une saillie négrophobe bénéficie d’une médiatisation programmée ? Rien, bien sûr ! Il s’agit de Dieudonné. Un artiste engagé et provocateur qui l’a finalement « bien cherché ». Un bouffon subversif maquillé en « zélateur terrifiant » de Jean-Marie Le Pen et du Front National ; à n’évoquer que si l’on peut entretenir sa diabolisation. Pas de tintamarre audiovisuel ininterrompu, pas de « Unes » alarmistes, pas de « dossiers » aux titres ravageurs et connections fumeuses. Ici, les médias dominants français et belges se taisent. Tabassé par quatre militants sionistes (2005) ou victime de diffamation raciale sur une télé francophone (2008), c’est toujours le même prix médiatique pour Dieudonné : « On-n’enparlera-pas ! ». Hors de question d’exercer la dignité de son métier si, du même coup, le risque existe d’avoir l’air - juste l’air ! - de réhabiliter Dieudonné. Pour les marquis de l’info et leur prolétariat soumis, ça fait longtemps qu’imposer des étiquettes infâmantes et des stéréotypes débiles épousant les intérêts des puissants importe davantage qu’informer sur tout et sans tabou pour tenter de proposer une vision critique de la marche du monde. Loin de ces calculs minables, l’affaire est heureusement visible, lisible et en débat sur un média vraiment libre et pluraliste : le net. Récapitulons. Le 27 novembre, la Télévision Suisse Romande (TSR) diffuse l’émission culturelle Tard pour Bar. Thème imposé et mal nommé : « Peut-on rire de tout ? ». En fin d’émission, le présentateur Michel Zendali lance le prénom qui effraye : Dieudonné. A l’adresse de Charlotte Gabris, seule humoriste à ne pas revêtir l’habituel costume anti-Dieudonné, le présentateur « ose » : « Pour vous, Dieudonné il est victime de … lui, il ose, il ose des choses, il ose des vrais tabous, les nouveaux tabous » . Ici, s’arrête la possibilité d’un débat contradictoire intelligent : n’est pas Taddéi qui veut ! S’enchaîne un bla-bla inconsistant au sujet de l’artiste franco-camerounais. Jusqu’à ce que l’humoriste suisse Frédéric Recrosio dise : « Je pense que lui-même il manque … Je pense qu’il n’est pas assez futé pour exactement manipuler les ... ». « Ben, c’est un nègre, hein ! », coupe, le plus sérieusement du monde, Pascal Bernheim. Sans équivoque, un propos raciste éculé a été spontanément exprimé. Associant de manière totalisante négritude physique et stupidité fondamentale. Mais personne sur le plateau ne relève ou ne conteste l’énormité, encore moins le présentateur Zendali qui poursuit son émission comme si de rien n’était. Ou, plus précisément, a décidé de ne pas couper l’extrait durant le montage de son émission préenregistrée. Cet extrait télévisuel, que de bonnes âmes appelleront « dérapage », lève à nouveau le voile sur le solide ancrage du racisme négrophobe européen. Une forme de discrimination historique loin de se circonscrire à la seule extrême-droite comme le prouve cette séquence. Celle-ci démontre également l’existence d’un négationnisme toléré envers la propagande intellectuelle, scientifique et médiatique qui servit - et sert encore ! - à légitimer le génocide africain et ses conséquences multiformes. De quoi parlons-nous ? De quatre siècles de Traite négrière et d’esclavage auxquels s’ajoutent plusieurs décennies de colonisation dont le bilan meurtrier rivalise avec les 60 millions de morts de la Seconde guerre mondiale. Voilà de « quoi » nous parlons ! Pur produit d’un système, Pascal Bernheim a roté face caméras. En toute bonne conscience et forte croyance d’impunité. La spontanéité du propos et la tolérance dont il bénéficie viennent aussi confirmer la part d’hypocrisie médiatique qui a suivi l’euphorie entourant la victoire de Barack Obama. En France comme en Belgique, la plupart des médias adorent les métis - classés sous l’assignation identitaire de « Noirs »- à condition que ceux-ci soient sportifs, chanteurs et, aujourd’hui, Président nord-américain.
Olivier Mukuna
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Le Bougnoulosophe
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12/13/2008
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Libellés : MANIERES DE FAIRE
D'une djihadiste et du Père Noel
Pour tout observateur attentif, la terre de Belgique est féconde en monstruosité toute féminine ; le Palais des horreurs c’est notre lot quotidien. Vous connaissiez Geneviève Lhermitte, Muriel Degauque, première Kamikaze de « souche » européenne. Dans un autre registre, moins exposé il est vrai, voici Malika El Aroud, «la pasionaria du salafisme belge» (sic), qui par ces propos haut en couleur fait fantasmer toute la réacosphère et bien au delà. Du pain béni. Une vraie aubaine pour l'opinion en temps de crise ; ce n'est pas Dorothée Klein, la hyène du champ médiatique belge, qui va me contrarier. Elle accorde des interviews choc à l' International Herald Tribune, elle anime un forum appelé Minbar-SOS, au vu et au su de la marée chaussée, où elle fait un travail de Gestion des Ressources Humaines à l'attention d'Al Qaida-Monde, si Al Qaida existe bien sûr… Cette femme, surnommée Oum Obeydaqui, qui fut mariée à l'un des assassins du Commandant Massoud (Abdessater Dahmane), est la femme la plus surveillée de Belgique, ce qui ne l'empêche pas de comploter plus que de raison, nous dit-on... Cherchez la femme et une fois que vous l'avez trouvée, cherchez le détonateur ! Qu’elle n’existerait pas qu’il faudrait l’inventer, peut-être a-t-elle été inventée d’ailleurs... Elle est, postmodernité oblige, tout à la fois, la version féminine - et orientale - du père fouettard et la représentante d’un féminisme djihadiste en devenir. Si, c’est possible ! Jugez sur pièce. Son féminisme : « Normalement en Islam l’homme est plus fort que la femme, mais je prouve qu’il est important de craindre Dieu - et personne d’autre » ; « Il est important que je sois une femme. Il y a des hommes qui ne veulent pas parler car ils ont peur d’avoir des ennuis. Même lorsque j’ai des problèmes, je parle. » ; « Je sais ce que je fais, je suis Belge, je connais le système. » ; « La veuve d’un martyr est très importante pour les Musulmans » . Une féministe de combat : « Ce n’est pas mon rôle de placer des bombes, c’est ridicule »: « J’ai une arme, c’est d’écrire. C’est de prendre la parole. C’est mon jihad. Vous pouvez accomplir beaucoup de choses avec les mots. L’écriture est aussi une bombe. ». Une femme qui en a : « le Vietnam n’est rien comparé à ce qui vous attend sur nos terres » ; « Demandez à vos mères, à vos femmes, de commander vos cercueils. » ; « La victoire apparaît à l’horizon mes frères et sœurs. Augmentons nos prières. ». N'est-elle pas merveilleuse notre djihadiste virtuelle ? Roland Barthes, dans Mythologies, écrivait : « Le mythe ne nie pas les choses, sa fonction est au contraire d’en parler ; simplement, il les purifie, les innocente, les fonde en nature et en éternité, il leur donne une clarté qui n’est pas celle de l’explication, mais celui du constat. En passant de l’histoire à la nature, le mythe fait une économie : il abolit la complexité des actes humains, leur donnent la simplicité des essences, il supprime toute dialectique, toute remontée au-delà du visible immédiat, il organise un monde sans contradictions parce que sans profondeur, un monde étalé dans l’évidence, il fonde une clarté heureuse,… ». Sans nul doute, Malika El Aroud, arrêtée ce jeudi, est mythique ! Et le Père Noël existe, en tout cas en Belgique...
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Le Bougnoulosophe
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12/12/2008
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