« Les nouveaux colons de la médina (qui) vivent comme des émirs... Certains propriétaires viennent à Marrakech pour se rapprocher du cercle doré de la jet-set qui leur est inaccessible à Paris. Certains, pour assouvir leurs fantasmes, espèrent remporter le « jack-pot » à Marrakech et amorcer la vie de seigneur [...]. Les occupants s’intéressent rarement à leurs voisins et sortent très peu de leurs demeures sauf pour faire une partie de golf ou pour une virée au Comptoir, « bar branché » de la ville. Ils organisent des soirées des mille et une nuits et des fêtes somptueuses pour réaliser leurs rêves et vanter leurs biens : à qui les meilleures demeures, la meilleure décoration, la meilleure cuisine. L’on pourrait se demander si cette richesse clinquante et ce faste au milieu d’une pauvreté criarde ne conduiraient pas à une rupture du dialogue et à un choc culturel ? Plusieurs riads se trouvant dans des rues boueuses, abritant mendiants, éclopés, enfants des rues, vendeurs de tripes » (Labyrinthe, n° 7, 2003).
Depuis la fin des années 1990, les Occidentaux sont nombreux à venir dans les médinas marocaines pour y séjourner en vacances, pour y investir et prendre résidence. Le processus est particulièrement important à Marrakech. La médina est toujours assimilée au lieu de la citadinité traditionnelle par rapport à celle du modèle occidental, à l’espace d’une urbanité typique arabe et marocaine valorisée dans le contexte d’une globalisation des modes d’habiter et de la mise en tourisme du Maroc. Dans ce contexte, les questions de la présence étrangère et de la cohabitation avec les autochtones se posent d’autant plus. Elles font apparaître souvent des relations ambiguës lorsqu’on évoque la dimension identitaire, la valeur patrimoniale et les pratiques socio-urbaines actuellement identifiées des nouveaux habitants et des nombreux visiteurs.
Les Marrakchis, connus pour leurs boutades, ont fait circuler l’idée qu’« il faudrait bientôt un visa pour entrer dans la médina ». La plaisanterie rend compte des crispations sur la possession du patrimoine. Le poids visuel des étrangers dans le paysage des médinas diffère de la démographie réelle. Leur grande visibilité est due à la portée de leurs actions, à leur installation dans un temps très court, à leur médiatisation et enfin à leur poids dans l’espace public, car ils sont confondus avec les touristes. Cependant, le fait que les étrangers deviennent propriétaires de maisons traditionnelles transforme leur position car ils ne sont plus considérés comme des touristes mais comme des acteurs de la vie sociale et économique. Se pose alors, dans le débat courant, la question de leur légitimité à posséder une maison considérée comme un élément patrimonial et porteur d’une identité citadine spécifique des médinas.
Les réactions - parfois transformées en conflits d’usage ou patrimoniaux - sont en fait des conflits territoriaux. Elles montrent l’instrumentalisation du patrimoine par différents groupes pour étayer des revendications d’ordre identitaire, économique ou territorial. Les critiques se reportent pareillement sur ceux qui ont vendu leurs biens, ceux qui profitent des ventes ou les autorités qui n’agissent pas contre un phénomène considéré, a priori, comme anormal. Alors que les grandes familles marocaines qui avaient vendu leurs biens dans les dernières décennies pour acheter un logement en ville nouvelle adoptaient une position reconnue comme cohérente, ceux qui, désormais, le font parce qu’ils ont enfin l’opportunité de partir pour un logement plus confortable, grâce à la réévaluation de leurs biens en médina, sont actuellement montrés du doigt car ils mettent en péril le patrimoine national. Pour certains, cet investissement étranger s’inscrit dans un long processus de domination européenne sous couvert d’une fascination pour ce qui vient de l’Orient. Ainsi, le philosophe M. Chebbak donne une vision critique du modèle de la maison d’hôtes. « Les étrangers occidentaux réitèrent, tout en l’exploitant, cette fascination exclusive qu’une certaine clientèle étrangère exprime devant les sites patrimoniaux (riads, palais, casbahs) et les objets de décoration traditionnels (poufs, sofas, lits à baldaquin...). Ils conçoivent le lieu (sites et paysages) comme un contenant vide en attente d’êtres (les touristes) et de choses (objets de confort) venant l’occuper, comme s’il ne faisait que recycler ce vieux fantasme européen de la terra deserta qui s’est toujours distingué, dans l’histoire de la domination occidentale, par la surestimation du topos au détriment de l’anthropos » (Chebbak, 2004). C’est sans compter sur le choix des étrangers de venir s’y installer pour vivre pleinement et simplement en médina par amour pour les lieux et sans compter non plus sur l’installation ou le retour de couples mixtes, d’artistes et d’intellectuels marocains, d’investisseurs marocains, de ressortissants à l’étranger, de Marocains hébergés dans les maisons d’hôtes le temps d’un court séjour touristique...
Quels liens établir entre patrimoine privé et appartenance collective, patrimoine privé et patrimoine national, patrimoine national et patrimoine considéré comme universel ? En effet, dans quelle proportion les maisons traditionnelles sont-elles représentatives du patrimoine urbain national ? Face à cette dépossession, révélatrice du sentiment patrimonial, tout devient patrimoine et référence identitaire. Si on prend le cas de la Vieille Ville de Marrakech, la plus investie, on recense environ 2 800 riad dont seulement une centaine sont de grande valeur architecturale. Ces riad appartiennent rarement encore à de grandes familles marocaines, ils sont possédés par une élite internationale qui les a conservés consciencieusement en très grande majorité, ou ils sont habités de façon morcelée par une population pauvre et entassée. Le travail de R. Saigh Bousta tend finalement à montrer que, dans l’ensemble, l’action des propriétaires de RMH est globalement positive sur l’environnement en médina puisque, dans la question sur les avantages pour le quartier, 57% des enquêtés déclarent bénéficier d’une plus grande propreté, 47,5% de plus de calme, 27,5% de plus de sécurité et surtout 20% d’entre eux leur reconnaissent une responsabilité dans la sauvegarde du patrimoine (Saigh Bousta, 2004).Pour finir, on peut relever de cette étude quelques constats qui montrent l’ambiguïté de la relation entre touristes et autochtones, entre patrimoine national et patrimoine universel, offert aux visiteurs et envisagé comme une ressource. La conscience patrimoniale a été accélérée par la présence et le regard des étrangers sur la médina, touristes, touristes-habitants puis résidents. La mise en patrimoine des lieux par la société civile est souvent conjointe à un sentiment de dépossession et de mise en danger du patrimoine parallèlement à sa mise en tourisme : les réactions parfois vives correspondent aussi à une prise de conscience du patrimoine par les petits-fils de la médina parce qu’il y a eu une rupture d’usage avec l’objet patrimonialisé. Enfin, le tourisme suppose également de recevoir l’Autre, cet étranger qu’il faut initier aux lieux et aux coutumes pour éviter qu’il ne détourne l’objet de son sens... Le tourisme donne de la valeur au lieu par sa reconnaissance autant qu’il peut le fragiliser par le détournement qu’il peut en faire pour satisfaire les visiteurs, au détriment parfois de ce qu’en attendent les habitants.
EXTRAIT DE
Dans la Médina de Marrakech, le postcolonial n'est pas qu'un mot...
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3/28/2008
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Libellés : POSTCOLONIE
La mystification de l'auto-pillage du Congo
"Le Congo a été saccagé par un ouragan de kleptocratie, de géopolitique de la guerre froide, d'ajustements structurels et de guerre civile chronique. La dictature de Mobutu, qui a méthodiquement pillé le Congo pendant trent-deux ans, était la créature de Frankenstein créée et soutenue par Washington, le FMI et la Banque Mondiale, avec la complicité du Quai d'Orsay et de Bruxelles....."(Mike Davis, le Pire des mondes possibles).
Mis à jour grâce à l’obstination du Premier Ministre Gizenga (visiblement moins endormi que ne le disent les chancelleries…)le scandale des contrats miniers éclabousse tout le monde. Certes, durant la période de transition qui a précédé les élections, les ressources du pays ont été bradées par les autorités en place, impliquées à tous les niveaux: des conseillers de Kabila sont cités, mais ils avaient l’aval de Bemba en charge de l’Economie et des Finances, les ministres des Mines successifs ont fermé les yeux, les fonctionnaires ont laissé faire et ont touché leur commission. Mais durant cette période intermédiaire qui a succédé à huit années de guerre et d’occupation et deux décennies d’affaiblissement de l’Etat, les Congolais n’étaient pas seuls: ils se trouvaient pratiquement sous la tutelle de la «communauté internationale» (c’est à dire essentiellement les Occidentaux) qui animait le CIAT (Comité d’accompagnement de la transition), soutenait la Mission des Nations unies au Congo et appuyait la Banque Mondiale. Cette dernière ne se contenta pas seulement d’assurer (avec un succès très relatif) la démobilisation des belligérants, elle participa à la rédaction du Code Minier et du Code forestier, en dicta les termes très libéraux et surveilla l’application des dispositions. Mais sans mesurer à quel point un Etat affaibli, une administration défaillante et sous payée étaient incapables de faire respecter la loi et de protéger la population contre les prédateurs en col blanc qui succédaient aux pillards en uniforme des années de guerre.Aujourd’hui, l’aide qui avait été promise par les divers bailleurs, dont l’Union européenne, tarde à se concrétiser mais les institutions financières internationales exigent toujours, à raison de 800 millions de dollars par an, le remboursement de la dette contractée du temps de Mobutu … Redoutant une explosion sociale ou la sanction politique qui leur sera infligée par des électeurs décus de ne pas avoir reçu les dividendes de la démocratie, les autorités congolaises se sont tournées vers la Chine pour conclure des accords de troc, échangeant matières premières contre de grand travaux d’infrastructures. Dans nos capitales, on s’en inquiète, on met le Congo en garde contre ses nouveaux amis, contre les pièges de ses nouveaux contrats.Mais au regard du passé, quel est le crédit moral dont peuvent se prévaloir les donneurs de leçons? Les Chinois, demain, ne seront peut-être pas meilleurs que les tuteurs d’hier. Mais ils ne seront sans doute pas pires non plus.
Colette Braeckman
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3/21/2008
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Libellés : CONGO
I have a dream...
J'ai fait ce rêve étrange et pénétrant... Je me trouvais au environ de la bonne ville de Verviers, capitale Wallonne de l’eau, d'aucuns rêvent que les Ardennes soient nos Asturies à nous, d'où viendrait enfin notre Reconquista, ils sont déjà 33% en R.B.C. !, quoi qu’on y préférât le péquet et la bière… Je traversais un bois, quand tout à coup je tombai nez à nez avec un marcassin portant la Burqa. Bien élevé, l’animal remarquable me salua du grouin. Intrigué par l'animal prodigieux au couvre-chef ostensible, je m’approchai de lui et lui demandai son nom... Il me répondit dans un français de sous-préfecture, avec cette hyper correction typique d'Uccle et du Brabant Wallon, - Je m’appelle Nadia G. ! Bien qu’halluciné tant par la réponse que par ses manières de faire, je continuai avec le plus de contenance que je puisse avoir cette inédite conversation. Ainsi de mon air le plus détaché, me chantonnant à voix basse soyons désinvolte n’ayons l’air de rien !, je questionnai le fabuleux phacochère sur sa profession, il me répondit, la bouche en cul de poule (visible malgré la Burqa !) et en tortillant du croupion,- « je suis une péripatéticienne de la laïcité », - « en quoi cela consiste », lui dis-je - « eh bien à concevoir des storytelling islamophobes, des telenovelas médiatiques racistes, et de gérer le casting et la scénographie qui va avec, à l’usage de retraités qui s’ennuient, ces derniers en sont particulièrement friands, car à cet âge ils ont besoin d’ armes de distraction massive, c’est un peu leur soleil vert à eux…». Je lui demandai enfin, « c’est quoi la laïcité en Belgique » ? La réponse de l’étrange animal fut la suivante : « c’est une grande maison de retraite, où le troisième âge belge, doté d'une rente économique et culturelle moyenne, sentant sa fin venir, vient y exprimer sa haine et son ressentiment envers un autre fantasmé… ». N’osant lui demander de me dessiner un mouton, me doutant que la licorne du règne porcin me dessinerait une baignoire, je saluai l’animal fantastique et je repartis songeur, me dirigeant vers une clairière située à l’autre bout du bois…
P.S : Combien de Burqa à Verviers ? Combien de voiles dans l'administration anversoise? Nib, que dalle...! Et combien de femmes allochtones avec ou sans voile au chômage à Bruxelles? Plein Actiris ! Tout cela n'est que de l'enfumage, car les laïcistes à leur manière aiment beaucoup l'encensoir, une volonté de faire écran, le devoir d'allumer des contre feux à la réelle émancipation, dont cette gente malfaisante est coutumière... Cette racaille laïcarde, digne représentante de la Belgique moisie, qui attire le nazillon, comme l'excrémentiel attire les mouches (cfr. le site de Nadia G.), car la racaille reconnaît immédiatement sa soeur d'infamie, aime à répéter des chansonnettes que d'autres ont composé pour elle, tout en croyant les avoir inventées, voilà comment elle conçoit le libre arbitre... Aussi rien d'étonnant à voir Riposte Laïque soutenir totalement le député hollandais d'extrême droite Geert Wilders dans son combat plus que douteux. Tu ne m'aurais pas cherché, si tu ne m'avais déjà trouvé... Laïcité uber alles, la boucle est ainsi bouclée !
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3/16/2008
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Libellés : LAICISME
Auschwitz-Gaza
Des assassinats programmés sont en train d’être perpétrés sous nos yeux, des enfants, des nourrissons sont tués, le sang coule et le monde se tait, pourquoi ? Pourquoi en France, les partis de gauche, les communistes, les syndicats, les associations n’appellent-ils pas à une grande manifestation devant l’ambassade d’Israël celle des Etats-Unis, pourquoi n’appellent-ils pas à camper jour et nuit devant le CRIF complice ? Pourquoi toutes les belles âmes qui pour cause de pétrole sont prêtes à nous envoyer au Darfour se taisent-elles devant ce massacre d’innocents ? Parce que notre pays est allié des Etats-Unis, qu’il se met dans le sillage des bourreaux pour voler aux peuples leur pétrole, leurs ressources, c’est tout le Moyen-orient que ces monstres avides veulent recomposer et pour alimenter les moteurs des voitures il faut que le sang des enfants coulent à Gaza, demain dans le Liban et que l’armée israélienne garantisse l’exploitation dans tout le Moyen Orient avec la complicité des dirigeants arabes dits modérés, les Saoud et autres Moubarak qui gonflent comme des grosses tiques sur le meurtre de leurs frères palestiniens et demain libanais. Parce que notre pays qui donne volontiers des leçons au reste de l’humanité est l’allié des Etats-Unis, parce que droite et gauche s’entendent pour ce nouveau néo-colonialisme meurtrier, Kouchner en est le nom et le CRIF l’inspirateur. Pourquoi les communistes se taisent-ils, parce que nous sommes en pleine municipales, et que le PCF a décidé de vendre ce qui lui reste d’âme pour une place d’élu à Paris, parce qu’ils n’ont plus de communistes que le nom ces gens capables de se taire pour les émolument d’un conseiller d’arrondissement. Pourquoi se tait-on en France aujourd’hui, pour quoi la presse, les éditions en ligne se contentent-elles d’égrener les morts et de les justifier non sans timidité ; Israël se protège des tirs de roquette, « insupportables » a même osé dire le Monde, sans paraître voir cet enfant au maillot dont les yeux sont fermés à jamais. Au nom de quoi veut-on nous faire accepter que le droit soit du côté des meurtriers, parce qu’il y a eu hier Auschwitz hier on justifierait aujourd’hui Gaza ? Assez d’hypocrisie, vous avez toléré hier Auschwitz vous français peuple pétainiste, vous avez fermé les yeux sur le martyr des juifs, enfermés les républicains espagnols que vous aviez trahis dans des camps, vous avez offert à Montoire avec des applaudissements toutes ces victimes, vous avesz envoyé des lettres pour vendre les juifs, pour vous approprier leurs biens, et c’est vous les collabos qui régnez en France aujourd’hui. En ce temps là il y avait des communistes, des combattants capables d’aller rejoindre dans les camps les victimes, ils ont été eux-aussi trahis par leurs dirigeants collabos. Et moi qui n’en peut plus de voir se rejouer éternellement Auschwitz, je n’ai plus de parti, plus de collectif pour agir, mon cri ne s’entend pas, je suis seule à errer comme une folle sur les ruines d’Auschwitz-Gaza, que les bourreaux soient maudits.
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3/07/2008
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Boualem Sansal ou le « butin de guerre » des anciens colons…
On se souvient que pour l’écrivain algérien Kateb Yacine, « la langue française était le butin de guerre » de la décolonisation. Il semblerait qu’un présent supplémentaire, sous la forme d’un cadeau empoisonné, ait fait partie du voyage, tout à la fois comme produit de contrebande et comme passager clandestin. Ce cheval de Troie, c’est le « désir mimétique » d’être blanc. Car ici, comme pour la féminité, il n’est nul déterminisme biologique, on ne naît pas blanc, on le devient, si les autres Blancs vous le concèdent toutefois… On le sait ce désir imitateur s’est longtemps tapi sous le discours portant sur la « francophonie ». On peut voir aujourd’hui qu’il s’affiche sans retenue dans les média mainstream. Si on ne craignait de faire de la publicité à l’Arabe utile du PAF, idiot de l’année, peut être bien de la décennie !, on baptiserait bien ce trouble de « complexe du Meddeb » ou plus trivialement de Meddeberie. On peut trouver l’ensemble des symptômes de ce complexe dans un livre récent. Ce livre, écrit par Boualem Sansal, pourfendeur de tabou de son état, s’intitule « Le Village de l’Allemand ». Ainsi Boualem, nouvel Atlas du Maghreb, voudrait lui aussi partager le fardeau de l’homme blanc. C’est-à-dire d’un même mouvement être l’opérateur de la mission civilisatrice de l’occident et goûter aux joies troubles de la culpabilité judéo-chrétienne. Et quel thème, pour un héros d’une telle étoffe, est plus porteur de conscience malheureuse que la Shoah ? Le malheur, car le tragique accompagne toujours le héros, est que cela ne concerne aucunement les aires géographiques et culturelles d’où notre contempteur « des injustices, des mensonges, des diktats de toutes natures » est issu. Il n’est pas un juif d’Algérie, devenus Français depuis le décret Crémieux, qui n’ait été déporté à Auschwitz ou à Dachau ! Qu’à cela ne tienne, notre Schindler de Bab El Oued, notre « Juste » d’un douar de Boumerdès invente et affabule à toute berzingue. Et il n’est aucun Sancho Pança pour le réfréner… Mais ces affabulations, tout à l’inverse du « mentir-vrai » cher à Aragon, s’avère être un vrai mensonge éhonté, aussi épais que grossier, soit la marque de fabrique de tous les idéologues à gage, fidèle en cela au principe élémentaire de la propagande depuis Goebbels, plus c’est gros plus ça passe … Voilà pour le fond. Pour la forme c’est pire. A ce gros bobard, l’expression consacrée « si ce n’est vrai, c’est bien trouvé », n’est pas plus de mise, tellement le procédé littéraire employé est défraîchi. Il consiste en l’emploi de la figure plus qu’usée du double, ici en l’espèce les frères Schiller, le malheur est que notre tâcheron littéraire, ce prenant pour un Goliath, n’est ni Poe ni Borges, pourtant tant qu’à devenir blanc, il eut été judicieux de devenir un Blanc de talent… Ici, l’usage du double relève bien plus des troubles identitaires, existentiels de l’auteur – notamment de cette souffrance que provoque l’inconvénient d’être né non-blanc - que de la révélation d’une vérité occultée. Intéressons-nous plus précisément au trouble du Zarathoustra de Boumerdès. « L’humanité, écrivait Schopenhauer, tel un pendule, oscille entre deux maux la douleur et l’ennui ». Si pour le peuple palestiniens et les quartiers populaires d’Algérie, par exemple, il s’agit bien de douleur, pour Boualem Sansal, universitaire et haut fonctionnaire, ne lui en déplaise, c’est belle et bien à l’ennui qu’on a affaire, le sien et le nôtre en le lisant… Cette vacuité, ce spleen de l’establishment dont il est issu, qu’il camoufle en pensée contre soi-même, avec la posture de l’héroïsme comme plus value pour salon littéraire, ne trompe personne sinon lui et ses commanditaire. Car Boualem Sansal c’est un genre d’Hamlet algérien, un héros dostoïevskien avec un compte en banque bien fourni… On le sait : il n’est pas de vérité absolue, il n’est de vérité que située. Aussi envisageons le contexte dans lequel cette grande oeuvre apparaît. Et cela n’a rien d’un hasard. Soit une Europe, la nôtre, où il est fait un usage immodéré du qualificatif nazi, et de son champ lexical ; ensemble de termes qu’on accole à tout ce qui concerne les choses de l’islam. « Nazislamiste », « fascisme vert », « le nouveau totalitarisme »… Cette Europe où l’on a de cesse nous expliquer que le monde musulman, et ses excroissances fantasmatiques en Europe, est le lieu d’où nous vient « la nouvelle judéophobie », comme il a été le lieu où les véritables atrocités de la traite négrière ont pris leur source et demain, sans doute, l’on nous expliquera savamment qu’ Hiroshima a été conçu dans le cerveau enfiévré d’un musulman américain. Ou que l’uranium qui a permis « Little Boy » était islamique. Ne riez pas, vous verrez…Il est désormais des populations et des parties du monde que, dans une volonté de division des tâches, on spécialise définitivement dans la barbarie et l’inhumanité dans toute ses formes. Elles en ont le monopole. Le dispensateur de rôle, comme il se doit, est occidental et s’arroge la part de choix, celle du surmoi et de la bonne conscience de la planète. Et pour ce faire, il a un besoin absolu d’une légion de chroniqueurs bronzés, crédibilité oblige, dont la possession de talent est accessoire, pourvu qu'ils se croient blancs et éclairés et pourvu qu'ils sachent affabuler utilement, cette légion a pour boy scout Boualem Sansal … Cette conscience clivée instillée dans l’ancien colonisé, dont Boualem est l’incarnation, c’est le « butin de guerre » des anciens colons !
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3/04/2008
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Souvenir, souvenir ...!
« Après l’Egyptiens et l’Indien, le Grec et le Romain, le Teuton et le Mongol, le Noir est une sorte de septième fils, né avec un voile et doué de double vue dans ce monde américain – un monde qui ne lui concède aucune vraie conscience de soi, mais qui au contraire, ne le laisse s’appréhender qu’à travers la révélation de l’autre monde. C’est une sensation bizarre, cette conscience dédoublée, ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d’un autre, de mesurer son âme à l’aune d’un monde qui vous considère comme un spectacle, avec un amusement teinté de pitié méprisante. Chacun sent constamment sa nature double – un Américain, un Noir ; deux âmes, deux pensées, deux luttes irréconciliables, deux idéaux en guerre dans un seul corps noir, que seule sa force inébranlable prévient de la déchirure. » (W.E.B. Du Bois, Les âmes du peuple noir).
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3/03/2008
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La "Shoah" palestinienne a commencé, happy birthday Israël !
Soixante-huit Palestiniens ont été tués depuis le lancement samedi de l'offensive israélienne la plus meurtrière depuis 2000 dans la bande de Gaza contre les tirs de roquettes, Israel promettant dimanche de poursuivre les combats.
A l'ouverture de la réunion de son gouvernement, le Premier ministre Ehud Olmert a affirmé qu'Israël allait poursuivre ses opérations "contre les organisations terroristes".
Dimanche matin, les violences ont repris dans le nord de la bande de Gaza où cinq Palestiniens ont été tués alors que la veille 61 Palestiniens avaient trouvé la mort lors d'une opération surnommée "Hiver chaud", a-t-on indiqué de sources médicales palestiniennes.
Les corps de deux Palestiniennes ont par ailleurs été retrouvés sous les décombres de maisons détruites samedi lors d'attaques israéliennes à Jabaliya (nord), a-t-on ajouté de mêmes sources. Samedi, deux soldats israéliens ont été tués et six blessés lors de violents combats.
Des appareils de l'armée de l'air israélienne ont bombardé durant la nuit de samedi à dimanche les bureaux du chef du gouvernement Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, les détruisant entièrement. "Israël n'a aucune intention de cesser, ne serait-ce que pour un moment, les combats contre les organisations terroristes", a prévenu M. Olmert devant ses ministres réunis à Jérusalem.
Le ministre de la Défense Ehud Barak a pour sa part annoncé que le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, "paiera le prix et les conséquences" de "la dégradation de la situation". "Le but de l'opération actuelle, qui est de mettre fin aux tirs de roquettes, ne sera pas atteint dans les deux prochains jours, nous allons continuer nos activités (militaires) et nous devons nous préparer à une escalade", a souligné à la radio M. Barak.
En Cisjordanie, des manifestations ont éclaté dimanche dans plusieurs villes afin de protester contre les opérations israéliennes à Gaza. Selon des témoins, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Ramallah et à Bethléem, ainsi que dans différents camps de réfugiés.
Sur le front international, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche les violences à Gaza et dans le sud d'Israël, lors d'une réunion d'urgence convoquée à la demande du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas qui a décidé de "suspendre" les négociations de paix avec Israël.
Les membres du Conseil "soulignent la nécessité pour toutes les parties de mettre fin immédiatement à tout acte de violence", affirme la déclaration.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon tout en reconnaissant à Israël le droit de se défendre, a auparavant critiqué "l'usage disproportionné et excessif de la force qui tué et blessé tant de civils, y compris des enfants".
La présidence slovène de l'UE a aussi dénoncé dimanche "l'usage disproportionné" de la force par l'armée israélienne contre des civils tout en condamnant également les tirs de roquettes. En réponse, M. Olmert a estimé que "personne n'a le droit moral de critiquer Israël pour exercer son droit à l'auto-défense".
Les Etats-Unis ont pour leur part lancé samedi un appel à la fin des violences dans le conflit israélo-palestinien tout en affirmant le droit d'Israël à se défendre. Depuis le début de l'offensive israélienne mercredi, une centaine de Palestiniens ont été tués. Un civil israélien a péri dans le tir d'une roquette mercredi.
Samedi, les groupes armés palestiniens ont tiré plus de 50 roquettes contre Israël, où sept personnes, dont deux enfants et une femme, ont été blessées dans la ville d'Ashkélon (sud), distante de 10 km de la bande de Gaza. Dimanche matin, deux roquettes ont été tirées vers le sud d'Israël, selon l'armée. De nombreux pays arabes ont condamné l'opération israélienne, ainsi que la France qui a également condamné les tirs de roquettes palestiniennes tandis que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé qu'Israël serait "déraciné" et ses dirigeants traduits en justice "un par un".
Les derniers décès portent à 6.264 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, pour la plupart des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.
Sakher ABOU EL-OUN
TEMOIGNAGE A CHAUD...
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3/02/2008
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Le statut social de "non-blanc" illustré par la crise des subprimes...
Le dirigeant de l’assocation anti-raciste Jesse Jackson a attiré l’attention sur ce qui semble avoir été une volonté délibérée des courtiers en crédits de pousser les clients Noirs et Latinos vers des prêts immobiliers dits “à risque” (subprime), c’est à dire consentis à des ménages à la solvabilité fragile mais en échange de taux d’intérêt très élevés.
Quand un client Noir ou Latino se présentait pour un crédit immobilier, on lui vendait du “subprime”, indépendamment de sa solvabilité. Alors qu’il aurait pu bénéficier d’un crédit aux taux normaux et aux traites modérées, il se retrouvait à payer un malus élevé, simplement à cause de la couleur de sa peau.
Aujourd’hui ces emprunteurs sont doublement floués : ils ont payé des traites élevées, parfois pendant des années, et se retrouvent aujourd’hui à la rue, l’établissement préteur saisisant leur maison pour défaut de paiement . . . La banque, elle, est doublement gagnante. Elle a gagné de l’argent sur le dos de ces emprunteurs à travers des taux d’intérêt élevés et elle récupère la maison (même si celle-ci est fortement dévaluée, elle garde néanmoins une certaine valeur marchande).
Selon Jackson :
“Il fut un temps où on pratiquait le “red lining” (profilage) dans certaines banques. Si vous habitiez dans un certain quartiers, on ne vous prêtait pas d’argent. Aujourd’hui nous assistons à un “redlining” à l’envers. Si vous êtes Noir ou Latino, même si vous remplissez les conditions pour pouvoir bénéficier d’un crédit “prime”, on va délibérément vous pousser vers des contrats “subprime”. Dans les deux cas, c’est une violation des lois anti-discriminatoires.”
Invité du Sommet économique de la “Rainbow PUSH Coalition” qui s’est tenu à Wall Street, en janvier dernier, Martin Gruenberg, vice-président de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a donné des chiffres qui illustrent cette constatation :
“En 2005 et 2006, plus de 50% de tous les crédits accordés aux Africains-Américain ainsi que plus de 40% des crédits accordés aux Latinos étaient des contrats “subprime” - comparez cela au fait que seulement 19% des crédits accordés aux Blancs étaient “subprime”.
Et quand on analyse les cas individuels des demandeurs de crédit, on se rend compte qu’un sixième seulement de ces contrats a été accordé sur la base de la solvabilité de l’emprunteur. Si vous êtes Noir ou Latino, vous payez automatiquement plus cher que si vous êtes Blanc”
Le New York Times s’est appuyé sur les données obtenues via la loi “Home Mortgage Disclosure Act” (qui permet d’obtenir les détails des crédits immobilier consentis). Son enquête montre que - à salaire et solvabilité égal - dans des villes comme New York, Boston, Washington et Philadelphie, les Africains-Américains et les Latinos sont deux à trois fois plus nombreux à avoir des crédits immobiliers subprime à taux d’intérêts élevés.
Dans un article publié en novembre 2007 , le New York Times a mené l’enquête dans deux quartiers résidentiels de la région de Detroit - l’un avec une population à 97 % blanche et avec un revenu moyen de 51 000 US$, l’autre avec une population à 97 % noire, avec un revenu moyen de 49 000 US$. En 2006, 17% des crédits accordés dans le quartier Blanc étaient “subprime”, tandis que dans le quartier Noir, 70% des crédits accordés étaient “subprime”.
Le procureur général de l’Illinois Lisa Madigan a enfoncé le clou à l’antenne de la radio publique nationale :
“Un Africain-américain gagnant plus de 100 000 US$ par an avait plus de chances de se retrouver avec un crédit subprime à taux d’intérêt élevé, qu’une personne Blanche gagnant moins de 35 000 US$ par an. Il ne fait aucun doute que nous sommes en face d’une situation clairement discriminatoire“.
Le New York Times indique également que “environ 90 % des crédits subprime accordés entre 2004 et 2006 l’étaient avec des taux variables non cappés. Autrement dit, vous pouvez facilement voir doubler le montant d votre traite mensuelle. Et 70 % des crédit subprime comportent des pénalités en cas de remboursement anticipé - contrairement aux crédits “prime” dont seulement 2% comportent ce type de pénalité. . . “.
Pour Amy Wittman de la Coalition de défense des locataires :
“Non seulement on a floué les pauvres en leur faisant miroiter un statut de propriétaire mais en plus on profitait sur leur dos en leur facturant des taux d’intérêt deux à trois fois plus chers que la normale.
Les crédits subprime ce n’est rien d’autre qu’un loyer déguisé, et en plus un loyer très cher. Vous n’êtes pas propriétaire de votre maison tant que vous n’avez pas fini de payer… et si vous cessez de payer, vous perdez votre maison, sans récupérer les intérêts très elevés que vous avez payé sur les traites. Quelle est la différence par rapport à un locataire ?
De plus, le locataire est protégé par la loi et ne peut être évincé en cas de faillite personnelle. Mais le “propriétaire” n’a pas cette protection et la banque peut venir lui saisir sa maison quand elle veut.”
A ce jour, plus de 2.2 millions de crédits immobiliser “subprime” sont déjà en défaut de paiement aux Etats-Unis, accompagnés à chaque fois de la saisie de la maison - c’est le plus fort taux de saisie depuis la Grande Depression des années 1930. A ce jour, la valeur totale des pertes est estimée à 164 milliards de dollars. . .
Sources :
THE NATION : Where Did The Water Come In ? - http://www.thenation.com/blogs/edcut?bid=7&pid=287768
THE NEW YORK TIMES : What’s Behind The Race Gap ? - http://www.nytimes.com/2007/11/04/weekinreview/04bajaj.html?scp=1&sq=What%92s+Behind+the+Race+Gap%3F&st=nyt
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Le Bougnoulosophe
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Stances !
ô Torquemada, ô Isabelle la Catholique, ô limpieza de sangre sur quatre génération, ô l'inquisition, ô les Maurisques et les Marranes à la mer ou en cendre, oh, oh, oh...
ô le génocide de congolais du 19ème siècle, ô l'arche du Cinquantenaire d'où coule le sang "nègre" à flot continu, ô les sept dormants indigènes de Tervuren, ô Expo universelle mirifique, oh, oh, oh...
ô Auschwitz, ô Hiroshima (l'uranium était à nous les petits belges!), ô rafles de juifs Gare du Midi, Gare centrale à Anvers, oh, oh, oh...
Gloria ! Nous avons christianisé l'Afrique, nous l'avons libérée de ses esclavagistes mahométans... Gloria ! Nous avons rempli bien des comptes en banque et coupé bien des mains récalcitrantes... Gloria Europa ! Nous sommes le sel de la terre, nous sommes le surmoi du monde, nous sommes la bonne conscience de l'Univers, oh, oh, oh....
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